Même en étant assez peu fan de la licence de Sam Raimi, je suis bien obligé d'admettre que "Evil Dead Burn" est une vraie réussite. Réalisé par des Français bien de chez nous, ce nouvel épisode de la saga est même mon opus préféré de celle-ci. Forcément, ayant beaucoup aimé "Vermines", j'avais hâte de retrouver Sébastien Vaniček dans un contexte aussi particulier, et je dois dire qu'il a parfaitement su s'adapter aux contraintes qu'implique le fait de prendre la continuité d'une licence. Cependant, ce n'est pas une surprise pour autant, son style s'accordant bien avec ce que l'on recherche ici. Dans sa mise en scène, le réalisateur déborde d'idées pour offrir des séquences d'angoisse vraiment prenantes. Cela passe par des plans-séquences très étudiés, par des rotations de caméra par rapport aux murs pour jouer sur les déplacements des personnes possédées ou encore par une utilisation de l'entièreté de l'espace disponible au sein des décors. En bref, le film est visuellement irréprochable, en plus d'être porté par une photographie assez étudiée. L'ambiance est donc vraiment impactante, renforcée par beaucoup d'idées très intéressantes dans les choix horrifiques. Déjà, car c'est la première fois que les personnes possédées ont réellement un but, ce qui crée un véritable renouveau dans leur comportement. Mais aussi, car les profils de ceux-ci sont variés et offrent une terreur constante. Que ce soit par la force physique impressionnante du personnage d'Edgar, dans le côté morbide de la grand-mère ou, surtout, au niveau de la créature finale. D'autant plus que, et c'est là que le film se démarque des précédents pour moi, l'écriture est en accord total avec ces choix. Certes, il est clair que le scénario est encore assez simple et prévisible, mais on sent une véritable volonté des scénaristes de porter un message via ce projet. Ici, l'idée est donc de traiter de thèmes comme la famille ou le deuil. Sur le papier, ce sont des thématiques très simplistes, mais elles sont particulièrement bien menées au sein du film. En opposant le souhait de nouveau départ pour Alice face aux idées très conservatrices en ce qui concerne la famille pour sa belle-famille, le film crée une relation très intéressante dans la confrontation entre les personnages, jusqu'à aller dans des sujets comme les violences conjugales. Et à mon sens, voir un film qui propose une confrontation entre une héroïne et des "morts-vivants" user de thématiques comme le deuil, surtout pour des personnes qui oppressaient nos vies, est plutôt bienvenu. Maintenant, je dois quand même émettre un gros défaut à ce long-métrage, malgré toutes les qualités que je lui trouve. Pourtant, celui-ci s'inscrit pleinement dans les choix visuels de Sébastien Vaniček, sans pour autant réussir à pleinement me convaincre, et je parle ici du montage. Très brusque et rendant parfois illisible l'action, je ne suis vraiment pas fan de la découpe de certaines séquences du film. Si je comprends volontiers l'idée de rendre la folie des séquences horrifiques par ce choix, cela va un peu trop loin à ce niveau quand on finit par se perdre face à ce que l'on regarde. Et pour le coup, en allant même plus loin, il a été très facile pour moi de repérer d'éventuelles séquences retirées du montage final, les coupures étant assez peu subtiles et les scènes parfois mal emboîtées. Maintenant, comme je l'ai précisé, ce n'est qu'un seul gros défaut, le reste étant clairement maîtrisé. J'ai donc pris beaucoup de plaisir à regarder ce film, qui est le seul de la saga que je considère véritablement comme une réussite. Alors, même si mon avis est celui d'un non-fan de la licence, je vous encourage à aller voir ce film en salles ! Pour conclure, un vrai tour de force pour ce jeune réalisateur français.