La grande illusion
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CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 mars 2016
« La Grande Illusion » est une oeuvre incontournable du cinéma qui résiste plutôt bien à son grand âge. Jean Renoir prend le parti d’y montrer le respect et les affinités entre ennemis (et classes sociales) dans un film qui se veut indulgent et humain. Une sorte d’idéologie quelque peu utopique et déstabilisante vu la période traitée mais plus profonde qu’elle en a l’air, cachée derrière un esprit de fantaisie. Un choix pleinement assumé et parfaitement incarné par une galerie de personnages très attachants.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 octobre 2008
Au cours de la Grande Guerre, celle-là même qui redistribua les cartes sociales dans la dorénavant vieille Europe, Jean Renoir relate l’intrigue de deux hommes, dissemblables en termes de classe sociale, qui partagent l’ambition de s’échapper des camps de prisonnier dans lesquels ils sont retenus. «La Grande Illusion» (France, 1937) peut très aisément satisfaire un public populaire grâce à la vivacité toute renoirienne des dialogues et de l’agencement des séquences. Rien ne sert de commenter un tel procédé puisque, deux ans plus tard, Renoir réalisera «La règle du jeu», bien plus enclin à développer ce discours. «La Grande Illusion» dresse le plateau de «La Règle du jeu» puisqu’il préfigure la grande thématique qui agit tous les actes du film de 39 : la lutte des classes. L’amitié liminaire d’un capitaine noble, de Boëldieu, et un lieutenant ouvrier, Maréchal, se brise au profit d’une sorte de «passation de pouvoir» entre l’aristocratie bourgeoise et le milieu prolétaire. Lorsque Maréchal s’enfuit avec son nouvel ami Rosenthal, un juif riche, de Boëldieu se sacrifie en se faisant tuer par un compagnon noble allemand. Au-delà des apparences authentiques qui habitent «La Grande Illusion», réside toute une pensée, toute la scénographie politique du monde selon Renoir. Cette dernière, à l’orée de la seconde guerre mondiale, rejoint les mouvements politiques qui s’y produisent. La moitié du XXème siècle, date pivot dans toute l’histoire de l’Humanité, réagit aux bouleversement sociaux que Marx avait déjà préfiguré. Renoir, dans une mise en scène aussi fluide qu’on peut lui connaître, organise ces flux sociaux et politiques au sein d’un film de guerre qui tend vers l’unique but de s’échapper, autrement dit vers un désir d’émancipation. Lorsque, dans le dernier plan, s’enfuient au loin, dans une neige immaculé, les silhouettes d’un ouvrier et d’un nouveau bourgeois, ce sont les figures de l’avenir de notre histoire qui se dessinent à l’horizon.
givree_la_fee
givree_la_fee

37 abonnés 62 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juin 2013
Je le conseille fortement à tous les amateurs de films en noir et blanc traitant la guerre comme sujet ! La grande illusion atteint la quasi-perfection avec un scénario grave et drôle à la fois, des acteurs merveilleux (comment Gabin pourrait-il jouer autrement que merveilleusement ?), en résumé, Jean Renoir nous mène dans un film plus qu'attendrissant et poignant, où l'amour et l'espoir sont les véritables vainqueurs de ce fléau qu'est la guerre !
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2010
Le problème de ce film, c'est qu'il a tellement été encensé que quand on le voit, on ne peut s'empêcher d'être déçu. Il n'y a rien à redire sur l'interprétation, les décors, le discours pacifiste et profondément humain mais l'ensemble du film fait tronqué en quatre parties et les fondus au noir rajoutent à cette impression de pure fabrication. De plus, il faudrait quand même dire aux acteurs de l'époque de parler plus fort. Le son est plus clair sur un film américain de la même année même si le film est remasterisé.
Mephiless s.
Mephiless s.

72 abonnés 697 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 février 2016
Sans manichéisme ni germanophobie, La grande illusion est un grand film qui traite de la guerre de façon très humaine, avec des personnages attachants et bien écrits, des dialogues intelligents et un scénario très bon quoiqu'un peu lent. La version restaurée donne encore plus de beauté à la photographie du film. Une très grande réussite
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 février 2014
La beauté de ce film tient dans la limpidité de son propos pacifiste et humaniste. Pas de démonstration édifiante, pas de déballage lyrique. Mais une histoire simple et pudique, filmée à hauteur d'hommes, comme disait Howard Hawks. La générosité, la fraternité, l'amour aussi (dans le dernier quart du film) sont traités avec une évidence littéralement désarmante. Une évidence qui transcende les frontières, les religions et les classes sociales, même si le sentiment d'appartenance à une classe sociale demeure toujours, aux yeux de Renoir, un élément discriminant en termes d'affinités électives. En témoigne l'amitié aristocratique entre Boeldieu (Pierre Fresnay) et Rauffenstein (Erich von Stroheim), ou l'amour entre les personnages interprétés par Jean Gabin et Dita Parlo, le prolo français et la paysanne allemande.
Le thème du rapport entre les classes est au coeur du réalisme social de Renoir en général, comme il est au coeur de son histoire personnelle, lui qui, dans sa jeunesse, a côtoyé à la fois le "peuple" (via les domestiques de son père) et l'aristocratie artistique et intellectuelle de l'époque, avant de s'engager bien à gauche en politique. Jusqu'alors, le cinéaste avait surtout pointé dans ses oeuvres les tensions qui résultaient de ces rapports, souvent dramatiques. Ici, il met l'accent sur un esprit de cohésion et de paix, sans pour autant basculer dans l'angélisme, les notions de respect, de devoir et d'honneur (qui motivent le sacrifice permettant l'évasion finale) pouvant très bien se substituer à des sentiments profonds.
Quoi qu'il en soit, il y a dans ce film beaucoup de chaleur humaine, que le réalisateur sait rendre tantôt joyeuse (la camaraderie entre détenus, le partage des denrées gourmandes, l'humour gouailleur du personnage de Carette...), tantôt grave (l'amitié impossible entre les deux militaires les plus gradés, leurs dernières confessions amères) ou sobrement mélodramatique (l'histoire d'amour contrainte par la guerre). La synthèse de ces tonalités se fait avec une belle maîtrise classique côté réalisation et photographie, un peu moins côté montage, avec certains enchaînements parfois abrupts. Mais ce que l'on retient le plus, c'est la direction d'acteurs : Gabin, Fresnay, Stroheim, Dalio, Parlo, Carette. Tous excellents dans ce film qui a offert à Renoir une renommée internationale.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 novembre 2015
Avec une pertinence et une audace qu'on verrait plutôt à notre époque, le film exploite toute l'amertume et la naïveté grossière de Jean Gabin pour mettre en valeur un pamphlet camouflé en art, dont on s'étonne qu'il offre une vision si humoristique de la guerre que l'Europe vivra seulement deux ans plus tard ! Une oeuvre quasiment visionnaire qui offre un aspect rafraîchissant du vieux cinéma contestataire.
Guillaume182
Guillaume182

148 abonnés 1 194 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 décembre 2011
Renoir parle ici de la captivité des soldats Français en Allemagne qui tentent de s'évader durant la première guerre.
Il veut montrer ce qui sépare les hommes (les classes sociales, le nationalisme) mais aussi ce qui les rapproches.

On découvre que Français et Allemands se comportent plutôt bien les uns envers les autres, à l'image de deux officiers qui se lient d'amitié.

Les dialogues sont plutôt bien écrit, on ressents l'émotions des personnages. D'ailleurs Gabin dit à la fin du film qu'il espère que quand cette guerre sera terminé il n'y en aura plus d'autres, il ne se doutait peut être pas que trois ans après la sortie du film la pire guerre allait arriver.

Les acteurs sont bons, la photographie est bonne pour l'époque, Un film culte, mais le cinéma Français a fait mieux depuis.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 8 janvier 2016
Deuxième film de Renoir que je vois après La règle du jeu, La grande illusion s'avère par sa forme beaucoup plus classique que ce dernier (sans toutefois être mauvais, Renoir conserve un grand talent pour rendre ses films vivants, mais c'est beaucoup moins prononcé que dans La règle du jeu). Le message du film est pacifiste et pleins d'espoir et certains se sont même plaint que les camps de prisonniers étaient montrés de manière trop gentillette. Au final je trouve ce choix judicieux, car non seulement il renforce le message pacifiste du long-métrage, mais en plus il permet d'exploiter au maximum les relations amicales entre tous les personnages, qui sont tous très attachants. L'émotion dans le film est d'ailleurs très réussie, et ne tombe jamais dans le pathos. Le problème que j'ai avec ce film, c'est que je trouve que par moments le rythme baisse alors que certains passages sont captivants, et ça rend le film très inégal, et pas toujours très intéressant.
Malgré tout, ce classique du cinéma reste encore efficace de nos jours.
Jack G
Jack G

12 abonnés 175 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 novembre 2019
Grand classique du cinéma français reconnu à l'international, La Grande Illusion s'inscrit aux côtés du Dictateur de Charles Chaplin dans la liste des films pacifistes de l'entre-deux-guerres et du début de la Seconde Guerre mondiale.
Porté à l'écran par l'illustre Jean Renoir, ce film, abusivement cantonné à la catégorie du "film de guerre", est en réalité bien plus que cela. La Grande Illusion est surtout un tableau des différences entre les classes sociales, souvent plus virulentes que celles qui opposent deux pays pourtant en guerre. C'est aussi l'illustration du changement profond qui s'opère au sommet de la hiérarchie militaire, avec le déclin du pouvoir des aristocrates. Cette thématique sociale prépondérante est probablement influencée par la proximité de Renoir avec le milieu de la gauche française, que ce soit le Front Populaire de Léon Blum ou le PCF. Quoiqu'il en soit, le traitement osé de ce sujet dans un contexte belliqueux qui le surpasse présente un intérêt historique incontestable.
La genèse de La Grande Illusion prend essentiellement ses racines dans les récits d'évasion du général Armand Pinsard, que Renoir connait intimement depuis la Première Guerre mondiale et qui devient, pendant la guerre suivante, une triste figure de la collaboration avec Vichy et le régime nazi.
Le titre du film, inspiré du roman homonyme paru en 1910, insiste sur l'absurdité de la guerre et prône le pacifisme dans un contexte de tensions croissantes en Europe. En témoigne la réception du film : censuré dans l'Allemagne nazie et l'Italie Mussolinenne, interdit en Belgique, rejeté par Churchill. Néanmoins, Roosevelt déclare solennellement que "tous les démocrates du monde devraient voir ce film", une phrase que l'on pourrait prononcer à quiconque n'ayant pas encore vu ce grand classique de le convaincre de le faire. Et fort heureusement, le président américain de l'époque n'est pas le seul à l'avoir apprécié, puisque son succès au box-office français est incontestable, tout comme celui d'outre-Atlantique, avec une nomination exceptionnelle à l'Oscar du meilleur film pour l'année 1939. Mais il est également important de noter le changement total d'opinion en France quelques années plus tard seulement, en pleine Occupation, où les valeurs de paix et de fraternité entre les peuples furent, pour Vichy, des motifs pour censurer cette oeuvre et l'interdire. En effet, on ne pouvait alors pas accepter un film ne prônant pas le patriotisme, un argument avancé par des critiques qui semblent avoir oublié la scène de la Marseillaise dans le premier camp de prisonniers. Mais ne parlons même pas de l'Allemagne nazie qui chercha même à détruire toutes les copies existantes du film. Il faut attendre le mouvement de la Nouvelle Vague pour que le film soit réhabilité, principalement grâce aux efforts de François Truffaut, admirateur de Jean Renoir. Depuis, considéré comme un chef d'oeuvre mondial, il est l'un des rares films entrés dans les collections permanentes du Museum of Modern Art de New York.
Enfin, l'affiche présente plusieurs noms sur lesquels il est intéressant de s'arrêter. D'abord, Jean Gabin bien sûr, le colosse aux pieds d'argile récemment hissé au rang de "star de cinéma". A ses côtés, l'air grave et la fraîcheur juvénile de Dita Parlo apportent une parenthèse apaisante et réconfortante à travers son rôle dans la peau d'une généreuse veuve allemande. Parmi les autres rôles principaux, on pense à celui, convaincant, de Marcel Dalio, sans pouvoir oublier la menace nazie qui le poussera quelques années plus tard à quitter l'Europe et à subir des attaques antisémites de la part du Reich allemand. Il est également important d'évoquer les deux aristocrates mélancoliques interprétés par Pierre Fresnay, dont c'est l'un des principaux rôles de sa carrière, et Erich von Stroheim, ancien réalisateur de films muets également consacré par sa prestation au service de Renoir.
Cependant, la dimension comique et légère de la première partie du film peut laisser perplexe et interroger sur la pertinence d'un tel récit, surtout dans un camp de prisonniers en pleine Seconde Guerre mondiale. Heureusement, les deux parties suivantes, qui prennent place au château du Haut-Kœnigsbourg et dans la vallée de Chamonix, apportent le sérieux d'une atmosphère plus réaliste en temps de guerre.
Enfin, au niveau de la bande-son, on peut également plusieurs musiques célèbres dans les années 1930, ce qui peut permettre aux générations suivantes de s'initier à ces grands classiques de l'époque.
LE PASSIONNÉ
LE PASSIONNÉ

30 abonnés 242 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 décembre 2020
alors pour moi je mettrai moyen. je l'ai trouvé Longuet avec trop de script facultatif et surtout ce violon grinçant languinolant qui m'a fait saigné les tympans. hormis cela les acteurs sont très bons, l'histoire est bien goupillée, mais longuette avec peu d'intrigue.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 7 septembre 2019
La célèbre grande illusion est une désillusion du vieux cinéma français, parce qu'il y a Jean Gabin, que je m'en remettrais sur la feuille de route. C'est long comme chemin pour s'évader de ce camp de prisonniers retenus par les allemands, on est au temps de la première Grande Guerre, les français et les quelques anglais captifs. Ça sifflotent, chantent La Marseillaise, des airs populaires franchouillards de province, jouent de la flûte pour distraire l'ennemi et hop, dehors ! Il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent, pendant le temps du Maréchal, héros de guerre que l'on retiendra, l'intervalle entre les deux guerres annonçant les prémices de la seconde et d'une future collaboration du régime de Vichy, l'eau sera très salée, aïe ! La lutte des classes ne se fait pas sans turbulences, tous unis au front des tranchées, mais restent convenue par rapport à leurs rangs tracés. L'écart se creuse bien profondément, ça ne date pas d'aujourd'hui qu'ils se mettront au garde à vous ces allures d'aristocrates et sujets ouvriers populaires. A eux le pays de montagne neigeuse toujours aussi neutre dans l'histoire et son scénario.
AMCHI

6 945 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 novembre 2008
Je ne veux pas remettre en cause son statut de chef-d'oeuvre du 7ème Art mais personnellement je trouve La Grande illusion tout à fait le genre de film qui est devenu trop vieux de nos jours tant pas son interprétation que par son style et de plus je ne suis pas un admirateur de Gabin.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 16 octobre 2014
Véritablement trop vieux pour moi. J'ai peiné à le regarder dans son intégralité. Les dialogues ne me semblent être que de fades potins. Les prisonniers bien traités qui cherchent à s'évader de manière "courtoise"... Je n'y ai pas cru. Aucune scène ne m'a réellement marqué. J'apprécie cependant Jean Gabin mais ai de loin préféré sa prestation dans "La Traversée de Paris" ou même "Touchez pas au grisbi" quand il avait quelques années de plus. Dommage.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 mai 2020
Le film possède cette dernière partie étonnante et d'une grande émotion, contrastant avec tout le début dans les camps où l'on entend vraiment trop de gens parler tout le temps et où l'évasion reste évasive......
Avec son titre curieux et qui ne veut rien dire, j'interprète alors cette illusion comme étant celle du bonheur passé où les chaises vides attendent l'être aimé pour une vie simple et paisible.
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