Après le "Nosferatu" de Robert Eggers, c'est maintenant Luc Besson qui a la lourde tâche de transposer le mythe de "Dracula" sur grand écran (puisqu'à une histoire de droits près, ce sont les mêmes personnages) et peut-être pour lui le moyen de revenir à ses heures de gloire, surtout après un film sorti dans l'indifférence totale sur Ciné+ OCS. Le pari est-il réussi ? Pas vraiment. Si le film avait pourtant tout pour plaire dans sa bande-annonce avec ces superbes plans rappelant d'ailleurs beaucoup le film de Coppola et son histoire d'amour tragique, on était en droit de s'attendre à quelque-chose de relativement mauvais puisqu'encore une fois, Besson n'a pas réalisé de films vraiment dingues depuis la fin des années 90 (même si j'apprécie beaucoup "Lucy"). Et la comparaison avec le "Dracula" de Coppola ne s'arrête pas qu'à la bande-annonce puisque le début du film y est très similaire, jusqu'à certains plans qui sont carrément repris. Sauf que Besson l'a dit, ce qui l'anime avec son adaptation, c'est d'y mettre l'accent sur la romance, ce qu'aucune adaptation, à ma connaissance, n'a vraiment fait jusqu'à présent, même si on pourrait considérer, encore une fois, la version de Coppola comme tel même si cet aspect y est beaucoup plus subtil. Et la comparaison avec Coppola ne s'arrête toujours pas là puisque même dans le style de son personnage, il y a énormément de similitudes. Mais bref, ce n'est pas grave, je m'étais dit que j'allais passer sur ces ressemblances et m'intéresser à ce que Besson voulait vraiment raconter. Le point positif, c'est que l'on explore ici bien plus le passé de l'antagoniste et ses motivations, notamment au travers de scènes dans lesquelles il traverse plusieurs époques. Ça donne un peu plus de profondeur au personnage et le rendrait presque sympathique ; le spectateur comprenant alors un peu mieux sa damnation. Seulement, c'est un peu kitschouille. Notamment avec cette histoire de parfum déjà et puis dans la représentation dandy du personnage car si l'homo-érotisme a toujours été présent dans les diverses représentations du personnage, c'était plus subtile et le subtile, Besson, il sait pas trop faire. De même que les gargouilles, en plus de ça très mal faites, qui viendraient presque ajouter une touche d'humour à l'ensemble mais on ne sait jamais si c'est volontaire ou non. Puis bon, une fois arrivé à l'époque contemporaine, enfin celle du film, on retombe dans une adaptation classique du roman de Bram Stoker qui n'apporte pas grand-chose de plus que les autres, excepté une grosse scène d'action à la fin parce-que c'est Besson. Et d'ailleurs, on reconnait effectivement bien la patte du réalisateur qui, lorsqu'il ne copie pas Coppola, revient à du beau cinéma, notamment la scène de la mort d'Elisabeta dans la neige qui est magnifique. Pour interpréter son personnage principal, Besson reprend son chouchou du moment en la personne de Caleb Landry Jones qui ne s'en sort vraiment pas mal. De même que le reste du casting d'ailleurs comme Christoph Waltz, Matilda De Angelis et Guillaume de Tonquédec. Alors certes, le "Dracula" de Besson n'est pas une franche réussite mais reste un divertissement honnête et même un très beau film visuellement parlant par instants.