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Moorhuhn
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2,5
Publiée le 26 décembre 2011
Des trois Lean que je suis allé voir au cinéma, celui-ci était le moins bon, je suis légèrement déçu même si j'en attendais pas forcément du lourd. L'ensemble m'a paru un peu faiblard malgré de bonnes idées. En fait L'esprit s'amuse accuse un peu son âge, il a un aspect vieillot, un tantinet kitsch. Ca peut plaire à certains mais moi ça m'a un peu rebuté, le coup de la musique omniprésente qui semble avoir servi déjà dans une centaine de films auparavant pas pour moi... Même la photographie n'est pas fameuse, heureusement la mise en scène reste d'un bon niveau, même si on atteint pas les sommets qu'a pu atteindre Lean par la suite. Lean a notamment une maîtrise du cadrage très intéressante mais là même si ça reste une bonne réalisation dans l'ensemble ça reste un peu figé. Forcément ça parle d'esprits et de fantômes, du coup on superpose les prises. Les trucages ont un peu vieilli mais ça passe encore, et puis ça contribue à cette ambiance un peu kitsch.
L'histoire quant à elle est sympathique. L'intrigue donne lieu à la formation d'un improbable triangle amoureux où Charles le personnage principal se retrouve tiraillé entre l'arrivée de l'esprit de sa première femme décédée et sa femme actuelle, bien vivante elle. Les dialogues du film sont plutôt savoureux, bien écrits, certains assez jouissifs et même assez osés pour l'époque. Enfin relativisons, tous les dialogues ne sont pas forcément comme ça dans le film. Et je trouve aussi que les acteurs ont une légère tendance à surjouer même si le cadre théâtral de l'Esprit s'amuse appuie un peu cette démarche. J'ai moyennement accroché, c'est un peu moyen, c'est un Lean mineur, pas forcément essentiel dans la filmographie du réalisateur mais ça reste un divertissement tout à fait convenable.
Blithe Spirit, comme tous les premiers films de David Lean, reflète davantage l'esprit de Noël Coward que celui de Lean. Comédie fantastique, elle réemploie le thème classique du couple fantôme, avec d'amusants effets spéciaux récompensés aux oscars. Mais si l'histoire est loin d'être intéressante, les acteurs sont tous merveilleux, Rex Harrison en tête, et la plus grande qualité du film est bien entendu le dialogue. Dès le début, on sent qu'il s'agit d'une pièce de théâtre cinématographique, et les décors typiquement britanniques sont là pour nous le rappeler. Osés, sophistiqués, cinglants, les dialogues sont l'essence même de L'Esprit s'amuse. Ils fusent dans tous les sens, de la même façon que les spectres devant les mortels désemparés. David Lean brillera par la suite dans ses grandes fresques épiques, mais il n'est pas moins bon dans la détente cérébrale avec cette comédie dont on regrette néanmoins la légèreté vexante. Vexante car David Lean est certainement le plus grand de tous les cinéastes britanniques, ce dont on a pu se rendre compte uniquement grâce à ses œuvres ultérieures.
Celui qui s'attend à un pur film de David Lean sera déçu car c'est juste une adaptation sans grande originalité et sans personnalité dans la mise en scène, si ce n'est des effets visuels (justement récompensé par un Oscar!!!) de très grande qualité qui arriveront sans mal à convaincre nos chers et difficiles yeux modernes, d'une pièce de Noël Coward. Mais comme celle-ci est d'une très grande qualité d'écriture, en particulier pour ce qui est de dialogues bien acidulés avec quelques petits sous-entendus par-ci, par-là, d'une fantaisie et d'un cynisme dignes du divin Oscar Wilde... Donc à moins d'y mettre vraiment de la mauvaise volonté, je ne vois pas qui ne peut pas apprécier ce film. Des numéros d'acteurs en grande forme bien sûr avec une jolie petite mention spéciale pour la future Miss Marple Dame Margaret Rutherford qui se taille la part du lion. Il n'y a vraiment pas de raison de ne pas s'amuser devant ce film comme le fait l'Esprit.
Écrivain à succès, Charles Condomine organise un dîner où il invite une voyante loufoque et excentrique. Suite à une séance de spiritisme, ils constatent qu'elle a tout raté... jusqu'à ce que Charles soit hanté par les fantômes de sa première femme !
Troisième film de David Lean et second qu'il réalise en solo, L'esprit s'amuse nous entraîne au cœur de ce couple qui va voir sa vie chambouler par l'apparition fantomatique de l'ex-femme de Charles. Bénéficiant de plusieurs bonnes idées, les péripéties sont bien trouvées et Lean joue surtout sur l'humour et les situations que va provoquer cette apparition. L'aspect fantastique n'est pas ou peu exploité, il est surtout présent pour créer des problèmes dans ce couple, ce que Lean ne manquera pas d'exploiter.
Comme lors de sa première oeuvre en solitaire, Lean adapte Noël Coward et sert une mise en scène assez théâtrale. Fort heureusement, il évite les défauts de ce genre et bénéficie de personnages consistants et surtout d'exquis dialogues. L'intrigue nous réserve son lot de surprises et la mise en place de cet étrange ménage à trois ne manque pas de piquant tandis que Lean aborde, avec subtilité, sous-entendu et humour, plusieurs thèmes tabous (adultères, sexe...). Sa réalisation est assez classique mais à nouveau élégante et il fait ressortir tout le charme de sa production.
Si j'ai tout de même une préférence pour le Lean Hollywoodien (Docteur Jivago bien évidemment mais aussi La fille de Ryan ou Le pont de la Rivière Kwai), c'est vraiment plaisant à suivre, bien rythmé et dont la qualité d'écriture permet au film de tenir sur la durée. Si Rex Harrison a déjà été plus inspiré, son flegme est toujours parfait tandis que les deux femmes l'entourant sont exquises et participent pleinement à la réussite du film, tant la sensuelle (et verte !) Kay Hammond que Constance Cummings.
Débordant d'excellentes idées, L'esprit s'amuse permet à Lean d'adapter à nouveau avec brio Noël Coward avec cette sympathique et piquante comédie fantastique. Bénéficiant d'une excellente qualité d'écriture et de parfaits interprètes, il continue sur sa lancée et démontre qu'il était déjà un réalisateur de talent.
Il est évident que cette comédie britannique est moins bien que celle qui fut réalisée un an plus tard par Powell/Presburger,"Une question de vie et de mort". Pourtant cette comédie de David Lean ne manque pas de charme à la sauce So British,non pas en ce qui concerne la mise en scène mais l’interprétation des acteurs. Les effets spéciaux sont moins bien que ceux de Powel/Presburger mais pour son époque le style est bien réussit. C'est dommage que son Technicolor soit trop délavé avec les deux spectres verdâtres,ce n'est pas très beaux tout ça?Par contre ce qui était intéressant chez Lean ,c'était son introspection de ses personnages,oublions certains second rôles insignifiants,comme ceux du début de l'histoire ,dans cette comédie, 5 personnages sont importants, le mari,les deux mortes,la voyante, et la gouvernante ,tout ce petit monde va jouer un rôle capital dans ce film . Commençons par le mari deux fois veuf,Rex Harrison ,si vous avez bien remarquez pour ceux qui ont vu cette comédie fantastique ,que l'acteur britannique ressemble physiquement énormément au personnage de Ian Fleming,James Bond.La raison est simple Coward et Fleming étaient très amis,ce dernier demandera à Rex Harrison si celui ci pouvait s' inspirer de son personnage fictif,qu'il créa 8 ans plus tard,Harrison acceptera,mais ce dernier sera le premier à refuser le rôle de Bond au cinéma. L'acteur se sent mal à l'aise dans cette comédie à effets spéciaux, il jouait ici les maris volages,il se rattrapera plus tard dans d'autres comédies,notamment le chef d'oeuvre de Cukor,My Fair Lady. Les deux mortes ,l'une était frivole,mais elle avait toujours le béguin pour son mari et l'autre aimaient son mari sincèrement ,toute les deux spoiler: l'auront définitivement vert la fin,car on n'échappe pas à son destin,la mort est inéluctable ,La voyante qui était remarquablement bien jouée par excellentissime Margaret Rutheford,grande dame et actrice britannique qui croit avoir résolu l'affaire avec sa boule de cristal est un vrai régale de l'avoir joué .et la gouvernante ,la pauvre innocente par qui les spectres vontspoiler: disparaitre .Si le film à une bonne interprétation ,le défaut se trouve dans le maquillage,il n'est très bien réussit,on voit les véritables traits roux de ses cheveux teintés en noir de Harrisson,la couleur verdâtre spectrale n'est pas très jolie etc...etc,Heureusement que Lean se rattrapera dans quelques années plus tard dans le Technicolor avec des Masterpierces comme Lawrence D’Arabie,Dr Jhivago, la Fille de Ryan,etc...etc..Blithe Spirit est une bonne comédie fantastique ,mais certainement pas le meilleur film du cinéaste britannique.
Film très british au parfum un peu suranné : des dialogues savoureux, de l'esprit, de l’élégance, de l’humour subtil, une utilisation originale de la couleur pour représenter les fantômes. Gentil divertissement, très théâtral, à l’aspect un peu vieillot.
Rendre comique une situation dramatique ; c’est là tout le génie de David Lean. Un scénario comme on les aime avec retournement de situations, moments comiques et scènes inattendues, l’esprit s’amuse à tout d’une réussite pour le duo bientôt célèbre Lean/Coward.
Je mets une demi étoile pour une très simple raison. La version VF. C'est la seule disponible en France (vu sur Arte), et cette version française est catastrophique. C'est vraiment mal mal mal mal mal fait. En VO, probablement bien plus rigolo.