Porté par un casting de rêve, "Materialists" se vendait comme une comédie romantique qui cherche à bouleverser les codes du genre. Sur le papier, ce n'est pas surprenant, car on a plusieurs films de ce style qui sortent par an. Des romances qui cherchent à aller plus loin que la simple relation classique et qui tente d'émettrent un propos en partant de cela, c'est tout à fait normal. Maintenant, la question est de savoir si cette envie a vraiment été exploitée au mieux. Personnellement, je trouve que le film s'en sort assez bien et qu'il se démarque par certains points, même si cette recherche de différenciation s'avère très imparfaite. En gros, l'histoire de ce long-métrage est de mettre une certaine forme de matérialisme en avant au sein des relations amoureuses. Le film explore cela au travers de son personnage principal, qui est le cas typique de ce genre de choses. Elle est "matchmakeuse" et elle aborde donc les relations par un point de vue extrêmement binaire. Dès les premières scènes, la réalisatrice Celine Song réussit à subtilement amener cet aspect par sa mise en scène. Cela se fait par la manière dont Lucy propose ces services de manière aléatoire dans la rue ou dans la façon dont elle se présente aux gens (autant d'un point de vue physique, que dans le comportement). Porté par une excellente Dakota Johnson, le personnage principal de cette histoire nous intrigue donc. Et personnellement, quand le reste du casting arrive sur le devant de la scène, j'ai ressenti beaucoup de satisfaction. Que ce soit cette dernière, Pedro Pascal ou Chris Evans, ils sont tous excellents dans leur rôle. Ils forment un bon trio, qui, s'il n'a rien de subtil, fonctionne bien. On sent que les acteurs interagissent correctement entre eux, et on comprend rapidement le propos du projet. Dans l'ensemble, la thématique centrale du film est donc impactante et elle amène à une bonne réflexion. Ce n'est clairement pas très novateur, on a déjà eu affaire à ce genre de sujets, mais l'histoire réussit à correctement développer son propos. Que ce soit par l'humour ou par de longues séquences de dialogues parfaitement portés par les acteurs, l'idée de base s'avère compréhensible et intéressante. Malheureusement, c'est là où l'idée initiale du projet pêche un peu, car on a quand même rapidement compris dans quoi va s'embarquer le long-métrage. On comprend vite son sujet, et même s'il n'est jamais ennuyeux, car les acteurs et l'exécution de la narration marchent parfaitement, on n'est jamais surpris. On voit vite que les codes du matérialisme vont être remis en cause, pour laisser place à quelque chose de plus émotionnel. Et honnêtement, cela ne me dérange pas tant que cela en vérité, car j'accepte le contrat que passe le film avec moi. J'accepte le fait de ne pas être très surpris, mais de visionner quelque chose qui met très bien son idée en œuvre. Malheureusement, je trouve que cette approche tire vraiment sur la longueur au moment de son climax. D'un côté, je le trouve très réussi et avec beaucoup de très belles scènes, mais il semble pourtant interminable. On se demande sans cesse quand tout cela va se finir, alors que ce dernier acte ne se dérange jamais pour relancer l'intrigue près de 3 à 4 fois, et que l'on s'attendait donc enfin au point final. Par conséquent, j'ai quand même passé un très bon moment lors de mon visionnage, car le casting et l'idée de base portent très clairement le film. Mais, à cause d'une dernière demi-heure qui s'avère très étirée, je suis ressorti un peu moins convaincu que prévu de ma séance. Malgré tout, je vous recommande quand même de jeter un coup d'œil à ce projet, car l'ensemble vaut quand même le détour. Pour conclure, un projet peu surprenant, mais maîtrisé.