Après la grosse déception qu'aura été, pour moi, " Rocco et ses frêres ", je m'apprétais à visionner ce long métrage de Luchino Visconti avec une certaine anxiété, mais au final, je me suis retrouvé à voir une oeuvre vraiment touchante et bien réussi dans son ensemble. L'histoire de ce mélodrame que réalisa le cinéaste italien en 1957, est assez émouvante, en grande partie grâce à son duo principal qui est composé de l'excellent Marcello Mastroianni et de l'adorable Maria Schell, et le tout se regarde donc avec beaucoup d'intêret du début jusqu'à une fin, il faut l'avouer, bien déchirante. La photographie en noirt et blanc est également une belle réussite, et rend d'ailleurs l'oeuvre à la fois bien inquiétante et étrange, mais aussi d'une grande tendresse sur certaines séquences. Une très belle réussite en ce qui me concerne.
Un film étonnant dans l'oeuvre de Luchino Visconti car elle ne se situe ni dans son courant néoréaliste (Les Amants diaboliques, La Terre tremble,...) ni dans ses fresques historiques (Senso, Le Guépard,...). "Nuits blanches" est une oeuvre dont l'onirisme est admirablement accentué par un noir et blanc qui joue admirablement sur les teintes blanchâtres douces et le jeu d'un décor resserré qui nous le rends vite familier est remarquable. Marcello Mastroanni est excellent comme à son habitude et Maria Schell est rayonnante. Mais un point qui n'est pas du tout crédible, comment peut-on préférer ne serait-ce qu'un instant Jean Marais à Marcello Mastroanni ? C'est ce point peu crédible qui empêche de faire de "Nuits blanches" le grand film qu'il aurait pu être.
c'est une histoire étrange qui se passe dans une ville d'Italie pleine d'ombre, de pluie et quasiment tout le temps de nuit !! Maria Schell joue bien la fille naive, désespérée et touchante qui attend depuis 1 an un homme (Jean Marais) qui s'est enfuit (pourquoi ??) elle rencontre Marcello Mastroianni qui tombe amoureux d'elle, lui passe par tous les affres de l'angoisse, pour finir par croire à cet amour qui lui tombe dessus, mais ..... Jean Marais revient et son beau rêve tombe en miette à ses pieds ...
Film de Visconti d'une beauté rare et moins célèbre que certains de ces grandes fresques historiques comme le "Guépard". Marcello Mastroianni est parfait dans ce rôle d'amoureux à sens unique d'une Maria Schell, très bonne dans le rôle de la jeune fille naive mais complexe. Ce film s'inspire d'une nouvelle de Doistoveski sur laquelle James Gray s'est également inspiré pour réaliser le très bon "Two lovers". Il est amusant de voir que certaines scènes de ces deux fims sont quasiment analogues ( celle où Mastroianni se lance dans une danse alors qu'on voit qu'il n'est pas dans le coup ressemble très fort à scène où Joaquin Phoenix danse maladroitement dans une boîte de nuit New-Yorkaise, de même que l'émotion ressentie à la fin ). Ajoutons que l'atmosphère du film est particulière dans ces décors d'Italie d'après-guerre hivernale créés à la Cinecitta et sur une bande originale remarquable de Nino Rota.
Beau film avec une superbe histoire d'amour adapté de Dostoïevski (donc de très bonne qualité). Les acteurs font ressentir un désespoir et une tristesse à fleur de peau. La réalisation est excellente et s'insère parfaitement dans les décors sombres et humides, plusieurs scènes semblent irréel (dans le café ou les gens dansent). La fin est prévisible mais splendide.
Un beau film porté par deux grands acteurs dans de grands jeux de séduction. Un peu de retenu et de simplicité aurait été les bienvenu dans la dernière nuit.