Alison Brie (alias "Brie Larson" quand on n'est pas réveillé) et Dave Franco sont les âmes (sœurs) vivantes de ce film de body-horror qui a de très bonnes idées narratives (la justification finale de cette "maladie" est assez bien trouvée /
c'est une secte religieuse qui a créé une illustration réelle de "l'amour fusionnel", infectant les environs naturels de la chapelle... Et pourquoi pas ?
), mais aussi visuelles (les "bonds des corps l'un vers l'autre" sont surprenants à voir, on devine les câbles, mais ça reste très drôle à voir), ponctué de touches d'humour vraiment très efficaces. Qu'on repense à ce moment
d'excuses soudaines alors que Madame est en train de charcuter Monsieur avec une scie électrique, à ces répliques un peu surjouées par Dave Franco ("J'arrive, chérie !" quand il est aspiré vers sa femme, ou le "Il faut les sniffer !" quand il prend ses médocs), ou aux monstres dégueus que le scénar s'amuse à faire fusionner (des chiens, des rats, deux personnes comme une Sue/Elisabeth finale de The Substance),
impossible de dire que le film est trop sérieux, ou manque d'humour. En revanche, comme on l'aborde : le film est nettement moins beau que les effets pratiques faits à la main par des artistes-prothésistes de The Substance, ici tout est en numérique, et ça fait très (très) faux. C'est vraiment dommage, car le body-horror est le cœur du film, et reste un genre où il est plutôt facile de s'amuser avec les déformations de corps excentriques (prenez un bon gros final de The Society qui tâche, c'est n'importe quoi, il y a du latex partout, mais qu'est-ce qu'on se régale de la générosité du film), ici on nous met des effets sonores clinquants (les craquements d'os sur-amplifiés, pour essayer de cacher le numérique auquel on ne croit pas) et on met la scène en hors-champs très rapidement (la déception ultime : déjà qu'on ne voit qu'une seconde les chiens, dix secondes les rats, on attendait de se rincer l’œil sur le final, mais il est vraiment moins généreux que ses confrères du genre). Il n'empêche que Together s'amuse avec ses idées de corps qui fusionnent (
le bras dans le bras, la scie électrique, les cheveux dans la gorge...
), et s'appuie sur la complicité évidente du binôme Dave Franco et Alison Brie, plus qu'en forme, carrément fusionnels (ça tombe bien).