Sam Peckinpah (Chiens de paille - 1971, Pat Garrett et Billy le Kid - 1973 & Le Convoi - 1978), le « cinéaste de la violence » ne déroge pas à la règle avec Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia (1975), un thriller d’une rare violence, noir et subtile jusqu’à la toute fin du film. Amoral et glauque, il dresse ici un film virulent, par le biais d’une mise en scène très maîtrisée, lente sur le début, mais soutenue dans la seconde partie, au moment où le romantisme et la violence se cotoîent. Une très belle distribution avec un habitué du cinéaste, à savoir l’excellent Warren Oates & Kris Kristofferson.
Le cinéma de Sam Peckinpah, c'est un torrent de violence stylisé jusqu'à la moelle ; ce sont des visages pittoresques maquillés dans la poussière, des fusillades comme nouveau langage, des ralentis comme marque de fabrique. Moins impressionnant que l'épreuve des Chiens de Paille - mais sans doute un peu plus séduisant... - Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia est un film d'action pratiquement inclassable, empruntant au western ses archétypes tout en y incorporant les ficelles narratives du polar. Le résultat est brillant, baroque, un peu plombant parfois mais digne d'intérêts pour qui s'intéresse à la mise en scène et au découpage. Warren Oates, génial en pianiste tiraillé entre l'honneur et le salaire de l'horreur, prouve qu'il est capable de composer un personnage avec talent. Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia - titre qui résume parfaitement l'enjeu dramatique du film de Peckinpah - est donc un long métrage passionnant, fabriqué de bout en bout mais toujours maîtrisé. Un classique, tout simplement.
Entre western et road-movie ultra violent, une atmosphère épaisse et une imagerie pesante. Les fusillades aux ralentis sont la marque de fabrique du cinéaste mais il y a aussi pas mal de scènes plus intimes. Un étrange long-métrage à la fois typique et pas dans la filmographie de Peckinpah.
Du grand Peckinpah dans toute sa splendeur. Ultra violence, personnage aussi looser que peu fréquentable, gun fight sauvage au ralenti si célébré, "Apportez moi la tête dAlfredo Garcia" est considéré comme le film le plus personnel de son réalisateur. On s'en doute en regardant Warren Oates, physiquement ressemblant au metteur en scène de la violence. La mise en scène de Peckinpah malgré les années ne prend pas une ride, se révèle toujours aussi moderne également dans son découpage très découpé justement. Son influence se fait encore ressentir aujourd'hui de ce point de vue. Pourtant j'avoue que durant la première heure, j'ai quand même parfois de temps en temps ressenti un peu d'ennui, ce n'est que dans la deuxième partie, ou règlement de compte et folie se révèle que le film s'avérait grand à mes yeux.
Benny est à la recherche d'une tête. Celle d'Alfredo Garcia en l'occurrence, ayant eu le malheur de mettre enceinte la fille de El Jefe, un riche propriétaire mexicain qui promet un million de dollars à qui la lui ramènera. Comme la petite amie actuelle de Benny est l'ancienne maîtresse de Garcia, celui-ci se sent en veine et ce d'autant plus que Garcia est déjà mort, enterré dans un trou perdu. Tout ce qu'il lui reste à faire, c'est déterrer le corps et récupérer la tête. Rien de plus simple... Sauf qu'il n'est pas le seul sur la piste de Garcia, l'appât du gain attirant les vautours. Désamorçant rapidement son scénario de chasse à l'homme (ici il s'agit simplement d'une chasse à la pierre tombale), Peckinpah signe avec "Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia" son film le plus personnel et l'un des plus désabusés. Toute la première partie du film s'oriente sur la romance entre Benny et Elita, une relation bien particulière entre deux êtres incapables de se dire je t'aime et puis vient ensuite le temps des règlements de compte et des fusillades si chères à Peckinpah. Il n'y a pas à dire, c'est du grand cinéma et le cinéaste sait certainement créer une ambiance dès les premiers plans. Il est cependant dommage que le scénario soit inégal, un peu alourdi par quelques longueurs et une audace narrative pas toujours bien exploitée. Cela reste néanmoins de qualité, notamment parce que Warren Oates, ici alter-ego du cinéaste (relation bien spéciale avec les femmes, penchant pour l'alcool, grosses lunettes noires collées sur le nez) y est saisissant en loser qui ne sait pas gagner et qui a la mort lui collant aux basques. Plein de choses intéressantes dans cette œuvre personnelle d'une noirceur brute mais pas le meilleur film de son réalisateur.
C'est beau de parvenir à autant sublimer cette médiocrité, celle de presque tous les êtres humains dans ce film, qui ne sont que des gens attirés par l'argent, et particulièrement ce personnage principal, qui perdra peu à peu son humanité, dans cette course uniquement motivée par l'appât du gain. Le personnage d'Elita est justement là pour marquer un contre-poids, elle qui aimerait juste un marriage, un voyage en amoureux, et qui en mourant, détachera complètement Bennie de notre monde, et le symbolisme glauque qui se dégage de cette scène où il parle avec la tête d'Alfredo Garcia, et voyage dorénavant avec elle, montre assez littéralement comment ce personnage dialogue désormais avec la mort elle-même, il n'est plus que violence. Mais cette violence est grandiose, les affrontements qui s'enchaîneront dans la dernière partie du film sont jouissifs à regarder, malgré le goût amer que laisse cette fin, inévitable mais brillante, en somme du très haut niveau, et les thématiques de Peckinpah à leur paroxysme.
On peut parler de quintessence,tout Peckinpah y est. Violence,amour,vengeance,loosers,viol,homosexuels se mellent pour arriver à un final,certes esthétiquement repoussant,mais d'un lyrisme rarement égalé par le metteur en scène.Mais je pense qu'en même qu'il faut avoir vu et aimer toutes ces autres oeuvres pour comprendre Alfredo Garcia tant le cineaste pousse sa reflexion à l'extrême.
Western crépusculaire et métaphysique qui réinvente le mythe de la ruée sale vers un or qui ne l'est pas moins, transforme le Mexique en gigantesque terrain de jeux (du cirque) où tous les coups sont permis. S'il ne fallait retenir qu'un film de Peckinpah, le voici !
Un exellent film,mon premier Peckinpah.La première heure du film est lent,mais jamais ennuyeux,les acteurs sont bons.Ensuite,il y a de plus en plus de fusilades et de plus en plus de violence jusqu'au final réussi.
Ce film de Sam Peckinpah est étonnant. Étonnant car il s'agit probablement de son film le plus romantique. Romantisme au prisme de la vision noire du monde misanthropique de Sam Peckinpah. Romantisme porté par Warren Oates, personnage fort peu recommandable, petit arnaqueur, pas très classieux (voir ses poux pubiens). La manière dont le couple fonctionne, la relation au sein du couple Warren Oates et Isabella Delavega sont très fines et subtiles. Avec une direction d'acteur impressionnante. Et le moteur du film principal est l'amour que porte Warren Oactes à sa femme et la vengeance ou plutôt l'obsession qu'il a de porter la tête d'Alfredo Garcia, ce bellâtre qui a couché avec sa femme. Ce portrait de couple est étonnant et l'on ne s'attendait pas à ça de la part de Sam Peckinpah. La scène de piquenique fonctionne parfaitement. Même si elle est accointée à un viol et un meurtre. Bien sûr les accès de violence sont bien présents ici et surtout à la fin. Mais le film n'est pas là. Il est dans le portrait de ce couple de perdants qui recherche de l'argent et une unité. La tête d'Alfredo Garcia n'est qu'un prétexte pour nous conter les rêves de ce couple (le mariage, l'argent). Warren Oates est affublé de lunettes ce qui fait que l'on ne voit quasiment jamais ses yeux. Étonnant pour l'acteur principal, mais qui n'est pas une grande star. Le film aussi peut être vu comme un documentaire sur le Mexique profond. Les paysages des personnages rencontrés et les décors touchent un environnement assez pauvre et des villages avec des voitures qui sont toutes cabossées ou abîmées, mais aussi des paysages de routes et de campagnes. Une des grandes qualités de l'art de Sam Peckinpah est son génie des décors. Aucune scène ne peut être dissociée du décor et de l'environnement où elle se déroule.
« Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia », tourné en 1975 par le grand Sam Peckinpah (« Croix de fer », « La horde sauvage » etc...) est un « road movie » hallucinant de violence et de pessimisme qui prend pour décor les vastes étendues de notre Mexique contemporain. Le héros, très habilement interprété par un Warren Oates habité, est un « looser » de la pire espèce qui prend peu à peu conscience qu'on se sert de lui pour faire un sale boulot. Bien que particulièrement improbable, sa longue quête désespérée finira peut-être par lui apporter la rédemption... En attendant, les morts violentes s'accumulent avec une réjouissante régularité. Comme à son habitude, ce réalisateur mythique joue parfaitement des pires bassesses humaines pour tricoter une histoire machiavélique et rocambolesque qui marque les esprits pour le meilleur et pour le pire. Le résultat est absolument passionnant et ne fait pas tache, loin s'en faut, dans son incroyable filmographie. Ce western moderne, trop méconnu à mon goût, est un pur chef-d’œuvre qu'il serait bien dommage de ne pas (re)découvrir, tant il est jubilatoire !
Il faut chercher beaucoup pour trouver un quelconque intérêt : noir, fade et long, le scénario est navrant et les scènes d'actions omniprésentes et sanglantes sont difficiles à supporter.
Diamant noir de son auteur, ce film débute timidement (excepté l'intro, très intense), retraçant le parcours de Benny et de sa copine, sur la trace du cadavre du fameux Garcia. Pendant 1 heure, Peckinpah développe ses personnages, signe quelques scènes romantiques, installe une toile meurtrière qui va trouver son point d'orgue dans sa dernière demie-heure qui verra s'enchaîner les massacres. Benny devient incontrôlable, il tue par vengeance, par appât du gain, pour vivre coûte que coûte. Peckinpah livre sa peinture la plus noire de l'être humain (avec "Croix de fer"), dans un environnement contemporain qui flirte avec le western, émaillé de fulgurances très violentes et porté par un W. Oates au sommet. Une fable d'une noirceur guère illuminée par quelques séquences citées plus haut, une histoire pleine de crasse et d'odeurs pestilentielles, violente, cynique, désespérée et sans compromis. D'autres critiques sur
Un film longuet devant lequel on s'ennuie. La dernière partie, la meilleure, ne parvient pas à sauver le film. C'est dommage car il y avait bien mieux à faire. Une question essentielle reste toutefois en suspens : le film parviendra-t-il à relancer la mode masculine de la moustache garde-manger et des grosses lunettes de mouche ?
On prend goût au personnage principal à la recherche d'une prime au Mexique. Quelques poursuites en bagnoles pourries, des affrontements à l'ancienne avec des vieilles pétoires. De l'alcool, de la terre, beaucoup de pourris pour finalement un peu de fric. Alfredo Garcia n'a pas fini de déranger notre personnage principal. Pas mal, sans véritables longueurs. Le final est aussi brutal que les fusillades et le scénario est quand même bien creux creux.