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inspecteur morvandieu
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3,5
Publiée le 3 septembre 2026
Il n'y a pas à dire : un polar en noir et blanc restauré, ça a de la gueule. Surtout quand il est bon. Jacques Deray tourne en 1963 son meilleur film, à mon avis, un film policier "melvillien", possiblement inspiré par "Le Doulos", tourné l'année précédente (les autres grands classiques de Jean-Pierre Melville, comme "Le deuxième souffle", étant postérieurs à "Symphonie pour un massacre"). Les quatre associés d'un cercle de jeu investissent dans le trafic de drogue. L'un d'eux, Jabeke (Jean Rochefort, personnage central du polar), tente d'escroquer ses complices. Dans une première partie un peu trop longue, on suit pas à pas Jakebe dans la réalisation de son stratagème, décrit sèchement et avec minutie par le metteur en scène. Adaptation d'un roman semble-t-il futé, le film de Deray est habile, ensuite, à enchainer les incidents et impondérables qui menacent la duplicité de Jakebe d'être découverte, sans que ni les uns ni les autres ne semblent improbables. Dans un style épuré, qui implique une direction d'acteurs précise et des dialogues économes, le réalisateur réduit à rien les caractères et la psychologie des personnages. Ces derniers n'existent que par la défiance entre eux. Deray a réuni un casting de choix, assez inattendu dans sa composition. Outre le quatuor vedette, tout en sobriété et au diapason de la réalisation, on verra José Giovanni, parfaitement à sa place en homme de main, et on apercevra Michèle Mercier, dont on se demande longtemps quel est l'utilité du rôle...
Une pépite redécouverte sur Arte, dans la lignée des grands polars noirs français des 50/60 , style Melville. Pour le 2eme film seulement de Jacques Deray, prouvant beaucoup de maturité et de savoir faire Une embrouille entre 4 truands, des amis qui sont sur un gros coup, tellement gros que chacun va vouloir doubler ses copains. La mise en scène est très sobre, avec une image très contrastée, très noire, tout se passe presque de nuit . Paris by night , Champs Elysées, cabarets, salles de jeux, night-clubs, souteneurs, monde interlope, très belle description d’un passé révolu. Les acteurs sont tous excellents et en premier lieu Jean Rochefort, bien loin de ses rôles de comique habituel, truand machiavélique, froid et sans pitié , formidable. Charles Vanel , Michel Auclair , Claude Dauphin, et José Giovani tous excellents, Et même le plaisir de retrouver la très belle Michèle Mercier dans un petit rôle lumineux. A noter un magnifique double twist final, inattendu, merveille de scénario.
Il y a des films qui ont passé la soixantaine et que, du fait de leur qualité, on revoit avec plaisir et pour moi c'est le cas de "Symphonie pour un massacre". Rochefort assume avec grand talent un rôle d'un genre que, personnellement, je ne lui ai jamais connu. L'ensemble du casting n'est pas en reste avec leurs allures de bourgeois bien fringués et auxquels on donnerait le bon Dieu sans confession. L'histoire est excellente ,fort bien ficelée et la fin est particulièrement inattendue. Il faut voir ou revoir si l'occasion se présente .
Cinq hommes sont associés dans un trafic de drogue. spoiler: Alors qu'une grosse cargaison en une seule livraison arrive à Marseille, 50 briques à investir pour en gagner facilement le double. L'un d'entre eux, le nommé Jabeke, décide de voler l'argent de ces acomptes versés par ses complices. Il met en place un plan minutieux et entend attiser le doute et la suspicion entre eux. Un Jean Rochefort « avant la moustache » : plus jeune, plus mystérieux et nettement plus inquiétant. Une apparence très particulière pour le personnage Jabeke n'a pas l'allure caricaturale du « gangster » traditionnel. Rochefort est mince, élancé, élégant, avec une silhouette plutôt sèche. Il porte les vêtements masculins très soignés de l'époque : costume sombre bien coupé, chemise claire, cravate, manteau selon les scènes. L'ensemble lui donne davantage l'apparence d'un homme d'affaires discret ou d'un élégant voyageur que celle d'un malfrat. C'est précisément ce qui rend le personnage inquiétant : rien, dans son apparence, ne signale immédiatement sa dangerosité. Il y a une petite ironie assez savoureuse : au cours du film, Rochefort se déguise justement avec une moustache pour se camoufler. Ce détail est souvent relevé par les critiques, car cette moustache préfigure presque l'apparence qui deviendra emblématique de l'acteur quelques années plus tard. Échanger les valises, faire disparaître les corps, mentir à bord de sa belle Jaguar décapotable, et surtout en toutes occasions, garder son sang froid. Impassible et méthodique Jakebe semble surmonter et faire face à la moindre anicroche qui pourrait contrecarrer son plan. Il n'y a qu'une inconnue à cette équation qui pourrait faire couler au fond de l'eau, tel un cadavre dont on veut se débarrasser, sa belle affaire : l'amour d'une femme. Ma note sera de 3,14 sur 5. Parce qu'on retrouve ici tout l'esprit d'une époque, juste à déplorer que la place des femmes est vraiment minimaliste … Et oui, toute une époque.
C'est réglé comme un Melville dans du papier à musique. On est bien dans les année 60 dans Paris, le train de nuit Paris/Marseille, Lyon Perrache et son parking où se trouve garée la Jaguar XK150 Drophead de l'un des gangsters joué par le jeune Jean Rochefort......
Décidément, les films d'époques, me parle souvent bien plus que les films actuels. Déjà, je pense, de par le charisme et du bon jeu, des acteurs du temps jadis. En contrario, avec les vagues actuelles des néo figurants du présent, souvent bien fades, à quelques exceptions près. Là, pour le coup, on a un scénario bien travaillé, passionnant et impeccable. Avec un suspense habillement mené. Tous les feux sont aux verts.
Réalisé en 1963 par Jacques Deray, ""Symphonie pour un massacre"" est une œuvre d'art brute qui préfigure la grandeur des futurs classiques du cinéaste comme La Piscine ou Borsalino. Souvent occulté par les grosses productions de l'époque, ce polar au noir et blanc étincelant s'impose pourtant comme un véritable joyau du cinéma de genre français, d'une perfection narrative presque clinique.
La force prodigieuse de ce chef-d'œuvre repose en premier lieu sur son scénario véritablement hors norme, d'une écriture phénoménale et chirurgicale. Coécrit par Jacques Deray, Claude Sautet et le romancier de la pègre José Giovanni, le script d'une rigueur mathématique implacable évite tout bavardage inutile pour se focaliser sur l'essentiel. Chaque engrenage, chaque fausse piste et chaque trahison entre les cinq associés s'emboîtent avec une fluidité exceptionnelle, tenant le spectateur en haleine sans jamais faiblir.
Cette tension étouffante est magnifiée par le génie de sa distribution, emportée par un Jean Rochefort magistral, incarnant Jabeke, un gangster mutique, cérébral et d'une noirceur effrayante. Son regard d'acier et son flegme roublard sont superbement sculptés par la photographie clinique en noir et blanc de Claude Renoir, qui confère au film une esthétique moderne et sophistiquée. Autour de lui gravite une distribution de premier choix, notamment un immense Charles Vanel en vieux parrain pragmatique et un excellent Michel Auclair. Enfin, l'œuvre est sublimée par la superbe et mélancolique bande-son de Michel Magne, dont la petite musique lancinante rythme à merveille cette marche funèbre vers la trahison.
""Symphonie pour un massacre"" est une leçon absolue de cinéma policier. Porté par un scénario d'une intelligence d'écriture magistrale, une distribution royale et une réalisation au rasoir, ce thriller de trahison d'une noirceur absolue mérite d'être hissé parmi les plus grands sommets du genre.
La mise en scène de Jacques Deray ainsi qu’un scénario minutieux font de ce film un excellent polar. Jean Rochefort alors en début de carrière (et sans la moustache) impose son personnage de tueur dandy.
Un bande de truands de tripot vont acheter un gros paquet de drogue, histoire de se faire une jolie plus-value. Sauf que l'un d'entre eux, particulièrement redoutable et intelligent, décide de doubler ses coéquipiers... On a pratiquement l'impression de voir du Jean-Pierre Melville, ce qui n'est pas pour me déplaire ! L'atmosphère du cercle de jeu, les gangsters avec chapeau roulant en voiture américaine, le rythme posé mais implacable... et les petites erreurs commises qui amènent à des conséquences tragiques. Toute l'ironie étant que le film est tourné du point de vue du traître, un anti-héros incarné par un surprenant Jean Rochefort. Presque sans sa moustache (juste un postiche en coup de vent pour se déguiser), entre son sourire cynique et son regard perçant froid, il incarne à merveille ce voleur talentueux, qui détrousse sans état d'âme ses fidèles associés. Evidemment, mise à part la jolie BO de Michel Magne, "Symphonie pour un massacre" n'a rien à voir avec la musique. Le titre fut opportunément choisi pour surfer sur le succès de "Mélodie en sous-sol", sorti quelques mois plus tôt. Par contre il y a du cadavre... Au-delà des règlements de compte qui s'avancent inévitablement à mesure que la machine s'enraye, l'ensemble dispose d'une très bonne ambiance de film noir à la française. Ainsi que quelques trouvailles dans le montage, notamment lorsqu'il s'agit de montrer les allées et venues entre gares lorsque Jean Rochefort commet ses méfaits. A ce niveau, il est assez sympathique de voir des lieux de l'époque qui n'ont presque pas changé. La gare du Nord à Paris, la gare de Lyon (...à Paris), la gare de Lyon Perrache (à Lyon celle-ci !), quelques rues de Lyon, ou la Grand Place de Bruxelles. Du solide polar à la française.
Une "Symphonie pour un massacre" parfaitement interprétée par une troupe de comédiens de talents avec un formidable Jean Rochefort dans le rôle principal de Jabeke. Une anecdote amusante lorsque Rochefort met une fausse moustache pour se camoufler. Il est parfaitement entouré pour ce gros coup à 500 M$ par Charles Vanel (Paoli), Michel Auclair (Clavet), Claude Dauphin (Valoti) et José Giovanni. Exceptée peut-être la BO, ce très bon polar en N&B de 1963 a très bien vieilli. La mise en scène et la direction d'acteurs de Jacques Deray sont parfaites ; le scénario signé Claude Sautet et José Giovanni tient parfaitement la route en nous réservant bien des surprises.
Oh le beau polar français que voilà. Une photographie de Renoir, un roman sordide comme fondation, il ne manquait plus à Symphonie pour un massacre qu'un Jean Rochefort fabuleux dans son premier rôle dramatique.
Laissant une grande place à une narration visuelle longtemps dépourvue de dialogues, le film construit un genre d'intrigue millimétrée, glauque sans être désagréable, qui s'était fait connaître en partie avec Gabin. C'est le genre d'histoires qu'on ne fait plus, et on aurait du mal : le noir et blanc s'impose pour apprécier ce cinéma criminel "propre", où même les pires actions, finalement, sont tous publics.
C'est avec cette beauté monochrome (à laquelle j'étais déjà sensible enfant sans trop savoir pourquoi) et ces coups de théâtre fascinants que Deray arrive à transmettre à travers les générations un suspense palpable. Une perle à se remémorer.
Une pépite de polar noir à la française, qui s’appuie sur un scénario minutieux et captivant signé Claude Sautet, la mise en scène épurée de Jacques Deray dans un noir et blanc sublime, et une interprétation excellente, avec notamment un Jean Rochefort diabolique.
Quel scénario ! Quel soin des détails de l'histoire et quelle façon de la raconter ! Tous les acteurs sont excellents, peut être à l'exception de Michèle Mercier qui ne s'est jamais vraiment distinguée à ce sujet. C'est vrai qu'on a parfois envie de dire "c'était mieux avant", mais franchement, ici, on le pense très fort. Bien sûr, l'ensemble a vieilli (N et B, scènes de violence), mais l'art de raconter comme celui-ci se rencontre trop rarement aujourd'hui. Du bel ouvrage.
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1,5
Publiée le 10 juin 2021
Symphonie pour un massacre comme le veut la terminologie française ne s'élève jamais particulièrement au-dessus du contrat de son titre. Il ne livre pas non plus par le biais du polar un commentaire poignant sur la vie comme on pourrait l'obtenir de Melville dans Le deuxième souffle ou par le biais d'un film de potes ou un commentaire poignant sur la solidarité masculine comme on pourrait l'obtenir de Duvivier dans La Belle Equipe. C'est un film où les gens sont simplement tués de manière séquentielle mais sans le panache sur lequel le grand guignol compterait pour faire flotter la même propriété. Il souffre peut-être du fait d'avoir été réalisé assez tard en 1963 pour créer une telle œuvre de noir il est trop loin des pensées pessimistes et des difficultés découlant de la Seconde Guerre mondiale. Il y a parfois des fioritures dans les dialogues le Paoli de Charles Vanel offrant sombrement du pâté de merles à son conspirateur mais on a l'impression qu'un Michel Audiard aurait pu être engagé pour resserrer les choses. Il tente d'avoir un impact en utilisant de la musique symphonique dans des scènes assez banales et cet élément n'a pas fonctionné pour moi. Le minimalisme du Samouraï de Melville est bien meilleur...
Le cinéma français avait de la classe comparer au production d'aujourd'hui. Oui, elegance des acteur surtout monsieur Jean Rochefort (il avait un air d'alain Chabat étant jeune, marrant !) , sobre, organisé et froid à la fois comme de la glace, qui joue bien le malfrat de service qui veut récolter les parts d'un gros butin de ses confrères mafieux en les éliminants. Des seconds rôle de haut vol dont la belle Michelle Mercier. Le cadrage et la réalisation de Deray est indéniable, avec de bon dialogues. Un voyage dans le temps de la France des années 60. Intéressant. Des décors magnifiques et une fin efficace.