Ce film est vraiment étonnant, on ne sait jamais vraiment s’il est sérieux ou non.
On suit donc un Val Kilmer digne des frères ZAZ dans Secret Agent. Il est le benjamin d’une famille très influente dont le frère a été président des États-Unis et s’est fait assassiner à la même date que JFK, dont le film est une sorte de satire.
En effet, on est entre le film potache et le thriller paranoïaque des années 70.
Le jeune frère mal aimé, complètement sous l’influence de son père à tous les niveaux, va se lancer dans cette enquête.
Maladroit, désabusé, il va suivre des pistes pour trouver le commanditaire. Ce qui est assez différent, pour un film de ce genre, c’est que ce n’est pas l’État qui pourchasse un malheureux héros journaliste, mais un homme du côté du pouvoir, au-delà même de l’État, car il représente un ensemble de firmes extra-étatiques dont la famille possède une vaste emprise sur le pays. Ce n’est plus l’État qui enquête, mais la famille elle-même, enquêtant sur un complot.
Il y a un côté très Brazil lorsqu’on découvre la base de la famille du héros, et tout s’éclaire (oui, je sais, je suis un peu lent).
La base ressemble à celle d’un méchant de James Bond ou du Docteur Folamour, avec tous ces appareils signés du docteur Folamour et de James Bond. On en finit par se demander si ce n’est pas nous, finalement, le complot, si nous étions dans le camp des “méchants”.
Le héros rejette les moyens de la famille et s’enfonce dans des pistes qui ne font que l’embrouiller davantage, dans une logique de film à tiroirs où tout se complexifie.
Sur le plan personnel, il a aussi un rapport compliqué aux femmes : il ne sait jamais vraiment comment agir avec des femmes libres et indépendantes, et oscille entre maladresse et attachement sincère, avec un cœur d’artichaut assez évident.
Un film assez réussi et drôle, même si l’on ne sait jamais vraiment s’il s’agit d’une vraie blague ou d’un simple pastiche de série B.
Quant au père, il me rappelle l’acteur dans Le Grand Saut des frères Coen ou le sketch “Crimson Permanent Assurance” dans Monty Python: The Meaning of Life.