Je crois que je vais encore m'attirer les foudres - ou du moins, les pouces négatifs - des gens qui n'acceptent pas qu'on ne pense pas comme eux mais, contrairement à la majorité des spectateurs (moyenne de 4/5 quand j'écris ça), je ne trouve pas que cela soit un "très" bon film.
D'accord, il y a Gary Cooper, Grace Kelly, et sans doute d'autres vedettes des années 1940, 50 et 60 que je ne connais pas, mais comme depuis toujours, ce n'est pas parce qu'il y a de grands acteurs dans une production qu'ils y jouent forcément bien, ni que le film est une réussite. Pour ça, il faut un scénario, un suspens, une belle réalisation, une ambiance de qualité également. Or, ici, si je n'ai pas trouvé les acteurs mauvais, loin s'en faut, idem pour l'histoire, il s'avère que, pour quelqu'un né en 1986 comme moi et qui voit cette production pour la première fois en 2025, soit 73 après sa sortie de l'époque, il n'y a rien d'exceptionnel. Alors, oui, pour tout vous dire, je ne suis pas le plus grand amateur de western au monde, mais j'en ai quand même regardé un certain nombre, j'en ai apprécié pas mal, et ici, je n'ai vraiment rien trouvé de génial à ce film. spoiler: Qui, en plus, est relativement court puisqu'il dure 1h25, générique compris. C'est juste l'histoire d'une ville de lâches, et... c'est tout.
Accessoirement, le fait qu'il soit en noir et blanc ne m'a pas posé de problème ni n'a influé dans ma notation.
Peut-être y-a-il un contexte ou quelque chose que je ne connais pas qui explique un tel succès ? A moins que cela ne soit la nostalgie de nos aînés ? Car, avant la mienne, sur 221 critiques - et je ne parle pas des 6490 notes mais bien des gens qui, comme moi, se sont donnés la peine d'écrire -, il y a 147 critiques qui ont mis au moins 4/5, contre seulement 77 qui ont mis 3,5/5 et moins, ce qui est assez impressionnant, il faut le reconnaître.
Bref, je n'ai pas passé un mauvais moment, mais je l'oublierai malgré tout assez vite.
Un western qui explore les notions d’héroïsme et de lâcheté avec brio. Ménageant un réel suspense « Le train sifflera trois fois » en dépit d’une réalisation très classique fait figure d’excellence grâce à son propos et à la composition de Gary Cooper, excellant en shérif esseulé devant faire face au retour d’un criminel qu’il avait arrêté.
High Noon (1952) reste un grand classique du western minimaliste, tendu comme une corde prête à rompre. Porté par un Gary Cooper crépusculaire et une jeune Grace Kelly, déjà magnétique dans son premier grand rôle, le film condense en temps réel l’attente de la mort et la lâcheté des hommes. Sobre, implacable et universel, c'est du GRAND cinéma !
Aujourd'hui, on appellerait cela un high-concept. Ici, il s'agirait de prendre la scène d'introduction de Il était une fois dans l'Ouest et d'en faire un film complet. En réalité, c'est plutôt Sergio Leone qui a rendu hommage à ce film dans l'introduction de Il était une fois dans l'Ouest. Si le maître italien cite High Noon dans son western somme, ce n'est pas pour beurrer des sandwichs, mais bien parce que c'est un classique. Et un classique, ça s'infuse dans la culture populaire. High Noon, ou Le train sifflera trois fois, est un suspense en temps réel, alors que Leone adore étirer le temps. Le voir reprendre cette attente et l'étirer dans Il était une fois dans l'Ouest fait parfaitement sens.
Mais revenons au film qui nous intéresse. Le train sifflera trois fois est un western peu commun parmi ses homologues de l'époque, et il est plus proche du film à suspense par son dispositif en temps réel. Le scénario est juste parfait. Sans bout de gras, il va à l'essentiel, il est limpide, d'une précision chirurgicale, et d'une rigueur à toute épreuve. Tout est justifié et bien amené. La mise en scène est très classique au niveau technique, mais extrêmement signifiante dans ses cadres et sa narration visuelle. Je dirais même que son côté classique (format carré, pas de mouvements spectaculaires) est un atout et renforce l'aspect isolement et course contre la montre de l'histoire. On ne le dira jamais assez : être classique n'est pas un défaut, mais au contraire, il s'agit de la maîtrise du langage cinématographique. Il n'est pas nécessaire d'être virtuose de la caméra ou un visionnaire pour avoir une orientation artistique forte.
Gary Cooper tient le film, et sa performance est exemplaire, toute en subtilité, en plus de son grand charisme. Il est tout de suite attachant par son courage, mais aussi par ses doutes et ses peurs. Il n'est pas infaillible, et c'est ce qui le rend humain et touchant. Les autres personnages ne sont pas en reste, et leur psychologie est très bien définie également. Tout tourne autour de leur rapport avec Will Kane (Gary Cooper).
Le film n'est pas spectaculaire, il ne mise pas sur l'action mais sur le suspense, et sa narration est tendue au cordeau. Sa seule scène d'action se déroule lors du final, annoncé au début du film, et elle est jubilatoire. Tout le film a mené à ce moment et il ne déçoit pas. Et que dire de la fin... typiquement le type de fin que j'aime. Celle où ça ne finit pas forcément sur un happy end. Ça serait même plutôt un faux happy end.
Le train sifflera trois fois, High Noon, mérite bien son statut de classique. C'est un film prenant et tellement bien construit qu'il est inspirant.
Un western de légende qui puise sa force dans le fait qu’il se déroule en temps réel. Gary Cooper demeure comme à son habitude plein de justesse dans le rôle principal, on peut également y voir Lee Van Cleef dans sa première apparition cinématographique.
Dans une petite ville du far-west, le shérif Will Kane (Gary Cooper) a exercé ses fonctions d'une manière exemplaire mais vient de rendre son étoile et d'épouser la jeune quaker Amy Fowler (Grace Kelly). Alors que les deux époux s'apprêtent à partir, il apprend que Frank Miller, un dangereux criminel qu'il a fait mettre en prison cinq ans plus tôt, a été libéré et doit arriver par le train de midi. Ses trois comparses l'attendent à la gare et les quatre hors la loi ont l'intention de tuer Kane. Celui-ci sait pertinemment que s'il fuit ils le poursuivront impitoyablement. Croyant pouvoir compter sur l'aide des habitants qui lui doivent leur sécurité, il décide d'attendre et de combattre la bande de Frank Miller. Mais contrairement à ce qu'il espérait, ses anciens amis l'abandonnent à son triste sort... Réalisé par Fred Zinnemann, "Le train sifflera trois fois" est sorti en 1952 mais n'a quasiment pas pris une ride. La mise en scène est magistrale et l'intrigue, filmée en temps réel, possède une intensité remarquable. Comme dans certaines pièces de théâtre du répertoire classique, chacun des personnages (y compris ceux ne faisant qu'une brève apparition) symbolise une caractéristique de la nature humaine. Seul et abandonné par tous, Will Kane incarne bien sûr le courage et la droiture morale. Dans ce rôle, Gary Cooper est d'une sobriété impériale. Sa jeune épouse candide, interprétée par une Grace Kelly divinement belle, et l'impétueuse Helen Ramirez (Katy Jurado) symbolisent deux aspects en apparence opposés mais complémentaires de l'éternel féminin. A l'inverse, la plupart des autres personnages représentent divers aspects de la lâcheté, du déni, du cynisme et de l'opportunisme. On peut y voir une critique du capitalisme américain et du maccarthysme, ce qui est à la fois vrai et très réducteur car l'intrigue du film a une portée universelle et intemporelle. On ne se lasse pas de revoir ce classique indémodable et d'une étonnante richesse, tant sur le plan narratif que cinématographique. Le chef-d'oeuvre du western américain.
Film classique culte, ça peut se comprendre, mais ça ne m'a en rien subjugué. Si effectivement on est très loin des westerns habituels, puisque le film tourne autour du sujet intéressant - et très inhabituel dans le genre - de la lâcheté individuelle et collective, il ne se passe pas grand chose pendant quatre vingt dix pourcents de sa durée. Ici point de chevauchées épiques dans de grands décors majestueux, ni de grands moments de bravoure en dehors de la toute fin, tout est réduit à des déambulations dans une petite bourgade du far-west et à des dialogues entre personnages, le tout saupoudré d'une petite rengaine musicale assez déplaisante. Donc à voir pour ce qu'il représente dans l'histoire du cinéma, mais pas de quoi s'extasier selon moi.
Un western au scénario très simple sublimé par l’exécution. Que ce soit le cadrage, la composition des plans qui sont pour la plupart assez iconiques et magnifiques, la direction artistique plus que soignée et le casting au sommet, ce film n’a pas pris une ride et est visuellement toujours incroyable malgré ses 70 années. 15,5/20
J'ai revu ce film plusieurs décennies après l'avoir découvert. Bien que je n'ai presque rien oublié du scénario, j'ai été véritablement scotché car je l'ai vu sous de nouveaux aspects qui m'avaient échappé. D'abord la qualité de l'image en noir et blanc. Visiblement, Sergio Leone s'est inspiré de la scène de l'attente à gare, dont on retient aussi le visage caractéristique et inquiétant de Lee Van Cliff, dont c'est un des premiers et tout petit rôle. Ensuite le climat de tension permanente que réussi à distiller le réalisateur Fred Zinneman. Enfin et surtout, j'avais ignoré lors de ma première vision la dénonciation du maccarthysme et, d'une manière plus générale, de la lâcheté collective face à un danger qui menace la société. Ce comportement, qui ne fait pas honneur aux Etats unis d'Amérique, est impitoyablement dénoncé. A l'époque, certains ne s'y sont pas trompés, tel le très réactionnaire John Wayne qui a déclaré que ce film faisait honte à l'Amérique. Comme d'autres films anti maccarthystes, souvent des westerns et des films noirs, Hight moon a cependant réussi à franchir la barrière de la censure pour notre plus grand plaisir. A noter que le scénario est tiré d'une nouvelle de E.V. Cunnigham qui était le pseudonyme d'Howard Fast, l'auteur de Spartacus, lui-même blacklisté par les maccarthystes...
Je viens de découvrir le film et belle découverte ! Bon c’est très manichéen dans la construction des personnages, c’est vraiment le bien contre le mal donc en terme de narration de personnages on trouve facilement mieux mais le scénario reste intéressant, le film n’a pas vieilli et j’aime particulièrement les vieilles musiques qui accentuent chaque scène, ça a beaucoup plus de charmes que nos films récents je trouve. Sympathique découverte !
Un classique du western avec un grand Gary Cooper. Le courage d'un seul face à la peur et la lâcheté d'une communauté. Ne vaut pas Il était une fois dans l'Ouest mais Leone s'en est légèrement inspiré (la scène de l'attente en gare, la reprise de l'acteur qui joue le saoul en prison).
Un classique immortel passionnant de bout en bout, qui nous restitue l'incomparable silhouette de Gary Cooper et qui nous enchante avec Grace Kelly et Caty Jurado !
En 1952, le maccarthysme et la chasse aux sorcières bat son plein. Inquiet de cette situation politique (il sera d’ailleurs convoqué par la Commission des Activités Anti-Américaines pendant le tournage du film et sera obligé de fuir les États-Unis), Carl Foreman écrit Le Train sifflera trois fois en retranscrivant cette actualité dans le milieu du western. On y découvre un shérif choisissant, avec courage et au risque de sa vie, de rester fidèles à ses valeurs tout en devant faire face à la lâcheté de toute une ville cédant à la peur. Réalisé avec efficacité par Fred Zinnemann, ce long-métrage se déroulant quasiment en temps réel dépasse les codes traditionnels de son genre pour offrir une œuvre plus mature et plus crédible : le personnage principal est un être en proie au doute contrairement aux héros sans peur et sans reproche qui dominaient alors le cinéma hollywoodien. Porté par un éblouissant trio formé par Cary Cooper, Grace Kelly et Katy Jurado (moins connue que ses deux partenaires mais qui dégage la plus forte personnalité de l’œuvre) et la musique écrite par Dimitri Tiomkin s’axant autour de la mémorable rengaine Do not forsake me Oh my darling (ou Si toi aussi tu m’abandonnes dans la version française), Le Train sifflera trois fois est un western où l’action est peu présente mais qui offre surtout une réflexion autour de l’actualité politique de cette époque donnant donc un aspect plus adulte et contestataire à un genre qui tournait un peu en rond à l’époque. Ce dernier côté n’échappera pas aux traditionnalistes du genre qui auront tendance à le critiquer violemment comme le très réactionnaire John Wayne et Howard Hawks qui tourneront ensemble Rio Bravo en réaction à ce qui est malgré tout une pierre marquante du western.
Un bon western qui raconte l'histoire d'un shérif (interprété par l'excellent Gary Cooper) qui n'arrive à trouver aucun soutien auprès de ses concitoyens pour affronter Frank Miller, un ex caïd local fraîchement sorti de prison, qui veut se venger de celui qui l'a arrêté et fait condamner 5 ans plus tôt. Il va ainsi faire face à un véritable festival d'excuses en tout genre (par lâcheté, intérêt, vengeance....), le laissant seul face à son destin, ce qui entre en totale opposition avec le "Rio Bravo" de Howard Hawks qui sortira (en réaction à ce film) quelques années plus tard, avec le succès qu'on lui connaît, tout aussi important que celui de Fred Zinneman ici présent. Car même si il ne se passe pas grand chose en dehors de l'affrontement final, la tension, qui monte au fur et à mesure des refus subis par Will Cane, amplifiée par les nombreux plans sur les horloges (compte à rebours du moment fatidique) et par les percussions hypnotisantes de Dimitri Tiomkin, rend l'ensemble définitivement incontournable.
Face à une menace invisible, la lâcheté collective. Le shérif Kane plaque son mariage pour défendre la ville d'un bandit qu'il avait arrêté et condamné à la peine de mort cinq ans plus tôt. Tous les partenaires, sur qui il comptait pour l'aider à repousser le danger, trouvent des excuses pour se défiler.
Zinnemann met en scène l'implication collective pour le bien commun dans un film en temps réel. Certain d'y perdre la vie, Kane endosse sa responsabilité de shérif une dernière fois pour défendre la ville. Avec du soutien, cette mission aurait pu être gérée sans trop de dégâts ; mais seul, la tâche relève d'un suicide héroïque, auquel Kane se résigne, voyant que personne n'a le courage de lui venir en aide.
D'un côté, on comprend l'inquiétude des habitants à s'engager dans un conflit qui ne les concerne pas directement, face à une terreur des temps anciens – dépourvue de visage jusqu'au dernier quart du film – venue régler un différend avec le shérif ; de l'autre, on ne comprend pas pourquoi personne – y compris le juge, les amis et autres individus à la gâchette facile – n'apportent aucun soutien à l'homme qui a consacré sa vie à les protéger.
À contre-courant des westerns de l'époque, le héros avoue sa peur, appelle à l'aide, condamne l'inaction citoyenne. On peut ne pas apprécier la réponse au dilemme posé par Foreman, mais on salue la manière de l'amener et de transgresser les convenances hollywoodiennes, en donnant des seconds rôles féminins forts tels que la femme d'affaires mexicaine et la quakeresse tourmentée.