L'an dernier, on aurait bien vu "Les graines du figuier sauvage" obtenir la Palme d'Or au Festival de Cannes. Lorsqu'on apprend que Mohammad Rasoulof, le scénariste et réalisateur de ce film et de nombreux autres chefs d’œuvre du cinéma iranien, est le scénariste de "7 jours", film plus ou moins inspiré par la figure de Narges Mohammadi, militante iranienne pour les droits humains et Prix Nobel de la paix en 2023, on se dit que cela vaut le coup d'aller voir ce film même si Rasoulof a dû abandonner l'espoir de le réaliser lui-même et a chargé un ami, Ali Samadi Ahadi, d'en assurer la réalisation. A sa vision, on ne peut pas s'empêcher de se demander si le film qui, ne le cachons pas, souffre de pas mal de défauts, aurait été meilleur s'il avait été réalisé par Rasoulof en personne. Pas sûr, car on trouve déjà des défauts dans le scénario. Un scénario qui nous fait croire au début qu'on va être en permanence dans le conflit moral vécu par Myriam, emprisonnée depuis 6 ans et qui n'a droit qu'à une permission de 7 jours pour raison médicale, qui pourrait en profiter pour quitter l'Iran et aller rejoindre ses enfants et son mari en Allemagne, mais qui est prise entre l'amour pour ses enfants et son combat pour la liberté. Un scénario qui, en fait, consacre la moitié du film à une sorte de docu-fiction, certes pas inintéressant mais beaucoup trop long, sur les filières utilisées pour arriver à fuir l'Iran en passant par les montagnes. Par contre, on peut mettre au seul débit de la réalisation la scène qui voit la conductrice d'une voiture dans laquelle se trouve Myriam quitter la route des yeux à plusieurs reprises pendant 10 à 15 secondes à chaque fois. Quand on met une voiture sur la plate-forme d'un camion pour qu'on puisse voir le paysage défiler, on fait en sorte de rendre un minimum crédible la fausse conduite du véhicule ! Pour le reste, pour les scènes de famille dans ce qui est censé être un petit village turc près de la frontière avec l'Iran, il y a débat : est-ce à cause du scénario ou de la réalisation qu'elles ne dégagent pas l'émotion attendue, quand bien même elles font parfois plus que flirter avec un mélo plein de pathos ?