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Jean Paul Belmondo nous fait un mix en avance de tout son jeu en fin de carrière: des effets de manche; on écarte bien les bras; on joue les séducteurs. C'est un JP interchangeable, avec la démarche de rouleur de mécaniques et le sourire en coin pour dire "toi ma cocotte t'es dans mon lit ce soir; tu connais pas Bebel". On peut pas détester Bebel, mais à partir de ce film, s'amorce le changement entre Jean Paul Belmondo et Bebel. Super caricatural. Alain Renais come réalistaeur, ca ne peut etre qu'un très bon film.....Erreur...On comprend rien, pas les enjeux...En gros, c'est mauvais... très mauvais....
L'affaire "Stavisky" qui ébranla fortement la 3ème République a de quoi être passionnante sur le papier. Avec un casting 4 étoiles Alain Resnais avait de quoi faire un très grand film mais il se perd malheureusement lui-même dans les magouilles du héros. La profusion de protagonistes et d'intrigues en tout genre rendent le scénario un peu confus et finalement aucun personnage, pas même le héros, n'est traité en profondeur. L'enjeu, pourtant énorme, ne prend jamais véritablement aux tripes.
Formellement par contre le film est très réussi, les costumes, les décors et la photographie rattrape un peu la mollesse du scénario.
Ce bide critiques sera très important dans la carrière de Belmondo qui se penchera essentiellement vers des rôles plus populaires, accessibles au plus grand nombre.
Formellement par contre le film est très réussi, les costumes, les décors et la photographie rattrape un peu la mollesse du scénario.
Ce bide critiques sera très important dans la carrière de Belmondo qui se penchera essentiellement vers des rôles plus populaires, accessibles au plus grand nombre.
"Stavisky " est un film à part dans la carrière d'Alain Resnais qui fût tout de même un des plus importants réalisateurs français de ces 60 dernières années. Le film ne fût pas bien accueilli par la critique et Jean-Paul Belmondo qui interprète Stavisky, mit un ici un terme à sa carrière avec le cinéma d'auteur. Voici pourtant un opus de Resnais qui mérite d'être redécouvert. La photo est splendide, la réalisation de premier ordre. Alors certes, le scénario n'est sans doute pas à la hauteur. Stavisky fut un escroc qui arrosait beaucoup de monde dans la France de la première partie des années 30. Le scandale de cette affaire provoqua une grave crise politique qui aurait pu emporter la République, rien moins. Le scénario qui évoque rapidement l'asile de Trotsky en France, laisse entendre que le révolutionnaire fût expulsé en raison des conséquences de l'affaire Stavisky : un gouvernement d'union nationale vit le jour et la droite réclama cette expulsion. Quelles auraient été les conséquences du maintien de Trotsky en France , selon Semprun ? Sa présence en France aurait elle eu un effet sur les événements historiques à venir ( guerre d'Espagne etc...) ? C'est vraisemblablement ce que pensait l'auteur du scénario. Bref un film bien meilleur que ce que l'on en a dit lors de sa sortie.
Belle reconstitution de cette affaire qui ébranla fortement la 3ème république. Ce film est présenté comme étant construit uniquement à partir de fait réel, ce qui en ferait presque une reconstitution historique. C'est certainement ce qui fait de ce film un film à voir. Belmondo y excelle.
A voir par tous les amateurs du grand Bebel et des films politico-historiques.
A voir par tous les amateurs du grand Bebel et des films politico-historiques.
"L'affaire Stavisky" défraya l'histoire de la IIIème République. Cet escroc au bras long avait réussi à éviter les poursuites grâce à ses relations dans la politique et la justice. La faillite du crédit municipal de Bayonne puis sa mort, dans des conditions obscures, à Chamonix, le 8 janvier 1934, entraînent une série de révélations qui provoquent la chute du Gouvernement et suscitent une flambée d'antiparlementarisme. Le 6 février 1934, une foule de manifestants manque d'envahir le palais-Bourbon et de renverser le régime.
En 1974, "Bébel" vient de fêter ses quarante ans. Il atteindra le sommet de sa gloire quelques années plus tard avec "L'As des as" et les films de Lautner qui lui confèrent une gloire qu'aucun acteur français ne connaîtra plus après lui. "Belmondo" deviendra une marque sur laquelle repose, à elle seule, la publicité des films dont il tient désormais la tête d'affiche. Mais, en 1974, Belmondo est déjà un acteur célèbre. Il tourne depuis presque vingt ans, d'abord avec les réalisateurs de la Nouvelle Vague (Jean-Luc Godard, François Truffaut), puis pour des réalisateurs plus grand public (Henri Verneuil, Philippe de Broca, Gérard Oury). Stavisky est le premier film - et le dernier - qu'il joue avec Alain Resnais. L'écrivain célèbre Jorge Semprun est au scénario et aux dialogues. Il est projeté à Cannes en compétition officielle mais n'y rencontre aucun succès. Belmondo dira qu'il fut l'une de ses plus grandes déceptions qui le décida à opter définitivement pour le cinéma de divertissement.
Il faut bien reconnaître que ce Stavisky est une cote mal taillée qui a mal résisté à l'épreuve du temps. Le choix revendiqué de Resnais, qui lui a été beaucoup reproché, est d'avoir négligé le contexte historique pour se focaliser sur le bel escroc et sa folie des grandeurs. Le problème est que le scénario, du coup, perd vite tout intérêt, dont on aura compris, puisqu'on connaît déjà la fin de l'histoire, qu'il nous racontera une chute inexorable.
L'autre problème est Belmondo lui-même qui écrase le film de son omniprésence. Bebel a dans "Stavisky" exactement le même bagout, le même sourire inoxydable, la même énergie inépuisable, la même gouaille sympathique que dans tous ses autres films. Si Photoshop avait existé à l'époque, on aurait pu utiliser tels quels des plans de "Stavisky" pour "L'Homme de Rio" ou "Les Tribulations d'un Chinois en Chine". Le ban et l'arrière ban du cinéma français de l'époque l'entourent : Anny Duperey en vamp glamourissime, Charles Boyer vieillissant en baron d'un autre âge, Michael Lonsdale en médecin complaisant, François Périer en bras droit, Claude Rich en policier retors et même Gérard Depardieu dans un petit rôle et Niels Arestrup, mince et méconnaissable, dans un plus petit rôle encore.
À l'histoire de Stavisky a été bizarrement greffée celle de Trotski qui, à la même époque, bénéficie brièvement de l'asile politique en France, à Cassis où il débarque d'abord, à Saint-Palais près de Royan, à Barbizon et enfin à Domène près de Grenoble. Il faut sans doute y voir l'obsession de Semprun pour le fondateur de la Quatrième internationale qu'il évoque dans plusieurs de ses romans. Mais, sans lien avec celle de Stavisky, on voit mal ce qu'elle lui apporte.
En 1974, "Bébel" vient de fêter ses quarante ans. Il atteindra le sommet de sa gloire quelques années plus tard avec "L'As des as" et les films de Lautner qui lui confèrent une gloire qu'aucun acteur français ne connaîtra plus après lui. "Belmondo" deviendra une marque sur laquelle repose, à elle seule, la publicité des films dont il tient désormais la tête d'affiche. Mais, en 1974, Belmondo est déjà un acteur célèbre. Il tourne depuis presque vingt ans, d'abord avec les réalisateurs de la Nouvelle Vague (Jean-Luc Godard, François Truffaut), puis pour des réalisateurs plus grand public (Henri Verneuil, Philippe de Broca, Gérard Oury). Stavisky est le premier film - et le dernier - qu'il joue avec Alain Resnais. L'écrivain célèbre Jorge Semprun est au scénario et aux dialogues. Il est projeté à Cannes en compétition officielle mais n'y rencontre aucun succès. Belmondo dira qu'il fut l'une de ses plus grandes déceptions qui le décida à opter définitivement pour le cinéma de divertissement.
Il faut bien reconnaître que ce Stavisky est une cote mal taillée qui a mal résisté à l'épreuve du temps. Le choix revendiqué de Resnais, qui lui a été beaucoup reproché, est d'avoir négligé le contexte historique pour se focaliser sur le bel escroc et sa folie des grandeurs. Le problème est que le scénario, du coup, perd vite tout intérêt, dont on aura compris, puisqu'on connaît déjà la fin de l'histoire, qu'il nous racontera une chute inexorable.
L'autre problème est Belmondo lui-même qui écrase le film de son omniprésence. Bebel a dans "Stavisky" exactement le même bagout, le même sourire inoxydable, la même énergie inépuisable, la même gouaille sympathique que dans tous ses autres films. Si Photoshop avait existé à l'époque, on aurait pu utiliser tels quels des plans de "Stavisky" pour "L'Homme de Rio" ou "Les Tribulations d'un Chinois en Chine". Le ban et l'arrière ban du cinéma français de l'époque l'entourent : Anny Duperey en vamp glamourissime, Charles Boyer vieillissant en baron d'un autre âge, Michael Lonsdale en médecin complaisant, François Périer en bras droit, Claude Rich en policier retors et même Gérard Depardieu dans un petit rôle et Niels Arestrup, mince et méconnaissable, dans un plus petit rôle encore.
À l'histoire de Stavisky a été bizarrement greffée celle de Trotski qui, à la même époque, bénéficie brièvement de l'asile politique en France, à Cassis où il débarque d'abord, à Saint-Palais près de Royan, à Barbizon et enfin à Domène près de Grenoble. Il faut sans doute y voir l'obsession de Semprun pour le fondateur de la Quatrième internationale qu'il évoque dans plusieurs de ses romans. Mais, sans lien avec celle de Stavisky, on voit mal ce qu'elle lui apporte.
En 1934, l'affaire Stavisky éclate, dévoilant au grand jour de faux bonds au porteur, éclaboussant les politiques et provoquant des émeutes. Retranscrire ces événements au cinéma est pour le moins séduisant, surtout quand c'est Jean-Paul Belmondo qui incarne cet escroc séducteur et embobineur. Mais voilà, la sauce ne prend jamais vraiment, en grande partie car tout est confus dans le film. Entre des tournages en studio qui perdent le spectateur sur là où se déroule l'action (malgré les écriteaux intégrés au montage !), le parallèle maladroit avec l'arrivée de Trotski en France, des personnages très froids dans l'ensemble, et un scénario qui se centre sur son protagoniste en développant à peine ses combines et leurs conséquences, le film est longuet. Par ailleurs, un spectateur ignorant les tenants et aboutissants de l'affaire, risque d'être complètement paumé ! On repère toutefois quelques effets de mise en scène intéressants, et une galerie sympathique de seconds rôle (dont de tous jeunes Gérard Depardieu et Niels Arestrup !). Mais c'est trop peu pour en faire un bon film.
J'ai du mal à comprendre le lynchage qui y a eu autour de ce film et qui a provoqué la fin des rôles sérieux de Belmondo car après il est rentré dans le style Bebel et je pense que les critiques de ce film n'y sont pas innocents. et c'est dommage car Belmondo et avant tout un acteur multifacette et il est vraiment très bon dans ce genre de rôle sérieux. En tout cas pour ce qui est de ce film il est vraiment sympa à regardé.
L'exploration de la psyché du personnage par Resnais prend ici trop le pas sur le contexte politico-économique, ne rendant finalement que peu compte de cet invraisemblable scandale qui secoua la France des années 30. Belmondo fait montre d'une belle aisance (une fois de plus) dans un registre qu'il quittera pendant de longues années, mais la mise en scène est hélas bien trop lisse et les seconds rôles trop faiblement utilisés. Se limiter aux doutes existentiels de son personnage principal n'était sans doute pas la bonne option pour un film qui aura fait polémique en son temps, mais on se demande bien pourquoi tant le soufre manque à l'appel.
L'histoire d'un usurpateur,un peut escroc,qui mène la grande vie,ses propres amis ne connaissent pas vraiment sa vrais vie,il vie dans le lux et avec la haute société,et finance certain politiciens ,se qui va le mener à sa fin,une histoire des années 30 mais encore d'actualité aujourd'hui.
Qu'est ce que ça a vieilli! Dans tout le film, Belmondo ne marche pas, il court. Il ne monte pas un escalier, il bondit de marche en marche. Il ne reste pas assis plus de 2 minutes au même endroit. Tout est excessif. Cette frénésie constante est épuisante. Et comme les combines de Stavisky ne sont pas très compréhensibles, cela laisse un sentiment très mitigé.
Un film captivant pour la forme. La construction loin d’une vision temporelle qui met en avant les actions du personnage et les interactions avec son entourage davantage que sur les événements de sa vie privée.
Une raideur peut-être qu’on pourrait lui reprocher mais Belmondo prend le personnage à bras le corps.
Et quel plaisir de voir Charles Boyer.
Une raideur peut-être qu’on pourrait lui reprocher mais Belmondo prend le personnage à bras le corps.
Et quel plaisir de voir Charles Boyer.
Globalement le scénario est confus pour ne pas dire bordélique : trop de monde, trop de situations, on passe d'une magouille financière à l'autre sans y comprendre grand-chose et en plus le récit n'est pas linéaire, abusant de flash-forward. Le parallèle avec l'exil de Trotsky fait très cheveu sur la soupe. Ça nous fait déjà pas mal de casseroles, voyons maintenant l'interprétation, Belmondo s'en sort bien, Charles Boyer est impérial, les seconds rôles sont assez corrects sauf Annie Duperey étonnamment mauvaise dans son rôle, en ce qui concerne les petits rôles c'est la catastrophe, on se demande où certains ont appris à jouer. Les dialogues sont inégaux mais l'emphase n'est jamais évitée. La prise de vue est brillante, mais parait parfois maniérée et on se demande l'utilité de certains plans, de plus certaines scènes sont ridicules (
spoiler:
les fleuristes en pyjama
). Tout cela manque cruellement de rythme et d'enjeu ce qui fait que l'ennui n'est jamais loin. Vu l'ambition du sujet on peut réellement parler de film raté.
). Tout cela manque cruellement de rythme et d'enjeu ce qui fait que l'ennui n'est jamais loin. Vu l'ambition du sujet on peut réellement parler de film raté.
Une fois de plus, Resnais nous livre, le sourire en coin, un film magistralement expérimental sous les allures clinquantes d’une fable historique et se livre à une brillante réflexion sur le pouvoir de l’imagination. Car de quoi finalement parle le film ? De la capacité qu’à l’homme de se construire, envers et contre tout, sa réalité propre (Stavisky est pure représentation), de la capacité de certain à manipuler les autres en colonisant leur imaginaire (Stavisky est une boule à facettes qui fait miroiter toutes les illusions de son époque : l’argent facile, l’enracinement du matérialisme, le droit au bonheur), et, enfin, de la capacité qu’à le cinéma à transfigurer le réel (Stavisky-le film prend toutes les libertés par rapport à l’historicité, mais son imaginaire saisit finalement mieux qu’un film dossier l’esprit d’une époque). La mise en scène de Resnais, qui a pu en dérouter plus d’un avec son faux classicisme, est une re-création féérique dont les motifs volontairement conventionnels empruntent à l’imagerie d’une époque. Tout le film est baigné dans un climat onirique où la face sordide ne sourde que dans les jointures, à peine visible. Dans cet univers de fortunes prodigieuses, de femmes toujours élégantes, de complots feutrés, Stavisky passe, superbe, impérial et conquérant. Loin de toute reconstitution réaliste de « l’affaire Stavisky », nous sommes dans l’espace irrationnel du songe et du conte de fée ; quelque part dans les zones d’ombre où la conscience s’assoupit et endort ses velléités critiques. Or c’est dans cette forme qu’il faut aller chercher la clé du discours de Resnais : le parti-pris anti-réaliste apparent est en fait au service de la description d’un monde de la mort. Stavisky porte en lui la blessure originelle du suicide paternel : « déjà mort », et si le personnage n’a pas de signification politique en soi, il est révélateur d’un monde qui se sert de lui et qu’il sert (le capitalisme financier) et annonciateur des ténèbres à venir : la guerre d’Espagne, la montée du fascisme, l’arrivée d’Hitler… Et ce film si léger (voir innofensif) en apparence de plonger en fait ses racines profondément dans une époque et en révèler les structures idéologiques - celles qui façonnent tout le 20ème siècle. Mais « Stavisky » échappe évidemment au didactisme et demeure une grande œuvre poétique. Tout comme l’héroïne de « Marienbad », Arlette, la compagne de Stavisky, erre dans les méandre d’un rêve ébloui, celui d’Alexandre. D’ailleurs, les épisodes de l’existence de ce dernier montrés à l’écran n’obéissent pas au point de vue externe et objectif d’un narrateur omniscient, mais à celui mental et donc subjectif des protagonistes du film. Dissipant dès lors l’illusion documentaire souvent attachée au genre du film historique, Resnais indique ainsi au public le caractère fondamentalement imaginaire de ce qui lui est donné à voir à propos de Stavisky. Ce qui rapproche le film aux œuvres précédentes du cinéaste, plaçant elles aussi la réminiscence au cœur de son dispositif scénaristique. L’on précisera que le souvenir ne doit nullement être appréhendé chez le cinéaste comme l’enregistrement documentaire de la réalité mais bien comme une composante à part entière de l’imaginaire. Une démarche que vient encore prolonger le recours à une iconographie d’essence onirique pour mettre en images certains des souvenirs convoqués par les personnages (exemplairement la séquence dans le cimetière du Père-Lachaise). Une entreprise que vient, par ailleurs, signifier la présence dans le film d’un motif visuel récurrent dans l’univers de Resnais : le travelling avant sur de denses frondaisons - ici celles des arbres environnant la propriété familiale des Stavisky en forêt de Barbizon. Ces plans détaillant de manière exploratoire ces ramures, véritables métaphores végétales du labyrinthe neuronal, expriment certainement la volonté d’Alain Resnais de montrer l’intériorité humaine... mais sans doute aussi celle de Stavisky lui-même ! Car qu’en est-il au juste de ce talent particulier que manifeste Stravisky à percer la fantasmatique de l’autre, puis à s’en rendre maître et à ainsi l’annexer à "L’empire d’Alexandre", selon l’un des titres putatifs du film ? Ce dernier semble lier étroitement les dons de Stavisky en matière d’imaginaire à son origine à la fois étrangère et juive, un fardeau doublement lourd à porter dans la France de l’Entre-deux-guerres. Alain Resnais et Jorge Semprún ne manquent en effet pas de rappeler le climat à la fois xénophobe et antisémite taraudant alors le pays, en faisant - entre autres notations historiques - du baron Raoul un lecteur du quotidien maurrassien. Pour le fils de Juif ukrainien qu’est Stavisky, trouver sa place dans une République ayant trahi sa mission d’accueil et d’intégration ne peut se faire qu’au prix de la renonciation à son identité première.
Authentique fripouille surréaliste, Stavisky a donc compris, comme André Breton et ses compagnons, que l’imaginaire fait tourner le monde. Et que qui veut dominer ce dernier doit d’abord conquérir l’espace fantasmatique. L’escroc n’est cependant pas le seul à en avoir pris conscience en ces sombres années Trente. Les silhouettes menaçantes d’autres maîtres de l’irrationnel se dessinent en effet dans « Stavisky »… celle de Hitler, évoquée notamment par le biais du personnage d’Erna ; celle de Staline, se dessinant en creux par le biais de la figure de Trotski, contraint comme la jeune Juive à l’exil en France ainsi que le rappellent quelques séquences de « Stavisky »… Ces deux personnages de réfugiés - l’un fameux et réel, l’autre anonyme et fictif - viennent ainsi témoigner de la violence déjà à l’action en URSS et en Allemagne. Autrement dit deux États en proie au totalitarisme, une forme alors inédite de dictature fondant son pouvoir absolu sur la mobilisation des imaginaires. A la puissance de l’évocation poétique répond la force de la fable politique. Bref, un nouveau chef-d’œuvre.
Authentique fripouille surréaliste, Stavisky a donc compris, comme André Breton et ses compagnons, que l’imaginaire fait tourner le monde. Et que qui veut dominer ce dernier doit d’abord conquérir l’espace fantasmatique. L’escroc n’est cependant pas le seul à en avoir pris conscience en ces sombres années Trente. Les silhouettes menaçantes d’autres maîtres de l’irrationnel se dessinent en effet dans « Stavisky »… celle de Hitler, évoquée notamment par le biais du personnage d’Erna ; celle de Staline, se dessinant en creux par le biais de la figure de Trotski, contraint comme la jeune Juive à l’exil en France ainsi que le rappellent quelques séquences de « Stavisky »… Ces deux personnages de réfugiés - l’un fameux et réel, l’autre anonyme et fictif - viennent ainsi témoigner de la violence déjà à l’action en URSS et en Allemagne. Autrement dit deux États en proie au totalitarisme, une forme alors inédite de dictature fondant son pouvoir absolu sur la mobilisation des imaginaires. A la puissance de l’évocation poétique répond la force de la fable politique. Bref, un nouveau chef-d’œuvre.
septiemeartetdemi.com - Il s'agit d'un biopic. La France a toujours affectionné ce genre très peu commercial où elle parvient à faire abstraction de tellement d'aspects créatifs que le film est généralement réussi. Ici, il s'agit d'oublier que Belmondo incarne un hors-la-loi. Et parce que le film est réussi, les écarts de la personne originelle font le charisme de celui qui l'incarne. Mais une vie ne tiendra jamais dans un scénario : il est raturé, gribouillé, distordu, jusquà ce que le propos - qui par souci de véracité historique n'est ni plus ni moins qu'une sélection arbitraire d'évènements - soit étrange et ennuyeux.
Des procédés semblent avoir été étudiés, utilisés et oubliés au gré du modelage de l'histoire vraie : les panneaux de signalisation cadrés au centimètre qu'on retrouve plusieurs fois, les légères envolées musicales ou encore la mise en images exacerbée des souvenirs, qui contribuent au flux non linéaire (et embrouillé, disons-le) ne font que mettre en valeur la très faible exhaustivité de la création. Peut-être pas digne de l'accueil extrêmement négatif dont elle a souffert, mais loin d'être excellente.
Des procédés semblent avoir été étudiés, utilisés et oubliés au gré du modelage de l'histoire vraie : les panneaux de signalisation cadrés au centimètre qu'on retrouve plusieurs fois, les légères envolées musicales ou encore la mise en images exacerbée des souvenirs, qui contribuent au flux non linéaire (et embrouillé, disons-le) ne font que mettre en valeur la très faible exhaustivité de la création. Peut-être pas digne de l'accueil extrêmement négatif dont elle a souffert, mais loin d'être excellente.
Belmondo s'offre un sacré contre emploi dans ce film d'Alain Resnais, dans Stavisky il joue un truand en col blanc, un escroc qui aime le tape à l'œil, qui rejette cette position d'escroc refusant de se voir tel qu'il est. J'ai beaucoup aimé le duo qu'il forme avec son "employé de confiance" joué par Francois Perier que j'ai peu vu dans d'autres films mais que j'ai trouvé excellent comme Claude Rich d'ailleurs. Si l'interprétation est solide c'est moins le cas de l'impression d'ensemble que donne le film, trop académique à mon goût et manquant de surprise.
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