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Thibaud Il Capitano
11 abonnés
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4,0
Publiée le 3 décembre 2025
Dans le Nord américain, Robert est un homme simple qui mène une vie simple. Il exerce le difficile métier de bûcheron itinérant et passe le reste du temps entre deux jobs paisiblement avec sa femme et sa fille. Un jour, il assiste au meurtre gratuit d'un ouvrier chinois et cela va le bouleverser, son inaction finit par le hanter... Beau film oui, mais je ne peux m'empêcher d'être un tantinet déçu vu les critiques élogieuses lues précédemment... c'est de ma faute, j'aurais dû les éviter ! C'est une adaptation d'un livre de Denis Johnson dans la lignée des grands romans américains (sur l'immensité du pays et les explorateurs/pionniers) avec quelques considérations actuelles dont je ne sais pas si elles sont tirées de l'oeuvre. N'empêche que c'est un drame sensible, certains plans et images de la nature font évidemment penser à du Malick et il y a des tableaux magnifiques (ceux du bonheur conjugal et familial sont particulièrement émouvants). La toujours mimi et trop rare Felicity Jones joue juste, Edgerton est comme d'habitude excellent en homme ordinaire, on porte avec lui le poids de ce drame et spoiler: celui de la tragédie qu'il subit plus tard et les réflexions métaphysiques du film (le bien, la morale, la religion et la culpabilité) me parlent beaucoup. Le film est relativement court et l'emploi de la voix off me paraît judicieux. Bref, une bonne réussite de Netflix !
Pour ma part j'ai trouvé ce film absolument magnifique, voir majestueux. Que ce soit le paysage, le ton, l'atmosphère, la musique, la voix off, les acteurs, le scenario.. Des films comme on en fait peu qui permettent à tout à chacun de se faire une introspection de sa propre existence.. Ce film se regarde un bon soir d'hiver sous un plaid avec le cœur acéré..
On pense forcément à Terrence Malick en regardant cette belle et émouvante chronique de la vie d'un bucheron dans la première moitié du XXe siècle. Ou comment passer à côté de sa vie tout en restant humain, sobre et élégant. Très belles images.
“Trains Dreams” tourné en 2024 dans la région de Bonners Ferry (Idaho) a été présenté au Festival de Sundance en 2025 avant une diffusion réduite en salles aux Etats-Unis suivi d’une sortie plus large sur Netflix. Inspiré d’un roman éponyme de Denis Johnson paru en 2007, le film réalisé par Clint Bentley (réalisateur inconnu en Europe) se saisit du parcours d’un bûcheron itinérant du début du XXème siècle jusqu’à la fin de sa vie dans les années 1960, ayant participé à la construction des voies ferrées intercontinentales (déforestation, constructions de ponts en bois) pour embrasser tout un pan de l’histoire des Etats-Unis. Une période parfois traitée au cinéma notamment par le biais des westerns mais servant le plus souvent de toile de fond à des intrigues où se mêlent conflits avec les Indiens soucieux de préserver leur territoire et rivalités commerciales féroces. Rien de tout cela dans « Train Dreams », juste le parcours d’un homme simple (Joel Edgerton) d’extraction très modeste n’ayant reçu qu’une éducation embryonnaire et qui n’a que ses bras et son courage pour assurer sa subsistance. En ce début de XXème siècle où les Etats-Unis avancent à marche forcée pour asseoir une domination économique mondiale qui leur tend les bras, les conditions de vie sont plutôt rudes pour les gens modestes alors que les lois sociales sont quasi inexistantes et que la vie sur les chantiers se passe essentiellement en pleine nature dans des conditions ne favorisant guère la reconstitution de la « force de travail ». spoiler: Contrairement à beaucoup de ses compagnons de labeur, Robert Grainier n’a aucune attache lui permettant de donner un sens à sa vie de forçat. Sa rencontre avec Gladys (Felicity Jones) tenant du coup de foudre inespéré va combler ce vide et réveiller le cœur de Robert qui découvre, émerveillé la vie à deux et la paternité. Toutefois la vie sur les chantiers génératrice de longues séparations reste un obstacle à un complet épanouissement. Les retrouvailles sont autant de moments précieux où l’on tente d’envisager un avenir meilleur. Sans porter de jugement, se contentant de témoigner prosaïquement d’une époque, le film aux images sublimes rappellera aux plus jeunes que c’est sans doute une Révolution Industrielle mal digérée car minée par la recherche du profit qui a conduit à la situation écologique dégradée actuelle. Le réalisateur a choisi l’acteur vétéran William H. Macy pour incarner ce travailleur encore sur les chantiers à un âge avancé qui lors d’une veillée avec ses compagnons témoigne de ce qu’il a pris conscience, après 40 années passées dans les forêts des dégâts irréversibles que l’homme inflige à dame Nature, rompant avec tout un écosystème dont il s’est lui-même exclu se croyant assez puissant pour le dominer totalement. Une situation dont le vieux travailleur devenu sage se demande où cela va mener. Ce début de XXème n'incite guère à l'optimisme. Constat amer de l’incapacité de l’homme à se projeter plus loin que sa propre existence et celle de ses enfants. Sans doute le prix à payer pour le cadeau empoisonné fait à l’homme de cette formidable intelligence s’accompagnant de la certitude de la fragilité de son existence. Joel Edgerton acteur australien qui s’est bâti patiemment une solide réputation et que l’on a vu excellent en 2021 devant la caméra de Paul Schrader dans « Master Gardener », apporte toute sa réserve contemplative à ce citoyen américain anonyme noyé dans une histoire qui comme à beaucoup de ses semblables lui échappe. A ses côtés, Felicity Jones radieuse incarne le rayon de soleil qui va venir éclairer une vie où le plaisir et le bonheur semblaient choses inconnues. A ce propos, les scènes filmées au bord de la Moyie River sont un bonheur avec deux acteurs en symbiose pour montrer que l’homme n’a encore rien trouvé de mieux que deux êtres qui s’aiment pour sublimer les doutes qui l'assaillent grâce à deux regards tournés vers le même horizon. Un film à coup sûr rafraîchissant qu’il convient de conseiller aux jeunes spectateurs pour peut-être comprendre que l’histoire humaine est un long fil qu’il serait illusoire de croire qu’en le coupant net tout pourra repartir de zéro.
Le cinéma n’est pas toujours fait pour raconter des vies , des histoires étonnantes, palpitantes , trépidantes . Il s agit ici plus un film d atmosphère, de symbiose , servit par une image remarquable, un jeu d acteur réduit à sa plus simple expression,, c est ce qu’il fallait. Un film où le ressenti est le plus important . Laissez vous porter !!!
Le cinéma se penche finalement peu souvent sur les anonymes de ce monde, qui ne laissent aucune trace, une fois leur humble existence achevée, aussi peu héros que salauds. Train Dreams possède quelques points communs avec Le son des souvenirs, les deux films prenant leur source, ce n'est pas un hasard, dans un matériau littéraire et s'étendant sur une partie du siècle dernier. Loin du fracas des guerres et de la folie destructrice humaine, le long métrage de Clint Bentley s'attache au destin peu spectaculaire d'un homme qui n'avait pas rêvé sa vie, spoiler: a connu une courte épiphanie familiale, avant de reprendre une existence en marge des progrès de la civilisation, solitaire par la force des choses et par choix, marqué à jamais par un événement tragique. Ainsi, Robert Grainier, bucheron de son état, n'est qu'un homme dans le paysage, qui aura vu et peut-être compris moins son environnement que les arbres séculaires qu'il aura abattus, si ce n'est sans doute avoir connu le goût de l'amertume et des regrets, sidéré par la vitesse du temps qui passe. Train Dreams ne raconte rien d'autre que la condition humaine, sa destinée vers la poussière, dans une belle forme épurée et minimaliste que d'aucuns, habitués à d'autres rythmes, rejetteront pour cause de lenteur, comme si cette notion n'était pas avant tout subjective. Terrence Malick sur le plan visuel et l'écrivain autrichien Robert Seethaler pour le récit sans fioritures, sont deux des artistes dont le nom vient à l'esprit pour évoquer un film qui préfère la quête de sens au tumulte de l'action.
Un joli film avec de belles images, assez cliché quand même. Plutôt bien interprété mais lent, voire un peu ennuyeux et désuet dans sa manière de raconter la vie de cet homme et de la filmer
Une des rare fois où on peut se sentir ému devant une belle œuvre comme ce film. Retraçant le chemin d’un bûcheron en quête de bonheur avec sa famille. Démontrant qu’il est tout simplement important de rester proche de celle-ci. Le temps passe à une vitesse ne laissant que des marques de notre passage.
Film superbe aussi bien visuellement que sur les thèmes abordés. La vie d'un homme se déroule sous nos yeux au rythme du temps qui passe et d'un monde qui change. On en ressort chamboulé et touché par la poésie qui se dégage des images et des silences. La voix off nous accompagne tout au long de ce voyage au cœur des questions existentielles que chacun de nous se pose.
Un beau film plein de poésie sur la vie simple d'un bucheron et de gens modestes dans l'Amérique des années 10 à 50 un peu en dehors du monde. Je l'ai vu un jour de lassitude, ce qui aide quand même à avaler la lenteur et longueur du récit qui est autant raconté que parlé. A saluer la prestation de Joel Edgerton magistral. Pour amateur de langueur, poésie et nature.