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Yasujirô Rilke
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2,5
Publiée le 10 mars 2010
En plein dans la veine des films paranoïaques (type «Serpico» ou «All the President’s Man»), au cours des années 70, en amorce à la «guerre fraiche», Sydney Pollack réalise «The Three Days of the Condor» (USA, 1975). Joseph Turner, un homme de caractère amusant, se trouve contraint, après le massacre de tous ses collègues de travail, de fuir la menace d’un système qui souhaite l’éliminer, avant de mener à son tour l’enquête pour supprimer ceux qui l’inquiètent. Sans savoir, d’emblée qui le poursuit et pourquoi, Turner, surnommé le Condor, est sommé pour sa survie d’interpréter correctement les différents signes qui l’entourent, sous peine d’être tué. S’il ne devinait pas en Joubert un tueur en prenant l’ascenseur avec lui, s’il ne percevait pas derrière le postier un assassin, s’il ne reconnaissait pas derrière une voiture l’escorte d’un ponte de l’investigation américaine, le Condor échouerait à dévoiler la vérité. Cette vérité que le personnage découvre seul, puis assisté de Kathy Hale, lui permet de déjouer toute l’organisation de la C.I.A. et au final d’en accuser la politique immorale auprès du New York Times. Dans ce canevas narratif, qui a bien des égards côtoie les procédés hitchcockien –avec ce même quidam soumis à la juste lecture des évènements s’il veut jouir encore de la vie-, Pollack construit un rythme mesuré, avec une forte quantité de plans, afin d’embrasser au mieux la multitude des symboles que le Condor, et le spectateur à travers lui, doit réorganiser pour en déceler le sens. Sans grande inspiration formelle, Pollack réussit à saisir le phénomène de paranoïa en disséminant une multitude de signes, tous aussi menaçants, grâce au découpage morcelé. Reposant sur un scénario de remarquable facture (bien que les esprits inattentifs se trouveront, comme souvent dans le genre, ensevelis sous la circulation des informations), la réalisation de Pollack ne vient ni contrarier l’histoire ni la sublimer, elle la sert avec dextérité.
C’est probablement un des meilleurs films d’espionnage des années 1970, précurseur d’un nouveau genre. Réalisé par Sydney Pollack, ce classique est intéressant de part le suspense qu’il entretient et de part sa réalisation de qualité, nous entrainant dans une course haletante où la confiance n’existe plus ! On y retrouve notamment l’excellent Robert Redford et la ravissante Faye Dunaway. Quelques petites longueurs par-ci par-là trahissent cette œuvre et le scénario est par moments ambigu, surtout lors des dernières séquences. Sans être un chef d’œuvre, ce film n’en reste pas moins une référence du genre qui vous plongera dans un climat de paranoïa caractéristique de cette décennie.
Thriller d'espionnage culte des années 70, Les 3 jours du Condor marque la quatrième collaboration entre Sydney Pollack et Robert Redford, Adaptant les récits quasi-autobiographique d'un ancien agent de la CIA, le long-métrage suit un héros malgré lui, employé quelconque au sein de la Central Intelligence Agency qui va devoir fuir un ennemi aussi invisible qu'imprévisible : ses propres employeurs. Dans un New-York bohème, Redford devient la proie puis le traqueur face à ses détracteurs, impitoyables et nombreux. Face à lui, les excellents Cliff Robertson et Max von Sydow, qui interprète ici un tueur à gages méthodique inquiétant, véritable clou du spectacle. Chacune de ses apparitions font froid dans le dos, que ce soit dans cette fameuse scène de l'ascenseur ou dans ce face-à-face final. Aux côtés du beau Robert, la magnifique Faye Dunaway, dont le rôle n'est hélas présent que pour proposer une petite love story peu intéressante et qui, au contraire, entrave le scénario d'une romance malvenue. C'est principalement ici que le bât blesse : le rythme du film, alors haletant, souffrant de longueurs inutiles. Heureusement, la réalisation exemplaire de Sydney Pollack, agrémentée de rebondissements et de quelques scènes d'action bien menées, nous fait oublier certaines faiblesses du scénario, notamment dans son dénouement un brin expéditif. Si le suspense n'est pas aussi bien géré que l'on espérait, Les 3 jours du Condor reste tout de même un des meilleurs thrillers dits 'paranoïaques', amorçant avec brio la future mode qui suivra avec les mythiques Marathon Man et Les hommes du président.
Les 3 jours du Condor m'avaient paru fade, brouillon et scenaristiquement douteux il y a 20 ans. Mon avis n'a pas changé. R. REDFORD est beau c'est vrai mais ça ne suffit pas à faire un film. Les plans sont d'une longueur interminable et il ne se passe rien de crédible ou presque durant deux heures. A éviter, vraiment pas terrible sauf pour les fans de RR.
Pas le meilleur film de Sydney Lumet, ces Trois Jours Du Condor n'en reste pas moins un bel exercice de style dans lequel ce maestro du thriller excelle.
Un film très en avance pour son époque et qui en a inspiré bien d'autres par la suite. Il est d'autant plus réussi que le livre dont il est tiré se révèle fort moyen, alors que cela est plus souvent le contraire. Soyez indulgent et imaginez vous à la place du héros. A qui devez-vous faire confiance pour vous en sortir?
Ce film a mal vieilli, il repose sur un certain nombres de croyances de l'époque qui n'ayant plus cours actuellement dévoile le coté un peu creux et ridicule du scénario ou de certaines scènes.
C’est un très bon film d’espionnage sur fond de politique où Robert Redford est poursuivi et plongé dans un complot qui semble le dépasser. La paranoïa et la manipulation sont au rendez-vous et la mise en scène sous tension sait rendre l’intrigue crédible même si on sourit devant la technologie de l’époque et si on reste sceptique devant l’évolution de sa relation avec son otage. L’histoire reste captivante en distillant suspense et intrigue.
Complot, assassinat et trahison sont au menu de ce thriller d’espionnage à la mécanique particulièrement bien rodé et mis en scène avec une remarquable précision par Sydney Pollack avec un suspens savamment dosé et une intrigue bien ficelée. Un film excellent qui peut compter sur la présence au casting de Robert Redford, parfait dans son rôle de documentaliste de la CIA pris dans un engrenage infernal.
Avec l'assassinat de John Kennedy le 22 novembre 1963 suivi de celui de son frère Robert cinq ans plus tard, l'Amérique a vu son éternelle confiance en soi fortement ébranlée et par ricochet naître l'étiolement d'un optimisme confinant parfois à la naïveté. L'enlisement du conflit vietnamien que le Président Nixon est incapable de solder, augmente encore la défiance des citoyens envers leurs institutions. Le scandale du Watergate n'arrangera rien à l'affaire. Les réalisateurs du nouvel Hollywood trouveront dans ces tourments qui minent tous les pans de la société américaine, l'écrin idéal pour leur vision nouvelle du récit cinématographique caractérisée par l'émergence de l'antihéros. Trois thrillers d'espionnage rebaptisés "paranoïaques" restent aujourd'hui emblématiques de cette période. "Les trois jours du condor" est l'un des membres de ce trio aux côtés de "Conversation secrète" de Francis Ford Coppola (1974) et d'"A cause d'un assassinat" d'Alan J Pakula (1974). S'il ne fait pas partie explicitement du Nouvel Hollywood, ayant commencé sa carrière au tout début des années 1960, Sydney Pollack a montré très rapidement des aspirations humanistes et sociales qu'il parvient à développer dans tous les genres qu'il aborde. Il a déjà travaillé trois fois avec Robert Redford quand celui-ci lui soumet un scénario de Lorenzo Semple Jr. (déjà auteur du scénario d' "A cause d'un assassinat") tiré du roman à succès de James Grady ("Les six jours du condor") sorti un an plus tôt. Les deux hommes demandent des modifications narratives pour développer l'aspect politique de l'intrigue, Robert Redford étant alors très impliqué dans le domaine. Le résultat est bluffant et surtout très innovant par rapport aux canons traditionnels du genre que la saga James Bond a poussés jusqu'à la limite de la caricature. Joseph Turner dit "Le Condor" (Robert Redford) est une sorte de dilettante vivant de petits boulots qui travaille depuis peu dans une agence de la CIA dont les employés sont en charge de disséquer toutes sortes d'ouvrages pour en extraire les éventuels éléments subversifs. Dans une maison de ville bourgeoise où sévissent des intellectuels fonctionnarisés, l'ambiance semble tout à fait cordiale et bon enfant, rythmée par les blagues potaches de Joseph Turner. Quand après avoir été chercher au snack du coin les sandwiches pour le déjeuner, Turner découvre les corps ensanglantés de tous ses collègues, c'est un homme normal qui bascule violemment dans un univers effrayant où tous ses repères s'effondrent. Par cet incipit efficace au possible, Pollack a déjà réussi l'essentiel. Permettre au spectateur une parfaite identification avec le héros du film. Les personnages secondaires interprétés par Cliff Robertson, Max Von Sidow et John Houseman pour le coup très fidèles au genre avec leur ambiguïté permanente et leur froide détermination, participent avec talent à développer la paranoïa qui s'empare de Turner et à entretenir le suspense que l'on est en droit d'attendre d'un tel film. L'arrivée du personnage féminin (Faye Dunaway), habituellement destiné à divertir tout en renforçant le charisme du héros, est parfaitement dosée par Pollack qui en fait l'alter ego de Turner le temps d'une rencontre fortuite mais essentielle. Sans incohérence majeure et porté par un Robert Redford parfait, le film suit son cours avec une remarquable fluidité jusqu'à un dénouement ouvert qui ne fait pas retomber la tension. Preuve de son intemporalité et de son écho dans notre inconscient de citoyen ordinaire, "Les trois jours du condor" se révèle après chaque vision toujours aussi efficace.
Un film d'espionnage captivant et interessant signé par le cinéaste Sydney Pollack !! Un jours ordinaire dans un local de la CIA ou la bonne ambiance règne et ou un romancier doit écrire un livre, une attaque brutale d'un tueur assassinant presque tout le monde puisque le littéraire s'est faufilé à l'arrière de l'immeuble pour aller chercher le déjeuner, revient en voyant le carnage, s'échappe un revolver et fuit les tueurs. il veut connaitre la vérité mais il s'aperçoit qu'il est victime d'un piège, il prend une femme en otage pour se cacher chez elle loin d'un contexte qu'il le dépasse et le gars est très futé dans son enquète. Un film qui contient un remarquable scénario bien détaillé, une mise en scène reflétant la paranoia et le questionnement à tout ça, une musquetrès années 70. D'après la légende, "Les trois jours du Condor" était une œuvre risqué sur des événements actuels sur le moment, ils l'ont fait et bien. Robert Redford est excellent dans la peau du personnage principal, Max Von Sidow exceptionnel en tueur par contre, Faye Dunaway a un role un peu accessoire à mon gout. A visionner bien entendu.