Pour son premier film sélectionné au Festival de Cannes, Cédric Klapisch a réuni un sacré casting, et mis quelques moyens pour reproduire le Paris de la fin du 19è siècle. Son affiche n'est franchement pas vendeuse, mais ça ne veut évidemment rien dire. Alors qu'en est-il du film ?
L'idée du film est plutôt sympathique, l'histoire d'inconnus qui apprennent qu'ils sont tous les héritiers descendants d'une même femme, dont la maison restée à l'abandon se trouve sur un terrain en plein centre d'un proiet immobilier. Quatre d'entre eux sont choisis pour se rendre sur place. Là bas, ils retrouvent des trésors cachés leur racontant la vie d'Adèle, jeune femme ayant quitté la Normandie pour se rendre à Paris et y retrouver la mère qu'elle n'a jamais connue.
Si l'idée de jongler sans arrêt entre 2025 et 1895 pouvait être bonne, la manière avec laquelle Klapisch le fait est vraiment loin d'être une réussite. Pour commencer, si le castinf dans l'ensemble n'est pas mauvais, les personnages quand à eux ne sont vraiment pas bon. C'est d'une naïveté sans nom. C'est gnangnan. Et du côté du passé, Suzanne Lindon est vraiment catastrophique ! Affichant continuellement l'expression d'un poisson mort, elle interprète son personnage avec une platitude confondante. Où donc Klapish a-t-il cru déceler le moindre talent chez elle ? Je ne suis pas de ceux qui s'en prennent aux enfants d'acteurs faisant carrière dans le domaine, car la plupart du temps ils ne sont pas mauvais, mais ici c'est vraiment à croire que seul son nom lui a ouvert les portes du cinéma. Quelle idée d'aller lui confier un tel premier rôle si tôt dans sa carrière !!
Si l'intrigue du film partait d'une idée originale, pour finir elle n'a franchement rien d'emballant ni du côté des héritiers au 21è siècle, ni de celui de leur ascendante au 19è. Là encore c'est d'une naïveté ahurissante, et ça ne va qu'en empirant. Le pire étant sans aucun doute ce passage avec le trip sous acide de l'un des personnages qui rencontre à travers le temps Victor Hugo, Claude Monnet ou Félix Nadar.
On devine que Klapisch a voulu raconter cette époque où naissait la photographie, tout comme l'impressionnisme. Mais ce n'est franchement pas fait de la bonne manière.
D'ailleurs côté mise en scène non plus ce n'est pas bon. Si Klapish a voulu reproduire au mieux le Paris de l'époque, on voit beaucoup trop les décors numériques sur fond vert, et surtout le montage qui alterne entre les deux époques est vraiment catastrophique. Il aurait pu chercher à faire de belles transitions de l'une à l'autre, mais au lieu de ça on a le droit à des coupures sèches sans aucune transition. Un fiasco total.
Scénario et personnages naïf, que les interprètes n'arrivent même pas à sauver par un vrai bon jeu, mise en scène aux fraises, il n'y a vraiment rien à sauver dans ce Klapisch. Une catastrophe. Son pire film sans aucune hésitation.
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