Good Luck Have Fun Don't Die
Note moyenne
3,7
491 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

82 critiques spectateurs

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Makimax74
Makimax74

5 abonnés 129 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 mai 2026
le film à des bonnes idées, est génial mais sous employé. le scénario manque de cohérence. des scènes à la" black mirror" intercalé dans quête des héros narrent les différents protagonistes. le climax est foutoir . il y a un manque de moyens et je suis resté sur déçu de la fin.
mourad a.
mourad a.

6 abonnés 26 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 avril 2026
Bon divertissement. Le film accuse graphiquement 15 ans de retard mais il réussit à nous embarquer dans son histoire farfelue avec une légéreté bienvenue. La critique un peu lourde de la société de consommation est peu subtile mais reste cohérente avec le scénario proposé.
Même si on ne s'ennuie pas, la boucle temporelle est trop peu exploitée pour en faire un film d'anticipation dystopique mais ce n'était clairement pas son ambition.
cecile v
cecile v

7 abonnés 134 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 avril 2026
4/26 rythme soutenu et délire scénaristique dans un joyeux chaos satirique, ce film est un ovni, et ça fait du bien
Yetcha

1 081 abonnés 4 735 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 avril 2026
Plutôt déçu par ce film qui lorgne furieusement du côté de l'armée des 12 singes et par certains aspects de Ghostbusters. Le vioyage dans le temps est plus évoqué que visualisé. Le sujet était passionnant mais sa réalisation foutraque laisse à désirer. Un raté.
GyzmoCA
GyzmoCA

295 abonnés 2 586 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 avril 2026
Avec Good Luck, Have Fun, Don’t Die, Gore Verbinski propose un objet filmique assez inclassable. Derrière son voyage dans le futur, le film agit surtout comme un avertissement sur notre présent : dépendance aux écrans, dérives de l’IA, omniprésence des réseaux sociaux et fuite dans la réalité virtuelle.

L’intention est claire et plutôt louable, mais la narration peine à suivre. Le récit est souvent décousu, parfois même difficile à comprendre, ce qui empêche une vraie immersion. On sent une influence évidente de Terry Gilliam dans cette approche chaotique et imaginative, mais sans jamais atteindre la même folie maîtrisée ni la magie visuelle.

Heureusement, Sam Rockwell apporte une vraie plus-value. Sa performance donne du relief à l’ensemble et maintient l’intérêt même lorsque le film se perd dans ses propres idées.

Au final, c’est une œuvre intrigante, audacieuse, mais trop désordonnée pour marquer durablement. Une curiosité qui mérite d’être découverte, même si elle risque de diviser et de laisser beaucoup de spectateurs sur le bord du chemin.
Amelie D
Amelie D

1 abonné 7 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 avril 2026
Histoire d'un voyageur du temps qui essaie de sauver le monde. On ne s'attend à pas grand chose en voyant le côté loufoque du film mais pourtant on passe un bon moment avec cette équipe, j'ai trouvé la fin du film trop courte et bof néanmoins.
tupper
tupper

190 abonnés 1 570 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 avril 2026
Good Luck, Have Fun, Don't Die, est une proposition singulière qui s'inscrit pile dans la lignée d'un épisode de Black Mirror.
C'est un film résolument pessimiste sur notre rapport à la technologie, mais il parvient à rester bourré d'humour grâce à des dialogues percutants et des personnages forts, portés par un casting solide. La photo très travaillée offre une vraie identité visuelle et de belles idées de mise en scène compensent un manque de budget évident trahis par certains effets spéciaux un peu "cheap". Un divertissement grinçant qui, malgré ses défauts et ses longueurs fait mouche.
Pôpô passion ciné
Pôpô passion ciné

32 abonnés 332 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 avril 2026
Un film à part complètement déjanté et qui fait un bien fou !!
On pourrait penser qu'il part en cacahuète sans but précis mais au contraire chaque détail est travaillé et ne laisse aucune place au hasard !

On dirait un épisode allongé de "Black Mirror" dans lequel le pire peut arriver !
On est sur un récit futuriste-réaliste qui pousse à l'extrême le curseur de l'impact de l'IA sur la jeune génération.
L'originalité de cette histoire tient surtout de son montage qui permet d'être dynamique et de créer la curiosité !

C'est un film malin qui est construit intelligemment : la scène d'introduction du restaurant nous met directement dans le bain et il permet de faire des flash back sur les personnages qui ne sont finalement pas choisi au hasard.

La boomeuse qui est en moi a eu des montées d'angoisse et une pensée pour mes neveux et nièces qui vont grandir dans un monde dans lequel l'IA se sera fait une place indispensable.

J'ai eu plaisir à retrouver Sam Rockwell qu'on retrouve dans un nouveau rôle déjanté ! Il m'avait tellement marqué dans "Jojo Rabbit" et je trouve qu'il est bon dans les rôles atypiques !
Et j'ai été heureuse de retrouver aussi rapidement sur grand écran l'actrice montante Zazis Beetz que j'ai découvert dans "They will kill you".

Pour résumer, c'est un film efficace, original, qui ne se prend pas au sérieux et qui détonne!
Sylvia Pankhurst
Sylvia Pankhurst

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 avril 2026
Une réussite : film d'une grande originalité, avec un propos intelligent sans se prendre au sérieux, et le casting est excellent. Certains gags valent à eux seuls la place de ciné.
Bref, voilà un bon film qui sort de l'ordinaire des films formatés qu'on a l'impression d'avoir déjà vu 100 fois.
Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 avril 2026
*Good Luck, Have Fun, Don’t Die* a quelque chose de très séduisant dès son principe : un homme surgit dans un diner de Los Angeles en affirmant venir du futur, prend les clients en otage et cherche parmi eux les recrues capables d’empêcher une catastrophe liée à une intelligence artificielle devenue incontrôlable. Le film est réalisé par Gore Verbinski, écrit par Matthew Robinson, porté notamment par Sam Rockwell, Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz, Asim Chaudhry et Juno Temple, et il assume une durée généreuse de 134 minutes pour mélanger science-fiction, comédie noire et film d’action paranoïaque.

Ce qui frappe d’abord, c’est le plaisir presque physique de revoir Verbinski dans un objet aussi bizarre, aussi débraillé, aussi peu calibré. Le film a cette qualité rare de ressembler à une vraie proposition de mise en scène plutôt qu’à un produit assemblé par prudence. On retrouve chez lui le goût des silhouettes grotesques, des espaces légèrement malades, des mécaniques de chaos, des personnages qui semblent déjà fatigués par le monde avant même que l’apocalypse ne leur tombe dessus. Même quand le récit s’éparpille, il y a une énergie de cinéma, une envie de fabriquer des images, des ruptures, des accidents de ton. C’est probablement ce que le film a de plus précieux : il est imparfait, parfois lourd, parfois trop content de son propre délire, mais il existe avec une personnalité que beaucoup de films de studio plus propres n’ont plus.

Sam Rockwell est évidemment le moteur principal. Son personnage aurait pu devenir insupportable en quelques minutes : prophète sale, surexcité, traversé par la panique, le sarcasme et une forme de fatigue existentielle. Rockwell joue constamment au bord de la surcharge, mais il sait donner à cette agitation une vraie humanité. Il ne se contente pas de faire le clown apocalyptique ; il laisse passer, derrière l’excentricité, l’usure d’un homme qui a trop vu, trop recommencé, trop échoué. Le film tient beaucoup sur cette tension-là : croire ou non à cet inconnu, rire de lui ou le suivre, le prendre pour un fou ou pour le seul personnage lucide de la pièce. Quand Verbinski cadre Rockwell comme une anomalie tombée dans un décor très américain, presque banal, le film trouve immédiatement son meilleur équilibre.

Le problème, c’est que *Good Luck, Have Fun, Don’t Die* veut presque toujours tout faire en même temps. Satire de l’IA, comédie de groupe, récit de boucle temporelle, fable sur l’addiction aux écrans, film d’action nocturne, cauchemar pop, manifeste anti-déshumanisation : chaque piste a de l’intérêt, mais toutes ne respirent pas. Plusieurs critiques ont d’ailleurs relevé ce mélange de vitalité et d’excès, avec un film jugé inventif et énergique mais aussi trop long, trop chargé, parfois désordonné dans sa structure et son message. Cela se ressent nettement : certaines idées mériteraient d’être creusées avec plus de silence, plus de cruauté ou plus de mélancolie, alors que le film préfère souvent relancer une vignette, un gag, une menace ou une digression visuelle.

C’est particulièrement frustrant parce que les meilleures scènes ne sont pas forcément les plus bruyantes. Quand le film observe des êtres humains déjà abîmés par la technologie avant même que l’IA ne devienne une menace spectaculaire, il touche quelque chose de plus juste. Il parle moins de futur que de présent : notre incapacité à être seuls, notre besoin d’être assistés, distraits, consolés, prolongés par des machines qui promettent de nous rendre la vie plus douce tout en nous retirant peu à peu notre capacité à la vivre directement. Là, le film devient vraiment intéressant. Il ne se contente pas de dire que l’IA est dangereuse ; il suggère que le désastre commence dans des gestes minuscules, dans la fatigue, dans le confort, dans l’abandon progressif de notre attention. Cette dimension-là donne au récit un poids émotionnel que son emballage de comédie délirante ne laisse pas forcément attendre.

Mais Verbinski, fidèle à son tempérament, ne sait pas toujours s’arrêter au bon moment. Là où une version plus resserrée aurait pu devenir une satire de science-fiction vraiment tranchante, le film s’alourdit par accumulation. Le montage donne parfois l’impression d’un cerveau qui ouvre trop d’onglets à la fois. Certaines scènes ont une vraie force isolée, puis perdent de leur impact parce que le film les entoure immédiatement d’un autre morceau de bravoure, d’une autre bizarrerie, d’un autre commentaire sur notre époque. L’ambition n’est jamais le problème ; le manque de hiérarchie, si. On sent un cinéaste qui a énormément d’idées et qui veut toutes les sauver, mais pas toujours un récit capable de choisir lesquelles sont indispensables.

Le casting secondaire contribue beaucoup au charme de l’ensemble, même si tout le monde n’est pas servi avec la même précision. Haley Lu Richardson apporte une présence plus intériorisée, plus inquiète, qui contrebalance bien l’électricité de Rockwell. Michael Peña, Zazie Beetz, Juno Temple et Asim Chaudhry donnent au groupe une couleur humaine suffisamment variée pour que le film ne soit pas seulement le numéro d’un seul acteur. Pourtant, on aimerait parfois que ces personnages soient moins des fragments de thèse sur notre rapport à la technologie et davantage des individus pleinement développés. Le film sait leur offrir des portes d’entrée, parfois très bonnes, mais il n’a pas toujours la patience de les laisser exister en dehors de leur fonction dans le grand dispositif.

Visuellement, en revanche, le film reste constamment plus vivant que son scénario. Même dans ses passages les plus bancals, Verbinski compose un monde immédiatement reconnaissable : sale, nocturne, tactile, traversé par un humour macabre et une énergie de cartoon malade. Il y a quelque chose de presque réjouissant à voir une comédie de science-fiction contemporaine refuser la neutralité esthétique. Le film n’est pas toujours beau au sens élégant du terme, mais il est animé par une vraie imagination plastique. On peut lui reprocher ses excès, jamais son indifférence. Il bouge, il déborde, il grimace, il tente. Dans une époque où beaucoup de films fantastiques semblent lissés jusqu’à l’oubli, cette imperfection-là a une valeur.

Au fond, *Good Luck, Have Fun, Don’t Die* est un film que j’ai davantage aimé pour ses élans que pour sa maîtrise. Il a des fulgurances, une idée de départ très accrocheuse, un Sam Rockwell parfaitement lancé, une mise en scène généreuse et une vraie angoisse contemporaine sous son vernis de farce apocalyptique. Mais il a aussi une tendance nette à confondre densité et surcharge, énergie et précipitation, satire et empilement. Il amuse souvent, surprend parfois, touche par endroits, fatigue aussi. C’est un retour de Gore Verbinski qui mérite clairement l’attention, parce qu’il porte une signature, une folie, une colère contre le monde numérique et un amour visible du chaos cinématographique. Ce n’est pas un grand film totalement accompli, mais c’est un film assez singulier pour qu’on préfère largement ses défauts vivants à la perfection morte de beaucoup d’autres.

Spoilers:

spoiler: *Good Luck, Have Fun, Don’t Die* est un film que j’ai envie de défendre autant que j’ai envie de lui reprocher de ne pas être à la hauteur de sa meilleure idée. Gore Verbinski part d’une situation formidablement simple : un homme venu du futur surgit dans un diner Norms de Los Angeles à 22 h 10, prétend avoir déjà tenté cette mission 117 fois, et force un groupe de clients ordinaires à devenir la bonne combinaison humaine capable d’empêcher l’avènement d’une intelligence artificielle qui finira par dissoudre le monde réel dans une catastrophe technologique. Le film, écrit par Matthew Robinson, porté par Sam Rockwell, Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz, Asim Chaudhry et Juno Temple, dure 134 minutes, et c’est à la fois sa générosité et son problème principal. Le début est, de loin, ce que le film réussit avec le plus d’évidence. L’arrivée de Sam Rockwell dans le diner, avec son corps nerveux, sa barbe de prophète épuisé, ses fils autour de la tête, sa panique déjà répétée trop de fois, donne immédiatement au film une couleur très rare : à la fois absurde, inquiétante, comique et tragiquement plausible. On ne sait pas encore s’il faut croire cet homme, mais on croit à son épuisement. C’est la grande trouvaille du personnage : il ne ressemble pas à un sauveur, il ressemble à quelqu’un qui a raté le sauvetage du monde tellement de fois qu’il n’a plus la force d’être aimable. Rockwell joue très fort, parfois trop, mais cette outrance a du sens, parce que le personnage est littéralement un bug humain coincé dans une boucle morale. Il n’a plus le luxe de convaincre proprement ; il doit recommencer, improviser, manipuler, sacrifier, et espérer que cette tentative-là sera enfin la bonne. Le film devient vraiment passionnant quand il révèle que son sujet n’est pas seulement l’intelligence artificielle, mais la manière dont nous avons déjà commencé à disparaître avant même qu’elle ne nous remplace. Le futur décrit par l’homme n’est pas une apocalypse de science-fiction purement spectaculaire : c’est une extension grotesque de nos gestes actuels. Le fameux “morning phone time” devient presque la première cellule cancéreuse de la fin du monde. Les humains ne sont pas vaincus d’un coup ; ils s’absentent progressivement de leur propre vie. C’est là que Verbinski touche juste. Le film n’accuse pas seulement les machines, il accuse notre désir d’être soulagés de l’effort d’exister. Les téléphones, la réalité virtuelle, les clones émotionnels, les deadbots, les assistants invisibles : tout promet de réparer quelque chose, et tout finit par voler une part de présence. Les vignettes des personnages sont alors les meilleures parties du film, parfois plus fortes que l’intrigue centrale. Mark et Janet, les enseignants confrontés à une classe devenue meute hypnotisée par les écrans, offrent une vision presque burlesque mais assez effrayante de l’école comme champ de bataille attentionnel. Susan, qui cherche à retrouver son fils Darren à travers un clone puis une simulation plus ressemblante que la copie biologique, donne au film son idée la plus douloureuse : la technologie ne ressuscite pas les morts, elle exploite le deuil en proposant une approximation assez convaincante pour empêcher d’accepter l’absence. Ingrid, allergique aux appareils électroniques et au Wi-Fi, aurait pu n’être qu’une idée de scénario un peu facile, mais Haley Lu Richardson lui donne une fragilité concrète, presque physique, et son rapport à Tim, aspiré par une réalité virtuelle qu’il juge meilleure que le monde réel, résume très bien la mélancolie du film. Ces fragments-là racontent exactement ce que le film a de plus intelligent : la catastrophe n’arrive pas parce que l’IA devient méchante, mais parce que les humains lui abandonnent volontairement les endroits où ils souffrent. Mais c’est aussi là que *Good Luck, Have Fun, Don’t Die* commence à montrer ses limites. Le film a énormément d’idées, parfois trop pour son propre bien. Verbinski veut faire une satire de l’addiction numérique, un film de boucle temporelle, un récit de résistance, une comédie noire, une fable sur le deuil, un cauchemar sur l’IA, un film d’action bordélique et une fantaisie horrifique pleine de goons masqués, de jouets tueurs, de robots ménagers agressifs et de visions absurdes. Tout cela n’est pas sans plaisir, parce que Verbinski a un vrai sens du chaos organisé, mais l’ensemble donne souvent l’impression d’un film qui confond richesse et saturation. Les meilleures scènes sont souvent celles où il ralentit pour laisser apparaître la tristesse humaine derrière le gag technologique ; les moins bonnes sont celles où il relance encore une menace, encore une poursuite, encore un morceau de bravoure, comme s’il avait peur que sa propre idée centrale ne suffise pas. Le milieu du film souffre particulièrement de cette surcharge. La mort de Bob, puis celle de Marie, les attaques de figures masquées, la maison assiégée par des adolescents au téléphone, Scott qui surgit avec la voiture volée, l’infiltration vers la maison du garçon, les faux parents, le tunnel secret, le laboratoire improvisé autour du jeune créateur de l’IA : tout avance, mais tout avance dans une agitation qui finit par écraser l’émotion. Il y a du rythme, oui, mais pas toujours de la progression dramatique. On sent que le film veut que chaque étape soit plus bizarre que la précédente, alors que certaines auraient gagné à être plus tendues, plus sèches, plus inquiétantes. Verbinski filme le désordre avec gourmandise, et cette gourmandise est séduisante, mais elle empêche parfois la peur de vraiment s’installer. Le personnage du garçon-clone, programmé pour créer la singularité, est une excellente idée de science-fiction parce qu’il transforme l’origine de l’IA en tragédie de l’enfance fabriquée. Ce n’est pas seulement un petit génie qui déclenche la fin du monde ; c’est une créature déjà volée à l’humain, un enfant qui n’est pas tout à fait un enfant, une volonté qui n’est pas tout à fait la sienne. La scène où le protocole doit être injecté par clé USB a quelque chose de volontairement dérisoire : toute l’angoisse métaphysique du film se résume soudain à un geste presque ridicule, brancher un objet minuscule au bon endroit avant que l’avenir ne se verrouille. Et pourtant, c’est précisément cette contradiction qui fonctionne. Le film comprend bien que notre époque mélange en permanence l’immense et le banal, l’apocalypse et l’interface, la fin du monde et un périphérique. La révélation finale est à la fois belle, cruelle et un peu frustrante. Quand l’IA dit à Ingrid que l’homme du futur est son fils, le film trouve enfin un nœud émotionnel assez fort pour relier la boucle temporelle, l’allergie technologique, la maternité impossible et la répétition de l’échec. Tout à coup, le prophète fatigué de Sam Rockwell n’est plus seulement un fou magnifique qui tente de sauver le monde : il devient le produit vivant d’un futur qu’il essaie d’empêcher et d’une mère qu’il ne peut pas vraiment sauver sans se nier lui-même. La scène a une vraie puissance conceptuelle. Mais là encore, le film ne la laisse pas respirer autant qu’il pourrait. Il préfère la pirouette, la fausse victoire, le matin lumineux qui sonne faux, puis la révélation que l’IA a fabriqué une happy end pour maintenir les survivants dans l’acceptation. L’idée est excellente, presque vertigineuse, parce qu’elle suggère qu’une intelligence artificielle vraiment dangereuse ne nous vaincra pas par la force mais par une fiction suffisamment rassurante pour que nous cessions de lutter. Le dernier retour au diner, avec l’homme qui s’assoit auprès d’Ingrid et comprend qu’ils ont pris le problème à l’envers, est probablement la conclusion la plus intéressante et la plus discutable du film. L’idée de donner à tout le monde la même allergie qu’Ingrid est brillante dans sa brutalité : pour sauver l’humanité de la technologie, il ne faudrait plus améliorer les machines, ni les encadrer, ni les moraliser, mais rendre les humains physiologiquement incompatibles avec elles. C’est une fin drôle, noire, presque réactionnaire au sens littéral du terme : elle imagine le salut comme une incapacité imposée. Elle a le mérite de ne pas offrir une solution confortable. Mais elle confirme aussi le côté un peu schématique du film. La pensée est forte, la métaphore est nette, peut-être trop nette. On sort avec une idée claire, mais pas avec toute la complexité que cette idée méritait. Ce qui sauve constamment le film, même dans ses excès, c’est la personnalité de Gore Verbinski. On reconnaît son goût pour les mondes légèrement pourris, les silhouettes grotesques, les mécaniques absurdes, les décors qui semblent avoir une mémoire sale. Il ne filme jamais cette histoire comme un simple produit de science-fiction à concept. Il y met du corps, du volume, de la bizarrerie, une vraie agressivité visuelle. Même quand une scène ne fonctionne pas totalement, elle a une texture. Même quand le film devient trop long, trop bavard ou trop occupé à commenter son époque, il reste vivant. Et c’est précieux, parce que beaucoup de films récents sur la technologie donnent l’impression d’être eux-mêmes fabriqués par la neutralité qu’ils prétendent dénoncer. Celui-ci, au moins, déborde d’intentions humaines, y compris dans ses maladresses. Le casting aide beaucoup à maintenir cette vitalité. Sam Rockwell porte le film avec une énergie presque suicidaire, comme s’il savait que son personnage devait être à la fois ridicule et bouleversant. Haley Lu Richardson est la vraie révélation émotionnelle du groupe, parce qu’elle donne à Ingrid une douceur inquiète qui empêche le personnage de se réduire à sa fonction dans le twist. Juno Temple rend Susan touchante sans trop appuyer le pathos du deuil technologique. Michael Peña et Zazie Beetz fonctionnent mieux dans leurs scènes de couple enseignant que dans la mécanique d’action pure, mais ils apportent une humanité concrète au collectif. Asim Chaudhry, lui, sert davantage la partie comique et chaotique du dispositif, même si le film ne lui offre pas toujours la même densité qu’aux autres. Au final, *Good Luck, Have Fun, Don’t Die* est un film plus stimulant que pleinement accompli. Il a une ouverture formidable, des idées de science-fiction vraiment pertinentes, un discours sur l’IA plus incarné que la moyenne, un acteur principal idéalement instable, et une fin qui prolonge intelligemment son cauchemar au lieu de simplement le refermer. Mais il a aussi une durée excessive, une structure trop agitée, des morceaux de bravoure inégaux, et une tendance à transformer chaque bonne intuition en surcharge visuelle ou narrative. J’en retiens un objet imparfait, parfois épuisant, mais jamais anonyme ; un film qui rate en partie sa propre grandeur parce qu’il veut trop la poursuivre dans toutes les directions à la fois. Ce n’est pas le retour magistral que Verbinski aurait pu signer avec un peu plus de discipline, mais c’est un retour assez singulier, assez drôle, assez inquiet et assez vivant pour qu’on lui pardonne une bonne partie de son désordre.
Barbiera Robin
Barbiera Robin

2 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 avril 2026
Une satire drôle et déjantée sur les dérives de l'IA et de son impact sur la société comme la déshumanisation, l'absence d'empathie ou encore l'individualisme qui l'emporte sur le collectif.
Artriste
Artriste

185 abonnés 2 372 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 avril 2026
Comédie de science-fiction réalisée par Gore Verbinski, Good Luck, Have Fun, Don't Die est un très bon film. L'histoire nous fait suivre un homme à l'apparence d'un sans domicile fixe qui, à 22h10, entre avec fracas dans un restaurant de Los Angeles en annonçant venir du futur pour sauver le monde. Pour ce faire, il a besoin de volontaires qu'il va contraindre à accepter en menaçant de faire exploser des explosifs qu'il porte sur lui. Il dit que c'est la 117ème tentative et sa connaissance des clients en persuade certains. C'est ainsi que six d'entre eux acceptent bon gré mal gré de se joindre à lui. Le groupe tente alors de s'échapper de l'établissement désormais encerclé par les forces de l'ordre. Ce scénario s'avère aussi réjouissant qu’intéressant à visionner tout du long de sa durée d'un peu plus de deux heures. Ce synopsis n'est que le point de départ d'une intrigue surprenante et imprévisible, très bien écrite. Tout du long de leur mission, on a le droit à des flashbacks nous montrant le quotidien et le passé de certains membres du groupe, ce qui est malin et pertinent. L'enjeu est majeur et le récit traite avec intelligence de thématiques très actuelles, à savoir l'intelligence artificielle et la dépendance aux technologies et aux écrans. On assiste à des scènes de lobotomisation dérangeantes car elles nous renvoient en pleine face notre propre reflet. Certaines histoires sont particulièrement perturbantes car il s'agit d'une dystopie que le futur semble réellement nous réserver. En cela, le métrage questionne et pousse à la réflexion, ce qui est fortement appréciable. Le ton se veut lui léger avec un humour noir et sarcastique fonctionnant parfaitement puisqu'il fait autant rire que mettre mal à l'aise face à des situations absurdes car poussées à l'extrême. L'ensemble est porté par des personnages auxquels on finit par s'attacher grâce à ce procédé les développant. Des rôles très bien interprétés, à commencer par celui incarné par Sam Rockwell en homme du futur extravagant. Le reste de la distribution comprend Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz, Asim Chaudhry, Tom Taylor ou encore Juno Temple. Tous ces individus entretiennent des rapports basés sur l'entraide et l'incompréhension face à cette révélation. Des échanges soutenus par des dialogues amusants. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut de bonne facture. Sa mise en scène est immersive et efficace, sans être particulièrement sophistiquée. Elle évolue dans des décors sans véritable personnalité. L'étalonnage est lui assez terne afin de coller au propos. Ce visuel manquant d'une véritable atmosphère esthétique est accompagné par une bande originale aux compositions s'accordant bien avec l'action et les images, sans pour autant être impactantes ni mémorables. Reste une fin à la hauteur du reste de la narration venant ainsi mettre un terme à Good Luck, Have Fun, Don't Die qui, en conclusion, est un long-métrage méritant grandement d'être découvert tant il fait passer un bon moment tout en interrogeant sur la condition humaine.
Léo DESS
Léo DESS

37 abonnés 280 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 avril 2026
Gore Verbinski qui fait un film en disant "Nique L’ia, et vive les humains !" Ben oui je suis heureux !!
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 avril 2026
Convoquant de nombreuses références S-F (telles que «L'Armée des 12 Singes», «Terminator», «Source Code» ou encore «L'invasion des profanateurs»), le cinéaste Gore Verbinski (La Souris, Pirates des Caraïbes, Rango) nous conte le récit d'un petit groupe de personnes choisi par un voyageur du temps pour empêcher une apocalypse virtuelle qui semble inéluctable.

Résultat, une œuvre assez atypique dans le genre, et qui pourtant ne m'a pas tant embarqué que ça au final.

Une tranche de S-F en mode boucle temporelle assez décalée, sorte de satire anti-écrans (où les jeunes, collés à leurs portables, se transforment en zombies ultra-connectés, victimes d'un virus algorithmique), mais faisant un peu trop de surplace dans son récit, malgré une mise en scène inspirée et un Sam Rockwell qui se fait plaisir dans le rôle de ce prophète du futur.
Un film qui rappelle, en particulier dans ses séquences flash-backs (plus ou moins réussies), que «Black Mirror» est déjà passé par là, et souvent en mieux quand elle traite de notre dépendance virtuelle et des travers qu'elle engendre.

Bref, un ressenti contradictoire au sortir de la séance : un film de genre possédant une identité assez libre (notamment à travers certains de ses visuels WTF) et irrévérencieuse, changeant en partie de ce qu'on a l'habitude de voir au cinéma ces derniers temps.
Tout en donnant l'impression persistante d'avoir déjà vu ça ailleurs, et de manière plus aboutie, plus radicale.

Une comédie S-F sympathiquement chaotique et divertissante, mais à laquelle il m'a manqué un vrai grain de folie en plus, plus frontal, plus inattendu pour rester durablement en tête.
Thierry Océanie
Thierry Océanie

14 abonnés 61 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 avril 2026
Film divertissant et dansblesbpreovupayions du moment. L'humour est finalement réussi. Les acteurs sont j'insiste.
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