Le témoignage réaliste d’une femme sur sa condition féminine au travers de sa vie sexuelle à différentes époques. Le pouvoir des hommes sur les femmes, soutenu par une société complice mais où les femmes essayent de se libérer. Magnifique témoignage de nos ancêtres, à ne jamais oublier.
Huit femmes latino-américaines du troisième âge témoignent, sous couvert de l’anonymat, de leurs vies cabossées : l’enfance auprès de parents conservateurs qui ne leur disent rien de la puberté, les premières règles, le mariage, encore vierges, et leurs premiers rapports sexuels plus douloureux qu’agréables avec un conjoint égoïste préoccupé de son seul plaisir, la maternité, la fierté de donner la vie mais aussi l’abrutissement que l’éducation d’un nouveau-né entraîne, une vie conjugale sans amour auprès d’un mari parfois violent, le divorce et enfin, quand on ne l’attendait plus, l’apprentissage de la liberté et la découverte, à cinquante ans passés, du plaisir sexuel.
Ce film relève un défi cinématographique : comment filmer ce récit choral ? Le parti de la réalisatrice costaricaine Antonella Sudasassi, dont le premier long-métrage n’était pas sorti dans les salles françaises, est audacieux. Elle choisit le huis clos : un seul appartement où se déroule toute la vie des femmes qui se racontent, successivement interprétées aux quatre âges de leur vie par quatre actrices, qui se croisent et s’entrecroisent dans de longs plans muets expliqués par leurs voix off. Ainsi présenté, le dispositif peut sembler incompréhensible ou à tout le moins étrange. Le résultat, au contraire, est d’une grande fluidité.
Bien sûr ces témoignages sont poignants qui dénoncent le poids du patriarcat, les violences physiques et psychologiques faites à ces femmes, leur admirable résilience. On aurait un cœur de pierre – et une conscience politique bien mal affûtée – si on ne s’en émouvait pas. Pour autant, le récit que ces Mémoires déroulent est hélas d’une si grande banalité et a déjà été si souvent raconté qu’il n’apporte pas grand-chose.
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2,5
Publiée le 24 février 2025
« C'est beau d'être une femme. Je remercie Dieu de ne pas être née homme, mais il y a aussi un mauvais côté, on est très vulnérables. » "Memorias de un cuerpo que arde" est un récit collectif de plusieurs histoires concernant plusieurs femmes qui parlent de leurs souvenirs, secrets, désirs et traumatismes. Tourné presque entièrement à l'intérieur, avec de nombreux sauts dans le temps, on ne se sent jamais enfermé, mais ce n'est pas non plus l'idéal pour mettre en scène une telle histoire. Pourtant, on se laisse facilement transporter par ces différents récits sur la sexualité au sens large, l'éducation, la vie à l'époque, mais il m'a manqué quelque chose. Quand il est question de leur vulnérabilité, j'ai trouvé l'histoire très forte, mais le reste du temps, je me suis heurté à ce format entre documentaire et fiction qui dénature un peu les témoignages. Au final, je suis resté sur ma faim devant ce film touchant, mais aussi confus et redondant.
Magnifique et necessaire film qui dépeint la condition des femmes face à leur désir sexuel, dans une époque, que l'on voudrait révolue. Ce témoignage poignant de cette vieille femme qui enfin assouviera son désir au crépuscule de sa vie est une lueur d'espoir. Dans la même veine que ce si beau film italien " Il reste encore demain " Ces deux films sont à voir, dans ce monde moderne, en 2024, où tant de femmes sont bafouées.
Un film d’une douceur et d’une sagesse déconcertante. A travers une réflexion sur le patriarcat et ses structures contraignantes (l’église, l’école mais surtout le couple), la réalisatrice nous explique que la liberté et l’amour véritable sont possibles et peuvent être permis par l’indépendance.
Ana est une femme de 71 ans vivant seule après le décès des hommes patriarcaux de sa vie. Elle revient sur la manière dont le sexe lui a été inculqué ou non à une époque où beaucoup de choses étaient taboues et sa perception du sexe aujourd'hui à son âge. Dans la maison où elle a vécu toute sa vie, Ana a de nombreux souvenirs à nous partager, elle qui témoigne pour une génération de femmes. En salle le 20 novembre.
spoiler: "Mémoires d'un corps brûlant" s'attaque à un sujet encore tabou aujourd'hui : la sexualité chez les personnes plus âgées et notamment chez les femmes. J'ai aimé qu'Ana soit le réceptacle du témoignage de plusieurs femmes dont on entend les voix ponctuer le récit. La maison devient une sorte de scène de théâtre où se côtoient les différentes époques de la rude vie sexuelle d'une femme normale, écrasée par les hommes mais aussi les traditions. Petit regret sur le format qui commence à s'essouffler vers la moitié du film avec une période un peu statique, bientôt cassée par des révélations de pires en pires sur la vie d'Ana. Révélations terrifiantes et fortes.
Un docu-fiction au dispositif original et ambitieux, mais qui n'est pas sans rappeler ceux de Little Girl Blue ou Les Filles d'Olfa, sortis l'an dernier : une voix off, celle d'une femme âgée qui raconte sa propre histoire et mais aussi celle d'autres femmes qui ont tenu à rester anonymes, des histoires illustrées dans des scènes jouées à l'écran par des comédiens, dans un appartement qui sert d'unique décor et qui évolue en fonction des décennies et des personnages qui le traversent.
Prendre à bras le corps la question du désir et de la sexualité féminins, totalement opprimés pendant des siècles, est tout à fait salutaire. Pour autant, comme pour Little Girl Blue, le film se transforme en exercice de style et le dispositif finit par l'emporter sur l'émotion.
spoiler: Prémices d'un bonheur amoureux, désillusion, soumission, violences conjugales, puis divorce, libération, indépendance, émancipation et plaisir , le film enchaîne les scènes plutôt convenues et déroule un récit dont on devine toujours trop facilement la suite et dont le propos ne surprend vraiment jamais, à part lorsqu'il ose aborder des sujets moins habituels, spoiler: comme la masturbation .
L'ensemble reste tout de même très travaillé et de bonne facture et le geste féministe est à saluer.
Le rythme du film m’a semblé assez lent, mais cela sert parfaitement l’intensité du récit. Cette histoire de vie est à la fois touchante et émouvante, offrant un message d’espoir puissant. Elle encourage la société à évoluer et incite les femmes à s’affirmer, à vivre pleinement et à s’épanouir, peu importe leur âge.
Ce film est pour moi sans intérêt et obsolète, je n'ai pas tenu jusqu à la fin tellement cela me paraissait morose.... Très peu d'action et vraiment très personnel
Un dispositif proche des filles d'Olfa et qui se dévoile dans les premières images qui montrent ses coulisses. Les interprètes sont très convaincantes mais après un premier tiers centré sur une des protagonistes s'installe une certaine répétion
Il serait facile et injuste de réduire Mémoires d’un corps brûlant à un manifeste féministe, même si cet aspect est forcément primordial. L’histoire de Ana qui semble directement s’inspirer de celle des grands-mères de la réalisatrice venue du Costa-Rica donne naissance à un film entre fiction et réalité qui repose sur un dispositif d’un récit largement narré en voix off qui se double d’une concrétisation à l’écran en forme de pièce de théâtre où l’appartement de Ana devient le lieu des différentes étapes de son existence. Celle-ci est marquée par la domination d’un mari violent auprès duquel elle n’éprouve aucun plaisir sexuel, alors qu’elle aspire à la liberté et à son propre épanouissement. Le chemin sera long et semé d'embûches dont Ana réussira à s’extirper pour enfin atteindre la sérénité. Par le choix d’un lieu unique et la restitution littéraire de ce parcours d’émancipation, Mémoires d’un corps brûlant interpelle et touche au cœur.
Il vraiment “vouloir” pour entrer dans ce dispositif asexué censé réveiller la féminité et les souvenirs sexuels d’une assez vieille dame aussi peu attrayante que le film lui même