Film de science-fiction, réalisé par Saul Bass, dont c'est le premier long-métrage, Phase IV est une œuvre expérimentale singulière possédant de belles qualités mais également quelques défauts, pour un résultat globalement satisfaisant. L'histoire se déroule dans le désert de l'Arizona et nous fait suivre deux scientifiques s'associant afin de mener des recherches sur des fourmis douées d'intelligence s'attaquant aux humains. Pour cela, ils font évacuer la région et installer un laboratoire afin d'étudier le comportement de ces insectes menaçants. Ce scénario, adapté d'une nouvelle d'Herbert George Wells et de la novélisation de Barry Nathaniel Malzberg, nous plonge au cœur d'un récit intrigant mais comportant tout de même quelques longueurs malgré une durée relativement courte d'à peine une heure et vingt minutes. Celui-ci possède un fort aspect documentaire, renforcé par une narration apaisante malgré le danger rodant sous et sur terre. Le rythme est assez lent et l'ensemble manque un peu d'action, en plus de peu évoluer. Cependant, l'intrigue a quelque chose de captivant, notamment grâce à son ambiance psychédélique et oppressante nous faisant très bien ressentir l'inquiétude due à cette colonie de prédateurs minuscules. Tout cela est porté par très peu de personnages, interprétés par une distribution convaincante comportant Nigel Davenport, Michael Murphy et Lynne Frederick. D'autres rôles secondaires apparaissent également à l'écran mais leur présence et leur importance sont assez anecdotiques. Ces trois individus principaux entretiennent des relations peu approfondis, soutenus par des dialogues assez neutres. Sur la forme, la réalisation de Saul Bass s'avère de bonne facture et nous gratifie même de quelques plans mémorables. Sa caméra s'infiltre dans les moindres galeries afin d'être au plus près des insectes scrutés sous tous les angles. De plus, sa mise en scène évolue dans un cadre désertique isolé du reste du monde, renforçant le côté pesant. Ce visuel de qualité est accompagné par une excellente b.o. signée Brian Gascoigne. Ses compositions électroniques, à la fois organiques, angoissantes et envoûtantes, collent à merveille aux images, renforçant ainsi fortement l'atmosphère étouffante. Elles s'avèrent être un des grands point fort du long-métrage qui s'achève sur une fin étrange au goût d'inachevée, venant mettre un terme à Phase IV, qui, en conclusion, est un film très spécial, méritant d'être découvert pour son aspect peu commun.