Le synopsis et la bande-annonce parlent de cancer et de prescriptions médicales, donc de mort, de peur, d'angoisse... On y montre un grand garçon qui peine à s'exprimer, concerné par ce scoop, et qui donne son nom au film. Il ne faut donc pas s'attendre à autre chose que lui et lui dans ce film, son drame, son inquiétude...
Et pourtant, s'il est bien de tous les scènes, s'il y a bien la maladie en toile de fond, s'il est bien cet adulte enfant du début à la fin, ce n'est pas un film sur le cancer, ce n'est même pas un film triste. Ce n'est pas non plus un film uniquement sur lui. Les sujets sont intrumentalisés pour montrer autre chose. C'est du moins ce qu'on peut en retenir, et ce ne sera forcément pas le cas de tout le monde.
Ce grand garçon nous fait de la peine et nous amuse en même temps. Non seulement pour ce qu'il est, mais parce qu'il exprime ce que nous ne sommes pas en général. Il ne s'énerve pas une seule seconde. Il y a autre chose d'évident : ses actions et réactions sont des réactions de défense, des attitudes de survie... Mais de défense contre quoi ? -C'est là l'originalité du film.
Ce grand garçon se défend depuis toujours apparemment. Il ment sans qu'on puisse parler de mensonge : il intériorise tout ; il n'extériorise rien (l'acteur Théodore Pellerin excelle, soulignons-le ). En conséquence, ce personnage n'est pas spontanément compris ; et lui-même semble ne jamais comprendre du premier coup. Pire : il semble tout survoler, ne pas choisir ; il n'opine guère, il est du genre "ça va là ouais". Sa mère dit d'ailleurs que, bébé, il semblait voir tout mais ne rien regarder.
Le personnage se défend (inconsciemment ?) contre autre chose, une chose qui nous concerne et nous accuse : les gens qu'il rencontre au cours de ses pérégrinations au fond sont comme lui : ils n'ont rien à dire, leurs propos sont d'une banalité attristante, et amusante aussi ! Lui rappelle Croquignol (des Pieds Nickelés), mais les autres rappellent aussi des personnages de bandes dessinées. Ce qui fait d'ailleurs que le film, paradoxalement, a quelque chose de croquignolesque...
Ce n'est donc pas un film sur le cancer. Ce n'est pas un film sur un Croquignol. Ce film met en perspective un monde devenu incapable de communiquer, parfois même simplement d'aligner deux mots l'un derrière l'autre. Tous ces super copains copines qu'on voit ne parviennent à le faire que grâce à l'alcool et à la musique - l'auteur nous a fait grâce d'ignorer la drogue.
Et pourtant (c'est la deuxième originalité du film), Croquignol finit par s'exprimer et mener à bien ces "missions" dont parle le sysnopsis, et de la façon la plus inattendue qui soit - croquignolesque encore. L'auteur est un optimiste qui croit à l'humour.
Nino est un bon film, pleinement porté par son comédien principal. La bande-annonce dit beaucoup de ce qu'on va voir, mais les étapes de ce parcours initiatique en un week-end réservent quelques surprises. L'ensemble est très bien mis en scène et ménage quelques choix musicaux intéressants (qui ont d'ailleurs dû coûter fort cher à la production). Croisement entre Cléo de 5 à 7 et Oslo 31 août, le film sait nous entraîner dans ce dédale de rencontres, parfois interprétées par des comédiens inattendus (tel Mathieu Amalric). Bref, ça fonctionne, et surtout le comédien s'impose à l'écran, par son jeu, mais aussi grâce au talent de la cinéaste qui traque sa grande silhouette partout dans Paris et s'attache à son visage qui révèle peu de ses émotions dans ce moment-charnière.
Un film d'une finesse et profondeur folles. Toujours à hauteur de personnage, chaque geste, chaque regard est juste et pourtant ils n'ont l'air de rien. Finesse des dialogues aussi et de la mise en scène. Malgré la gravité du propos et une espèce de mal de vivre général, le film est lumineux et drôle par fulgurance. J'ai aussi été extrêmement touché par les relations entre les personnages, les non-dits, les trop-pleins qui ne débordent pas. Très belle surprise, très beau 1er film. Cinéaste à suivre...
Un film très émouvant, tout en finesse, un Théodore Pellerin incroyablement touchant ! Bravo à la scénariste pour ce très beau film !! Allez le voir, il en vaut la chandelle !!
Partant d'une bonne idée, et bénéficiant d'un bon début, le film s'embourbe rapidement dans les méandres de l'ennui cinématographique à cause de scènes inutilement étirées et auteurisantes, des tunnels de dialogues agaçantsspoiler: (le personnage a du mal à finir ses phrases, car il n'arrive pas à parler de sa maladie...) et le jeu très statique et monotone de l'acteur principal (Théodore Pellerin, qui a ici le charisme d'une asperge). Ces 1h36 ont semblé en durer le double.
J’ai adoré ce film. L’acteur principal, en état de grace. Les séquences avec Jeanne Balibar et Mathieu Amalric sont und friandise. Tout est traité avec pudeur et délicatesse , les minutes s’́écoulent calmement. Un film élégant et léger malgré le sujet abordé.
J’ai eu du mal à rentrer dedans au début, principalement parce que c’était beaucoup filmé en 8, mais plus le film avançait, plus je m’attachais à ce personnage. Une histoire peut-être légèrement clichée mais très bien exécutée et touchante. Clichée parce que c’est pas mal vu et revu ce genre d’étude d’un individu qui spoiler: garde son cancer pour lui, pendant un temps, jusqu’à s’isoler dans son monde. C’est sur la forme que le métrage m’a plus convaincu. J’aime bien le fait que ce protagoniste prouve spoiler: qu’il peut être très difficile d’annoncer ce genre de choses à son entourage avec cette grosse pression quotidienne qu’il subit. J’adore aussi comment il apprend qu’il est malade. Le film ne l’introduit quasiment pas et le médecin lui annonce directement, comme pour dire que ça peut arriver à n’importe qui, n’importe quand. C’est un récit bien compressé, très efficace, super bien écrit à l’image de certaines répliques d’une belle puissance et bien mis en scène avec quelques plans géniaux. J’ai donc beaucoup aimé Nino, une œuvre assez poétique. Merci encore au cinéma français. 15/20
On pense un peu à la Cléo d Agnès Varda en suivant l errance de Nino sur un week-end. Fait de petites touches et de rencontres plus ou moins touchantes, le film vaut surtout pour la délicate interprétation d un jeune acteur québécois dans le rôle titre..
Comment aborder un sujet grave avec délicatesse, tendresse et dans une certaine mesure, avec de la joie. On partage le quotidien de Nino avec sa mère, ses amis et une ancienne copine d'enfance. On n'oublie pas le cancer de Nino, il est toujours en arrière plan mais ce n'est pas le sujet principal du film. Théodore Pellerin joue ce role avec beaucoup de finesse. A voir
Film sur un mode très mineur, plein de bons sentiments et manquant cruellement de nerf. L'acteur sensible ne joue que sur une seule note et ennuie très vite. Sa pérégrination sur trois jours parait bien artificielle, (merci l'astuce scénaristique de la perte de clefs...). Tout se passe dans un Paris hors sol de bobos cool et gentils. La succession de rencontres défile et on repense au très beau Cléo de 5 à 7 ou à Oslo 31 aout, films beaucoup plus inspirés sur des thématiques communes.
Un scénario qui regorge de surprises,de sens,d’émotion et aussi d’humour. Une telle maîtrise pour un premier film,c’est remarquable. La mise en scène fait la part belle aux gros plans sur les visages qui transmettent l’émotion en évitant les bavardages superflus. Pour Nino,cet espèce de road trip constitue le chemin vers l’acceptation de ce qui lui arrive et la prise de conscience qu’il n’est pas seul mais entouré d’amour.