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Fiers R.
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2,5
Publiée le 1 octobre 2026
Un peu comme « Une bataille après l’autre » de Paul Thomas Anderson l’an passé, « Digger » était attendu comme le Messie, le blockbuster de fin d’année destiné à rafler son lot de récompenses dans les différentes cérémonies. On a quand même un sacré morceau de cinéma qui se profile de loin. D’abord, le retour d’Alejandro Gonzales Inarritu après le monstrueux et inoubliable « The Revenant » et un passage sur Netflix avec « Bardo ». Son retour après sept ans d’absence était attendu. Ensuite, découvrir Tom Cruise dans une composition qui s’annonçait incroyable, entre « Magnolia » (pour le côté intense) et « Tonnerre sous les tropiques » (pour la transformation physique) ne peut que titiller notre curiosité. Ajoutons, un casting royal à ses côtés (John Goodman, Riz Ahmed, Sandra Hüller, ...) et un sujet ô combien nécessaire et dans l’air du temps qu’est la crise écologique, vous avez une petite bombe de hype cinéphile en approche. Et donc ce qui aurait pu être une satire grandiose sur le climat à la « Don’t look up » (un monument dans le genre) se révèle être une farce grotesque et pénible aux choix narratifs complètement lunaires et/ou clivantes. Un film pénible sur la longue où on hésite entre audace et prétention (toutes deux non payantes).
Pourtant, « Digger » commence très fort. Les vingt premières minutes qui présentent des enjeux très sérieux (une fuite de méthane dans la calotte glacière à cause du forage pétrolier provoque le détachement d’un immense iceberg qui vogue vers l’Europe) sur le ton de l’humour presque absurde (le chat) sont décapantes. Ton Cruise est super investi dans le rôle, les dialogues à débit mitraillette sont caustiques et drôles tandis que le côté exagéré de ce pamphlet nous apparaît mesuré avec justesse. On sent le film certes enorgueilli de lui-même, mais aussi brillant qu’amusant. Puis patatras! En une séquence tout s’effondre. Pas de spoiler à ce niveau mais on comprend vite que tout cela est une mise en abyme, un film dans le film (ou plutôt une pièce de théâtre ici). Et ce choix nous sort complètement du récit, surtout qu’il apparaît mal fagoté et inutile. Certes, sur la toute fin tout prend son sens et amène à cette chute édifiante mais il va sans dire que « Digger » aurait été bien plus digeste sans cette pirouette narrative auto-suffisante. Comme un clin d’œil à un de ses anciens films « Birdman », la pièce de théâtre cristallise la mémoire de la chute qui nous attend.
Bien sûr, tout n’est pas à jeter au sein de ce long-métrage boursouflé. La mise en scène - dont les focales font penser au cinéma de Yorgos Lanthimos - est quand même assez appréciable et le film nous gratifie de quelques éclats merveilleux. On pense surtout à ce plan-séquence magistral qui voit Tom Cruise faire un monologue incroyable sur l’hypocrisie du monde face à la crise écologique. Passionnant aussi bien sur le fond que sur la forme. Et John Goodman en fait un pas mal non plus et très drôle quelques séquences plus tard. Mais tout est outrancier, forcé et exagéré. Comme on le disait plus haut, la critique n’est pas fine, elle est en mode bulldozer enfonçant des portes ouvertes plus qu’autre chose. Le long-métrage est bavard, redondant, fatigant et les gesticulations intempestives des personnages finissent par nous indisposer. La plupart des seconds rôles sont sous-employés ou timides, laissant ainsi le champ libre à Tom Cruise, certes impérial dans un film irritant.
Cependant, ce qui reste l’énorme talon d’Achille du film est sans conteste ses sorties de routes méta (qui cachent d’ailleurs peut-être d’obscurs symboles ou sens qu’on n’a pas pris la peine de déchiffrer) arrogantes et parfaitement injustifiées que la promotion a d’ailleurs bien pris soin de masquer. Elles nous sortent totalement de « Digger » à chaque fois. En bref, malgré ces qualités plastiques indéniables, quelques fulgurances qui valent le coup et un Tom Cruise comme on ne l’a jamais vu, c’est vraiment foireux et chiant. Revoyez plutôt la claque « Don’t look up » dans le même genre!
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Difficile de parler de Digger sans trop en révéler, mais le film mérite clairement qu’on s’y attarde. C’est un grand spectacle, d’une densité impressionnante où chaque espace semble comblé. Visuellement, la richesse des cadres est telle qu’un seul visionnage ne suffit pas pour tout intercepter, tandis que les dialogues fusent et sont très bien écrits. Au centre de cette tempête, Tom Cruise livre une prestation monumentale, habitée et parfaitement alignée avec l’énergie du projet. Ça sent l’Oscar. La mise en abîme qui structure l'ensemble est aussi grandiose qu’habile, même si elle souffre de quelques légères incohérences et qu'elle est dévoilée un peu trop rapidement à mon goût. Le fond est assez perturbant : le simple fait que ce film existe et que nous le visionnons est critiquable selon le propos développé, ce qui laisse un vrai vertige de réflexion. Le film n’est pas irréprochable, mais voilà une proposition de cinéma forte, généreuse et pleinement assumée. Et au fond, n'est-ce pas exactement ce qu'on vient chercher dans une salle ?
Après des années où Tom Cruise s'illustrait de plus en plus comme un acteur "cascadeur" dans des films blockbusters à outrance, on le retrouve dans un film d'auteur dirigé par Alejandro Inarritu.
Confirmation que Tom Cruise est un acteur hors du commun, ne cessant d'être éternel. Toute la communication du film tournait autour de sa performance et cela a payé car il est juste exceptionnel ! Est ce son meilleur rôle ? non mais on est clairement sur un de ses meilleurs. Pour autant, il est brillamment accompagné. L'ensemble du casting, Jesse Piémont, Sandra Huller... jubilent devant ses scènes libre de tout sens devant cette comédie, satirique de notre époque contemporaine.
J'en viens à son récit : C'est brillant sans en faire trop. L'équilibre est t elle, que la mise en scène nous brouille entre la réalité et la fiction et comment la fiction ou l'art est unr échappatoire le temps d'un instant.
Inarritu tient en équilibre sa réalisation, démontrant la stupidité de la réalité
C'est un grand film, et un des meilleurs de l'année 2026.
Même si il n'avait pas besoin de le prouver, Tom Cruise a de forte chance de remporter son premier oscar. Et cela ne sera plus que mérité
Digger place Alejandro González Iñárritu face à une idée aussi simple que vertigineuse : que se passe-t-il lorsque l’homme qui prétend pouvoir sauver le monde est précisément celui qui l’a condamné ? Derrière l’ampleur annoncée de la catastrophe, le cinéaste construit une satire sur le pouvoir, l’ego et cette obsession très contemporaine consistant à vouloir transformer chaque désastre en récit héroïque.
Au centre du film se trouve l’homme le plus puissant de la planète. Sa fortune, son influence et sa capacité à modifier le cours des événements lui ont longtemps permis de croire qu’aucun problème n’était réellement insoluble. Jusqu’au jour où l’une de ses décisions déclenche une catastrophe susceptible d’anéantir l’humanité.
Commence alors une course contre la montre particulièrement ironique : sauver la planète pour empêcher les conséquences de ses propres actes.
Alejandro González Iñárritu et Sabina Berman trouvent dans cette contradiction un formidable moteur dramatique. Le personnage ne cherche pas uniquement une solution. Il veut également contrôler le récit de la catastrophe. Réparer son erreur ne semble pas suffire : il faut devenir celui qui aura sauvé l’humanité.
Cette nuance change profondément la nature du film.
Digger n’est pas simplement un récit catastrophe dans lequel un héros tente d’empêcher l’apocalypse. C’est l’histoire d’un homme qui considère encore la fin du monde à travers le prisme de sa propre importance.
Tom Cruise trouve ici un contre-emploi particulièrement stimulant parce qu’il joue précisément avec l’image héroïque associée à une grande partie de sa carrière. Son personnage possède l’énergie, la détermination et la certitude habituelles du sauveur de blockbuster. Iñárritu détourne pourtant ces qualités : cette incapacité à renoncer au contrôle devient autant une faiblesse qu’une force.
L’acteur doit ainsi maintenir une ambiguïté permanente. Jusqu’où son personnage agit-il pour sauver les autres ? Et à partir de quel moment cherche-t-il surtout à sauver l’image qu’il laissera derrière lui ?
Sandra Hüller constitue un contrepoint idéal à cette démesure. Sa présence plus sèche et son aptitude à faire exister le doute derrière une simple réaction permettent de fissurer les certitudes du personnage central. Riz Ahmed apporte quant à lui une autre énergie à un récit où scientifiques, décideurs et puissants sont contraints de collaborer alors que le temps nécessaire pour réparer leurs erreurs disparaît.
Iñárritu ne renonce pas pour autant à l’ampleur spectaculaire du sujet. La menace est planétaire, mais le cinéaste semble surtout intéressé par les comportements humains qu’elle provoque. Lorsque la possibilité de disparition devient concrète, les hiérarchies, les fortunes et les réputations perdent brutalement leur valeur.
Le contraste entre l’urgence de la situation et l’absurdité de certaines réactions nourrit une veine de comédie noire particulièrement efficace. Digger peut passer de l’angoisse au grotesque sans que les deux registres paraissent incompatibles. Au contraire, plus la situation devient catastrophique, plus la volonté du protagoniste de rester maître de tout prend une dimension presque dérisoire.
Le film interroge ainsi une certaine mythologie de l’homme providentiel : cette conviction qu’une personnalité suffisamment puissante, brillante ou riche pourrait résoudre seule des problèmes qui dépassent les individus.
La mise en scène accompagne cette démesure tout en sachant parfois la réduire à presque rien. Derrière la menace d'anéantissement se cache finalement un homme confronté à une possibilité qu’il n’avait probablement jamais sérieusement envisagée : avoir tort et ne pas pouvoir acheter, négocier ou imposer une solution.
Le récit peut parfois se montrer démonstratif dans sa volonté de confronter l’ego individuel aux conséquences collectives. Mais l’engagement du casting et l’ironie du concept permettent au film de conserver une véritable singularité.
Surtout, Iñárritu refuse le confort d’un héros traditionnel. Réussir à sauver la planète n’effacerait pas nécessairement la responsabilité d’avoir failli la détruire.
Ambitieux, mordant et volontiers absurde, Digger transforme la catastrophe mondiale en satire de l’ego et du pouvoir. Alejandro González Iñárritu détourne intelligemment l’image héroïque de Tom Cruise pour raconter un homme convaincu qu’il peut devenir le sauveur d’un monde qu’il a lui-même placé au bord du gouffre. Sandra Hüller et Riz Ahmed apportent les contrepoints nécessaires à cette fuite en avant spectaculaire. Derrière l’apocalypse se cache finalement une question beaucoup plus intime et cruelle : sauver l’humanité suffit-il réellement à faire de vous un héros lorsque vous êtes responsable du désastre ?
Digger est aussi génial que déroutant. Complètement barré et totalement imprévisible, le film ose absolument tout et offre quelques scènes complètement WTF. Tom Cruise s’éclate et livre une performance aussi déjantée que magistrale.
Mais derrière cette folie permanente, j’ai parfois eu du mal à suivre et à vraiment m’impliquer. Le film m’a clairement interpellé, sans pour autant réussir à me captiver de bout en bout.
Un ovni cinématographique qui ne plaira clairement pas à tout le monde, mais qui a au moins le mérite de proposer quelque chose de totalement différent. Et rien que pour Maggie le chat, ça vaut presque le détour.
Un bon point pour l'ambition, la démesure, l'originalité du film... Mais quel dommage de rajouter de la caricature sur la caricature de la caricature. On sature et on s'ennuie fermement avant ce twist. Le réalisateur force sans aucune nuance et le film est indigeste. Tom Cruise va à la couse à l'Oscar avec tellement de hargne que ça empêche de regarder le film autrement qu'une sorte de bande démo pour le réalisateur et son acteur, si doués sont ils.
Pas mal pour l'originalité et l'humour qui fonctionne globalement bien. Par contre c'est tellement perché que ça en devient excessivement compliqué et ce n'est pas toujours très crédible incohérent.
Finalement la plus grosse force du film ce sont ses décors et son maquillage/costumes.
Mais c'est vraiment beaucoup trop long. Il aurait fallu couper et rendre les dialogues plus concis. Dialogues d'ailleurs - comme toujours dans les films américains - d'une nullité navrante uniquement à base de gros mots.
Film totalement intrigant et bizarre , à l'image de sa bande annonce et le résultat à l'écran est tout aussi surprenant. Je dois dire que comme pas mal de gens qui ont pu l'aimer ce n'est pas forcément un film qu'on recommande car il est un peu particulier. J'ai d'ailleurs été à moitié emballé, mais il y a quelques très bonnes scènes. Ça sent bon d'ailleurs les nominations aux Oscars, sauf si l'Amérique d'aujourd'hui est peu propice à célébrer des œuvres qui en font la critique. Car ici c'est du vrai cinéma mais aussi une critique cynique en forme de farce de notre époque. Un cinéma à soutenir.
Excellent film ! Porté par un scénario vraiment original et spécial, qui invite à de grandes réflexions sur l’écologie, l'exploitation des ressources et notre rapport au monde. Et c’est assez inquiétant, car personnellement, j’ai vraiment l’impression qu’on va droit dans le mur… Une œuvre à la fois surprenante et impressionnante, avec un visuel étonnant et un Tom Cruise énorme ! Une expérience cinématographique à découvrir absolument !
Un film un peu décalé, un peu trop verbeux, un Tom Cruise, hors de sa zone de confort, offre un un bon jeu d’acteur ! La réalisation et la mis en scène sont au top, la BO pas géniale et trop bruyante, mais à voir car du grand cinéma malgré tout.
Je viens de découvrir Digger avec mon frère de cœur Pierre, et je préfère le dire tout de suite : le film risque de diviser et ne plaira clairement pas à tout le monde… moi le premier !
Même si j’ai rigolé à quelques moments, l’humour et le délire du film deviennent malheureusement assez vite pénibles à la longue. J’ai eu du mal à vraiment accrocher à l’ensemble.
En revanche, Tom Cruise est incroyable ! Il porte une bonne partie du film à lui tout seul et reste clairement le gros point fort.
Une expérience qui ne m’aura malheureusement pas convaincu.
Excellent A tous les niveaux réal, mixage son, jeu des acteurs : tom cruise le premier mais aussi Sandra huller même si on la voit peu ainsi que Jesse Plemons. Le cadrage rappelle beaucoup Wes Anderson. Mais il faut accepter d’être bousculé, d’être dans l’inconfort, ce qui n’est pas toujours facile
une piece de theatre sous fond contestataire avec des thematiques existantielles comme le rechauffement climatique. le film se regarde mais je l ai trouve un peu long et repetitif. le personnage principal s enfonce dans son cliché
Alors ça se veut clairement le Dr Folamour de notre époque (la voix du savant est exactement la même). La révélation finale, spoiler: je vois ça comme une vision cynique de notre société actuelle. Le public qui vit dans un monde post apocalyptique applaudit ceux qui l'ont créé . J'aurais vu ce film à 20 ans, j'aurais trouvé ça culte. Mais ça sort trop tard : la réalité dépasse la fiction. Et du coup, pas hyper drôle je trouve.