Radical et surprenant, le film marque le grand retour de Bruno Dumont, qui filme avec épure une chronique de l'enfance insolite. On retrouve le même ton décalé et distancié que dans ses meilleurs longs métrages, comme LA VIE DE JÉSUS ; ainsi qu'un vertige similaire éprouvé quand la violence semble jaillir, vertige comparable à ceux des (très) jeunes personnages au sommet des roches. Du grand art !
Une tentative expérimentale de cinéma totalement à regard d’enfants. S’il émerge de ces longs plans des moments de vérité, le procédé atteint ses limites dans sa quête d’improvisation d’aussi jeunes enfants
C'est fou comme Bruno Dumont est abrasif, comme même quand il fait dans la romance enfantine il provoque des réactions que je qualifierais au minimum d'exagérées : gêne pour les uns, dégoût pour les autres, avec même parfois un zeste de colère, parce qu'on lui reproche de faire vivre à ces têtes blondes des aventures d'adultes, de montrer la différence en appuyant dessus, etc. Alors oui il fait ça Dumont, il provoque un certain malaise, il met à l'écran des physiques qu'on ne voit pas habituellement, en fait il fait ici ce qu'il a toujours fait dans son cinéma clivant, dans son univers volontairement inconfortable. Donc forcément on sera ici plus près de "Sa Majesté des mouches" que de "Jeux interdits" dans la représentation des relations entre les enfants, dans un monde où l'adulte n'a sa place que comme une silhouette. Je pense qu'on est rarement objectif envers Dumont, et moi pas plus que les autres, ce qui fait qu'une image dérangeante pour certains sera la définition de la pureté et de la beauté pour moi. Ainsi j'ai été subjugué par l'esthétique de ce film, par ces couleurs saturées au-delà de celles des cartes postales pour touristes, par ce soleil dont on peut quasiment sentir la chaleur, par ces paysages à la fois familiers et comme sortis d'un monde parallèle.
Encore une fois à partir du 23 septembre prochain, date de sortie de ces "Roches rouges", je vais me retrouver à défendre Dumont alors que je suis très loin de tout aimer chez lui, parce qu'encore une fois certaines images m'auront profondément marqué, parce que Géo aura rejoint dans une case de mon cerveau réservée à ceux que le cinéma confortable considère presque comme des freaks, Billie ou encore P'tit Quinquin, parce que tant que Dumont posera problème cela voudra dire qu'il ne sera pas rentré dans les clous de l'art tiède, donc inutile.
Vu au festival de Cannes 2026. Que dire... Je sors de cette projection complètement dépité. Voire énervé. Quinzaine des réalisateurs à Cannes et on se retrouve devant un film de Bruno Dumont qui a l'audace, l'insolence de se moquer ouvertement des spectateurs. Je n'ose pas imaginer que les moyens crédités au génèrique soient réels. Rien n'est bon. Le jeu des enfants et des adultes, l'image, le montage, la crédibilité du scénario, rien. Je n'ai pas pour habitude de mettre d'aussi mauvais retours. J'ai vu des films aussi nuls parfois. Mais quand j'ai l'impression que le réalisateur se moque des spectateurs, je suis pris d'une colère que j'ai du mal à contenir. J'ajouterai à cela que la manière de filmer ces enfants qui recitent les phrase qu'on semble leur souffler hors champ m'a mis mal à l'aise. À éviter complètement, restons plutôt sur Flandres ou sur le Petit quinquin...
L'humanité C'est toujours son sujet à Dumont Toute l'humanité Ici elle est montrée à travers une histoire insignifiance A regard d'enfant Ils sont montrés ces enfants presque comme des insectes Des drôles de grenouilles qui font des mouvements bizarres Qui disparaissent totalement dans les plans larges de nature Insignifiants aussi face aux constructions humaines Ce qu'ils font est minuscules Ultra minimalistes Souvent ridicules Transgressifs Et dans leur minuscule histoire apparait toutes les problématiques humaines Décorées d'une image magnifique Très lumineuse Colorée Et au final pas si joyeuse que ça Comme ses films tournés dans le nord Avec une image plus grise Mais ça revient au même Donc c'est aussi assez tendre Drôle Les minis acteurs sont super attachants Vrais Inattendus Mais ici c'est vraiment la plongée dans le merveilleux de l'enfance Dans le sud Coloré Mais avec un constat très similaire que ses tournages dans le nord Difficile de trouver du sens à tout ça Aux attitudes humaines Tout est un peu ridicule Un peu minable Mais plus acceptable et mignon que si cela était des adultes Parce que ça pourrait être une histoire d'adulte assez banale De jalousie De tromperie Tout est déjà là dans les enfants En plus innocent Vraiment c'est un super film très imprégnant et riche Malgré son impression de rien du tout
Dans ce nouveau film Bruno DUMONT, on suit des jeunes enfants livrés à eux mêmes dans une cité balnéaire de la Cote d’Azur. Le scénario demeure assez basique dans son ensemble malgré la bonne prestation des jeunes acteurs assez expressifs. Le cadre choisi, les rochers rouges près de St. Raphael est bien mis en valeur dans ce film mais cela ne suffit pas à nous enthousiasmer pour ce film.
Bernard CORIC
(Film visionné à la journée de pré visionnement du GNCR le 09/06/2026 à PARIS)
Film dont j 'ai apprécié la photographie et le jeu des acteurs - on sourit pas mal - MAIS - grand MAIS - le héros du film souffre clairement d'une pathologie - spectre autistique -qui a un impact burlesque sur son comportement et j'en suis sorti mal à l'aise avec un sentiment voyeuriste. Le réalisateur ne creuse pas cet aspect et nous laisse nous débrouiller avec notre affect. Sur l'histoire, car il n'y en a pas vraiment, on suit une bande d'enfants entre bêtises et découverte de l'amour.
Je n’ai pas trouvé l’intérêt de ce film. Il ne se passe rien, c’est lent. On sourit parfois ! On espère parfois qu’il va se passer quelque chose mais rien.
Bon film de Bruno Dumont qui a encore plus épuré son histoire avec ces très jeunes enfants en prenant le courage de se mettre vraiment à leur hauteur. Très belles lumières, on se demande même par moment si ce film ne veut pas faire le portrait de cette plage et de ses magnifiques rochers. Il donne envie de se plonger dans sa propre enfance.
Parmi ceux qui connaissent l'intégralité de la filmographie de Bruno Dumont, combien peuvent se targuer d'avoir tout apprécié ? Peu, sans doute, et c'est le lot pour beaucoup de cinéastes, bien entendu, mais dans ce cas-ci, cela peut aller de la grande affection, voire l'émerveillement, jusqu'à la détestation pure. Au moins, peut-on affirmer que jamais le natif du Nord ne se repose sur ses lauriers, manifestant une liberté peu commune, voire souvent une radicalité qui forcément divise. Avec Les roches rouges, nous voici soudain transportés sur la Côte d'Azur sous le soleil, aux basques de deux bandes de gosses âgés de cinq ans qui n'en finissent pas de faire les 400 coups. Surprises sur prises, le scénario flotte autour de ces enfants terribles, en l'absence presque constante d'adultes. Il est indéniable que le film compte énormément de motifs répétitifs (le viaduc, les images carte postale de la côte, les plongeons, les mimiques des gamins). L'intérêt est donc inégal vis-à-vis de ces fredaines, mais le basculement vers une version très juvénile de Roméo et Juliette ne manque pas de malice. La fillette concernée est adorable et le petit caïd prénommé Géo possède un charisme assez bluffant, qui fait tourner la tête de l'autre sexe. Au bout du conte, les moments passés avec ces marmots ne sont pas si désagréables.
Sur les bords de la Méditerranée, à Anthéor, dans le massif de l'Estérel, six gamins laissés à eux-mêmes jouent sur les roches rouges.
Bruno Dumont est, on le sait, un cinéaste radical. Radical par la forme de ses films. Radical par les sujets qu'il aborde. Je l’ai découvert avec "La Vie de Jésus" et "L’Humanité", ses premiers films, à la fin des années quatre-vingt-dix, tournés dans ce Nord dont il est originaire, filmant une réalité sociale au scalpel. Puis lentement, Dumont m’a perdu. Son cinéma a pris avec "Hors Satan" et "Camille Claudel 1915" un tour de plus en plus élégiaque. Le mysticisme dans lequel baignaient ses œuvres m’impressionnait autant qu’il me rebutait. « Pas mon kiff » comme le disent les jeunes d’aujourd’hui. Le divorce était consommé avec "Ma Loute" dont les bouffonneries outrées ont achevé de m’en détourner. "Jeanne" et "L'Empire" n'ont pas arrangé les choses : à tous les deux, j'ai mis un zéro pointé et crié à l'imposture.
Il fait une fois de plus avec ces Roches rouges, tourné loin de ses terres natales et septentrionales, un pari audacieux : filmer de très jeunes enfants. Son acteur principal a cinq ans à peine. À cet âge-là, un enfant est une boule d'énergie sous pression, incontrôlable, quasiment sourd à toute injonction et a fortiori à toute indication de jeu. On imagine sans peine les difficultés du tournage, ses échecs, ses moments de pur miracle aussi qu'un montage intelligent a su capter et mettre en valeur.
Il y a de la pure jubilation de cinéma dans la façon de Dumont de filmer, en 20mm, sans profondeur de champ, les paysages de carte postale de l'Esterel, ce littoral parfaitement découpé, ses contrastes de couleur et ces fameuses roches rouges qui plongent à pic dans une mer cristalline.
Le scénario des "Roches rouges" se réduit à rien ou à pas grand chose. Il imagine une idylle entre Léo et Eve qui appartiennent à deux bandes rivales façon Capulet & Montaigu. La passion qui rapproche les deux enfants est à la fois émouvante et malaisante : on s'interroge sur la part d'artificialité que le scénario y a mise, contraignant les très jeunes enfants à l'expression de sentiments qui ne sont pas de leur âge.
C'est d'ailleurs là que se situe à mon sens la principale limite du film, sinon le cul-de-sac dans lequel il se retrouve coincé : une sorte d'adulto-morphisme ou le penchant coupable d'avoir voulu à tout prix prêter à ces enfants des émotions d'adultes.
Dumont a le mérite d'être un auteur qui a toujours réussi à sortir des sentiers battus pour proposer un cinéma pas toujours aimable, parfois déroutant voire même radical. Les roches rouges fait le pont entre le naturalisme cru de ses premiers films et l'absurdité de sa filmographie de la dernière décennie. En filmant à hauteur d'enfants, le cinéaste ne cherche pas à faire de ses enfants des acteurs. Il les laisse pleinement s'amuser et s'exprimer en ayant presque l'air de ne pas ou peu les diriger. L'intrigue amoureuse adulte sous-jacente, présente dans la dernière partie du film, dépasse pourtant le simple jeu d'enfant pour distillant une étrangeté qui va cependant de paire avec le motif de l'errance omniprésente tout au long du film. Visuellement le film est très beau, presque pictural et c'est cette esthétique qui le sauve un peu de l'ennui car à trop vouloir répéter les mêmes scènes, Dumont semble ne pas trop savoir où aller il va . Les roches rouges ne raconte pas grand chose et préfère nettement la contemplation à la narration. Ce qui aurait fait un très bon moyen-métrage devient un long-métrage un peu artificiel où l'on étire un peu inutilement les mêmes scènes. Néanmoins on peut reconnaître à Dumont sa singularité d'auteur.
A vu « Les roches rouges » de Bruno Dumont. Un viaduc sur lequel passe un train régional direction Vintimille sépare les Esterelles (les roches rouges) de la plage. Des roches écarlates sautent des enfants de 4 à 5 ans dans une Méditerranée houleuse. Dans ce petit groupe il y a le petit prolo qui vit dans un mobil-home et n’a peur de rien, Géo (Kaylon Lancel) et la petite bourgeoise qui habite dans une somptueuse propriété, Eve (Kelsie Verdeilles). Ils « tombent amoureux » l’un de l’autre, alors qu’Eve aime déjà B (Alessandro Piquera). L’azur du ciel et de la mer sont hypnotisants de beauté. Les enfants sont filmés en très gros plan et leurs grosses têtes de bébés globuleux sont presque horrifiques. Ils ânonnent leur texte dont chacune des phrases mal prononcées sont espacées d’un temps infini. Certains n’ont aucune présence et d’autres cabotinent et tous regardent l’objectif au bout d’un moment l’air de dire au réalisateur « … et maintenant on fait quoi ? ». On a vite compris les références à « Roméo et Juliette » dans ce long métrage où même les rares adultes jouent mal. Heureusement de temps en temps un train passe et cela donne un peu de mouvement à ce film qui n’a pas beaucoup de corps. C’est d’un ennui abyssal. Le montage qui donne un peu de crédibilité et de tempo à ce film d’une lenteur effroyable. On ne croit jamais à la situation et l’on sort constamment du film en se demandant comment des enfants en si bas âge peuvent faire du quad sur une départementale au milieu de la circulation où se jeter d’aussi haut dans la mer alors qu’ils savent à peine nager. On a souvent peur pour les eux tant certaines situations sont malaisantes. Les enfants qui n’interprètent rien singent les adultes en permanence dans des scènes d’embrassades, de vols, de bagarre… On regarde les spectateurs regarder l’heure sur leurs écrans lumineux. On regarde soi même l’heure sur son téléphone. Le film n’aurait pas été moins passionnant si Bruno Dumont avait filmé un banc de bigorneaux et une bourriche d’huitres pendant 90 minutes sans musique.
Bon, quoi, c’est un film de Bruno Dumont. Toujours aussi abrasif, revêche et peu aimable, même si il filme ici des très jeunes enfants. Y a pas d’histoire,, il n’y a pas de dialogues,  il fait beau, au bord de la Méditerranée, ou au bord d’une piscine. Voilà, c’est tout. Le pire, c’est que Bruno Dumont, filme, tout au grand angle, soit de loin, soit de très près, et surtout en contre-jour. Et puis c’est tout !
Film tourné à hauteur d'enfant où les adultes font simplement partie du décor.
Bien joué, la personnage principal est un peu crispant à force d'ignorer la caméra, de bailler de grmacer et de se gratter quand on aimerait ... qu'il joue la comédie.
Le film a été tourné au Portugal. On se croirait pourtant dans nos calanques...