Suite parue trois années après l'opus originel, Les Bad Guys 2, toujours réalisé par Pierre Perifel, s'avère du même niveau que son aîné, c'est-à-dire correct, mais ne bénéficie plus de l'effet de découverte, le rendant ainsi moyen. L'histoire nous fait suivre les animaux anthropomorphes qui sont devenus des Good Guys, faisant de leur mieux pour avoir une vie rangée, délaissant leur passé criminel. Seulement, ils sont contraints de sortir de leur retraite et de faire un dernier coup pour une équipe de malfrats entièrement féminine nommée les Bad Girls. Ce scénario s'avère malheureusement peu emballant à visionner tout du long de sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue beaucoup trop proche de son prédécesseur, laissant en bouche un goût de réchauffé. Celle-ci nous embarque dans une aventure où l'action est le maître mot. Le métrage est en effet très généreux en action, cherchant à en faire toujours plus à travers des scènes tombant dans la surenchère à outrance. Cela a pour effet de donner un récit dynamique, sans temps morts. Mais c'est également sa limite et il souffre des mêmes maux que le premier volet car il n'a rien d'autre à offrir, hormis des retournements de situation sans importance. Là où les studios Disney procurent de l'émotion via des contes et là où les studios Pixar inventent des concepts intelligents, cette production DreamWorks n'a que du divertissement à offrir. Le tout manque cruellement de fond, de thématiques. De plus, on ne ressent aucune évolution chez les protagonistes. Ça donne une énorme sensation de redite. D'autant plus que le ton ne procure aucun sentiment. Malgré une volonté d'amuser, l'humour ne prend pas et aucun passage ne cherche à se montrer touchant. Résultat, c'est beaucoup trop neutre. L'ensemble est porté par des personnages sympathiques mais qui ne sont jamais développés. On retrouve les membres de l'équipe composée du loup, du serpent, du requin, du piranha et de la tarentule, ainsi que la gouverneure Diane Foxington et l'antagoniste Professeur Marmelade, le cochon d'Inde fou qu'ils ont fait arrêter un an plus tôt. Les nouvelles venues que sont Mistigri, Pigtail et Apocalypse n'ont pas beaucoup de personnalité. Tous ces animaux entretiennent des rapports manquant cruellement d'émotion. Des échanges soutenus par des dialogues insipides. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère qualitative. Sa mise en scène est recherchée et parvient très bien à nous immerger au cœur de l'action. De plus, elle évolue au sein d'un univers réussi à la faveur d'une direction artistique singulière, lui conférant un style et un cachet uniques. Elle est jolie, aussi bien au niveau des environnements variés traversés que concernant l'aspect des protagonistes. Sa palette de couleurs est également à saluer. Ce visuel honorable est accompagné par une bande originale de bonne facture. Ses compositions collent bien à l'action et aux images. Seulement, elles sont loin d'être mémorables et elles manquent cruellement d'un thème permettant de donner une identité musicale à l'œuvre. Reste une fin attendue, à l'instar de la narration sans surprise, venant ainsi mettre un terme à cette suite sans réel intérêt. En conclusion, Les Bad Guys 2 est un film d'animation dispensable qui plaira avant tout aux plus jeunes et aux adultes peu exigeants.