Les Visiteurs
Note moyenne
3,1
94 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

14 critiques spectateurs

5
1 critique
4
5 critiques
3
3 critiques
2
1 critique
1
3 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 juin 2012
Tourné avec un très petit budget, en 16 mm, avec des acteurs et une équipe non syndiqués, sur la propriété même du cinéaste, bref loin d'Hollywood et de ses méthodes, "Les Visiteurs" (à ne pas confondre avec les aventures à travers le temps de Jacquouille le Fripouille et de Godefroy de Montmirail, c'est pas du tout la même chose !!!) se veut une réflexion sur le bien-fondé ou pas de la dénonciation, manière pour le cinéaste d'essayer de se faire excuser son passé maccarthyste peu glorieux bien que ce ne soit pas du tout la même chose de dénoncer des types qui ont violé et tué une jeune fille que de foutre en l'air la carrière de collègues communistes pour conserver sa piscine, et de la vengeance. Bon déjà que le rythme languissant provoque plus l'ennui que la tension, on pourra ajouter au crédit de ce film des personnages peu subtils et un parallère inconvenant entre la Seconde Guerre Mondiale et celle du Viêtnam ainsi qu'un ton qui se prend visiblement trop au sérieux et qui aurait plus tendance à provoquer le ridicule qu'autre chose. Seuls les acteurs, dont un James Woods encore inconnu à l'époque, arrivent à surnager. Le dernier film de Kazan "Le Dernier Nabab", adaptation ankylosée de Scott Fitzgerald, étant déjà de trop, cette pénultième oeuvre confirme qu'Elia Kazan aurait mieux fait de conclure sa très prestigieuse et brillante carrière sur le très beau "L'Arrangement", son film le plus personnel.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mai 2017
Elia Kazan traite les réminiscences du Viêt-Nam par le huis-clos et la visite de deux anciens compagnons de guerre (Rodriguez et Nickerson) dénoncés par Bill Schmidt, qui vit dans le Connecticut avec sa fiancée Martha. Le malaise imprimé par le film provient de cette idée de départ mais aussi d'une image très granuleuse et d'un scénario qui déjoue l'attente d'un règlement de comptes pour finalement ne pas raconter grand chose. Très vite, Rodriguez dit à Bill qu'il est prêt à lui pardonner tandis que Nickerson reste mutique, prend possession de la maison en dormant sur le canapé et en se rapprochant de Martha. Mais difficile de savoir si Rodriguez ne conserve vraiment plus aucune rancœur, ce que Nickerson peut faire tant il semble insaisissable et jusqu'où le père de Martha, produit inculte de l'extrême-droite qui met sur un pied d'égalité la Seconde guerre mondiale et le Viêt-Nam, peut prendre parti pour les deux visiteurs avec qui il partage un goût prononcé pour la sauvagerie. Le film avance sans que les personnages ne déterminent clairement leurs positions, une indécision qui participe à un véritable sentiment d’étouffement, à l'instar de Bill qui va tantôt lire les petites annonces dans la cuisine tantôt aller s'occuper de son bébé, une soi-disant indifférence qui ne saurait durer jusqu'à une issue sèche et brutale, où l’ambiguïté et le silence ne peuvent céder qu'à l'expression d'une vengeance dont on ne sait pourtant si elle était prévue dès le départ. Anxiogène et malaisant, un film qui fait froid dans le dos.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 336 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 août 2012
Kazan signe en 1971 son antépénultième film avec très peu de moyens n’ayant plus depuis longtemps la confiance des studios. Le conflit du Vietnam s’enlise et les GI’s ont du mal à s’insérer dans la société à leur retour au pays. L’ultra-violence a fait son entrée au cinéma avec des metteurs en scène comme Sam Peckinpah ou Stanley Kubrick. C’est un Kazan imprégné de toute cette atmosphère qui se lance dans cette aventure qu’il tournera en décors naturels dans sa maison de campagne. On ne peut s’empêcher de faire l’analogie avec « les Chiens de paille » sorti juste avant « Les visiteurs ». Ce n’est pas un hasard si ce sont deux réalisateurs en rupture de ban avec Hollywood qui sont à la tête de deux projets hors du champ de vision traditionnel des producteurs de la cité des Anges. Chez Kazan la violence est beaucoup moins visuelle que chez Peckinpah et pourtant son film n’en est pas moins fort. Le metteur en scène avec une réelle économie de moyens parvient à distiller une atmosphère insoutenable construite sur le simple fait que l’on ne sait vraiment jamais ce que veulent les deux hommes venus retrouver leur ancien compagnon d’arme qui les a dénoncés pour le viol et le meurtre d’une jeune vietnamienne en opération. C’est cette attente qui à la longue devient insoutenable pour le spectateur. S’ajoute à cette ambiance malsaine l’attitude de la femme de James Woods et celle de son père écrivain alcoolique et réactionnaire qui n’attendait que la présence de ces deux-là pour réactiver ses pulsions les plus viles enfouies sous les litres de whisky.Le massacre du chien du voisin est la démonstration qu’il ne faut pas longtemps pour que la réunion d’âmes déséquilibrées produisent les pires effets. Le film soulève des tonnes de questions et Kazan se garde bien de donner la marche à suivre préférant laisser le spectateur trouver son propre chemin. Bien des décennies avant la mode de la caméra à la main Kazan innove et nous montre qu’encore aujourd’hui il en remontrerait à to
Sylvain P

386 abonnés 1 429 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 septembre 2011
Elia Kazan, culpabilisant pour s'être adonné à la délation dans les Etats-Unis d'après-Guerre, signe un film d'explication et de clarification qui n'explique ni ne clarifie rien. Sans un sou, muni d'une caméra de piètre qualité, il met en image un scénario longuet et attendu en se prenant bien trop au sérieux. Il livre donc un film indigeste et soporifique, indigne de sa carrière et oublié par la postérité à juste titre. Peut-être a-t-il voulu donner du sens à la maxime "La vieillesse est un naufrage". Il ne s'y serait pas mieux pris.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 306 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 28 mars 2019
Pointer du doigt la guerre du Viêt Nam, alors toujours en cours à l'époque, n'est clairement pas la priorité. Même si les trois personnages principaux masculins du film sont d'anciens soldats ayant combattu là-bas et revenus avec de sérieuses séquelles. Dans ces "Visiteurs", le thème clé est clairement la délation. Et, en matière de délation, Elia Kazan en connait un rayon. Lui qui pendant le McCarthysme n'avait pas hésité à cafter des collègues approuvant les idées communistes. Pour sauver sa piscine et ses Ferrari comme on dit. Bref. En faisant ce film, Kazan, sentant sa fin venir, reconnaît ses vilains agissements et veut s'en repentir. Deux problèmes se posent alors. L'un est purement moral: peut-on pardonner quelqu'un ayant agi de la sorte ? L'autre est purement cinématographique: Kazan reconnaît ses fautes, c'est un fait, mais avait-il besoin de faire un film aussi chiant à mourir ? Non parce que les mecs, sérieusement, devant ce truc, on s'ennuie grave quand même. Il ne se passe rien. Il faut quand même plus d'une heure pour attendre que la situation se décante. Alors que le film dure à peine plus d'une heure vingt. De plus, le parallèle fait entre la guerre du Viët Nam et la seconde guerre mondiale est franchement discutable. Il n'y a pas grand chose à sauver de cette avant dernière oeuvre du cinéaste.
Henrico
Henrico

227 abonnés 1 447 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 2 juillet 2010
Il est pénible de voir le manque de distance que prennent certains lorsqu’il s’agit d’évaluer un cinéaste de grande notoriété. Le film n’aurait pas été réalisé par Kazan que les éloges n’auraient pas autant fusé. Et pour cause : le propos de Kazan ici est archi confus. Il voulait, selon lui, faire une diatribe sur la guerre du VietNam et dénoncer ses incidences néfastes sur les esprits. La démonstration est dans ce cas un échec car les effets criminogènes de la guerre du VietNam sur les jeunes visiteurs semblent être les mêmes que la guerre 39~45 sur le grand-père. Or, mettre en parallèle les deux guerres pour le besoin de la démonstration n’était pas pertinent et ne pouvait amener que confusion. Les justifications d’une entrée en guerre des Etats-Unis contre les communistes VietCongs peuvent se discuter. Pas celles de leur entrée en guerre contre Hitler. La confusion globale du film vient aussi du fait que tous les personnages semblent être troubles. Ils ont tous des motivations contradictoires. On sait, par conséquent, d’avance que la rencontre finira mal, car, en plus, tous, même le principal concerné, semblent avoir un point commun : du mépris pour Bill, le personnage central. A la désolation de regarder sans surprise se dérouler un drame annoncé, on aura subi une entrée en matière laborieuse, et une narration hyper pesante. Non, vraiment, rien dans ce film ne nous rappelle l’efficacité, la profondeur, la flamboyance de l’auteur de « America, America », « A l’Est D’Eden », « Sur Les Quais » ou « Viva Zapata » ou de « Un Tramway Nommé Désir ».
il_Ricordo
il_Ricordo

118 abonnés 407 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 juillet 2012
On attribue (à tort) à Voyage au bout de l'enfer le mérite d'être le premier film à avoir traité du Viêt-nam avec un regard chargé de reproches et d'incompréhension.
C'est faire grande injustice au film d'Elia Kazan, dont la distribution il est vrai, n'a même pas atteint (ou très peu) l'Europe et est encore aujourd'hui difficilement trouvable. C'est vrai qu'on est à des années-lumières des fresques grandioses d'un Cimino ou d'un Coppola, et que le film manque parfois du souffle des grands films de Kazan.
James Woods vit tranquillement avec son compagne et son fils, dans la propriété de son "beau père" (qu'il déteste, et le sentiment est réciproque), quand un beau jour il arrive d'étranges visiteurs.
La fameuse visite que reçoit James Woods est celle du passé. Un passé violent, brutal, bestial et halluciné. Son passé, c'est d'avoir dénoncé ses camarades pour le viol sordide et le meurtre d'une Vietnamienne en pleine opération. Ses camarades l'ont retrouvé, et lui en veulent encore malgré ce que dit Tony (pourtant bien plus sympathique que le dénommé Mike). Le film démarre lentement, mais toutes les scènes montrent une montée en puissance phénoménale de haine et de violence.
Les Visiteurs est loin, très loin de toutes les grosses productions antérieures de Kazan depuis Le Fleuve sauvage et de son dernier film, Le Dernier nabab, réalisé quelques quatre ans plus tard.
Cependant, tourné avec un petit budget et sans stars devant la caméra (James Woods n'est pas encore connu), avec un scénario simpliste, Les Visiteurs offre un résultat à la hauteur des espérances : une profonde remise en question de l'innocence des États-Unis pendant la guerre du Viêt-nam, de l'hypocrisie ambiante, de l'héroïsme traditionnel etc. Par sa force exceptionnelle surprenante et de splendides prises de vue dans l'hiver enneigée, et par son symbolisme surgissant dans chaque scène, Les Visiteurs est incontestablement un film d'Elia Kazan.
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 mai 2014
Toujours intéressants de redécouvrir dans les mains de monstres sacrés comme Kazan ces petits films indépendants de fin de carrière, tournés à l'économie, à l'ingéniosité d'une mise en scène au scalpel, comme s'ils avaient eu besoin de revenir à des formes à la fois simples et sophistiquées, délaissant les effets et autres grandiloquences pour ne se concentrer que sur la fulgurance d'un huis clos étouffant qui fait resurgir les fantômes du passé, la culpabilité jamais enfouie assez profondément... Au final une atmosphère anxiogène, une construction et une narration habiles, une direction d'acteurs hors pair, reste un film somme toute mineur dans la filmographie d'Elia Kazan parsemé de tics auteuristes qui peuvent énerver. Et tout ça manque finalement d'un peu de souffle sur la durée. Mais il faut le voir, comme il faut voir les Twixt et autre Tetro de Coppola qui dans un même état d'esprit que Kazan au soir de sa carrière, se mit à la recherche d'une deuxième jeunesse,ou d"une forme d'épure tout simplement...
Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mai 2021
Un vétéran de la guerre du Vietnam se retrouve confronté à deux de ses anciens camarades qu'il a mené en prison. Ce huis-clos, avec ses deux personnages qui s'introduisent dans le domicile d'une famille, a un côté "Funny games" en plus soft.
noodles2
noodles2

115 abonnés 108 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juin 2025
1972, alors que la Guerre du Vietnam n'est pas finie, Elia Kazan sort ce qui sera son avant dernier film, Les Visiteurs.
Son mea culpa sur sa dénonciation de ses pairs au moment du Maccarthysme et de la chasse aux Sorcières à Hollywood.
Un jeune appelé, vétéran du Vietnam, est retrouvé par 2 de ses anciens camarades de guerre chez lui, alors qu'il vit tranquillement reclus avec sa femme, son Beau-père et son bébé, aux confins de l’Amérique.
Si ses 2 comparses viennent en apparence le saluer, sous prétexte d'être démobilisés et dans le coin, ils cherchent en fait à se venger de la dénonciation de ce dernier après qu'ils aient tué et violé une Jeune Viet enlevée dans un village.
Si cette histoire rappellent aux adeptes des films de guerre sur le Vietnam quelque chose, c'est normal : c'est le pitch de Casualties Of War (Outrages, 1989) de De Palma; Sauf que l'action de ce film là se déroule après les faits, et à été tourné bien longtemps avant.
1er film sur les traumatismes des survivants du Vietnam, Kazan traite du sujet pour exorciser sa culpabilité de ce qu'il a fait 20 ans auparavant, on peut se demander si la comparaison de son action et celle de son personnage principal est aussi honorable. Je rappelle que Bill (campé par un tout jeune James Woods) a dénoncé ses camarades parce qu'il refusait de violer et d'assassiner une jeune fille de 15 ans.. Alors que Elia Kazan a donné ses compatriotes pour sauver sa peau et sa carrière.. Ce n'est pas tout à fait la même chose.. Mais le geste cinématographique est compréhensible et hautement réussit et quoi qu'il en soit il ne filme pas ses personnages en donnant quelque leçons de moral à quiconque et il établie un constat consternant de son pays qui continue à s'embourber dans une guerre que personne n'accepte et ne comprend.

Tourné avec peu de moyen, à la manière d'un documentaire un peu fauché, sans musique, sans effets, il y règne pourtant une tension qui monte jusqu'au dénouement final où la violence, inexorable, explose. Mais sans sensationnalisme et si Kazan filme son sujet dans le sillage des Chiens de Paille, tourné l'année précédente, il reste beaucoup plus sobre.
Les 2 agresseurs ne sont pas montré comme des brutes décérébrés contrairement à ceux de Peckinpah, mais vraiment comme des soldats meurtris par une guerre traumatisante, qui semblent hésitant tout au long du film (qui se déroule en temps reel) à ce qu'ils réservent au personnage de Woods.
Si la jeune femme est totalement à l'Ouest (au courant de rien de ce qu'il se passe la bas.. demandant si l'herbe est verte...) et sans doute représentative d'une génération post Vietnam, baba-cool et anti guerre, Le personnage qui fait basculer l'action est celui du beau père, vétéran lui aussi, mais de la "VRAIE guerre" (comme il le revendique), la Seconde. C'est l'element déclencheur de cette violence latente: lui le patriarche réactionnaire, portrait type de l’Amérique qui gagnait, celle des années 50, celle où on était fier d'avoir fait la guerre. Face à son fils dont il a honte, qui a dénoncé ses camarades, et les 2 soldats qui ont "accompli" leur devoir, qui pourraient être ses enfants spirituels, il n'hésite pas à exhiber son fusil de chasse spoiler: et à tuer le chien de son voisin
, à montrer son penchant pour le whisky, et sa passion du foot US. et surtout à "exciter" les 2 jeunes soldats et les inciter à se venger contre son propre fils.
Ce film dépeint de manière très âpre une Amérique fracturée, qui commence à se chercher une rédemption et qui se prépare à surmonter son traumatisme de cette guerre qui les hantera très longtemps..

Cette œuvre de Kazan montre une facette très différente et décidément très éclectique et qui se clôturera l'année suivante par un film à l'opposé totale de celui-ci: "Dernier Nabab".
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 mars 2014
En regardant ce film, impossible de ne pas penser au souvenir du Maccarthysme où Elia Kazan dénonça certains collègues de sa profession. Il filme le pardon (même si c'est peu comparable à son cas, là c'est le Vietnam où le personnage joué par James Wood dénonça deux de ses camarades qui ont violé une jeune Vietnamienne.) L'impression est que l'on a vraiment de la sympathie pour James Wood le soit disant "traitre" et beaucoup de antipathie pour les deux qui lui rendent visite (ainsi que le beau-père). Et la fin donnera raison à cette vision. On a vraiment l'impression que c'est filmé vite fait, la mise en scène est pas très bien faite et pas appliqué (surprenant venant de Kazan) mais il s'en sort bien, pour une réalisation artisanale c'est plutôt pas mal. Film assez court on attend, on attend, toujours rien (sans être déplaisant), ça bouge peu et à 20 minutes du terme ça commence à s'énerver. James Wood est plutôt convaincant, et les autres acteurs s'en sortent bien. Bref ce n’est pas génial, son avant dernier film ne laissera pas de traces dans sa belle carrière, son film suivant (le dernier Nabab) rehaussera le niveau.
Claire M.
Claire M.

2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 avril 2012
« Les Visiteurs » est une rupture dans le cinéma d'Elia Kazan. Après « L'Arrangement », super production hollywoodienne avec Kirk Douglas et Faye Dunaway, il livre un film plus personnel tourné dans sa propre maison avec des acteurs encore inconnus (ce film révèlera James Woods).
Plusieurs sujets sont abordés dans cette histoire, la vengeance, le sentiment de culpabilité, la vie après la guerre qui est différente pour chacun des personnages. Harry, Tony et Mike sont les personnages forts, ils représentent les envahisseurs d'un pays calme et paisible personnifié par la maison de Bill et sa famille, qu'ils tyrannisent. Bill se met dans une position de victime face aux trois hommes, il ne défend pas sa famille, laisse entrer ces étrangers dans sa vie. Martha est la seule à parler ouvertement du viol qu'ils ont commis (une fois seule avec Mike, quand son père est parti et que le bébé est couché), et elle accepte malgré tout de danser avec Mike. Durant toute la durée du film, on ne sait pas ce qu'il va se passer, à plusieurs reprises Mike et Tony sont sur le point de partir, mais sont retenus par Bill et Martha.
Ce film tourné avec un petit budget dans des décors naturels est ancré dans la réalité. L'histoire se passe en une journée d'hiver et crée un sentiment d'isolement, donne l'impression d'un lieu fermé qui ne permet pas de s'évader. Bill et sa famille sont pris au piège avec ses visiteurs venus de nulle part. Cette atmosphère tendue est renforcée par l'absence de musique pendant toute une partie du film et la faible quantité de dialogues. La musique apparaît vers la fin, elle est répétitive et est en contradiction avec les violences qui se produisent. Kazan choisit de tourner le film en super 16mm, format plus économique normalement réservé au cinéma amateur.
Ce huis clos est peu connu du grand public car il sort des normes du cinéma hollywoodien. Il n'y a pas d'action, la fin est violente, les scènes sont longues et plutôt lentes et en 1972, les spectateurs se dirigent plus vers « L'Aventure du Poséidon » ou encore « Cabaret », des films plus populaires. « Les Visiteurs » est un film qui joue avec ses spectateurs et qui entretient un certain suspense jusqu'à la fin
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 mars 2010
Voici un inédit ou presque du grand Elia Kazan, l'un des meilleurs réalisateurs de l'histoire et l'un des plus detestés, non pour son talent, immense, mais pour ce qu'il a commis durant la chasse aux sorcières.
“Les visiteurs” est un grand film paranoiaque comme les années 70 nous en ont livré, “les chiens de paille” de Sam Peckinpah en tête. On pense aussi, plus récemment, à “Funny games” de Mickael Hanneke, pour la violence des rapports, la tension qui s'en dégage, même si la comparaison s'arrête là. Ce huit clos à cinq personnages dans une ferme isolée n'a rien à envier au films précités. Le stress provoqué par les deux intrus est troublant. On ne sait ce qu'ils recherchent et si la vengeance est leur moteur ou si au contraire ils cherchent la rédemption. Et Kazan ne tombe jamais dans le cliché du film de genre, ce serait trop facile. L'oeuvre de Kazan fait de cette incertitude un personnage à elle toute seule.

Mais ce qui est brillant, c'est de confronter, pour une fois, la cruauté cauchemardesque des GI revenant du vietnam, qui ont perdu tout sens moral sur le front, à l'angelisme des militants anti-guerre, qui ne connaissent que théorie et grandes idées mais n'ont rien vécu de cet enfer. Le thème est traité sous l'angle du choix. Doit-on se comporter en héros au sens moral ou en héros au sens patriotique lorsque l'on est soldat au sein d'une véritable boucherie ? Quelles sont les conséquences de ces choix ?
suite ici ...
http://dante7.unblog.fr/page/3/
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 2 avril 2016
Avec un tout petit budget, Elia Kazan tourne ce film (un des premiers) sur les traumatismes des vétérans du Viet Nam. L'atmosphère se tend au fil des scènes dans un huis clos parfaitement maîtrisé. A découvrir.
Les meilleurs films de tous les temps