Mémoires d’un corps brûlant est un film féministe qui se penche sur les différentes étapes d'une vie.
Dans cette œuvre intimiste, Antonella Sudasassi aborde la sexualité féminine. Entre fiction et documentaire, Ana poursuit une conversation imaginaire avec ses ainées. Avec courage, des sujets tabous tels que le viol, la maternité ou la ménopause sont abordés. Tout cela, en dénonçant le poids du patriarcat dans les sociétés latino-américaines.
Le film insiste sur la vision d'il y a quelques dizaines d'années et le décalage avec celle actuelle. La société poussait les femmes a culpabiliser alors que le système les opprimait. En plus de cela, chacun de leur désir devait rester secret, car c'était mal pour une femme de les assouvir à contrario des hommes.
Mémoires d’un corps brûlant adopte une approche narrative collective, mêlant témoignages et introspection. On pourrait le considérer comme anthropologique. Un récit intergénérationnel fort.
Le film traite d’un sujet difficile, à une époque où, pour exister en tant que femme, il fallait se marier et être une ‘bonne épouse’. Les femmes pouvaient subir des violences et d’autres sévices. Le film est tourné d’une manière inhabituelle, ce qui m’a particulièrement touché.
Dans Mémoires d’un corps brûlant, Antonella Sudasassi Furniss propose un questionnement du désir féminin dans une Espagne sous le joug du patriarcat. De l'exploration du désir, de la sexualité à la jouissance, en passant par les violences physiques et sexuelles, Mémoires d’un corps brûlant est un hymne à la libération du corps de la Femme, ses droits et ses libertés.
Dans ce film, la réalisatrice costaricaine nous raconte les souvenirs intimes de trois femmes âgées. Le film traite d’un sujet peu souvent évoqué à l’écran et évoque les non dits de sujets tabous autour du désir féminin. C’est réalisé avec beaucoup de pudeur et le film ne tombe jamais dans le sordide et la vulgarité. Il nous fait également réfléchir sur la condition féminine passée et dévoile l’évolution de celle-ci à travers l’évocation des souvenirs de ces femmes.
Bernard CORIC
(film visionné en projo de presse le 30/10/2024 au Club Marbeuf à PARIS)
"L'intime est politique" dit la réalisatrice costaricienne Antonella Sudasassi Furniss, à propos de Mémoires d'un corps brûlant. Le dispositif de son film se rapproche un peu de celui de Little Girl Blue ou encore des Filles d'Olfa, avec un jeu permanent, et plutôt fascinant, entre le documentaire et la fiction, entre le présent d'une vieille dame et les souvenirs entremêlés de trois femmes différentes mais incarnées par une seule. C'est moins complexe qu'il n'y parait et la fluidité de la mise en scène, ainsi qu'une manière élégante de faire surgir le passé, s'avèrent séduisants. Le propos sur la place de la femme, de son enfance à sa vieillesse, a quelque chose d'universel et s'exprime sans tabou aucun, voire même avec une certaine crudité, à travers des thèmes aussi divers que le désir, le plaisir, la frustration, la violence masculine, la ménopause, les règles, etc. Un film de femme, avec des femmes et pour les femmes ? Voire. Les hommes n'y apprendront rien de stupéfiant mais se rendront mieux compte de toutes les épreuves traversées par leurs consœurs et y apprécieront les témoignages qui montrent un courage, une force vitale et une dignité qu'ils ne soupçonnent pas ou bien négligent, en tant qu'époux, compagnon, ami, père ou fils. Comme une leçon de féminité, contée avec humour et lucidité.