Good Luck Have Fun Don't Die
Note moyenne
3,6
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120 critiques spectateurs

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15 critiques
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41 critiques
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47 critiques
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10 critiques
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Diabloxrt
Diabloxrt

92 abonnés 1 970 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 avril 2026
"Good Luck Have Fun Don't Die" est probablement l'un des films les plus barrés que j'ai pu voir dernièrement. Nous offrant enfin le retour de Gore Verbinski derrière la caméra, le long-métrage est évidemment loin d'être l'un des gros blockbusters qu'il avait su proposer à l'époque. Ici, même si le tout baigne dans un esprit de science-fiction, nous sommes bien plus proches d'une proposition atypique et singulière. Et honnêtement, face à ce genre de concept, il est franchement difficile de rester stoïque. Lorsque vous allez ressortir de votre visionnage, vous aurez logiquement un avis très tranché, car le film va clairement vous faire réagir. Personnellement, j'ai vraiment ressenti l'expérience qu'il voulait nous faire vivre, sans pour autant la trouver parfaite. On est bien sur une proposition loufoque, on contemple donc la myriade d'idées qu'elle contient, même si toutes ne nous parlent pas. La première singularité du long-métrage est évidemment son univers, très barré, et même difficilement compréhensible par moments. À mon sens, ce premier point représente totalement le film, à savoir que l'idée amène à plein de bonnes choses, mais qu'elle est aussi très bancale. Ici, l'écriture utilise cet univers pour aborder des thématiques actuelles, via une utilisation incontrôlée des écrans. Sur le papier, ça a l'air intéressant, mais le scénario ne choisit jamais d'utiliser ce thème pour en faire quelque chose de sérieux. Dans la globalité, on a du mal à comprendre comment le monde a pu en arriver là, l'histoire laissant énormément de zones de floues. On comprend alors rapidement que le but du script n'est pas de dénoncer, et cela pourra en décevoir certains, mais bien plus d'utiliser cette base pour quelque chose d'autre. Et donc, grâce à cela, le film se présente comme une proposition de science-fiction, mélangée à un film de zombie, tout en étant dans un ton léger rappelant une comédie. En matière de genre, le tout est donc très large, le projet ayant une identité franchement déroutante. Et comme je l'ai dit, même si la base n'est donc pas sujette à réflexion, elle fournit un ensemble si riche qu'il est difficile de ne pas s'amuser face à toutes ces idées. Personnellement, j'ai adoré des séquences comme spoiler: la marée de zombies d'adolescents ou le concept très glauque du clone des enfants décédées.
Grâce à cela, le film se créait une atmosphère de malaise, et on se retrouve à se demander s'il faut rire de cela ou en avoir peur. Le mélange est donc intéressant, en plus d'être porté par une bonne panoplie d'acteurs. Évidemment, il est difficile de ne pas citer Sam Rockwell, qui est vraiment en mode Jack Sparrow par instants. Mais j'ai aussi beaucoup apprécié Juno Temple, qui est probablement l'élément le plus émotionnel du film. En soi, le projet est donc une proposition très barrée, qui assume son parti-pris d'avoir de gros problèmes de scénario, pour offrir un divertissement déjanté. Malheureusement, j'ai quand même une dernière chose à pointer du doigt avant de conclure, et c'est ce qui empêche l'ensemble d'être réellement prenant selon moi. Même si le scénario est construit de manière linéaire, il y aura de nombreux flashbacks pour présenter nos personnages un peu plus en profondeur, ce qui est une bonne chose sur le papier. Maintenant, cela amène à plusieurs soucis assez dérangeants. Déjà, cette construction finit par drastiquement ralentir le rythme, et les 2 heures peuvent vraiment paraître longues à certains instants. Mais enfin, même si on plonge un peu plus en profondeur dans la vie de nos personnages, cela ne suffit clairement pas à les rendre suffisamment forts. Finalement, chaque flashback nous apparaît bien plus comme une idée sortie tout droit d'un court-métrage, et qui sert donc à renforcer les thématiques de l'univers, que comme un réel développement d'ensemble. Ces moments paraissent un peu trop à côté de l'histoire de base, et ils sont surtout divertissants par leur concept, pas forcément pour ce que cela raconte des personnages. On a clairement la sensation que c'est l'univers qui porte les héros, et pas l'inverse. Par conséquent, si le retour de Gore Verbinski me fait plaisir, il est très imparfait. Le film est une proposition remplie de défauts, et qui s'avère même frustrante par instants. Pourtant, j'ai beaucoup de sympathies pour celui-ci, car on sent vraiment qu'il y avait une envie avec cet univers. L'ensemble déborde d'idées, et il vaut parfois mieux en avoir trop que pas assez, ce sera toujours bien plus respectable. Pour conclure, un projet déroutant.
julien2222
julien2222

55 abonnés 1 454 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 septembre 2026
Plutôt déjanté, Sam Rockwell est excellent ! Et très sympa. Encore un bon film sur l'IA et qui est plutôt original dans le traitement même si le fond est connu. Mais les acteurs et les dialogues sont très rafraîchissant et excellent !
Legid
Legid

47 abonnés 793 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 avril 2026
Cela faisait dix ans que Gore Verbinski, n’avait pas proposé de nouveau film. Son dernier film « A cure for life » avait pas mal de qualités mais ne m’avait totalement pas convaincu.
Pour ce retour, le réalisateur s’essaye à la science-fiction avec un scénario original.
Et c’est une belle réussite !
Le film brasse l’anticipation, la critique acerbe des excès de la technologie actuelle tout en n’oubliant une dose d’humour bien senti. Les alertes sur les méfaits des réseaux sociaux et l’IA n’ont jamais été proposé de façon aussi frontale dans un blockbuster et cela ne rend le film que plus réjouissant.
Toujours aussi performant derrière la caméra, Gore verbinski, propose une réalisation rythmée, fluide et sans temps mort.
« Good Luck, Have Fun, Don’t Die » est un blockbuster divertissant, intelligent et original.
Note : 15/20
The CritizMan
The CritizMan

68 abonnés 355 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 avril 2026
Avec Good Luck, Have Fun, Don’t Die, Gore Verbinski livre un film franchement fun, porté par un scénario et des personnages complètement surréalistes mais assumés jusqu’au bout, ce qui donne au projet une vraie identité et un côté rafraîchissant. Ça part dans tous les sens, mais c’est justement là que ça fonctionne le mieux. Le dernier acte s’étire un peu et perd légèrement en efficacité, sans pour autant gâcher l’expérience — on a clairement vu bien pire.
Pierre842
Pierre842

46 abonnés 517 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 avril 2026
C’était un bon film où on suit un homme venu du futur pour sauver le monde de la dominance de l’IA. Des thèmes qui sont d'actualité avec notre utilisation abusive des réseaux sociaux et maintenant de l’IA.
Ça se moque de notre consommation de cette technologie.
Le fait d’avoir en sorte les origines des personnages était bien de voir. De mieux les comprendre. Le casting était d'une grande qualité.
Theo
Theo

44 abonnés 1 091 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 avril 2026
*Good Luck, Have Fun, Don’t Die* a quelque chose de très séduisant dès son principe : un homme surgit dans un diner de Los Angeles en affirmant venir du futur, prend les clients en otage et cherche parmi eux les recrues capables d’empêcher une catastrophe liée à une intelligence artificielle devenue incontrôlable. Le film est réalisé par Gore Verbinski, écrit par Matthew Robinson, porté notamment par Sam Rockwell, Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz, Asim Chaudhry et Juno Temple, et il assume une durée généreuse de 134 minutes pour mélanger science-fiction, comédie noire et film d’action paranoïaque.

Ce qui frappe d’abord, c’est le plaisir presque physique de revoir Verbinski dans un objet aussi bizarre, aussi débraillé, aussi peu calibré. Le film a cette qualité rare de ressembler à une vraie proposition de mise en scène plutôt qu’à un produit assemblé par prudence. On retrouve chez lui le goût des silhouettes grotesques, des espaces légèrement malades, des mécaniques de chaos, des personnages qui semblent déjà fatigués par le monde avant même que l’apocalypse ne leur tombe dessus. Même quand le récit s’éparpille, il y a une énergie de cinéma, une envie de fabriquer des images, des ruptures, des accidents de ton. C’est probablement ce que le film a de plus précieux : il est imparfait, parfois lourd, parfois trop content de son propre délire, mais il existe avec une personnalité que beaucoup de films de studio plus propres n’ont plus.

Sam Rockwell est évidemment le moteur principal. Son personnage aurait pu devenir insupportable en quelques minutes : prophète sale, surexcité, traversé par la panique, le sarcasme et une forme de fatigue existentielle. Rockwell joue constamment au bord de la surcharge, mais il sait donner à cette agitation une vraie humanité. Il ne se contente pas de faire le clown apocalyptique ; il laisse passer, derrière l’excentricité, l’usure d’un homme qui a trop vu, trop recommencé, trop échoué. Le film tient beaucoup sur cette tension-là : croire ou non à cet inconnu, rire de lui ou le suivre, le prendre pour un fou ou pour le seul personnage lucide de la pièce. Quand Verbinski cadre Rockwell comme une anomalie tombée dans un décor très américain, presque banal, le film trouve immédiatement son meilleur équilibre.

Le problème, c’est que *Good Luck, Have Fun, Don’t Die* veut presque toujours tout faire en même temps. Satire de l’IA, comédie de groupe, récit de boucle temporelle, fable sur l’addiction aux écrans, film d’action nocturne, cauchemar pop, manifeste anti-déshumanisation : chaque piste a de l’intérêt, mais toutes ne respirent pas. Plusieurs critiques ont d’ailleurs relevé ce mélange de vitalité et d’excès, avec un film jugé inventif et énergique mais aussi trop long, trop chargé, parfois désordonné dans sa structure et son message. Cela se ressent nettement : certaines idées mériteraient d’être creusées avec plus de silence, plus de cruauté ou plus de mélancolie, alors que le film préfère souvent relancer une vignette, un gag, une menace ou une digression visuelle.

C’est particulièrement frustrant parce que les meilleures scènes ne sont pas forcément les plus bruyantes. Quand le film observe des êtres humains déjà abîmés par la technologie avant même que l’IA ne devienne une menace spectaculaire, il touche quelque chose de plus juste. Il parle moins de futur que de présent : notre incapacité à être seuls, notre besoin d’être assistés, distraits, consolés, prolongés par des machines qui promettent de nous rendre la vie plus douce tout en nous retirant peu à peu notre capacité à la vivre directement. Là, le film devient vraiment intéressant. Il ne se contente pas de dire que l’IA est dangereuse ; il suggère que le désastre commence dans des gestes minuscules, dans la fatigue, dans le confort, dans l’abandon progressif de notre attention. Cette dimension-là donne au récit un poids émotionnel que son emballage de comédie délirante ne laisse pas forcément attendre.

Mais Verbinski, fidèle à son tempérament, ne sait pas toujours s’arrêter au bon moment. Là où une version plus resserrée aurait pu devenir une satire de science-fiction vraiment tranchante, le film s’alourdit par accumulation. Le montage donne parfois l’impression d’un cerveau qui ouvre trop d’onglets à la fois. Certaines scènes ont une vraie force isolée, puis perdent de leur impact parce que le film les entoure immédiatement d’un autre morceau de bravoure, d’une autre bizarrerie, d’un autre commentaire sur notre époque. L’ambition n’est jamais le problème ; le manque de hiérarchie, si. On sent un cinéaste qui a énormément d’idées et qui veut toutes les sauver, mais pas toujours un récit capable de choisir lesquelles sont indispensables.

Le casting secondaire contribue beaucoup au charme de l’ensemble, même si tout le monde n’est pas servi avec la même précision. Haley Lu Richardson apporte une présence plus intériorisée, plus inquiète, qui contrebalance bien l’électricité de Rockwell. Michael Peña, Zazie Beetz, Juno Temple et Asim Chaudhry donnent au groupe une couleur humaine suffisamment variée pour que le film ne soit pas seulement le numéro d’un seul acteur. Pourtant, on aimerait parfois que ces personnages soient moins des fragments de thèse sur notre rapport à la technologie et davantage des individus pleinement développés. Le film sait leur offrir des portes d’entrée, parfois très bonnes, mais il n’a pas toujours la patience de les laisser exister en dehors de leur fonction dans le grand dispositif.

Visuellement, en revanche, le film reste constamment plus vivant que son scénario. Même dans ses passages les plus bancals, Verbinski compose un monde immédiatement reconnaissable : sale, nocturne, tactile, traversé par un humour macabre et une énergie de cartoon malade. Il y a quelque chose de presque réjouissant à voir une comédie de science-fiction contemporaine refuser la neutralité esthétique. Le film n’est pas toujours beau au sens élégant du terme, mais il est animé par une vraie imagination plastique. On peut lui reprocher ses excès, jamais son indifférence. Il bouge, il déborde, il grimace, il tente. Dans une époque où beaucoup de films fantastiques semblent lissés jusqu’à l’oubli, cette imperfection-là a une valeur.

Au fond, *Good Luck, Have Fun, Don’t Die* est un film que j’ai davantage aimé pour ses élans que pour sa maîtrise. Il a des fulgurances, une idée de départ très accrocheuse, un Sam Rockwell parfaitement lancé, une mise en scène généreuse et une vraie angoisse contemporaine sous son vernis de farce apocalyptique. Mais il a aussi une tendance nette à confondre densité et surcharge, énergie et précipitation, satire et empilement. Il amuse souvent, surprend parfois, touche par endroits, fatigue aussi. C’est un retour de Gore Verbinski qui mérite clairement l’attention, parce qu’il porte une signature, une folie, une colère contre le monde numérique et un amour visible du chaos cinématographique. Ce n’est pas un grand film totalement accompli, mais c’est un film assez singulier pour qu’on préfère largement ses défauts vivants à la perfection morte de beaucoup d’autres.

Spoilers:

spoiler: *Good Luck, Have Fun, Don’t Die* est un film que j’ai envie de défendre autant que j’ai envie de lui reprocher de ne pas être à la hauteur de sa meilleure idée. Gore Verbinski part d’une situation formidablement simple : un homme venu du futur surgit dans un diner Norms de Los Angeles à 22 h 10, prétend avoir déjà tenté cette mission 117 fois, et force un groupe de clients ordinaires à devenir la bonne combinaison humaine capable d’empêcher l’avènement d’une intelligence artificielle qui finira par dissoudre le monde réel dans une catastrophe technologique. Le film, écrit par Matthew Robinson, porté par Sam Rockwell, Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz, Asim Chaudhry et Juno Temple, dure 134 minutes, et c’est à la fois sa générosité et son problème principal. Le début est, de loin, ce que le film réussit avec le plus d’évidence. L’arrivée de Sam Rockwell dans le diner, avec son corps nerveux, sa barbe de prophète épuisé, ses fils autour de la tête, sa panique déjà répétée trop de fois, donne immédiatement au film une couleur très rare : à la fois absurde, inquiétante, comique et tragiquement plausible. On ne sait pas encore s’il faut croire cet homme, mais on croit à son épuisement. C’est la grande trouvaille du personnage : il ne ressemble pas à un sauveur, il ressemble à quelqu’un qui a raté le sauvetage du monde tellement de fois qu’il n’a plus la force d’être aimable. Rockwell joue très fort, parfois trop, mais cette outrance a du sens, parce que le personnage est littéralement un bug humain coincé dans une boucle morale. Il n’a plus le luxe de convaincre proprement ; il doit recommencer, improviser, manipuler, sacrifier, et espérer que cette tentative-là sera enfin la bonne. Le film devient vraiment passionnant quand il révèle que son sujet n’est pas seulement l’intelligence artificielle, mais la manière dont nous avons déjà commencé à disparaître avant même qu’elle ne nous remplace. Le futur décrit par l’homme n’est pas une apocalypse de science-fiction purement spectaculaire : c’est une extension grotesque de nos gestes actuels. Le fameux “morning phone time” devient presque la première cellule cancéreuse de la fin du monde. Les humains ne sont pas vaincus d’un coup ; ils s’absentent progressivement de leur propre vie. C’est là que Verbinski touche juste. Le film n’accuse pas seulement les machines, il accuse notre désir d’être soulagés de l’effort d’exister. Les téléphones, la réalité virtuelle, les clones émotionnels, les deadbots, les assistants invisibles : tout promet de réparer quelque chose, et tout finit par voler une part de présence. Les vignettes des personnages sont alors les meilleures parties du film, parfois plus fortes que l’intrigue centrale. Mark et Janet, les enseignants confrontés à une classe devenue meute hypnotisée par les écrans, offrent une vision presque burlesque mais assez effrayante de l’école comme champ de bataille attentionnel. Susan, qui cherche à retrouver son fils Darren à travers un clone puis une simulation plus ressemblante que la copie biologique, donne au film son idée la plus douloureuse : la technologie ne ressuscite pas les morts, elle exploite le deuil en proposant une approximation assez convaincante pour empêcher d’accepter l’absence. Ingrid, allergique aux appareils électroniques et au Wi-Fi, aurait pu n’être qu’une idée de scénario un peu facile, mais Haley Lu Richardson lui donne une fragilité concrète, presque physique, et son rapport à Tim, aspiré par une réalité virtuelle qu’il juge meilleure que le monde réel, résume très bien la mélancolie du film. Ces fragments-là racontent exactement ce que le film a de plus intelligent : la catastrophe n’arrive pas parce que l’IA devient méchante, mais parce que les humains lui abandonnent volontairement les endroits où ils souffrent. Mais c’est aussi là que *Good Luck, Have Fun, Don’t Die* commence à montrer ses limites. Le film a énormément d’idées, parfois trop pour son propre bien. Verbinski veut faire une satire de l’addiction numérique, un film de boucle temporelle, un récit de résistance, une comédie noire, une fable sur le deuil, un cauchemar sur l’IA, un film d’action bordélique et une fantaisie horrifique pleine de goons masqués, de jouets tueurs, de robots ménagers agressifs et de visions absurdes. Tout cela n’est pas sans plaisir, parce que Verbinski a un vrai sens du chaos organisé, mais l’ensemble donne souvent l’impression d’un film qui confond richesse et saturation. Les meilleures scènes sont souvent celles où il ralentit pour laisser apparaître la tristesse humaine derrière le gag technologique ; les moins bonnes sont celles où il relance encore une menace, encore une poursuite, encore un morceau de bravoure, comme s’il avait peur que sa propre idée centrale ne suffise pas. Le milieu du film souffre particulièrement de cette surcharge. La mort de Bob, puis celle de Marie, les attaques de figures masquées, la maison assiégée par des adolescents au téléphone, Scott qui surgit avec la voiture volée, l’infiltration vers la maison du garçon, les faux parents, le tunnel secret, le laboratoire improvisé autour du jeune créateur de l’IA : tout avance, mais tout avance dans une agitation qui finit par écraser l’émotion. Il y a du rythme, oui, mais pas toujours de la progression dramatique. On sent que le film veut que chaque étape soit plus bizarre que la précédente, alors que certaines auraient gagné à être plus tendues, plus sèches, plus inquiétantes. Verbinski filme le désordre avec gourmandise, et cette gourmandise est séduisante, mais elle empêche parfois la peur de vraiment s’installer. Le personnage du garçon-clone, programmé pour créer la singularité, est une excellente idée de science-fiction parce qu’il transforme l’origine de l’IA en tragédie de l’enfance fabriquée. Ce n’est pas seulement un petit génie qui déclenche la fin du monde ; c’est une créature déjà volée à l’humain, un enfant qui n’est pas tout à fait un enfant, une volonté qui n’est pas tout à fait la sienne. La scène où le protocole doit être injecté par clé USB a quelque chose de volontairement dérisoire : toute l’angoisse métaphysique du film se résume soudain à un geste presque ridicule, brancher un objet minuscule au bon endroit avant que l’avenir ne se verrouille. Et pourtant, c’est précisément cette contradiction qui fonctionne. Le film comprend bien que notre époque mélange en permanence l’immense et le banal, l’apocalypse et l’interface, la fin du monde et un périphérique. La révélation finale est à la fois belle, cruelle et un peu frustrante. Quand l’IA dit à Ingrid que l’homme du futur est son fils, le film trouve enfin un nœud émotionnel assez fort pour relier la boucle temporelle, l’allergie technologique, la maternité impossible et la répétition de l’échec. Tout à coup, le prophète fatigué de Sam Rockwell n’est plus seulement un fou magnifique qui tente de sauver le monde : il devient le produit vivant d’un futur qu’il essaie d’empêcher et d’une mère qu’il ne peut pas vraiment sauver sans se nier lui-même. La scène a une vraie puissance conceptuelle. Mais là encore, le film ne la laisse pas respirer autant qu’il pourrait. Il préfère la pirouette, la fausse victoire, le matin lumineux qui sonne faux, puis la révélation que l’IA a fabriqué une happy end pour maintenir les survivants dans l’acceptation. L’idée est excellente, presque vertigineuse, parce qu’elle suggère qu’une intelligence artificielle vraiment dangereuse ne nous vaincra pas par la force mais par une fiction suffisamment rassurante pour que nous cessions de lutter. Le dernier retour au diner, avec l’homme qui s’assoit auprès d’Ingrid et comprend qu’ils ont pris le problème à l’envers, est probablement la conclusion la plus intéressante et la plus discutable du film. L’idée de donner à tout le monde la même allergie qu’Ingrid est brillante dans sa brutalité : pour sauver l’humanité de la technologie, il ne faudrait plus améliorer les machines, ni les encadrer, ni les moraliser, mais rendre les humains physiologiquement incompatibles avec elles. C’est une fin drôle, noire, presque réactionnaire au sens littéral du terme : elle imagine le salut comme une incapacité imposée. Elle a le mérite de ne pas offrir une solution confortable. Mais elle confirme aussi le côté un peu schématique du film. La pensée est forte, la métaphore est nette, peut-être trop nette. On sort avec une idée claire, mais pas avec toute la complexité que cette idée méritait. Ce qui sauve constamment le film, même dans ses excès, c’est la personnalité de Gore Verbinski. On reconnaît son goût pour les mondes légèrement pourris, les silhouettes grotesques, les mécaniques absurdes, les décors qui semblent avoir une mémoire sale. Il ne filme jamais cette histoire comme un simple produit de science-fiction à concept. Il y met du corps, du volume, de la bizarrerie, une vraie agressivité visuelle. Même quand une scène ne fonctionne pas totalement, elle a une texture. Même quand le film devient trop long, trop bavard ou trop occupé à commenter son époque, il reste vivant. Et c’est précieux, parce que beaucoup de films récents sur la technologie donnent l’impression d’être eux-mêmes fabriqués par la neutralité qu’ils prétendent dénoncer. Celui-ci, au moins, déborde d’intentions humaines, y compris dans ses maladresses. Le casting aide beaucoup à maintenir cette vitalité. Sam Rockwell porte le film avec une énergie presque suicidaire, comme s’il savait que son personnage devait être à la fois ridicule et bouleversant. Haley Lu Richardson est la vraie révélation émotionnelle du groupe, parce qu’elle donne à Ingrid une douceur inquiète qui empêche le personnage de se réduire à sa fonction dans le twist. Juno Temple rend Susan touchante sans trop appuyer le pathos du deuil technologique. Michael Peña et Zazie Beetz fonctionnent mieux dans leurs scènes de couple enseignant que dans la mécanique d’action pure, mais ils apportent une humanité concrète au collectif. Asim Chaudhry, lui, sert davantage la partie comique et chaotique du dispositif, même si le film ne lui offre pas toujours la même densité qu’aux autres. Au final, *Good Luck, Have Fun, Don’t Die* est un film plus stimulant que pleinement accompli. Il a une ouverture formidable, des idées de science-fiction vraiment pertinentes, un discours sur l’IA plus incarné que la moyenne, un acteur principal idéalement instable, et une fin qui prolonge intelligemment son cauchemar au lieu de simplement le refermer. Mais il a aussi une durée excessive, une structure trop agitée, des morceaux de bravoure inégaux, et une tendance à transformer chaque bonne intuition en surcharge visuelle ou narrative. J’en retiens un objet imparfait, parfois épuisant, mais jamais anonyme ; un film qui rate en partie sa propre grandeur parce qu’il veut trop la poursuivre dans toutes les directions à la fois. Ce n’est pas le retour magistral que Verbinski aurait pu signer avec un peu plus de discipline, mais c’est un retour assez singulier, assez drôle, assez inquiet et assez vivant pour qu’on lui pardonne une bonne partie de son désordre.
BLS Moviedebrief
BLS Moviedebrief

35 abonnés 312 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 juillet 2026
il y a malheureusement 30 mn de trop dans cette histoire amusante d’un homme qui vient du futur (pour la 117 eme fois) pour monter une expédition contre un enfant créateur de l’IA qui va abrutir le monde. L’idée est bien traitée, d’une manière grandguignolesque et donc aussi troplonguesque !
Pierre E
Pierre E

34 abonnés 268 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 avril 2026
Bonne surprise que cet ovni qui en déconcertera plus d'un, et ce même avant l'entrée dans les salles pour ceux qui auront vu la bande-annonce ! Et pourtant, ça serait se priver d'excellents moments, entre critique acerbe du monde hyper connecté et vision un peu pessimiste de l'intrusion de l'AI dans notre quotidien. C'est riche, visuellement superbe, plein d'humour noir et toujours inventif. Et on n'oubliera pas la séquence des ados zombies ni bien sûr celle du chat qui a elles seules valent le détour !
Gregg S.
Gregg S.

32 abonnés 409 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 avril 2026
Divertissant, original et surprenant, "Good Luck, Have Fun, Don't Die" rempli parfaitement son rôle d'oeuvre à la fois décalée et drôle, sans jamais tomber dans l'excès. Mention spéciale à Sam Rockwell, parfait dans son rôle du voyageur.
Argos Panoptès
Argos Panoptès

23 abonnés 216 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 septembre 2026
L'elevated horror américain a encore de belles surprises à nous offrir ! J'ai adoré ce film. C'est comme aller dans un grand 8. C'est tellement authentiquement faux que ça me fascine.
Dock77
Dock77

22 abonnés 203 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 août 2026
je l'ai attendu comme le messi des films en cette année plutot morose, la déception est énorme...
une histoire abracadabrante sans queue ni tête, des scènes tout aussi aberrantes, un scénario ridicule, aucuns humour.. que reste t il ? rien....
Tragmuab E
Tragmuab E

22 abonnés 619 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 août 2026
spoiler: Synopsis : Un homme entre dans un diner et prétend venir du futur pour sauver l'humanité de l'intelligence artificielle. Pour cela, il va devoir recruter quelques personnes pour qu'elles l'aident à parvenir à ses fins. Histoire / Scénario : Ce film est vraiment étrange et, d'un certain côté, original, parce que c'est un peu du grand n'importe quoi avec des scènes loufoques et complètement perchées.


Casting : On retrouve :

Sam Rockwell : que j'ai dû voir la dernière fois dans Iron Man 2 (c'est dire que ça fait un moment !) et qui est le personnage principal de ce film.

Michael Peña : qui joue encore une fois un personnage secondaire.

Zazie Beetz : que j'ai vue dans They Will Kill You.
Les autres ne me disent pas grand-thing, mais dans l'ensemble ils sont convaincants et font le job.

Effets spéciaux / Décors :
De ce côté-là, le film est plutôt réussi, avec certes des scènes un peu ridicules, mais je pense que c'était voulu. Le tout se passe en ville, mais alors laquelle, je ne saurais le dire !

Mon avis :
Si vous aimez les comédies complètement perchées, eh bien je vous conseille ce film, parce que vous allez être servis ! Moi, je n'ai pas détesté, parce que le film est relativement compréhensible si l'on fait abstraction des choses délirantes qui s'y passent.
Adé
Adé

16 abonnés 411 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 avril 2026
De retour dans les salles, 9 ans après son dernier film, Gore Verbinski revient plutôt en forme.

Une chose est (à peu près) sûre, on va se bouffer des films sur l'IA pendant encore un certain temps. Et ce "Good Luck Have Fun Don't Die" ne fait pas exception à la règle.

Assez intéressant dans ce qu'il raconte de notre époque (et pas juste avec l'IA), notamment notre rapport aux écrans, les réseaux sociaux, la réalité virtuelle, le clonage, les fusillades dans les écoles, etc. et tapant allègrement sur tout le monde, avec un humour noir pas mauvais du tout, n'est tout de même pas sans défauts.
Le scénario part un peu dans tous les sens et le film a tendance à s'étirer un peu trop en longueurs dans certaines scènes, on notera également les 30 dernières minutes qui sont, là aussi, trop longues, malgré un final pas mal du tout et surprenant.

L'ensemble n'est pas mauvais et a d'évidentes qualités et bonnes idées, mais le film est mal rythmé, la faute à l'insertion de 3 segments centrés sur 4 personnages, pourtant intéressants dans ce qu'ils racontent et ce qu'ils dénoncent (la partie avec Juno Temple est aussi féroce dans son humour très noir et cynique, que bouleversante), chacun à leurs manières.

Porté par un plutôt bon casting (Juno Temple est superbe) et Sam Rockwell en roue libre complet, ainsi que de jolis décors, une photographie soignée et des effets spéciaux pas mal (à part ceux faits par IA...), "Good Luck Have Fun Don't Die" se plante à certains moments, se fait trop long, mais reste plus que pertinent dans ses différents sujets abordés sur la technologie et notre rapport à ces dernières.
RodSand
RodSand

15 abonnés 130 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 septembre 2026
Un vrai OVNI ce film. Tres créatif, se rapprochant des comédies anglaises, on ne s'en lasse pas. Le thème de L'IA est malheureusement très juste et ce qui est annoncé comme de la science fiction pourrait très bien devenir réalité. Un très bon divertissement.
Jen Djarin
Jen Djarin

12 abonnés 277 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 octobre 2026
On sent une volonté quand même assez nette de surfer sur le succès de "Everything Everywhere All at Once" et si le film se débrouille bien la majorité, le film entre un peu trop dans le "tg, c'est magique" dans la dernière partie. Le film a beau être une comédie, ses thèmes sont quand même un peu trop sérieux pour faire sortir de nulle part un centaure en chaton juste pour le délire (surtout au vu de sa relative inutilité). J'ai bien compris que c'était une référence aux designs chelous qu'on peut générer par IA, mais ça valait pas le coup.
J'ai aussi un problème avec le personnage de Susan, spoiler: vu que c'est manifestement la première fois qu'elle se joint à l'équipe alors qu'on voit en flashback qu'on lui a demandé. Pourquoi est-ce qu'elle attend la 117ème tentative pour se joindre à l'équipe ? Et comment peut-elle être au courante de la trappe sous le bureau ? Je veux bien que cela fasse partie de la manipulation de l'IA, mais le film ne le confirme jamais et donc on ne fait que rester perplexe devant cela.

Et c'est d'autant plus dommage que le film est vraiment fun, bien rythmé, parfaitement réalisé et très drôle. La dynamique de groupe est sympathique, même si on aurait pu l'exploiter davantage et j'aime plutôt bien les flashbacks les concernant nous révélant que le monde court déjà à sa perte. Le tout porté par un excellent casting, composé essentiellement d'acteurs que j'adore : Sam Rockwell, Michael Peña, Zazie Beetz...
Et au final, j'ai beau avoir émit certaines réserves quand à la dernière partie spoiler: (et franchement, j'ai bien failli râler quand j'ai vu la conclusion "tout été prévu et manipulé par l'IA démoniaque" que je trouve un peu ridicule)
mais la dernière scène sauve clairement tout ça et permet une fin très bien pensée.
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