Certes cette réflexion sur la création artistique est parfois alambiquée et peu accessible mais elle est tellement remplie de trouvailles visuelles qu'elle enchante et que l'ennui ne vient jamais poindre. Sans oublier le charme d'un casting féminin splendide.
J'ai été un peu déçu. Disons que au cinéma filmer l'ennui, filmer le vide, filmer les hésitations, l'errance d'un réalisateur c'est pas facile, il faut le reconnaitre. C'est le risque de transmettre ça au spectateur. Le problème c'est que c'est parfois un peu ça qui s'est passé pour ma part dans Huit et demi, j'ai eu du mal à m'y intéresser tout du long. Heureusement c'est bien filmé et bien interprété. Heureusement il y a des idées de mise en scène. Après c'est dommage car le scénario était pourtant intéressant sur le papier, mais je n'ai pas accroché tout du long pour autant.
Un chef d'oeuvre, et l'un des films les plus envoutants de l'œuvre de Federico Fellini... un film quasi-autobiographique, et donc intensément personnel du réalisateur, racontant le quotidien d'un réalisateur tourmenté, ne sachant pas qui il est, pourquoi il est la... Perdu entre sa vie et son œuvre. Un film a l'atmosphère incroyablement saisissante, tres calme, magistralement mis en musique, une photographie en noir et blanc des plus sublimes. "Huit Et Demi" est un film d'une profondeur inouïe, tellement poétique, tellement perdu, tellement beau, on n'en ressort pas indemne.
Un film assez plat et creux en réalité, malgré quelques réflexions intéressantes de-ci-de-là, notamment vers la fin. Ce film parle de la confusion de l'être, de son errance, de ses imperfections et sa conscience trop grande de ses manquements, mais peine de trop à mon avis à l'incarner et l'illustrer parfaitement. Beaucoup de longueurs et de scènes inutiles par ailleurs.
8 1/2 fait partie de ces films dont tout le monde a entendu parler, mais qui reste assez peu vu par le grand public. Il faut dire que le film est complexe, et que l'on ne sait plus trop si on a affaire au réel, à un songe, à un souvenir, à un fantasme, ce qui est assez déroutant à la première vision. Mais c'est globalement ce qu'on peut appeler un beau film. L'histoire est particulièrement intéressante, et fait de 8 1/2 un des meilleurs films de fiction à propos du cinéma (même s'il ne se réduit pas qu'à ça). Au niveau de la mise en scène et des mouvements de caméra, c'est là qu'on voit que Fellini est un grand réalisateur. Il va sans dire que Marcello Mastroiani est irréprochable. Un film certes difficile d'accès mais qui porte la marque de ce qui fait un vrai chef d'oeuvre : on ne l'oublie pas après l'avoir vu...
8 1/2 est un film qui, dès les premières minutes, nous montre que nous aurons droit à une grande oeuvre tout au long des presque 2h30 qui la compose. A commencer par une mise en scène des plus soignées et une photographie à tomber. Fellini a pris le parti de soigner son esthéthique, d'offrir quelque chose d'agréable pour la rétine, ce film est juste beau. Le rythme ne tombe jamais, le cineaste n'offre aucun répit à son spectateur, la camera est presque sans cesse en mouvement pour souligner le désespoir et le caractère dépressif de Guido, un réalisateur entre deux âges qui semble prisonnier de ce monde particulier qu'est le monde du cinéma. Guido interprété par un Marcello Mastroianni qui me comble vraiment. Je l'ai vu dans peu de films mais cet acteur dégage un certain magnétisme, il imprègne l'écran de sa classe, je le trouve sensationnel. Le reste du casting vaut également son pesant d'or avec une Anouk Aimée que je découvrais, qui en plus d'être belle a un talent certain et un jeu tout en retenue remarquable. A noter également la présence de la sublime Claudia Cardinale, qui apparait peu mais qui nous transporte, nous fait rêver comme elle fait rêver Guido. Un autre grand point du film c'est son scenario. L'histoire est fascinante, tout comme l'ambiance du film en général. Une histoire mêlant réalité et fantasmes, cet onirisme est savoureux. Je pense que Fellini a voulu donner un côté autobiographique à son oeuvre mais je ne connais pas assez bien ce cinéaste pour m'avancer là-dessus. Un film tout aussi inventif visuellement que fou et subtil dans son scenario, un grand film à n'en pas douter.
Téléobjectif omniprésent, travelling nombreux, la réalisation de Huit et demi nous fait vivre un sacré manège. Les acteurs sont tous plus beaux les uns que les autres. S'enchainent sans discontinuer les scènes cultes, j'entends par là ces moment de cinéma dont les extrêmes fraicheur et imprévisibilité vous font vous agiter sur votre chaise, presque coupablement. Un film en noir et blanc qui grise incroyablement.
Le film absolu, le génie de la création dans une œuvre à part, sans ligne directrice voguant selon l'humeur de Guido, personnage principal joué par le légendaire Marcello Mastroianni en quête d'inspiration. Fellini nous invite à voyager parmi les souvenirs, fantasmes et pensées de Guido, dans un délire visuel inégalé en terme de beauté plastique mais aussi de créativité! Le fantasme de Guido domptant les femmes de sa vie d'artiste en révolte, est un monument cinématographique à lui seul. Chef d'œuvre est un euphémisme face à autant de richesse jusque dans la bande son (musique sublime et entraînante). Et même s'il n'est pas facile de rester concentré tout au long du film tant les images fusent, l'expérience reste grandiose.
Après un premier essai de libéralisation de la forme dans La Dolce Vita, Fellini renonce ici totalement à la forme classique du récit pour passer à l’autobiographie, un peu à la manière, en littérature du Nouveau roman français. À l’instar de Claude Simon, Fellini se dit peut-être à ce moment de sa carrière qu’il est tout aussi intéressant de raconter sa propre histoire qu’une histoire inventée. En partant d’une trame similaire à celle de La Dolce Vita et pour bien montrer ses intentions, Fellini remplace ici le journaliste par un metteur en scène (toujours interprété par Marcello Mastroianni, plus que jamais double et complice de l’auteur) en proie au vertige de la page blanche (la référence mallarméenne est clairement indiquée en toute fin du film). Pour marquer d’ailleurs la similitude entre les deux films, le rôle du père est tenu par le même acteur, Annibale Ninchi. Comme dans La Dolce Vita également, Mastroianni est entouré par un parterre de jolies femmes, Anouk Aimée encore, mais aussi Sandra Milo, Rossella Falk et surtout Claudia Cardinale dont l’apparition dans la scène finale est radieuse. Le film alterne séquences du présent et du passé dans une construction de visionnaire et avec la part d’onirisme habituelle. Le dernier quart d’heure est un moment de cinéma inoubliable : après avoir disparu sous la table dans son face à face avec la presse et le public, le metteur en scène retrouve dignité et créativité perdues et se met à expulser de lui un credo bouleversant d’humanité : « Tout est confus, mais cette confusion, c’est moi… Je n’ai plus peur… La vie est une fête, vivons-la… Parlez-vous, parlez ensemble…Tous sur le manège… » Et comme toujours, le film s’achève par une parade de cirque, des clowns qui jouent de la musique, musique encore et toujours du grand Nino Rota, simple et profonde. Même si l’on n’est pas obligé d’être d’accord avec la démarche fellinienne de remplacer la fiction par la l’histoire personnelle, on ne peut qu’être admiratif devant ce monumental travail et cette nouvelle leçon de cinéma et de vie.
C’est à travers la fuite de ce réalisateur en manque d'inspiration vers un univers onirique où l'on reconnaît aisément l'alter égo de Fellini qui se ferme à ses soucis pour retrouver dans ses songes les femmes qui influencèrent, en bien ou en mal, sa vie jusqu'à ce point de non-retour. Bien qu’il soit difficile de rentrer dans ce délire introspectif atypique, son surréalisme plein de symboles et de poésie est rendu splendide par sa photographie, ses interprètes et sa bande originale. La grande question étant de savoir jusqu'à quel point Fellini s'est projeté, et a donc dévoilé ses perturbations, dans le personnage de Guido et la mise en abyme de son travail de réalisateur.
Ce film est l'exemple même de ce qu'est une réalisation virtuose. Cette maîtrise de la part du célèbre Federico Fellini est absolument impressionnante ! Le cinéaste parvient parfaitement à exprimer le manque d'inspiration, le blocage, l'étouffement du protagoniste, lui-même cinéaste (interessant de noter que le film est lui-même une ironie, puisque il nous raconte une telle histoire avec une mise en scène des plus inspirées). Des retours dans le passé, mélanges entre rêve et réalité, entre ce même passé et ce présent ... la narration est incroyablement construite, à la fois intelligente, originale et puissante. Les acteurs sont tous très bons, mais celui qui sort du lot est évidemment l'exceptionnel Marcello Mastroianni. Huit et demi est une oeuvre subtile, grandiose, et surtout génial.
Fellini nous parle de difficultés : celle d'aimer, celle de créer, par conséquent celle d'exister pour celui qui prétend détenir un statut d'artiste. Le parcours du film constitue la magnifique mais inexorable déroute de Guido, un metteur en scène hanté par les femmes de sa vie, par un projet qu'il ne semble plus à même de maîtriser, par une aliénation religieuse et une fatigue endémique, jusqu'au moment improbable où le puzzle, le chateau de cartes de tous ces éléments disparates se reconstitue pour aboutir à une sorte de défilé festif qu'enfin il est à même de conduire, un ultime et lumineux tour de piste d'un cirque humain, la vie elle-même, ce cirque qu'à elle seule la musique de Nino ROTA parvient à donner vie devant nos yeux d'enfant ébahi