Sorti en 2001, "L'échine du diable" est le film qui ouvrit les portes de l'international à Guillermo del Toro. Dans ce film se pique d'enfance, de guerre civile espagnole mais aussi bien évidemment de fantastique et de fantômes. Tous ces éléments se mêlent dans un mélange des genres très réussi. Certes il peut y avoir des méchants plus caricaturaux mais le cinéaste tient son son récit et son suspense jusqu'au bout. Avec "Le labyrinthe de Pan", probablement le meilleur film de son auteur.
Dans le genre film fantastique sanguinolant, pas mal, sans plus, surtout la première moitié. Les bains de sang de la seconde moitié ternissent un peu le propos par leur gratuité, mais on doit reconnaitre une narration de qualité, ainsi qu'une photo avec des cadrages et des couleurs au top. Les allusions à la guerre civile espagnole ont paru ici très secondaires.
J'aime bien le réalisateur Del Toro mais le film est plutôt moyen car classique dans la forme. Un simple film d'horreur bien réalisé mais n'ajoutant pas de pierre à l'édifice. 3/5
Après une première expérience hollywoodienne plus que mitigée, le réalisateur Guillermo Del Toro pose sa caméra en Espagne et signe avec cette production indépendante un troisième long-métrage abouti au sein duquel son talent s’exprime librement. Le cinéaste offre un film teinté de fantastique aux nombreuses inspirations gothiques dans une mise en scène soignée. Le long-métrage avec en toile de fond la guerre civile espagnole propose un récit à la fois angoissant et tendre autour d’un groupe d’enfants vivant dans un orphelinat catholique confronté à des évènements surnaturels.
En pleine guerre d'Espagne, un jeune garçon débarque dans un orphelinat, où se croisent des fantômes et des hommes obsédés par une cache d'or. Ne vous attendez pas à un film d'horreur, "El espinazo del diablo" est davantage un conte avec quelques brefs éléments de fantastique. On y remarque la bonne reconstitution de l'ambiance de la guerre civile, les jolies images, et de très bons acteurs qui confèrent une touche poétique à l'ensemble. Par ailleurs, tout comme dans "El Laberinto del Fauno", qui reprendra plusieurs thèmes exploités ici, les personnes à craindre ne sont pas celles que l'on croit. Cependant, le film souffre d'un manque de suspense par moment, ce qui engendre quelques longueurs. Dommage, car il aurait pu être davantage qu'un bon film fantastique.
Voilà sans doute le film qui a relancé le genre du cinéma fantastique à l'espagnole, avec moins de gore et plus d'humain, moins de rires mais plus d'émotions, avec un contexte historique douloureux, qui ne sert içi que de toile de fond sans être trop envahissant mais qui propose un contexte fort. La mise en scène de G. Del Toro (qui revenait tout juste de son expérience plus que mitigée aux USA avec "Mimic") est absolument géniale et son sens du cadre fait merveille. Il a devant sa caméra quelques interprètes magistraux qui nous proposent de grandes prestations tandis qu'il tisse la toile de son intrigue, ni très novatrice (on est devant la classique histoire de fantôme) ni trop rempli de twists mais ses personnages sont bien dessinés et les enjeux suffisamment bien exploités pour qu'on se prenne au jeu. Ce n'est pas très effrayant mais le soin apporté aux effets spéciaux est assez remarquable et l'atmosphère est suffisamment prenante pour nous arracher quelques petits frissons. C'est beau, tragique, violent, émouvant et assez profond, c'est un excellent film du genre qui m'a bien pris et les gamins jouent très bien. Pour les amateurs, c'est incontournable. D'autres critiques sur
Mis à part pour "Blade 2", j'ai toujours eu du mal avec les films de Guillermo del Toro, c'est même un réalisateur que j'ai détesté à un moment donné, ce pourquoi je tente des redécouvertes (qui valent parfois le coup comme "Mimic" par exemple) ou même parfois des découvertes, comme celui-ci, sorti en 2001. Et je dois dire qu'il fait partie des déceptions. Sans avoir détesté pour autant, car j'ai un avis moins tranché qu'au début de mes explorations cinématographiques, j'avoue ne jamais vraiment être rentré dedans. Alors c'est de ma faute, enfin plutôt celle de mes goûts, mais également quand même celle du film et particulièrement à cause de son rythme qui n'est jamais soutenu mais surtout de son intrigue décousue. Alors nous ne sommes pas dans le film d'horreur bête et méchant, on n'est même jamais vraiment dans un film d'horreur, les fantômes et autres phénomènes surnaturels n'étant pas là pour effrayer le spectateur mais pour servir de parabole à divers éléments de l'intrigue. Et ici, c'est sur fond de guerre d'Espagne que se déroule le film, je vous laisse donc imaginer à quelle genre de violence les fantômes peuvent renvoyer. Mais bref, on découvre avant ce contexte à travers les yeux d'un enfant, tout d'abord meurtri d'avoir été abandonné dans cet orphelinat et ensuite maltraité par ses camarades mais gagnant énormément en maturité en évoluant dans ce contexte. C'est également ainsi que l'on apprend à connaitre les autres personnages et notamment un "gardien" pas commode au passé trouble qui cherche de plus quelque-chose dans les murs de l'orphelinat. Seulement, encore une fois, l'histoire traine en longueur lorsqu'elle ne stagne pas. En revanche, la mise en scène est superbe, de même que l'éclairage et la photographie d'ailleurs, on reconnait bien là le style du réalisateur qui parvient par le simple prisme de la caméra à faire se rencontrer réalité et imagination, l'ordinaire et le fantastique dans une parfaite harmonie. "L'Échine du Diable" n'est donc pas un mauvais film mais ne m'aura en tout cas certainement pas marqué !
Je n'imaginais pas que ma découverte de Pacific Rim allait à ce point me pousser vers le cinéma de Guillermo Del Toro. Après avoir donné une nouvelle chance à Hellboy, pour le meilleur, voilà que l'opportunité de voire L’Échine du Diable s'offre à moi aujourd’hui, un peu par hasard ... Curieux non ?
Enfin bref, pour en revenir à ce dernier, pour une première ce fut quelque chose ! Déjà, je n'ai fais que me remémorer le fantastique Labyrinthe de Pan, le Chef d'Oeuvre de ce même réalisateur. L’Échine du Diable possède quelques points communs avec celui-ci. Comme-ci ce dernier était une esquisse du second. Toutefois, je me dois de nuancé cette dernière phrase, il est certain que les points de comparaison sont nombreux, les deux films possèdent une atmosphère similaire mais ils sont néanmoins dissociables sur leur rendus. D'ailleurs peu importe ...
Pour me recentré sur ce film et cesser le jeu ridicule des oppositions il serait primordial de débuter par son écriture somme toute des plus somptueuse. L'histoire qui est raconté puise dans les références nombreuses de Del Toro, j'y ai pour ma pars beaucoup aimé celle faite à Louis Malle dont on sent les effets même sans trop connaitre l'historique des citations. Il n'y a pas de manichéisme dans L’Échine du Diable. Le Mal est pourtant bien identifié et caractérisé ( comme pour Vidal ... ).spoiler: Jacinto en est une incarnation très perturbante. Son sadisme triste reflète ses troubles, son tourment, Del Toro ne le juge pas mais n'en fait pas une victime par défaut. Il est un Bourreau, il reste un Bourreau. Aucune pitié pour celui qui en est dénué. Cette histoire retourne le ventre, la tragédie frappe violemment et n'épargne personne. Son final accentue la détresse et ne calme aucune fureur ... Visuellement c'est un tour de force qui ne fait qu'entrée en connexion avec sa composante. La caméra est proche de ses personnages. Cela reflète très bien son procédé, la proximité dans cette errance, les affres de la Guerre résonne d’autant plus. Ce cadre est important, primordial, on ne fait que l'entrevoir mais il s'agit bien là du spectre qui rode et qui scelle le sort de ces habitants.
J'ai mentionné l'antagoniste plus haut dans cette critique, les héros de ce conte macabre sont eux aussi à mentionnés. On s'attache immédiatement à ces gosses mais aussi à l'entourage de ces derniers. Les disputes et jeux d'enfants pas forcement bien intentionnés sont de suite vu avec le regard de la tendresse et de la rudesse dans laquelle ces jeunes gens sont plongés. La scène du repas et de la punition parle en ce sens.
Les acteurs sont formidables je dois dire. Des plus expérimentés au novices, la prestation collective est à soulignés et donne tout ce charme à un film pourtant très âpre. Je me réfère une nouvelle fois à ce final, juste et éreintant, magnifié par ce casting, pour le coup les plus petits surtout !
L’Échine du Diable à donc été une découverte. Le Labyrinthe de Pan vu dans mon adolescence ayant été un long-métrage qui a tant compté pour moi, il y'a dans cette première visite paradoxalement déjà un peu de nostalgie comme ci je le connaissais depuis X temps. Un film qui m'a fait forte impression, qui m'a bouleversé et qui me donne l'envie de voir les autres films du Mexicain. Ou de les revoir ...
Joli film qui surfe sur l'épouvante le drame, le film de guerre, le thriller. Il y a un beau travail sur l'esthétisme, notamment grâce à une magnifique photo et de beaux cadres de caméra. J'aurai aimé un scénario plus profond mais l'ensemble reste tout de même de grande qualité.
En Espagne, durant la guerre civile, Carlos, un garçon de douze ans dont le père est décédé, débarque à Santa Lucia, un établissement catholique pour orphelins. Il est remis au bons soins de Carmen, la directrice, et du professeur Casares. Mais il doit faire face à l'hostilité de ses camarades et de Jacinto, l'homme à tout faire. Par ailleurs, ce lieu hostile dissimule derrière ses murs deux secrets : l'or de la cause républicaine, et le fantôme d'un enfant qui hante le sous-sol. Carlos aperçoit dès la première nuit cet esprit errant et s'efforce de communiquer avec lui par tous les moyens. Le petit orphelin découvre très vite que ce spectre n'est autre que celui de Santi, un ancien pensionnaire de Santa Lucia disparu dans de mystérieuses circonstances. N'en déplaise aux fans de Hellboy, Guillermo del Toro n'a jamais été aussi bon que dans ses contes fantastiques que sont cet Echine du Diable et, plus tard, Le labyrinthe de Pan. Car en apparence, L'Echine du Diable est un film d'épouvante fantastique, il en est loin, préférant être une jolie réflexion sur la violence inhérente à l'Homme et ses contradictions entre l'être raisonnable et l'animal prêt à tout pour arriver à ses fins. De fait, L'Echine du Diable est plus une énième réflexion sur la face sombre de l'être humain qu'un film de fantômes. Visuellement, c'est très beau, del Toro a un réel sens de la mise en scène, il sait créer un univers avec des personnages forts bien écrits et capturer des sentiments complexes. Fascinant et très intelligent, L'Echine du Diable est un excellent film qui vous laisse un souvenir marquant.
Qui est le film ? Sorti en 2001, L’échine du diable s’inscrit dans la première grande période espagnole de Guillermo del Toro, avant Le Labyrinthe de Pan. Le film se déroule en 1939, à la fin de la guerre civile, dans un orphelinat isolé où arrive Carlos, un jeune garçon qui découvre peu à peu la présence d’un fantôme, celui d’un autre enfant, Santi. En surface, le récit promet un film de maison hantée classique : couloirs sombres, silhouettes spectrales, secrets enfouis. Mais dès ses premières images, un plan fixe sur une bombe désamorcée plantée dans la cour, Del Toro annonce autre chose : le surnaturel ne sera pas échappatoire, mais viendra rappeller quelque chose aux vivants.
Que cherche-t-il à dire ? Sous le masque du gothique, le film travaille une question politique : que devient une société lorsqu’elle refuse de faire face à ses blessures ? L’orphelinat est moins un décor qu’un huis clos où l’absence de l’État oblige chacun à réinventer règles et à trouver sa place. Le fantôme, loin d’être simple figure d’épouvante, incarne la part étouffée de l’histoire : il revient parce qu’on a préféré le silence à la justice. La tension centrale naît là : entre désir d’oubli et nécessité de mémoire, entre prédation et soin, entre or volé et dette morale.
Par quels moyens ? Del Toro filme l’orphelinat comme un monde clos où chaque espace a une fonction morale. Le dortoir rassemble, la citerne enfouit, le coffre verrouille. Les murs portent des traces, fissures et coulures, comme si l’architecture refusait de cacher ce qu’on voudrait dissimuler. Alors, le spectateur apprend à lire les lieux.
Santi, l’enfant fantôme, n’effraie pas pour effrayer. Son corps fissuré par l’eau rappelle sa mort violente et signale que l’histoire étouffée cherche à se dire autrement. Ses apparitions interrompent la routine du récit : on ne peut pas continuer sans affronter ce qui s’est passé.
Jacinto, ancien orphelin devenu gardien, incarne la logique prédatrice née du conflit : sa brutalité et sa convoitise traduisent la corruption d’un monde qui a normalisé la violence. En miroir, Carlos et Jaime découvrent dans la solidarité enfantine une autre économie, faite de courage et de loyauté.
Del Toro insiste sur la banalité des violences masculines : coups, humiliations, domination sur les plus fragiles. Cette brutalité, inscrite dans le quotidien, prolonge les blessures collectives de la guerre. Le film suggère que la paix civile ne suffit pas : il faut aussi désapprendre ces réflexes.
L’or caché dans l’orphelinat symbolise une dette économique, mais le film montre qu’une autre dette, plus lourde, circule : celle du silence et du non-dit. L’argent peut brûler ou disparaître, mais la mémoire exige réparation. Le fantôme matérialise cette exigence.
Où me situer ? Malgré la beauté plastique de certaines images et une atmosphère poussiéreuse qui cherche à installer l’inquiétude, L’échine du diable m’a laissé étrangement indifférent. Le mélange entre chronique historique et conte fantastique ne parvient jamais à prendre corps, comme si le film restait coincé entre deux registres sans les faire dialoguer. Le surnaturel manque de véritable tension, les personnages peinent à susciter l’attachement, et l’ensemble finit par ressembler davantage à une esquisse qu’à une œuvre pleinement habitée.
Quelle lecture en tirer ? Dans un pays où la guerre civile a longtemps été suivie d’un silence imposé, le film imagine que les morts reviennent tant qu’on ne les écoute pas.
C'est un bon film de G. Del Toro, un spécialiste des films fantastiques et d'horreur. Ici on plonge plutôt dans un huis clos, un orphelinat où un fantôme tout jeune vient de faire son apparition. C'est donc un film à suspense teinté d'une petite touche de fantastique. Les lumières sont belles, avec de beaux paysages de pampa. Et les acteurs sont bons, à noter le rôle de Marisa Paredes, une des actrices de Almodovar.
¡No pasarán! L’Echine du Diable est le troisième film de del Toro. Il vient après le très moyen Mimic (souvenir d’époque à confirmer) et se montre plus ambitieux tant dans la mise en scène que dans le fond. Nous sommes quelque part en Espagne, en Castille probablement, pendant la guerre civile. Le jeune Carlos a perdu ses parents et il est placé dans un orphelinat géré par des opposants au franquisme. Dans les sous-sols, un trésor et un fantôme vont entraîner vengeance et convoitise. Le sous-sol, c’est le non-dit, ce qu’on cache, le passé qui ne passe pas vraiment, l’obscurité inquiétante, la boite sombre dans laquelle il vaut mieux ne pas mettre la main. En somme, le sous-sol, c’est la conscience. Et cette conscience espagnole, si tant est qu’elle existe à cet échelon, cette conscience donc est partagée, tiraillée, remise en question. Elle connaît l’ennemi commun à tous mais peine à le définir comme tel. Au casting de ce drame fantastique, il y a donc des résistants catholiques, des communistes d’ici, des communistes d’ailleurs issus des brigades internationales, du petit fasciste, des opportunistes, des gens de foi et des athées, de l’uniforme et des guenilles. Et au milieu de tout ça, des gosses hantés par la mort de l’un d’entre eux. A la mise en scène, tout est subtilité et on alterne constamment entre la dimension tragique des évènements à l’image réaliste et leur caractère fantastique au ton plus évanescent. La menace sourde de la guerre pèse sur l’institution jusqu’à la déflagration finale, magnifique séquence de western. A l’interprétation, c’est un sans faute et on remarquera en particulier la prestation parfaite de Federico Luppi. La seule pointe de regret concernera peut-être les rendus des CGI, pas toujours convaincants et finalement assez datés. Pour le reste, c’est un grand drame historique que l’on tient là, témoin d’une histoire personnelle et collective toujours problématique en Espagne et reflet d’une mémoire complexe à définir.
j'ai trouvé ça très sympa, vraiment prenant avec une atmosphère glauque à souhait… Del Toro est un réal que j'apprécie beaucoup, il sait y faire pour transporter son spectateur dans son univers où le réel et l'imaginaire se mélange à la perfection. On se laisse porter dans ce monde violent où ses protagonistes on tous un quelque chose qui les rend unique.
Avant de réaliser des films holywoodien à gros budget, Guillermo del Toro évoluait dans le cinéma de genre avec des films comme "Cronos", "Mimic" et "L'échine du diable". Et si ce dernier ne bouleverse pas le petit monde du cinéma d'épouvante (trop de clichés et pas assez de frissons), on se prend au jeu.