Les Feux sauvages
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CloakBack
CloakBack

6 abonnés 347 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 février 2026
Les Feux sauvages observe le passage du temps à travers une histoire d’amour et un pays en transformation. Une fresque fragmentée que j’ai respectée pour sa cohérence sans être réellement emporté.

Avant de le voir, il faut savoir qu’il s’inscrit pleinement dans la continuité du cinéma de Jia Zhangke, attentif aux mutations silencieuses de la Chine contemporaine. Le film privilégie une narration fragmentée et contemplative, tournée dans des décors réels, où le temps et l’observation priment sur l’intrigue. Mieux vaut l’aborder comme une œuvre d’auteur exigeante, plus sensible aux évolutions imperceptibles qu’aux effets dramatiques.

Le film explore l’érosion des sentiments à l’échelle des années. L’histoire intime devient le reflet d’une modernisation accélérée, où les transformations urbaines accompagnent les déplacements affectifs. Fidélité, déracinement et solitude traversent le récit. Le feu agit comme métaphore d’une passion qui se consume et d’une énergie collective en mutation. En mêlant différentes temporalités et en intégrant des images d’époques distinctes, le film interroge aussi la mémoire et la capacité du cinéma à capter des traces déjà en train de disparaître.

Les Feux sauvages questionne également la solidité des repères affectifs face aux mutations économiques. Les retrouvailles ne réparent pas ce que le temps a altéré. La fragmentation du montage souligne l’irréversibilité des trajectoires et le caractère discontinu de la mémoire, intime comme collective.

Je reste mitigé. J’ai apprécié l’observation du réel et je reconnais la cohérence avec la filmographie de Jia Zhangke. L’ensemble apparaît comme une synthèse de ses œuvres précédentes, allant jusqu’à réemployer certains plans, et les thématiques demeurent fortes. Pourtant, "Au-delà des montagnes" me semble plus abouti sur ces questions, ce qui m’a donné une impression de répétition formelle davantage que d’approfondissement.

La narration fragmentée fait partie du projet et je l’accepte, mais j’ai ressenti une distance émotionnelle persistante et une faible intensité dramatique. Le film demande une attention constante pour être pleinement saisi. Malgré ses qualités, je suis resté en retrait, davantage stimulé sur le plan intellectuel que réellement touché.

Les Feux sauvages confirme ainsi la fidélité de Jia Zhangke à ses préoccupations majeures, entre mémoire, amour et transformation sociale. Une œuvre réfléchie et structurée, plus intéressante dans son geste que véritablement marquante dans son impact.
Chaîne 42
Chaîne 42

221 abonnés 3 553 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 février 2026
C'est certes un film intéressant sur la société chinoise mais bien que réalisé avec soin il est un peu rébarbatif. Il ne réussit pas dans son expressivité à convaincre car trop peu explicite. Il manque d'une certaine profondeur par son manque d'espérance alors que les histoires personnelles devraient en contenir ou peut être l'âme chinoise si elle existe ne ressort pas de ces images du moins pour un occidental. Ce n'est pas un film de bandits pourtant il y en a dans cette histoire, trop de complexité et d'éléments disparates en même temps qu'un manque de fil conducteur car les actualités ne peuvent pas suppléer à cela. Le mixage entre documentation de l'actualité, perspectives quotidiennes et destins contrariés est habile mais lassant par sa lenteur et son manque d'histoire.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 778 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 décembre 2025
Qui est le film ?
Avec Les Feux sauvages, Jia Zhang-ke ne cherche plus à construire un récit. Il se laisse au contraire rejoindre par lui. Rejoint par le temps, par les images qu’il a accumulées, par les corps qu’il filme et accompagne depuis plus de deux décennies. À 53 ans, le cinéaste ne regarde plus la Chine contemporaine comme un objet à disséquer ou à dénoncer frontalement. Il observe ce que la durée a imprimé sur son cinéma même, sur ses acteurs, sur ses gestes de mise en scène. Après avoir longuement filmé les bouleversements économiques et sociaux du pays, Jia déplace subtilement son point d’appui. Le film se déploie alors en trois strates, 2001, 2006 et 2022, qui ne s’enchaînent pas mais se répondent, se contaminent, se superposent.

Par quels moyens ?
Dans le premier mouvement, situé au début des années 2000, on y retrouve Datong, ville matricielle du cinéma de Jia. Ce qui frappe immédiatement, c’est l’absence de narration au sens classique. Le film avance par blocs sensoriels. Jia filme une Chine en effervescence, traversée par un désir de modernité encore naïf et joyeux. Le film brouille volontairement la frontière entre fiction et captation documentaire. Ce premier segment donne le sentiment d’un cinéma qui croyait encore à la possibilité d’être au plus près du réel, d’en capter le tremblement immédiat. La caméra est mobile, curieuse, presque euphorique. Jia se souvient ici de ce qu’a été son regard. Un regard jeune, attentif aux signes minuscules, aux gestes anodins, aux corps disponibles.

La deuxième partie, autour de 2006, glisse imperceptiblement vers une tonalité plus mélancolique. Les images réintroduisent la monumentalité des paysages, la grandeur écrasante du Yang-tsé. Les personnages sont souvent pris dans des cadres surchargés, dominés par l’architecture ou par la nature transformée en chantier. C’est ici que le film commence à formuler plus clairement son geste. Les ellipses ne servent pas à accélérer le récit mais à faire sentir les fractures. Fractures économiques, sociales, affectives, mais aussi esthétiques. Le cinéma de Jia change en même temps que la Chine qu’il filme. L’enthousiasme libéral des débuts s’est mué en désillusion. Les promesses de prospérité ont laissé place à une forme de déracinement généralisé. Les corps semblent plus lourds, les gestes plus lents, les regards plus absents.

La troisième partie, située en 2022, est sans doute la plus fragile, mais aussi la plus révélatrice. Pour la première fois, Jia tourne véritablement pour ce film-ci. L’image numérique est plate, presque ingrate. Le cinéaste ne cherche pas à embellir le présent. Cette sécheresse visuelle dit quelque chose de l’époque. La Chine de la surveillance technologique, du contrôle sanitaire, de l’isolement social ne se prête plus à la poésie spontanée des débuts. Le Covid devient un motif central, les masques dissimulent les visages, puis les dévoilent. Ces scènes de démasquage sont parmi les plus émouvantes du film parce qu’elles révèlent les rides, la fatigue et le poids des années.

Quelle lecture en tirer ?
Pris dans son ensemble, Les Feux sauvages est un film flottant. Il avance sans cap clairement défini, porté par des déplacements incessants. Jia Zhang-ke regarde son cinéma comme on regarde une vie. Avec tendresse, lucidité et une mélancolie calme.
Michel Gandilhon
Michel Gandilhon

2 abonnés 33 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 novembre 2025
L’Italie de la grande transformation des années 1950 avait donné des Pasolini et des Antonioni, celle que connaît la Chine depuis 30 ans un Jia Zhang Ke. Ce film décrit magnifiquement les effets du développement de la société de consommation sur une société et les individus qui la composent. Destruction des villes par un urbanisme dément, devenir centre commercial du monde, musique débile, tiktokisation, football et solitude devant des écrans omniprésents. À la barbarie maoïste à succédé quelque chose d’autre encore plus destructeur…
BabsyDriver
BabsyDriver

98 abonnés 993 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 avril 2025
Déçu par ce dernier opus de Jia Zhang-ke. Le réalisateur saisit comme nul autre les mutations de son pays, mais il devient roublard : il n'a tourné qu'un court-métrage d'une demi-heure sur le covid, puis il a pioché dans ses heures et ses heures de rushs de Zhao Tao errant dans les Trois Gorges avec sa bouteille d'eau. Un beau jour, il n'aura qu'à ressortir Still Life tel quel en changeant juste le titre et les critiques, persuadés de voir un nouveau film, continueront de crier au chef-d'œuvre.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 mars 2025
Une histoire d’amour interrompue par un déménagement mais qui ne s’efface pas. Le film se déroule sur une vingtaine d’années en Chine, marquée par les jeux olympique, puis aussi par la crise Covid qui va mettre à plat l’économie asiatique et faire changer la trajectoire de Bin, qui rentre dans sa province. Le film est peut être un peu long. Certaines scènes sont magnifiques, avec une réalisation puissante, des dialogues drôles et bien interprétés, d’autres un peu plus lisse.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 mars 2025
V'là l'oeuvre d'un auteur libre, détaché du souci de suive le canevas d'un récit académique. Jouissant de la puissance figurale de l'expé, la force de présence du doc et la profondeur émotionnelle de la fiction, un film entier !
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 février 2025
La nouvelle œuvre de Jia Zhangke est déjà particulière par sa genèse : pendant l’épidémie de Covid 19, il entreprend de réaliser un film qui serait, pour partie, constitué d’images et de scènes qu’il a tournées dans les vingt ans précédents (pour certains de ses films ou peut-être, dans un esprit plus documentaire). Le résultat de ce montage et de cette confrontation entre des images du passé et celles tournées pour ce film est proprement stupéfiant, tant le cinéaste parvient à atteindre une cohérence exemplaire. On assiste en effet à un tableau fascinant de la Chine de cette première partie de siècle. Par ses lents déplacements latéraux de caméra, il dit vouloir balayer et nous faire découvrir et percevoir les différents univers qu’il pénètre ; par son montage et la juxtaposition de scènes isolées, mais expressives, il ambitionne de couvrir des aspects bien différents de son pays. Ainsi il en dresse un formidable tableau des évolutions industrielles (le barrage) et technologiques, et de ses corollaires sociaux. Eminemment intéressant bien sûr, mais esthétique aussi, tant certaines scènes ou plus brièvement certains plans sont empreints de beauté et de créativité. Au sein de cette fresque, Jia Zhangke fait émerger deux personnages principaux, avec leur amour de jeunesse, leur séparation, leur éloignement. Sa façon de filmer leur relation est un manifeste de de cinéaste : c’est l’image qui prime, et les dialogues sont très restreints ; parfois même, ils apparaissent sous forme d’intertitres, comme en hommage au cinéma muet. Et il clôture son film par l’une des pus belles scènes de « retrouvailles » que le cinéma nous ait donné : avec pudeur, sensibilité et délicatesse, il livre une scène extrêmement émouvante, magnifique point d’orgue de cette œuvre magistrale.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2026
Ce n’est pas un film fleuve malgré l’omniprésence du Yangtze et de cette Chine qui avance sans regarder en arrière, de ses villes déshumanisées et de ses habitants comme absents d’eux mêmes, mais plutôt un film à trois corps qui peinent à se rencontrer, ou à se retrouver.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 894 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 février 2025
Titre original est parait-il" Une génération à la dérive", puis s'appelait à Cannes "Caugth by the tides", et finalement la première image d'un feu dans la nuit apportera le titre actuel.
Rien que cela illustre le côté multifacettes de cet assemblage hétéroclite d'images glanées durant depuis 2001.
Au final nous fascine un documentaire constamment "mis en scène", avec la patte que l'on connait dans les précédents film de l'auteur, faits de travelling latéraux et de galerie de gueules d'hommes et femmes ordinaires , typés et burinés comme chez Fellini ou Le nom de la Rose.
Ce long métrage restera en grande partie hermétique à ceux qui ne connaissent pas les films de Zhangke, en revanche il donne sacrément envie de les revoir, quand on connait déjà son univers.
Zao Thao est omniprésente, quasi muette, et accepte de jouer la mélancolie, le temps qui passe, le maintien d'une vie ordinaire dans un pays méconnaissable, dont les dirigeants ont noyé une partie de son passé à marche forcée vers le progrès matériel.
Les retrouvailles spoiler: sans suite
de Qiaoquiao et Bin, revenus dans leur région d'origine - mélancolie quand tu nous tient!- se concluent dans un sublime plan séquence au pied de l'appartement de l'homme cassé qu'il est devenu.
Nous sommes en fin de confinement covid, l'affrontement avec les USA bat son plein, la Chine ne sera plus jamais la même. Elle s'est modernisée à la lumière de l'éclair, mais à l'heure de Tiktok, n'a jamais pu égaler le raffinement du mode de vie japonais.
cinéma - février 2025
rvrichou
rvrichou

118 abonnés 584 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 février 2025
Plus un exercice de style qu un bon film. Qui plus est un exercice prétentieux et narcissique de la part du cinéaste qui se fait plus plaisir à lui même qu au spectateur. Le temps passe vite, c est vrai. Tout le monde le sait mais pendant ce long métrage, le temps paraît bien long!
Laurelorelei
Laurelorelei

1 abonné 7 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 janvier 2025
Ce que j'aime ce film qui m'entraine à sa suite au gré d'un regard en mouvement, chaque image inventant le sien, une manière de découvrir un visage parmi d'autres, un groupe, la beauté d'une déambulation, la bizarrerie d'un monde qui nous met sur la touche avec un clignement d'yeux. Celui d'un robot.
AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 janvier 2025
Une histoire d'amour qui traverse 20 ans de transformation de la Chine, voilà ce que promet la bande-annonce. Mais il n'y a ni histoire d'amour ni transformation de la Chine. La relation compliquée est surtout faite d'absence. Quant à la grande révolution chinoise, le passage à la modernité n'est évoqué qu'au travers de la construction de barrages hydrolique et de grandes surfaces.
Le mélange initial de vieux films et de séquences plus récentes est original, laissant espérer de la créativité dans la mise en forme mais tout s'arrête assez vite, redevient classique, et l'on s'ennuie sec. Si vous voulez éviter l'endormissement et vivre une grande histoire sous 70 ans de transformation réelle de la Chine, plongez vous plutôt dans "Brothers", de l'excellent écrivain Yu Hua.
Herve Montaigu
Herve Montaigu

6 abonnés 45 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 28 janvier 2025
Ce n’est pas une fiction, c’est mal joué
Ce n’est pas un documentaire, il n’y a rien de spécial a voir et comprendre dans les images des 20 dernières années
C’est décousu
Il y a tellement a dire dur la Chine ancienne et actuelle, ici il n’y a que des images sans message ou vision
Très déçu
NardoBordo
NardoBordo

16 abonnés 198 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2025
Chine vu par Jia Zhang-ke. 25 ans de mutation de ce grand pays devenu réellement grande puissance économique. La balade à la recherche d'un amour est en fait un vrai carnet de voyage sensible et sensuel. Datong à Shanxi, Fengjie dans la zone du Barrage des Trois-Gorges et Zhuhai, à l’extrême sud du pays, 3 ambiances. L'Utilisation rushes anciens remonte le temps et la transformation du pays et la vie ordinaire.
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