En 2022, Les Bad Guys avait soufflé un vent de fraîcheur bienvenu chez DreamWorks Animation. Même si mettre en scène des méchants n’était pas nouveau, Pierre Perifel y insufflait une énergie et un style qui tranchait avec la production du studio, entre humour méta et influences visuelles issues du manga et de la BD franco-belge. L’œuvre aurait pu rester un one shot, tant elle se suffisait à elle-même, et une suite faisait craindre d’écorner cette belle réussite.
Les Bad Guys 2 réussit pourtant à prolonger et approfondir les thématiques du premier film. Chaque membre du quintet s’ancre désormais dans une démarche de réinsertion après la prison, mais reste, aux yeux du public, un criminel irrécupérable. Ce cynisme mordant est posé dès l’ouverture, avec une séquence d’action survitaminée en hommage à Mission: Impossible : un casse exotique qui retrouve la flamboyance de leurs anciens exploits.
L’action est franchement très bonne, parfois même à la limite de l’anime, avec des chorégraphies nerveuses et dynamiques. On sent aussi une forte inspiration de la BD française, notamment dans le découpage des scènes et la stylisation des personnages. La musique, signée Daniel Pemberton, est un autre point fort du film, apportant un vrai souffle épique et rythmique qui soutient parfaitement les scènes d’action.
Malgré tout, le film ne prend pas trop le temps de souffler et souffre d’un certain manque de développement, que ce soit du côté des antagonistes — dont le character design passe un peu inaperçu — ou même au sein du groupe principal, parfois réduit à des traits de caractère assez simples. Certains éléments du scénario, bien qu’intéressants, sont laissés en suspens ou exploités de manière trop superficielle, tandis que d’autres rebondissements restent malheureusement très prévisibles. Certains moments comiques sont trop enfantin que ça casse le rythme du film et la fin , je trouve très Moi Moche et Méchanesque.
On retrouve également un hommage/ pastiche au Silence des agneaux,très cool , d'ailleurs surtout l'ambiance et la colorimétrie . Le climax spatial, grandiose et délirant, un très bon sound design , mais beaucoup trop court et facile , selon mon avis , et compense largement les petits défauts et confirme l’envie du studio de proposer une aventure qui s’inscrit dans la continuité de leur récente « nouvelle formule magique ».
En conclusion, Les Bad Guys 2 est franchement un très bon film, rythmé et inventif, qui joue intelligemment avec ses références et son style. Il aurait cependant mérité d’être un peu plus long, afin de mieux développer ses personnages et exploiter certaines pistes narratives laissées un peu en retrait.