Les Feux sauvages
Note moyenne
3,1
314 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

45 critiques spectateurs

5
4 critiques
4
8 critiques
3
10 critiques
2
13 critiques
1
9 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
FaRem

10 571 abonnés 11 451 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 novembre 2024
Jia Zhangke explore depuis de nombreuses années les changements économiques et sociaux en Chine ainsi que la manière dont les gens ordinaires sont affectés. À travers une histoire romantique étalée sur de nombreuses années avec des personnages qui se rapprochent et s'éloignent au rythme des changements dans le pays, le réalisateur revient sur sa propre filmographie avec des éléments repris de ses films précédents. J'ai souvent eu du mal avec Jia Zhangke et ce film n'arrange rien. C'est dénué de rythme et de force émotionnelle avec une histoire confuse et paresseuse qui ne nous facilite pas la tâche. De belles images et c'est tout... Bref, ce n'est pas un mauvais film, mais ce n'était pas pour moi.
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 novembre 2024
Que dirait-on d'un cinéaste français qui réaliserait son dernier film en utilisant des rushes tournés par ses soins, depuis le début du siècle, en y ajoutant quelques plans-séquences de ses précédents longs métrages et, également, quand même, une poignée de nouvelles scènes ? Peut-être pas que du bien mais concernant Jia Zhangke, l'enjeu est forcément différent, puisqu'au delà de ses aspects fictionnels, ses films documentent sans relâche l'évolution de la société chinoise. Ceux qui ne connaissent pas le cinéma de Jia risquent de rester perplexes mais il n'est pas dit que les autres soient très enthousiastes non plus car il y a un côté expérimental dans Les feux sauvages, qui engloutit les velléités romanesques spoiler: (une histoire d'amour qui semble vouée à l'échec)
, avec les tribulations d'une Chinoise dans un pays qui perd son âme au fil du temps. Il y a quelques coups d'éclat dans le récit et les changements de format de l'image sont impressionnants mais la déception est au rendez-vous, dans le sens où le cinéaste ne nous dit rien de bien nouveau, par rapport à ses œuvres antérieures, même s'il reste toujours un des grands cinéastes de notre temps et qu'il a la bonne idée de faire de son épouse et sa muse, Zhao Tao, le fil rouge de son film, spoiler: sans avoir besoin de lui faire prononcer un mot, tellement son visage peut exprimer tous les sentiments du monde.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 13 janvier 2025
Les Feux sauvages me semble être un exemple parfait du dysfonctionnement d'un système de distribution et de critique qui aboutit à un non sens.
En ce dimanche après-midi, la salle était pleine pour voir ce film. Combien d'entre nous avaient vraiment idée de ce qu'ils allaient voir ? Mystère.
Personnellement je n'en savais à peu près rien, totalement induit en erreur par une bande-annonce trompeuse et des échos de presse qui m'annonçaient un film où l'amour triomphe. Dans ce contexte, évidemment, une fois le film vu, les notes des spectateurs s'effondrent sur une plate-forme comme allocine et beaucoup exprime leur mécontentement.
C'est assez normal, car Les feux sauvages devrait nous être présenté, notamment dans sa bande-annonce, pour ce qu'il est : essentiellement un documentaire, sans aucun récit, sans aucun dialogue, et un documentaire expérimental fondé sur des rushs mises bout à bout.
Mais Jia ZhangKe "a la carte" comme on dit dans le monde du cinéma. Donc on encense ses films quoi qu'il arrive.
Bref pour ma part, j'ai vécu la séance comme une purge infâme. Je n'ai jamais autant regardé ma montre lors d'un film. Et ce, particulièrement parce que j'étais gêné par les circonstances de cette vaste duperie.
Si le film m'avait été annoncé pour ce qu'il est, j'aurais saisi la logique qui amène ce cinéaste chinois à aller encore plus loin dans l'expérimentation qu'avec son 24 city, film documentaire d'il y a quelques années. Nous aurions été beaucoup beaucoup beaucoup moins nombreux dans la salle, pour faire une expérience proche d'une installation contemporaine dans un musée. Et pourquoi pas ?
Mais à bien y réfléchir, même là je n'aurais pas été satisfait. Car la, je cite, "déchirante histoire d'amour" que m'annonce Telerama n'est qu'une expérience masochiste et machiste. Il est objectivement impossible de saisir pourquoi cette femme aime cet homme qui la traite n'importe comment, dans une société où visiblement les hommes sont rois. Leurs entrevues régulières ne signifient rien, si ce n'est la complaisance du cinéaste à l'égard de ce machisme societal qui l'amène à réclamer virtuellement à sa comédienne de faire comme si elle cherchait à renouer avec son lourdeau de compagnon. Et ce n'est pas la playlist Spotify en mode random qui sert de bande-son à ces images mises bout à bout qui sauvera l'émotion....
Donc décidément la presse nous vend du rêve sur ce coup là...
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 13 janvier 2025
Un homme (Zhubin Li) quitte Datong, dans le nord de la Chine, au début des années 2000, pour le sud à la recherche d’une meilleure position. Il cesse de donner des nouvelles à sa compagne (Zhao Tao) qui part à sa recherche sur les rives du Yang Tse Kiang où va s’ériger l’immense barrage des Trois-Gorges qui engloutira de nombreux villages. Les années passent….

La cause est entendue. Jiang Zhangke est l’un des plus grands cinéastes chinois contemporains. Il a bâti depuis un quart de siècle et le fabuleux "Xiao Wu, artisan pickpocket" une oeuvre d’une incroyable cohérence. Historiographe de la Chine, de son entrée dans la modernité, de la hausse échevelée de son niveau de vie mais aussi de la destruction sacrilège de son patrimoine historique, Jia Zhangke est un cinéaste de la nostalgie et du temps qui passe.

Le Covid lui a donné l’idée de réaliser un film palimpseste, à partir des rushes de ses précédents films : "Plaisirs inconnus" (2002), "Still Life" (2006), "Les Éternels" (2018). Son action se déroule sur plus de vingt ans. Son thème peine à se comprendre et le résumé que j’en ai fait a posteriori le rend beaucoup plus lisible qu’il ne l’est vraiment.

C’est à un long voyage que nous invite Jia Zhangke. Un voyage dans le temps sur près d’un quart de siècle. Un voyage, circulaire, dans l’espace, à partir de Datong, une ville minière du Shanxi frappée par la désindustrialisation, jusqu’à Zhuhai, une ZES mitoyenne de Macao et de Hong Kong, sur le delta de la Rivière des Perles en passant bien sûr par le barrage des Trois-Gorges que Jia Zhangke n’a cessé de filmer ("Still Life" qui s’y déroule est pour moi son film le plus achevé).

Aussi élégiaque soit-il, "Les Feux sauvages" n’est pas d’un accès facile. Jia Zhangke procède par accumulation de petites saynètes dont le sens n’est pas toujours très clair. Les dialogues sont rares dans ce film quasiment muet Le fil narratif est si ténu qu’on peine à s’y accrocher et que spoiler: lorsque les deux protagonistes se retrouvent enfin, par une nuit embrumée sur une avenue de Datong
, on a perdu depuis longtemps, comme dans le récent "Grand Tour" de Miguel Gomes à la structure identique, tout intérêt à leur jeu de cache-cache. Si je rapproche ces deux films, c’est pour dire que je n’ai aimé ni l’un ni l’autre dont je lis partout pourtant le plus grand bien et que j’en suis honteusement désolé.
Arthur H
Arthur H

74 abonnés 20 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 janvier 2025
Dans un pays en profonde mutation, une femme et un homme se cherchent et tentent de s'aimer sans se trouver....
Une épopée grandiose qui traverse la chine de ses 20 derrières années et ses bouleversements signée par le plus grand réalisateur chinois d'aujourd'hui.
Depuis les milieux ouvriers au lendemain du nouveau millénaire jusqu'à l'eldorado des réseaux sociaux aujourd'hui, un film sous forme de radioscopie d'un pays monstre à travers une histoire d'amour sublime et déchirante.
A mettre au panthéon des cinéphiles.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 janvier 2025
"Les feux sauvages", film présenté en sélection officielle au dernier Festival de Cannes, est fait de bric et de broc, utilisant en particulier des images filmées sans but précis pendant plus de 20 ans et des plans en provenance de précédents longs-métrages de Jia Zhangke. Il ne faut donc pas s'étonner que le format des cadres n'arrête pas de changer, allant du 4/3 au scope en passant par le 1.66 et le 1.85. En ressort un film qui montre l'évolution de la Chine de 2001 à 2022 et ce, d'une façon plutôt favorable au régime. Un film qui n'a ni les bons côtés d'un documentaire ni ceux d'une fiction. Film vu lors du dernier Festival de Cannes
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 11 janvier 2025
"Les feux sauvages" est plus qu'un film de fiction, un documentaire sur le cinéma de Jia Zhang-ke et sur l'évolution de la Chine depuis le début de ce siècle. Scénario paresseux, multiples séquences prises dans les longs-métrages précédents du cinéaste, fil narratif minimaliste caractérisent cette œuvre du grand réalisateur chinois. Une vraie déception et un long pensum dont j'aurais du mal à extirper une seule scène captivante ou émouvante.
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 20 mai 2024
Depuis le passage au 21e siècle, la Chine n'a cessé de s'éloigner de son idéologie communiste afin d'entrer dans le capitalisme et les échanges multilatéraux avec les autres pays. Attrapés par ces marées, les chinois ont vu leur quotidien évoluer et changer pendant les 24 dernières années, mais également leurs aspirations et leur définition d'eux-mêmes. "Caught by the Tides" est une plongée dans les mutations de ce pays millénaire. En salle le

spoiler: "Caught by the Tides" ne m'a pas plu du tout. Le réalisateur ne parvient pas à capter mon attention et me perd très tôt en me balançant plusieurs scènes de karaoké d'affilée, annonçant un documentaire plus qu'une fiction. Le film est un mélange de vidéos qui semblent d'époque où l'on voit la vie quotidienne des chinois de 2000 à nos jours, et des scènes filmées aujourd'hui. Premier souci à mes yeux : on arrive très facilement à faire la différence entre les deux ce qui donne l'impression de deux œuvres parallèles qui ne s'imbriquent pas. Deuxième souci : certaines scènes contemporaines sont absurdes et je ne crois pas une seule seconde à leur cohérence. Je sauve la musique d'ambiance (sûrement pas celle des karaokés) qui est particulièrement réussie.
Naughty Doc

1 040 abonnés 530 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2024
Un Jia Zangke bien sympathique, abordant la rupture et le départ d'une femme dans un voyage itinérant à travers la Chine, et ce sur 3 temporalités (2001, 2006 et 2022).
Une manière de traiter les divers bouleversements qui ont remué le pays (dont le Covid) alors que le réal s'intéresse plus à l'image qu'au verbe (Zang-ke use même de la miniDV, de la pellicule et du numérique pour marquer les changements d'époque). Un beau portrait de femme tout en silences, proposant également de sacrés panoramas d'une Chine qu'on a pas l'habitude de voir.

Sympathique bien que peu porté sur l'émotion
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 janvier 2025
Même si le scénario est confus, je me suis régalé sur tout le reste….J’ai eu la chance de faire deux longs voyages en Chine et certaines villes m’ont parlé ; ( Wuhan, Chongching), auréolé d’une croisière de trois jours sur le fleuve sauvage yangste ??? Je crois qu’il ne faut pas se tromper en regardant ce film, la meilleure option selon moi, c’est d’en faire un CARNET DE VOYAGES, les images de la Chine, j’en conviens sont souvent magnifiques, et la musique d’un grand romantisme apaisant…..CARNET DE VOYAGES, vous dis je plus que du cinéma, plus qu’une histoire d’amour complexe….c’est aussi un allégorie réussie sur le temps qui passe, pour nous tous, hélas….Le dernier plan séquence soulève une grande émotion…..Un film que je conseille…..Merci au réalisateur Jia Zhangke….
Chris G
Chris G

41 abonnés 67 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 mai 2024
Film patchwork réutilisant des plans de ses précédents films pour porter un regard nostalgique sur les évolutions de la Chine ces 20 dernières années. Le regard est captivant, mais la construction de la relation sur ces personnages principaux et la trame du récit reste superficielles.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2026
Ce n’est pas un film fleuve malgré l’omniprésence du Yangtze et de cette Chine qui avance sans regarder en arrière, de ses villes déshumanisées et de ses habitants comme absents d’eux mêmes, mais plutôt un film à trois corps qui peinent à se rencontrer, ou à se retrouver.
Eric75
Eric75

1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 janvier 2025
Je m'inscris sur Allociné ce jour pour réagir sur ce film, tant le décalage me paraît grand entre la réalité et le film annoncé par la publicité et les critiques.
Je suis allé voir ce film en confiance car j'avais vraiment adoré "Au-delà des montagnes", du même auteur (Jia Zhangke) et avec la même actrice principale (Zhao Tao).
La salle était pleine, le film n'étant à l'affiche que depuis quelques jours ...
Malheureusement, comme d'autres spectateurs (dont certains ont quitté la salle en cours de route), j'ai été extrêmement déçu par ce film, plus en raison de la publicité mensongère qui en a été faite que pour les qualités / défauts du film que chacun pourra relever.
Je n'y ai vu pour ma part qu'un assemblage hétéroclite de vieilles séquences issues des anciens films de Jia Zhangke et précédemment coupées au montage, donc de la récupération dans les poubelles du réalisateur.
C'est à ce point vrai que l'une des scènes principales, spoiler: l'annonce de la rupture sur le site du barrage des trois gorges
et d'autres scènes n'ont même pas droit à un dialogue écrit mais à des panneaux noirs annonçant les répliques, qu'il faut lire à l'écran, comme au bon vieux temps du cinéma muet. C'est à se demander si le réalisateur n'a pas trouvé le temps ni les ressources nécessaires pour tourner ces scènes essentielles ou s'il pensait réellement être en train de tourner un film à ce moment là (bof, ben oui... ce n'est pas si grave après tout !)
A un autre moment, spoiler: dans un car où l'actrice principale est empêchée de sortir par son compagnon pour une raison inconnue
, on assiste à une sorte de bégaiement - qui n'existe pas dans la bande annonce - et la scène est répétée une dizaine de fois, comme s'il avait fallu montrer toutes les prises (allez, j'ai récupéré tout ça dans la poubelle, je vous en remets encore une petite louche pour le même prix !)
A d'autres moments encore, les bateaux navigant paisiblement sur le fleuve sont comme atteints de frénésie et se mettent au risque de tanguer à danser le tango, la caméra les accélère sans raison (ouah, j'ai découvert de superbes effets, je vous montre...)
On a l'impression d'assister à du cinéma expérimental, grossièrement fabriqué avec des bouts de pellicule et des matériaux de récup, soit pour prouver que cela est techniquement possible, soit, peut-être aussi, pour montrer une posture écolo car tout recyclage est bon pour la planète et à la mode... J'ai dû rater une étape... Mais alors, pourquoi avoir vendu (cf. bande annonce) une "épopée filmique monumentale", un "film d'une inventivité folle", qualifié plus loin de "fascinant, bouleversant, magistral" ? n'y a-t-il pas tromperie sur la marchandise ?
In fine, le spectateur est baladé dans la Chine d'hier et d'aujourd'hui, sans savoir où le film veut le conduire, sans comprendre les intentions réelles de l'auteur, sans pouvoir s'intéresser à l'histoire ou aux personnages, par ailleurs pas toujours clairement identifiés. Il doit combler en permanence les manques et les angles morts du récit, puis tirer lui-même les conclusions qu'il voudra bien tirer, sur le couple, sur la Chine, sur la destinée, accessoirement sur la robotisation ou sur la gestion de la crise du Covid-19...
Ce film peut donner une très mauvaise opinion sur le cinéaste, je ne peux donc que vous conseiller d'aller voir (ou revoir) "Au-delà des montagnes", qui, sur le même thème, est une vraie réussite.
Je mets également une étoile pour la musique, qui empêche de sombrer complètement dans le sommeil, et pour les jolis sourires de l'actrice qui fait ce qu'elle peut pour sauver le film !
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 janvier 2025
Les feux sauvages est sans doute le film le plus radical de Jia Zhang-ke. On retrouve absolument tout son cinéma, il a tout mis : l’évolution de la Chine, le temps qui passe, Zhao Tao, le barrage des trois gorges, différentes époques qui se succèdent... et bien évidemment un mélange de documentaire et de fiction brouillant les pistes sur ce que l'on est en train de regarder...
Forcément pour un nouveau venu dans le cinéma de Jia Zhang-ke ça semblera totalement austère, voire incompréhensible : les dialogues sont inexistants sauf pour les parties plus documentaires, il n'y a pas réellement d'intrigue... et pourtant on a un film incroyable avec trois parties très différentes chacune montrant une époque et la relation entre les deux personnages principaux.

Je dois dire que j'ai une très nette préférence pour la première partie qui est quasiment uniquement composée de scènes de danse, de fête et de chant, il n'y a pas d'histoire, on n'a aucune idée de vers où veut aller le film il y a juste des gens qui dansent sur la musique autant improbable qu'entraînante. Il y a un côté expérimental dans la manière avec laquelle les séquences s'enchaînent sans ordre, où une musique succède à une autre... La deuxième partie est composée avec des chutes de son film Still Life de 2006, filmé au barrage des Trois Gorges, les rares dialogues sont indiqués avec des cartons comme dans un film muet (je suppose qu'on ne pouvait pas prévoir 19 ans plus tôt les dialogues), ça participe à donner un aspect "fragments" au film, les fragments d'une vieille histoire d'amour dont on recollerait les morceaux. La dernière partie est plus classe et se déroule à l'époque actuelle, en plein covid.

On arrivera à être surpris même si on connait déjà bien le réalisateur par ce surprenant mélange, qui arrive malgré tout grâce à son fil rouge à créer une certaine unité dans ce patchwork d'époques et d'idées.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 janvier 2025
Voici une oeuvre que je me garderais bien de conseiller à quelqu'un qui n'a jamais vu de films de Jia Zhang-Ke.

Les feux sauvages est en effet constitué de plans filmés par le réalisateur lors de différents voyages à travers la Chine, ainsi que de plans issus du tournage de ses précédents films (Still Life, Les Eternels).

Jia Zhang-Ke s'est contenté pour ce film, si je puis dire, de tourner une sorte de court épilogue. On n'y comprend pas grand-chose, et l'intérêt de ce montage godardien conceptuel, à la frontière entre fiction et documentaire, est probablement de donner à voir l'évolution de la société chinoise sur plus de deux décennies.

Pour ce qui est de l'embryon d'histoire que le film semble raconter (une femme silencieuse recherche à travers le pays et le temps son amoureux), il est bien trop ténu pour générer un intérêt à lui seul. Là encore, il faut connaître la relation spécifique de Jia Zhang-Ke et de son actrice-muse-épouse, Zhao Tao, pour apprécier.

De cet assemblage souvent profondément inintelligible et parfois sublime (la partie 2006) sourd une nostalgie puissante, qui pourra peut-être sembler enivrante pour les connaisseurs. Les autres doivent passer leur chemin : on est très loin de l'éblouissement esthétique intrinsèque que procuraient A touch of sin ou Au-delà des montagnes.
Les meilleurs films de tous les temps