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3,0
Publiée le 14 juin 2026
Joseph Losey transforme un drame sentimental en étude clinique des rapports de pouvoir, du désir et des frustrations qui traversent les milieux intellectuels britanniques. La construction narrative fragmentée nourrit un sentiment d’inconfort permanent, comme si chaque scène révélait progressivement les failles morales dissimulées derrière les apparences de respectabilité. Dirk Bogarde incarne avec une remarquable subtilité un homme dont la passivité et les contradictions deviennent le véritable moteur du récit. Mais, malgré l’élégance de sa mise en scène et la finesse de son observation psychologique, le film paraît parfois cultiver une distance émotionnelle qui empêche une implication plus profonde. Une œuvre raffinée et profondément ambiguë, dont l’intelligence fascine durablement, mais qui laisse une impression plus analytique que véritablement bouleversante.
Autre chef d’œuvre de Joseph Losey avec The Servant et avant la palme d’or pour Le Messager. Ce film est d’une subtilité rare où les non-dits sont très importants. Il faut le voir en VO pour apprécier les différences d’accents qui marquent les classes sociales entre les professeurs joués par Dirk Bogarde et Stanley Baker.
Une belle étudiante sème le désarroi dans l'univers feutré d'Oxford et réveille le démon de midi chez 2 profs mariés et père de famille. Même équipe que pour The Servant, Losey, Pinter, Bogarde mais cette fois pas un chef d'œuvre, juste un très bon film où ce sont les regards qui comptent et pas les dialogues, regards où se lisent les frustrations du héros, le prof de philo incarné à la perfection par Dirk Bogarde, qui voudrait bien mais n'ose pas séduire sa belle étudiante.
"Accident" (1967) est un film qui tente d’explorer des thèmes comme la jalousie, le désir et les relations humaines compliquées, mais il finit par être un peu trop distant pour vraiment captiver. L’histoire tourne autour d’un professeur d’université, Stephen, et de son obsession pour une de ses étudiantes, Anna. Il y a aussi une compétition un peu malsaine avec son ami Charley, mais tout ça est traité de manière assez froide.
Le gros souci, c’est que le film prend son temps, peut-être même un peu trop. Ça avance doucement, et les personnages ne sont pas vraiment attachants. On passe beaucoup de temps à suivre leurs pensées et leurs frustrations, mais sans vraiment s’investir. Il y a des moments où on se demande où ça va, parce que l’intrigue reste assez plate.
Visuellement, c’est bien filmé, avec une ambiance assez élégante, mais ça ne sauve pas le film de son manque de rythme et d’émotion. Les dialogues sont un peu trop cérébraux, et ça rend le tout assez distant. On finit par décrocher avant même que les enjeux ne deviennent clairs.
En résumé, "Accident" est un film qui essaie de creuser des sujets profonds, mais ça reste trop froid et lent pour vraiment toucher.
Sous son aspect feutré et convenable, l'étude psychologique mise en scène par Losey n'est pas autre chose, très prosaïquement, qu'un cas de "démon de midi", ou la passion d'un professeur quadragénaire pour une étudiante. En fait de passion, rien de spectaculaire ni de démonstratif dans ce récit que, fidèle à son style, Losey construit lentement, par petites touches, à partir d'une action sans éclat. Ainsi, le cinéaste cherche-t-il à exprimer la contradiction supposée entre l'ostensible climat passionnel des drames romanesques courants et l'apparente sérénité de ses personnages. Conformément à l'interprétation contenue de Dick Bogarde, Stephen ne laisse rien deviner de son désir et, hormis une manifestation épidermique dans la dernière scène du film, son trouble est quasiment imperceptible. Cependant, l'exercice de style n'est pas toujours efficace et on peine à se laisser entrainer par un récit et des protagonistes proches parfois d'être ternes. Le sujet n'est pas précisément original et l'intérêt psychologique reste minime. Il n'est que le dédoublement symbolique de Stephen - sa jeunesse est symbolisée par un de ses élèves tandis qu'un ami et collègue incarne l'homme déjà trop âgé dont les tentatives de séduction semblent vaines- il n'est que ce dédoublement qui m'ont convaincu de la subtilité de la mise en scène.
Sur un scénario d’Harold Pinter, Joseph Losey signe un film sur le désir et la tentation, à l’ambiance troublante et pesante, mais à la narration un peu trop saccadée, porté par un Dirk Bogarde qui excelle décidément dans les rôles ambigus !
Mais quelle réalisation brillante ! J'ai été charmé par ces plans magnifiques, ces scènes pleines d'éléments symboliques, ces dialogues plein de sens. Ce film démontre à quel point il n'est pas utile de remplir un film d'actions inutiles pour capter l'attention du spectateur. Je le recommande vivement !
Accident.....de la quarantaine..... Ou comment un homme marié redécouvre l'art de plaire et de flirter avec une jeune étudiante rencontrée par hasard. Losey filme le désir et la tentation..... Cela reste pourtant très froid comme style.
Je ne classerais pas Losey parmi mes réalisateurs fétiches mais certains de ses films me plaisent vraiment alors que d'autres m'ennuient avec Accident je pressentais qu'il allait faire partie de la 2nde catégorie quoiqu'il en soit même si ce film ne m'a pas passionné il est soigneusement réalisé. Toutefois c'est un film froid presque clinique dont l'intrigue sur fond de non-dits et frustration sexuelle peine à nous intéresser ; dès le début c'est assez lent et ça le restera jusqu'à la fin pourtant c'est un film élégant. Je ne suis pas parvenu à m'accrocher aux personnages qui ne sont pas tant décrits que cela seul Dick Bogarde est vraiment au centre et donc se distingue. Dans un style plus ou moins proche je préfère Love de Ken Russell.
Je crois que c’est en le revoyant pour la deuxième ou troisième fois que j’ai apprécié pleinement cette œuvre mature. Sa mise en scène exigeante, requiert une attention toute particulière de la part du spectateur désarçonné par le ton mystérieux et incertain de la réalisation, le jeu énigmatique des acteurs pour des personnages qui le sont tout autant. Si Dirk Bogarde a marqué son empreinte sur ce film, il ne faut pas oublier le jeu de Stanley Baker, son collègue, et celui de Jacqueline Sassard (Anna) météorite du cinéma français. Elle jouera l’année suivante en 1968 dans « Les Biches » de Chabrol, et puis plus rien. Michael York, le copain d’Anna m’apparait plus fade, mais n’est-ce pas son rôle ? Tous les protagonistes d’un drame ligotés par des passions silencieuses où la suspicion et la trahison orchestrent …une comédie. Ce climat se nourrit du thème de la domination (« The servant » est antérieur), de l’infidélité, des hantises sexuelles, du mensonge. Il devient délétère, exécrable .Losey est comme hésitant dans son observation, il filme sur la pointe des pieds, mais assène brutalement des vérités hors de propos. Du moins le pense-t-on… Il est amusant de noter que ce film, tourné la même année que le « Playtime » de Jacques Tati lui emprunte (à moins que ce ne soit l’inverse) quelques similitudes, dans le ton et l’esprit lors de la visite des bureaux de la Télévision.
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Subtilité du scénario dans sa déscription des rapports amoureux et du désir affiché ou caché, analyse psychologique fine, plan qui ont tous un sens précis, montage et jeux des acteurs impeccables, Losey signe un film parfait dans son genre, encore faut-il aimer le genre, c'est à dire : "Histoire de faux semblants à la fac et rebelote". Desplechin avait tenté la même avec son "Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle)", au titre plus explicite qu'"Accident", qui est nunuche au possible. Le cinéma de Losey est bien plus solide et raffiné. A voir aussi car cet auteur a surement inspiré Resnais pour son légendaire "Providence".
Le plan du début est saisissant : une maison de campagne est filmée en plan fixe, en hors-champ on entend les crissements de pneus d'une voiture puis un bruit de crash assourdissant se fait entendre. Nous voilà plongé dans l'histoire mais ce n'est pas celle d'un accident, c'est celle de relations (plus sexuelles que amoureuses malgré ce qu'en croient les personnages) qui se croisent et s'entre-croisent entre un professeur d'université, un de ses collègues, une de ses étudiantes et un de ses étudiants. Les relations décrites par Losey sont ambiguës et donnent lieu à des scènes grandioses où les dialogues sonnent un peu absurde (c'est signé Harold Pinter) et où l'on se sent vite mal à l'aise. Le grand problème du film est qu'il est beaucoup trop lent, la mise en scène s'arrêtant sur des choses sans importance qui viennent gêner la narration d'une histoire qui a pourtant du potentiel mais qui dure bien une bonne demi-heure de trop. La fin met vraiment trop de temps à venir et ce malgré la fascination que l'on éprouve devant le sujet et certains grands moments qui se retrouvent malheureusement coincés entre des longueurs. Reconnaissons tout de même qu'en prof troublé par une de ses élèves, Dirk Bogarde est parfait et qu'à ses côtés Stanley Baker compose un très bon prof aussi cynique que sans-gêne.
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3,5
Publiée le 9 mai 2013
C'est à partir de "Accident" que Joseph Losey se consacra essentiellement à la peinture de l'ambiguïtè qui existe dans les rapports amoureux en donnant ainsi toute une sèrie de films psychologiques et sociaux (dont celui-ci) qui ont fait de lui l'un des meilleurs metteurs en scène contemporains de l'èpoque! En tête de distribution, Dirk Bogarde incarne de nouveau un personnage ambigu, celui d'un professeur d'universitè attirè par une jeune ètudiante (la niçoise Jacqueline Sassard) qui l'invite dans sa maison de campagne! Les rapports entre les personnages relèvent essentiellement de l'attirance sexuelle et de l'obsession qu'ils èprouvent l'un de l'autre, ainsi que de la peur que leur inspirent leurs sentiments, cela se traduisant principalement par des conflits continuellement larvès! Tirè du beau roman de Nicholas Mosley, c'est un tableau de moeurs brillant dans lequel psychologie des personnages (Bogarde-Baker-Sassard) et rapports sociaux s'imbriquent ètroitement! Dommage que Jacqueline Sassard n'est pas percèe dans le cinèma tant elle est charmante d'un bout à l'autre...
De très beau cadre comme dans beaucoup de film de Joseph Losey. Sinon qu'est ce que l'on s'ennuit, je n'ai pas du tout retrouvé la sensibilité du "servant" ou du "messager"... Une grosse deception, mais avec ce genre de film sois c'est une réussite ou un ratage... Loin d'etre le meilleur film de Losey...
Je ne sais plus trop ce que j'attends des films de Joseph Losey. Car au final le premier que j'ai vu de lui a été une révélation (Le Messager) et les deux que j'ai regardé depuis m'ont profondément déçus (The Servant et donc Accident). Que dire sur Accident ? Et bien le scénario manque cruellement d'enjeux, alors c'est le genre de film où tout doit passer par la sensibilité du réalisateur et le fait qu'il parvienne à vous faire ressentir les choses sous-jacentes. Sauf que je ne trouve pas que Joseph Losey y parvienne, ou juste quelques fois.