Un peu surcôté ce film mais néanmoins de bonnes choses comme la découverte des rites des funérailles en Asie. Assez touchant sur la fin mais pas de quoi en faire un plat de riz.....
Quel beau film ! A la fois bien ancré dans son territoire culturel (Bangkok) et universel. A la fois caustique voire assez drôle par moment et profondément émouvant. Très bien interprété, j'ai totalement cru aux personnages J'en suis sortie des étoiles dans les yeux et la gorge très serrée
Un petit bijou de tendresse, à ne pas rater ! Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère) tape (très) juste sur les situations familiales délétères face au décès d'un ancien : celui qui ne se préoccupe absolument pas de la fin de vie de son parent (car assuré d'hériter), celui qui infantilise la mamie en voulant la garder à la maison comme un enfant, celle qui est la seule honnête, aime sa mère, et fait tout pour elle de façon désintéressée, mais n'est pas la chouchoute... Le réalisateur Pat Boonnitipat connaîtrait-il un bon nombre de familles modernes, pour livrer un portrait si réaliste (et attristant) de l'hypocrisie et de l'injustice qui gagnent les familles lors de la fin des patriarches ? Ah, l'argent, l'argent...ce joli poison qui coule dans les veines des meilleures relations aimantes. Aussi, comment ne pas s'identifier, ne pas sourire, ne pas verser la (grosse, très grosse) larme dans ce film qui met en lien un petit-fils vénal (il n'est là que pour "gagner des points d'héritage") qui apprend peu à peu à préférer sa mamie à une liasse de billet, apprend la valeur de la vie, le respect aux décédés (la scène de fin qui répond à celle du début, avec un tout autre sens : magnifique), qui apprend tout simplement à être quelqu'un de bien. La mamie, de son côté, a un fort caractère, ne mâche pas ses mots (elle nous a fait sourire, et nous a rappelé de beaux souvenirs... Vraiment : Pat Boonitipat a visé juste, vous vous reconnaîtrez forcément dans quelques portraits, priez juste pour que cela soit dans le bon côté de la morale) et passe d'antipathique dragon à mamie solitaire qui cache bien ses peurs pour sa famille... Le twist final qui dévoile que, spoiler: depuis le début, la mamie avait réservé une très belle somme d'argent sur le livret bancaire de son petit-fils, rendant caduques tous les efforts qu'il a fait pour se faire apprécier d'elle, montrant qu'elle l'a laissé "faire la nounou" gratuitement (vainement, car le magot est déjà remporté) juste pour lui enseigner la vraie valeur des choses de la vie, et le ramener à cet état d'insouciance enfantine où l'argent est un vaste concept, et où seuls les proches comptent ... un twist final parfait. Il n'y en avait pas fondamentalement pas besoin pour que le film soit déjà bon, et il se le permet comme une coquetterie de scénario qui nous fait vraiment plaisir (et remoucher un coup). Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère) est un film qui a du cœur, beaucoup de respect pour les anciens, écorche à vif et assez justement la société moderne qui fait la course à l'héritage, et se rappelle assez joliment que rien ne vaut plus cher qu'un beau moment passé avec quelqu'un qu'on aime, même s'il n'est plus là. Préparez les mouchoirs.
Il y a des ressorts dramatiques familiaux classiques (rivalités intra-fratrie, l’argent qui complique tout…), vus et revus, mais c’est traité avec sensibilité et subtilité, et avec un angle asiatique pertinent.
Un film extrêmement délicat, dont la colonne vertébrale est la relation d'un petit-fils et de sa grand-mère, atteinte d'un cancer. D'abord calculateur, le petit-fils, M, va peu à peu fendre l'armure, tandis que les relations des membres de la famille sont habilement auscultées. C'est très très bien joué, un peu mystérieux car les subtilités culturelles sino-thaïlandaises nous échappent parfois, et au final irrésistiblement émouvant. Dommage que ce film n'ait pas été mieux distribué.
Que l'on soit en Chine ou ailleurs, l'assistance et l'aide aux personnes âgées dans les familles est toujours un problème, tout comme les histoires d'héritage sources d'histoires, de fâcherie et de jalousie
La grand-mère en question est thaïlandaise (d'origine chinoise), veuve, âgée de 78 ans... ce qui ne l'empêche pas de se lever avant l'aurore, six jours sur sept, pour aller vendre en ville le petit plat cuisiné traditionnel qu'elle prépare chez elle.
Cette mamie a donc des revenus modestes... mais elle est propriétaire de la maison où elle loge et où elle a élevé ses trois enfants. Ceux-ci spoiler: comprennent que sa fin est sans doute proche ... mais à qui va-t-elle léguer la baraque ? Va-t-elle faire comme jadis ses parents ou bien comme ce grand-père, récemment décédé, qui a presque tout laissé à la petite-fille qui est venue s'occuper de lui ?
M, le petit-fils, chômeur qui vit aux basques de sa mère, se verrait bien récupérer le pactole de la vente de la maison... mais, pour cela, il lui faut se dévouer auprès de sa grand-mère... et ce n'est pas gagné ! Dans le même temps, ces oncles voient d'un mauvais œil débarquer ce nouveau "concurrent", qui, jusqu'à présent, n'avait guère porté d'intérêt à son aïeule.
C'est donc à la fois un peu macabre et drôle. Certaines situations sont cocasses, notamment parce que spoiler: la grand-mère se rend compte du manège ... et elle a du caractère, la mamie ! En même temps, cela dit des choses tristes sur ce qu'est devenue cette famille (comme de nombreuses autres, en Thaïlande et ailleurs dans le monde). Un matérialisme de bas étage a tendance à l'emporter sur la spiritualité, la religion (ici bouddhique) spoiler: elle-même étant perçue comme un instrument de l'ambition (ou de la cupidité) .
J'ai beaucoup aimé cette chronique familiale douce-amère, qui dit beaucoup de choses, sur la vie, la famille, l'argent, la fidélité, l'honnêteté. L'histoire n'est pas aussi linéaire qu'il n'y paraît. Le scénario réserve quelques surprises, jusqu'à la fin, que j'ai trouvée très belle.
Très intéressant 1er film du réalisateur Thaïlandais Pat Boonnitipat qui peut se voir comme une satire percutante sur la place que prend l’argent dans les relations Familiales mais aussi qui nous confronte à nos propres manquements face aux Anciens ! ...
Plein de délicatesse, les sentiments se construisent petit à petit et sont d'une telle justesse que cela nous va droit au cœur. Préparez vos mouchoirs.