Je voulais aimer Merv. Vraiment. Il y avait ce point de départ presque attendrissant — un couple séparé, un chien comme dernier lien affectif, un voyage censé réparer quelque chose. J’y ai vu l’ombre de Marriage Story version comédie légère, ou même certains films indépendants américains qui savent transformer l’ordinaire en émotion fragile. Mais très vite, le film m’a donné l’impression de ne jamais savoir ce qu’il voulait vraiment raconter, ni ce qu’il osait regarder en face. Zooey Deschanel apporte son charme habituel, cette douceur un peu décalée qui a fait la beauté de 500 Days of Summer. Mais ici, ce charme flotte dans le vide. La caméra l’accompagne sans jamais la confronter, comme si le film refusait toute aspérité. Les scènes s’enchaînent sans véritable tension, comme si Merv avait peur de déranger, peur d’appuyer là où ça fait mal. La séparation est traitée comme un simple malentendu, jamais comme une fracture. Or, sans fracture, il n’y a pas de réparation possible — seulement un retour à l’équilibre initial. J’ai ressenti une étrange tiédeur émotionnelle. Tout est aimable, souriant, bienveillant, mais rien n’est incarné jusqu’au bout. Même le chien, censé être le cœur affectif du récit, devient un prétexte narratif plutôt qu’un véritable moteur symbolique. Il relie les personnages sans jamais les mettre en danger. On sourit parfois, mais sans que cela laisse de trace durable. Comme une carte postale qu’on regarde distraitement avant de la poser sur une table. En sortant, je n’étais ni en colère ni ému. Juste indifférent. Et pour une comédie romantique, c’est peut-être la pire chose qui puisse arriver. Ma note : 4 / 20
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