Réalisé par Scarlett Johansson, un premier long-métrage à la mise en scène très scolaire et au traitement versant par moments un peu trop dans le pathos (notamment de par cette musique illustrative et pas très utile).
Et pourtant, quelque chose finit par prendre au fil de cette tragi-comédie portée par l'impeccable June Squibb et son franc-parler cocasse et touchant, et le joli duo qu'elle forme avec la jeune Erin Kellyman, comme deux solitudes qui se retrouvent et partagent le même chagrin.
Un récit sur le tabou du deuil dont émane une belle sincérité, ou comment continuer de faire exister celles et ceux qui ne sont plus là. À découvrir.
Passage à la réalisation réussi pour Scarlett Johansson avec son premier Long-Métrage qui souligne l’importance du Devoir de Mémoire et séduit par son humilité pour parler de Deuil, de courage, de résilience et de solitude ! La nonagénaire June Squibb rayonne dès les premières secondes en mamie grinçante, à la fois adorable et autoritaire .
Sur une thématique similaire, Scarlett Johansson offre un petit bijou entre "Voyage avec mon Père" (2025) et "Marco, l'Enigme d'une Vie" (2025) où comment une presque centenaire en deuil se laisse aller à vivre par procuration et à l'insu de son plein gré un destin qui n'est pas le sien. D'abord la réalisatrice s'amuse à instiller un doute (lesbienne, bi ou hétéro ?!), et nous présente une femme d'un âge canonique pétillante, volontiers taquine voire moqueuse. Le film évite ainsi judicieusement l'écueil de l'enfant égoïste qui veut simplement se débarrasser d'une mère encombrante, par là même on évite l'ado cliché mal dans sa peau et/ou grognon. Si Eleanor/Squibb est merveilleuse avec un rôle taillé sur mesure, sa jeune amie Nina/Kellyman n'est pas en reste, endeuillée mais moins préparée à la vie, cela crée à la fois un parallèle et un paradoxe avec son face à face intergénérationnel. Le récit est très bien écrit, l'évolution des personnages attendus et lisibles, trop peut-être, mais les deux femmes sont si attachantes que tout est aussi logique et fluide à l'exception de deux passages... SPOILERS voir site !... Un très joli moment à conseiller. Site : Selenie
Rarement on a vu un synopsis ET une bande-annonce en dire aussi peu sur un film : le vrai sujet n'est pas mentionné. On ne peut donc pas le mentionner sans spoiler. Conséquence frustrante : on n'en parlera pas.
Le sujet aurait-il pu concerner une personne jeune ? Oui. Pourquoi avoir choisi une personne de cet âge ? Sans doute pour pouvoir amener l'évocation de très vieux événements, en l'occurrence l'holocauste (c'est le choix de l'auteur). Mais c'est aussi pour admirer une performance : l'actrice de 94 ans (June Squibb) a l'âge du personnage qu'elle joue, et c'est déjà une raison de voir ce film, parce qu'elle est extraordinaire (vivacité d'esprit et clarté de la diction -il faut voir le film en VO).
Des scènes clés évoquent le bonheur partagé d'être deux, puis la solitude du deuil, pour déboucher sur le sujet du film, traité comme un véritable trouble post-traumatique (ce que fait la "victime" après un traumatisme semble n'avoir aucune logique aux yeux des autres). Le contexte voulu de l'histoire fait qu'alors une partie des scènes évoque le judaïsme (notamment le puissant récit de Jacob et Esaü), une autre l'holocauste, et une dernière la façon dont est perçu ce trouble par le reste du monde : la famille de cette dame, ses amis... et le public ! -on a trouvé un peu gros que le père de la jeune fille en fasse un show à la télé, mais après réflexion, non. Ça dénonce avec force les tabous autour du deuil, et ceux qui prônent sans savoir qu'il faut "aller de l'avant" -les gens ont parfois besoin d'une claque pour comprendre.
Cela dit, ce film est pour qui ? Les traumatisés ? Les endeuillés ? Les vieux ? Les psys ? Comme souvent, il est pour les autres (qui évidemment ne le verront pas). À lire des critiques de presse (comme des spectateurs du reste), on sent bien qu'on entre ou pas dans ce film selon qu'on a vécu ou pas vécu. Vécu quoi ? - Vécu l'amour, la mort. Faute d'avoir une expérience personnelle sur ces deux questions à la fois, le spectateur peut rester de marbre et ne voir que les murs (la musique, le pathos) ; tandis qu'au contraire avoir touché l'amour et la mort permet de pénétrer le monde des âmes et des fantômes, et surtout de les respecter. Vu comme on traitait la mort au temps des pharaons, quelqu'un de ce temps comprendrait Eleanor...
Scarlett Johansson n'a pas fait un film facile. C'est un film paradoxal, fait pour ceux qui ne peuvent pas le comprendre ! Pour comprendre ce film il faut parler sa langue. Quelqu'un ne parlant pas le chinois ne comprendrait pas un conteur chinois. La langue du film, c'est l'expérience de l'amour et de la mort. Sans elle, vous chercherez une logique que vous ne pouvez pas atteindre et vous risquerez d'en conclure qu'il est mauvais (c'est un film de niche, qui d'ailleurs a été à Cannes dans la catégorie "un certain regard"). Il y a une chose que "les autres" peuvent découvrir à l'occasion : mentir n'est pas mauvais en soi, tout dépend de l'intention.
La solitude : elle pèse comme un manteau trop lourd sur les épaules d’Eleanor. À 94 ans, elle avance avec cette manière de flotter légèrement — un pas après l’autre — comme si la mémoire la tirait en arrière et que la vie, pourtant, insistait encore. June Squibb n’incarne pas une “vieille dame courageuse” : elle incarne une femme traversée, inhabitable parfois, mais tenue debout par des récits qu’elle refuse d’abandonner. La disparition de sa meilleure amie ouvre une brèche. Un espace vide. Un creux où les souvenirs deviennent plus bruyants que le présent. Elle quitte alors la Floride, rejoint sa fille à New York. Et dans ce déplacement, il y a déjà une fissure : la sensation d’être hors de sa propre vie, de marcher dans un décor dont les repères ont bougé. Scarlett Johansson filme cette transition avec une retenue presque clinique — pas de violons, pas de pathos — juste des corps qui cherchent leur place, et des silences qui durent plus longtemps qu’ils ne devraient. Puis vient ce centre communautaire juif. Une salle, des chaises en cercle, des femmes et des hommes qui partagent leurs récits de survivants. L’histoire de la Shoah, transmise génération après génération. Eleanor s’y retrouve par hasard — ou par besoin — et quelque chose glisse. Elle raconte l’histoire de son amie Bessie comme si c’était la sienne. Le mensonge naît dans un souffle bref, une sorte de réflexe pour combler un vide. Rien d’agressif. Juste une manière de tenir debout. Nina apparaît dans ce décor — jeune, vive, affamée de récits. Erin Kellyman lui donne une énergie nette, une écoute presque trop attentive. Leur lien n’est pas spectaculaire ; il se dépose lentement, comme une poussière chaude sur une table. La jeune femme veut écrire, comprendre, saisir ce qu’Eleanor porte en elle. Et Eleanor, elle, veut surtout être entendue. Le film devient alors un dialogue entre deux temporalités : l’urgence de la jeunesse et la lenteur de l’âge. La bat mitzvah étire encore plus l’ambiguïté morale. Eleanor s’y projette comme si cette cérémonie, qu’elle n’a jamais vécue, pouvait suturer une absence lointaine. Le rabbin, en citant Jacob et Ésaü, glisse une question : peut-on mentir si le mensonge protège ? Le film ne répond pas. Il laisse la question vibrer — suspendue, inconfortable, nécessaire. Scarlett Johansson filme sans condamner. Elle laisse le réel trembler. Les gestes sont simples : marcher, raconter, se tromper. Mais derrière cette simplicité, quelque chose se fissure. Eleanor s’enfonce dans une narration qui n’est pas la sienne — et pourtant, le spectateur comprend qu’elle ne cherche pas à voler une histoire : elle cherche une place dans le monde. Une petite place, juste assez grande pour respirer. La dernière respiration du film laisse un goût trouble : un mélange de tendresse, de malaise et d’admiration. Eleanor ment — mais elle aime. Elle s’invente — mais elle survit. Et la vérité, dans ce chaos fragile, n’est plus un verdict : elle devient une matière mouvante, presque honnête malgré elle. Ma note : 14 / 20
Quelle surprise !... Scarlett Johansson réalisatrice ?!... Qui l'eût cru ?!... Un film touchant et tendre, avec une June Squibb époustouflante, vraiment je suis émerveillé par cette histoire, qui a un scénario bien ficelé... Je ne pense pas que ce film cartonnera au Box-Office, c'est vraiment un film d'Auteur, pour le coup mais en tout cas, il a tout ce qu'il faut pour triompher ou être nominé aux Spirit Awards. Normalement les Nominations seront annoncées le 3 Décembre à Hollywood. J'espère avoir eu du Flair !!!
Sujets abordés intéressants : l’Holocaust, la solitude, le deuil, les liens familiaux . Mais malgré qqs passages d’humour grâce au caractère bien trempé d’Eleanor, on est très dans le pathos. Choix de la réalisatrice qu’on partage ou pas.
C'est une très vieille dame prise au piège de ses mensonges. Y a-t-il de bons mensonges ? C'est une histoire d'amitié, de fifélité et d'amour. Le scénario est complexe, et la belle mise en scène est au service du sujet. Un beau film, porté par un trio d'actrices formidables. Bravo à Scarlett Johansson d'aller à contre-courant avec ce film ambitieux. Quel courage aussi, vue la haine ambiante chez tous les bien-pensants holywoodiens en ce moment ! Une très bonne surprise.
Eleanor the Great explore la solitude, le deuil et la reconstruction en suivant la trajectoire d’Eleanor Morgenstein, une nonagénaire qui, malgré son âge, cherche encore sa place et un espace où se sentir vue. Scarlett Johansson filme cette femme fragilisée par la perte de sa meilleure amie, dont le départ la pousse à quitter la Floride pour rejoindre sa fille et son petit-fils à New York. Mais là encore, elle se heurte à un quotidien où elle se sent transparente. C’est par hasard qu’elle entre dans un groupe de parole de rescapés de la Shoah et, par peur d’être rejetée, invente un passé qui n’est pas le sien. Ce mensonge s’emballe et attire l’attention de Nina, une jeune étudiante en journalisme qui voit en Eleanor une mentor idéale. Entre elles naît une relation touchante où chacune porte un deuil qui l’empêche d’avancer. Le film montre comment ces deux femmes, malgré leur différence d’âge, se rejoignent dans la même blessure. La réalisatrice met en scène la manière dont les petites interactions du quotidien, parfois maladroites, parfois lumineuses, fissurent leur solitude et laissent circuler l’affection, la colère, le pardon. Le récit souligne aussi la difficulté d’aimer quand la peur de perdre l’autre conduit à mentir pour exister encore un peu. June Squibb et Erin Kellyman forment un duo d’une justesse rare, l’une apportant une gravité tendre, l’autre une vulnérabilité vive. Leur dynamique donne au film une intensité qui dépasse chaque scène. Eleanor the Great devient alors un film sur la réparation par le lien, où l’amour, même maladroit, devient le seul véritable moteur pour sortir du deuil et retrouver un souffle.
Délicat et tendre, mais grande surprise ou nouveauté, JOHANNSON livre un film référencé, sincère et touchant, par moment très cliché et facile, mais qui emporte tout de même le spectateur
Un premier film touchant. J'ai trouvé que la première partie passe certains liens assez rapidement. La deuxième partie prend davantage le temps. Une interprétation touchante de tous les acteurs et actrices
Joli film, tout en finesse et en pudeur, baigné d'humour et de tendresse, super bien interprété et réalisé. Un récit véritablement humain et touchant, comme on en aimerait plus souvent. (vu sur plateforme)