Quelques scènes d'action intéressantes dans ce film mais comme souvent dans les films français, c'est trop violent ou pas assez. Et pas sans incohérences. Une seule balle tirée à 30 m dans l'obscurité suffit à tuer un policier mais il en faut 4 ou 5 pour abattre Constantin à deux mètres. Des types reçoivent une pluie de coups et en ressortent avec tout juste un petit filet de sang au coin de la bouche. Curiosité : on voit Serge Nubret apparaître au début dans une scène de racket mafieux et on se dit : ça va castagner vu le gabarit de l'acteur et finalement, rien du tout, ça tombe à plat et lui tombe à terre sans avoir donné un seul coup ; d'où la question : dans quel but Boisset l'avait recruté ? A signaler, quelques sorties bien frappées comme celle de Bouquet "Tu avais dit non deux fois je crois ?" avant de tirer une seconde balle. Donc, un bon film sans plus, méritant deux étoiles et demie sur cinq.
Outre l'aspect récurrent des scénarios de Boisset revendiquant des idées "de gauche" mais souvent avec de gros sabots, ce film vaut pour l'immense acteur qu'est Bouquet, ici dans un rôle inhabituel de Dirty Harry à la francaise. Boisset se souvient du maître Melville et ménage de long silences dans certaines séquences psychologiques (la mort de Michel Constantin, toujours aussi impressionnant) ou bien fait intervenir le regard extérieur d'un enfant lors du passage à tabac de son père, le non moins grand Rufus. Au débit du film, une Françoise Fabian décorative et loin de Rohmer, et un premier rôle confié à un Italo-Croate de séries B, pas trop à la hauteur des ambitions du réalisateur. A voir quand même une fois.
Un très bon Boisset une fois de plus. Jamais manichéen, le réalisateur n'épargne aucun camp (flics ou voyous), et se plonge dans un sujet ultra sensible : la violence policière. Les scènes d'action ou de suspense s'enchaînent sur un rythme dynamique. Michel Constantin trouve là son plus beau rôle. Le film, sérieusement documenté, ne laisse jamais le réalisme ennuyeux prendre le dessus. C'est d'abord une histoire d'amitié entre hommes, de violence, de vengeance agrémentée de rebondissements palpitants. Un véritable film noir à la française qui ne ferait pas tâche à Hollywood. On en redemande.
Premier film marquant d’Yves Boisset, ce sombre et glaçant polar n’épargne ni les truands, ni les flics dont la violence et les méthodes n’ont pas été du goût de la censure de l’époque. On n’oublie pas de sitôt l’extrême froideur de Michel Bouquet dans le rôle d’un homme obsédé par la mort de son partenaire et prêt à tout pour assouvir sa vengeance.