Un bonbon cinématographique. Ce film, tiré du livre du même nom, paraîtra longuet pour certains, sans queue ni tête pour d'autres. Mais avoir un tel avis c'est passer à côté de la subtilité du film et de son message. Train dreams nous parle du cycle de la vie, tant dans ses joies que dans ses peines. Il nous parle de la nature, de ses lois et de sa beauté. Il nous rappelle que celle-ci donne, reprend, et qu'il n'y a pas toujours à y chercher un sens. Cette histoire, c'est celle de la vie d'un homme simple, un bûcheron dans la première moitiée du XXe siècle. Au gré des années qui passent et des épreuves qu'il traverse, il se questionne sur son destin. Comme chacun d'entre-nous au final. Et on l'accompagne dans ses questionnements. Là où certains spectateurs verront un manque de sens ou de rythme dans le film, d'autres y verront la juste représentation de l'écoulement d'une vie. Avec ses hauts, ses bas et ses moments suspendus. À la fin du film, un conclusion est brillamment mise en avant lors d'une magnifique scène de quelques secondes. En somme, train dreams est un film à la grandiose simplicité. Un film contemplatif aussi, qui met en scène des paysages sublimes. Excellent, je recommande.
Le manque et la perte traités au cinéma par l'euphémisme, c'est plutôt rare et bienvenu. Le film naturaliste et assez magnifique visuellement, mais pêche un peu par sa retenue constante et sa volonté de contenir tout ce qu'il renferme d'émouvant
"Train Dreams" est un film au doux perfum de mélancolie porté par Joel Edgerton impeccable. Il y incarne un ouvrier du bois partant pour de longs chantiers et retrouvant toujours avec bonheur sa femme et sa fille. Jusqu'au jour où... Clint Bentley filme avec dextérité ces forçats du travail au milieu d'une nature magnifique, le tout avec une lenteur appréciable. L'écologie, la foi, le destin et surtout les fantômes du passé sont autant de questions existentielles qui amènent le film sur un terrain philosophique avec une grande finesse. Seul bémol, la voix off pas indispensable pour nous raconter cette quête de rédemption de notre héros.
Qui est le film ? Adapté de la novella de Denis Johnson, Train Dreams arrive après une longue série de récits qui ont fait du progrès, de la conquête et du travail des motifs spectaculaires ou nostalgiques. Ici, rien de tel. Le réalisateur choisit une autre voie. Regarder l’histoire américaine à hauteur d’homme. À hauteur d’un corps qui traverse le XXᵉ siècle sans jamais en être le centre. Le film suit Robert Grainier, ouvrier des chemins de fer puis bûcheron, homme discret dont la vie se confond avec les paysages qu’il traverse.
Par quels moyens ? En choisissant une vie sans exploits, Train Dreams affirme que la grandeur peut naître de la persistance. Travailler, aimer, perdre, continuer. Le récit transforme l’ordinaire en matière. Chaque geste devient porteur d’un poids existentiel. Le film ne magnifie pas. Il observe. Et cette observation patiente confère à la moindre action une densité inattendue.
Le train, motif central, est pensé comme une figure dialectique. Chaque rail posé relie des territoires tout en blessant la terre. Le film montre le progrès comme une force ambivalente, ni héroïque ni malveillante, simplement irréversible. Le train trace des lignes dans le paysage comme le temps trace des rides et des sillons dans les vies. Il rapproche et il sépare. Il construit autant qu’il détruit.
La culpabilité constitue la structure du personnage. L’épisode du meurtre de l’immigrant chinois agit comme une scène primitive silencieuse. Robert n’agit pas. Et ce non geste devient une fêlure durable. Le film ne moralise jamais cette culpabilité. Il montre comment la psyché humaine fabrique des chaînes invisibles. Ce qui hante Robert n’est pas ce qu’il a fait, mais ce qu’il n’a pas empêché. Toute sa vie se réorganise autour de cette inaction originelle.
Le film adopte une logique de mémoire plutôt que de chronologie. Les premières images ressemblent à des réminiscences sensorielles. Feu, fumée, humidité, bois qui craque. Le passé est ressenti. Train Dreams épouse la texture du souvenir plutôt que son exactitude. Ce choix donne au film une qualité onirique, presque flottante, où les époques se superposent comme dans un rêve lucide.
Les figures secondaires ne sont pas développées psychologiquement, mais chacune porte en elle une vie entière. Le personnage incarné par William H. Macy, expert en explosifs, concentre en quelques scènes une biographie complète. Le film affirme ainsi une idée forte. Chaque être humain, même fugitif, contient une densité romanesque infinie. Le monde est peuplé de vies invisibles.
L’amour apparaît comme une parenthèse métaphysique. La relation avec Gladys suspend la logique du film. Les scènes à deux obéissent à une temporalité différente. Inspirées d’un cinéma à la Malick, elles ne racontent pas une histoire d’amour, mais une sensation d’harmonie avec le monde. La cartographie de la maison à venir, dessinée avec des pierres, incarne cette utopie provisoire. Construire un futur avant même d’avoir des murs.
Lorsque la tragédie survient, le film refuse tout spectaculaire. La catastrophe n’est pas un climax, mais une cassure. Après elle, le monde continue. Le travail reprend. Les gestes persistent. Le film s’intéresse à ce qui reste après le choc. Le silence. Le temps étiré. Les bottes clouées à l’arbre deviennent alors une image clé. Un vestige banal transformé en relique.
Quelle lecture en tirer ? Train Dreams est un film sur ce que le temps fait aux corps, aux paysages et aux souvenirs. La nature n’y est ni hostile ni bienveillante. Elle englobe, indifférente, les vivants et les morts. Le film affirme une vision profondément humaniste sans jamais être sentimental. Chaque vie mérite d’être racontée, même si elle n’a laissé que des traces discrètes. La voix off offre à Robert une parole qu’il n’a jamais su prendre. Être raconté devient une forme de reconnaissance tardive. Train Dreams ne cherche pas à réconcilier la joie et la douleur, la beauté et la destruction. Il les fait coexister. Comme deux rails parallèles qui ne se touchent jamais mais avancent ensemble. Et dans ce mouvement, le film nous rappelle simplement que nous passons mais quelque chose demeure.
Ça faisait un moment que je n'avais pas ressentis tant de poésie dans un film américain (ça se voit plutôt chez les coréens ces dernières années). Un film aussi beau sur le fond que sur la forme (avec une photographie magnifique). Le jeu des acteurs est tellement juste ... ni trop, ni trop peu ... c'est doux, c'est profond, c'est dur, c'est rugueux ... c'est beau, c'est cruel ! A l'heure où tout va trop vite et où l'on veut TOUT, TOUT DE SUITE ... à l'heure où on consomme l'amour en ayant oublié sa vraie saveur ... à cette heure ci, ce genre de films est d'utilité publique. De la poésie pure ... de la pure poésie !
Un film magnifique sur la condition humaine et le sens de la vie. On nait et on meurt, entre les deux on espère connaître des moments heureux, même si la vie nous réserve des drames. Superbe interprétation de Joel Edgerton.
Premier film pour moi du réalisateur Clint Bentley, on comprend l'histoire et le scénario d'une vie cruel d'un homme piégé dans une vie de labeur , les plans séquences paysages sont vraiment jolies et réussi, Joel Edgerton joue particulièrement bien et on récent l'émotion du personnage, mais comme beaucoup d'avis ici j'ai trouvé la narration et le récit extrêmes lent ce qui rend le film long a certain moment avec des passages qui n'apporte pas grand intérêt a l'histoire
Rien de nouveau... à l'Ouest de chez nous. Ce train traverse une contrée déjà connue, en pleine période de développement, qui impose à notre personnage principal à se tenir loin des siens pour subvenir à leur besoin. Bucheron, il participe à l'abattage massif d'arbres destinés au réseau ferré. Plutôt solitaire avant de connaître l'amour et la joie d'être père, il trouve pourtant la quiétude de retour chez lui, face à la nature hostile des hommes sur le terrain. Mais comment trouver un sens à sa vie quand tout s'effondre. Rien de désagréable dans cette narration posée et ces jolis plans contemplatifs, mais pourtant on ressasse et on soulève la poussière du grand Ouest.
Un pur chef d'oeuvre. Train Dreams est un film d'une poésie absolument fantastique qui nous emmène dans les belles forêts de l'État de Washington pour suivre la vie de Robert Grainier, bûcheron orphelin qui, au cours de sa vie, passera par toute sorte d'étapes. Le film propose en toile de fond la formidable évolution technologique et sociale des USA durant le XXe siècle. Cette évolution se voit au travers du métier de bûcheron, métier ayant énormément évolué (tout comme beaucoup de métiers manuels) au fur et à mesure des années notamment du fait de la mécanisation. Cela permet au film d'aborder de façon succincte mais tout du moins efficace la vision des premiers concernés par ce monde qui progresse trop vite.
Le propos du film reste cependant centré sur le personnage de Robert joué par un Joel Edgerton au sommet de sa forme. Cet homme simple et bon expérimente le bonheur aux côtés de sa femme (Felicity Jones) et de sa fille avant d'expérimenter la perte et le deuil. Le film est donc l'histoire d'une vie tragique d'un homme bien mais dépassé par son temps et qui ne cherche d'ailleurs jamais à s'adapter à la société dans laquelle il évolue. Le film dépeint de façon brillante la réalité du deuil des êtres les plus chers : on ne cherche plus à avancer avec le monde. On se laisse porter par le courant de la vie sans rien espérer de particulier, sauf l'impossible à savoir le retour de ceux que l'on a perdu. Sur ce point, Train Dreams fait mouche. Il suffit de voir que spoiler: les projets visant à l'adaptation de Robert à son temps était imaginés par sa femme (scierie). Une fois celle-ci partie, Robert vie en attendant l'impossible et n'en a cure de voir le monde lui passer devant. Il ne souhaite pas monter dans ce train là.
À côté de ça, Robert est un homme tourmenté. Le deuil qu'il vit le met face à ses erreurs et à ses peurs. spoiler: L'hallucination persistante de son collègue chinois brutalement assassiné sous ses yeux (le film rappelant par là les difficultés de la diaspora chinoise durant les premières années du XXe siècle américain) sans qu'il n'ait rien pu faire n'est que l'exemple le plus frappant. Nous pourrions à ce titre parler de ses visions de sa cabane ravagée par l'incendie ou encore cette forte hallucination (à mon sens, c'est à débattre) de cette jeune fille qu'il sauve et croit être sa fille . En parallèle, les rencontres qu'il fait lui apporte des perspectives qui l'enrichissent. J'en profite ici pour saluer les prestations très touchantes de William H. Macy et de Kerry Condon qui nous apportent chacun à leur façon une grande et belle leçon sur la nature et la mort.
Enfin, le final nous emporte dans une poésie fabuleuse d'un homme qui, à l'aune de son trépas, décide, pour la première fois depuis le début de son deuil, de vivre et d'expérimenter le monde. spoiler: Ses pérégrinations dans la ville, son émotion au contact des gens (il est le seul à pleurer devant ce garçon déguisé en monstre alors que les autres rigolent) et son bonheur quand il expérimente la technologie (la télévision et la balade en avion, quel bonheur) nous délivre un beau message : La vie en vaut la peine, finalement, même si on ne sait pas pourquoi on est encore là.
Je pourrais m'étendre encore sur ce film mais c'est inutile. Tout simplement car Train Dreams n'est pas un film qui s'analyse. C'est un film qui se ressent. Qui vous emporte à l'instar d'une rivière dans l'univers d'un homme qui a perdu le sien. Tout cela accompagnés d'une musique qui se prête par-faite-ment à l'ambiance et aux émotions, à des plans merveilleux sur la nature américaine et à des idées de cadres formidables qui en disent long. Encore une fois, je le répète, chef d'oeuvre.
Film lent mais profond, une ode à la vie et à ses drames, un voyage au sein d'une nature belle mais rude. Joël Egerton est excellent de retenue et d'émotions. J'ai passé un bon moment.
Je n'ai sûrement pas assez d'expérience dans le cinéma pour comprendre le format 4/3 du film. J'aurais préféré du 21/9 pour profiter des magnifiques paysages.
J'aime l'ambiance du film au début puis je trouve dommage le ton dramatique qu'il prend ainsi que ses longueurs.
Des personnes secondaires auraient mérité plus de développement et d'interaction avec le personnage principal.
Bien qu'elle évoque le vécu d'hommes et de femmes ayant réellement existé de la fin du XIXème au début du XXème siècle dans le Nord-Ouest Pacifique, cette réalisation (tout comme l'œuvre littéraire initiale dont elle tire l'adaptation) n'est pas inspirée d'une histoire vraie mais vaut vraiment le détour à bien des égards. "Train Dreams" est le genre de film qu'on aimerait voir plus souvent sur nos écrans. Sans prétention et d'une simplicité aussi agréable qu'un velours tanné, il émane de cette histoire une émotion vive qui va crescendo, en grande partie dû à son côté très intimiste. Chaque plan est une photographie, comme si cela constituait l'album de souvenirs de Robert Grainier, bûcheron -et personnage principal- pour qui on se prend vite d'affection, comme un ami de longue date enfin retrouvé. D'une poésie incroyablement touchante, "Train Dreams" possède ce caractère exceptionnel de ce qui se distingue en bien, en originalité et en unicité, tout comme les regards et gestes échangés. Les vastes étendues de forêts, les décors et les costumes sont intelligemment mis en valeur dans ce format (3:2) presque carré, donnant de l'intensité à chaque instant. Le casting est à la hauteur des émotions qu'il véhicule, sachant explorer les différentes réponses à la question: "Qu'est-ce qui donne un sens à la vie?" Tel un feu de camp -ou de cheminée- "Train Dreams" nous ramène à nos réflexions les plus personnelles et aux choses essentielles. Un souffle sur la braise qui réchauffe et illumine
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