L'origine de Cap Farewell remonte à La Troisième Vie, un documentaire que Vanja d'Alcantara a consacré à une détenue espagnole au début des années 2000. La réalisatrice espérait filmer la reconstruction de cette femme après sa sortie de prison, mais celle-ci a été retrouvée morte quelques mois plus tard. Avec ce long métrage, elle a voulu imaginer la seconde chance que la réalité lui avait refusée.
Pour incarner Toni, Vanja d'Alcantara recherchait une actrice capable de conjuguer fragilité et tempérament rebelle. Elle a trouvé cette dualité chez Noée Abita, dont elle apprécie le mélange de maturité et d'énergie adolescente. Une ambiguïté essentielle pour donner vie à cette héroïne encore en apprentissage de l'âge adulte.
Le phare, devenu l'un des symboles visuels du film, ne figurait pas dans la version initiale du scénario. Les personnages devaient initialement évoluer autour d'un bunker repéré à Dunkerque, mais des contraintes de production ont contraint l'équipe à revoir ses plans. Une découverte de dernière minute a finalement transformé cette difficulté en trouvaille poétique et narrative.
Avec Cap Farewell, Vanja d'Alcantara s'est aventurée pour la première fois sur le terrain des cascades et des séquences d'action. La cinéaste évoque avec enthousiasme cette nouveauté, qui a insufflé une énergie particulière au tournage. Un plaisir partagé par les comédiens, heureux d'investir davantage leur corps dans le récit.
La réalisatrice revendique plusieurs références fortes pour construire l'identité du film. Elle cite notamment The Yards de James Gray, Fish Tank et American Honey d'Andrea Arnold, mais aussi Prisoners de Denis Villeneuve. L'ambition était de mêler la tension du film noir à une histoire profondément familiale et émotionnelle.
Après plusieurs collaborations avec le directeur de la photographie Ruben Impens, Vanja d'Alcantara a choisi de travailler avec Hichame Alaouié. Ensemble, ils ont développé une esthétique néo-classique tournée en format scope, privilégiant les cadres larges et les rapports de force entre les personnages. Une approche visuelle pensée pour mettre en valeur la dimension chorale du récit.