Together – quand l’amour te colle tellement à la peau que t’as envie de vomir
Tim et Millie décident de tout plaquer pour la campagne. Classique : au lieu d’un potager bio et d’un chien labrador, ils se tapent une malédiction qui les fusionne comme deux steaks oubliés au congélo. Sur le papier, c’est du body horror à la La Mouche. En vrai, c’est plutôt “les disputes conjugales transformées en slime”.
Dès les dix premières minutes, on a compris le concept : “l’amour, c’est toxique, littéralement”. Mais le film se sent obligé de nous le répéter toutes les cinq minutes comme un curé bourré qui fait son homélie. Cronenberg savait brouiller les pistes entre le dégueu et l’érotique. Ici, c’est juste un diaporama sur PowerPoint : “slide 1 : ils s’aiment, slide 2 : ils fusionnent, slide 3 : c’est la merde”. Merci, on avait pigé.
Les deux jouent bien ensemble, tu sens qu’ils se connaissent aussi sous la couette. Mais le film les cantonne à des archétypes dignes d’une sitcom : elle râle, il esquive, ils se jurent fidélité, puis ils se transforment en pâte à modeler sanglante. C’est crédible, mais pas transcendant. Bref, un couple normal, sauf que là ça finit en charpie organique au lieu d’un divorce chez l’avocat.
Visuellement, y’a des séquences qui piquent sévère. Des chairs qui se mélangent, des fluides douteux, des cris pas clairs… On est plus proche du porno gastronomique que du film d’horreur. Ça choque, ça amuse, mais à force d’attendre le climax, tu vois venir le monstre final comme un train de banlieue en retard. Quand ça arrive, t’as plus de surprise, juste un haut-le-cœur.
Heureusement, quelques scènes glissent de l’absurde dans le malaise. Des situations si grotesques que tu rigoles malgré toi, comme si tu matais un sketch trash sur un couple en thérapie de couple… sauf qu’ici, la thérapie, c’est de partager le même pancréas. C’est maladroit, mais ça évite que le film se prenne trop au sérieux.
Together avait tout pour être une belle abomination : un concept tordu, du gore qui tâche, et un duo crédible. Mais Shanks s’acharne tellement à marteler sa métaphore qu’il en oublie de raconter autre chose. Résultat : ça choque, ça amuse par moments, mais ça finit par tourner en rond, comme ses deux héros prisonniers l’un de l’autre. Bref, un film qui colle… mais pas forcément là où on voudrait.
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