La Fiancée du pirate
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Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 mars 2025
L'histoire de Marie, fille peu farouche, mais qui, à force d'être exploitée, brimée, maltraîtée et humiliée va décider de renverser la vapeur et de faire mordre la poussière à ses bourreaux. Que de souvenirs que cette "Fiancée du pirate". Je m'étais pris un sacré méga choc par la tronche la première fois que je l'avais vu. Parce que si je m'attendais à une histoire de vengeance, je n'avais pas vu venir ladite vengeance appliquée en usant de la prostitution. Il n'a, je crois, jamais été question d'autre chose que d'exposer sans fard la médiocrité humaine et de la fusiller crument à la sulfateuse. Être mauvais ou ne pas l'être ne dépend en rien d'une classe sociale ou du sexe de la personne. Pour preuve sont ici terrassés deux propriétaires terriens (dont une femme), un herboriste, un abbé, un épicier et sa femme odieuse, un facteur (aussi garde champêtre) et deux employés de ferme. Bernadette Lafont y était absolument impériale, dans un rôle qui l'éloignait radicalement des personnages truculents qu'elle affectionnait tant. Secondée par quelques excellents seconds rôles, comme Julien Guiomar, Georges Géret et Michel Constantin, même s'il n'apparaît seulement que deux fois. Seule ombre au tableau : la première partie du film (allant jusqu'à l'enterrement de la vieille) est ratée. Si celle-ci avait été mieux faite, la note maximale aurait été donnée sans que cela ne fasse esclandre.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 mars 2024
Marie vit pauvrement dans une petite cabane aux abords du village de Tellier. Sa condition de marginale, de sauvageonne, ne lui vaut qu'insultes et mépris de la part de quelques figures notoires, généralement pleutres et hypocrites, du village (bourgeois, ouvriers et curé confondu).
Pour se venger, spoiler: la belle Marie décide de monnayer ses charmes afin de ruiner ces notables médiocres et concupiscents.
Ce n'est plus qu'un défilé chez Marie, où chacun, triste figure du conformisme provincial, essaie de s'attacher les faveurs de la jeune femme, incarnation de la liberté et de la sensualité.

Devant cette peinture de moeurs corrosive, comment ne pas penser à Bunuel et à l'ironie surréaliste en général? En prospérant, Marie accumule des biens de consommation dont elle n'a pas besoin, et que ses clients, les pourvoyeurs de ce faux luxe, dans un accès de rage, spoiler: finiront par saccager.
Tout un symbole. Il en est un autre qui fait d'André (Michel Constantin), venu de la ville et projectionniste de cinéma, donc de culture et d'imaginaire, le seul personnage civilisé et respectueux.
Entre surréalisme et naturalisme ( la situation d'ensemble est outrée mais les portraits individuels ne sont pas aussi caricaturaux qu'il y parait), la satire de Nelly Kaplan moque intelligemment une ruralité bête et méchante, mesquine et arriérée.
Face à Bernadette Lafont, rayonnnante et sensuelle, dont on peut penser qu'elle est aussi la femme rebelle au sexisme des hommes, les autres comédiens s'en donnent à coeur-joie dans la veulerie et le grotesque, figurant un triste reflet de l'humanité.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 mars 2024
Film qui a mal vieilli. Très bonne interprétation de Bernadette Lafont. Mais bcp de clichés et de lourdeurs.
Evelyne D.
Evelyne D.

14 abonnés 126 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 novembre 2023
Je m'attendais à plus d'allant et un scenario mieux construit. Seul Sergi Lopez apporte quelque dynamisme à son rôle, les jeunes semblent effacés heureusement qu'on a des grands traits pour les reconnaitre comme le musicien cowboy étranger, le peintre, le jardinier queer divorcé, et quand à l'actrice principale et réalisatrice, elle semble porter avec lourdeur le poids de sa vie et ne réagir que dans des scènes non filmées , elle dit par ex j'ai réfléchi et du coup j'ai décidé, mais il aurait été intéressant de connaitre les motivations
AviE
AviE

12 abonnés 47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 août 2023
Dans un esprit de comédie de boulevard comme il n'en existe plus, Nelly K. nous montre une leçon de vie sur le paraitre des gens de la campagne et ceux de la ville. Bernadette L. joue très bien, c'est un de ces premiers films.
NotThatYouThink
NotThatYouThink

46 abonnés 281 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 septembre 2021
Au départ, j'ai pensé à un vieux téléfilm français des années 70 à l'introduction de "La Fiancée du Pirate" : un cadrage approximatif, une photographie pas non plus exaltante et un audio plutôt criard, j'ai hésité à m'arrêter là pour tout vous dire. Mais j'ai continué dans un élan de curiosité. Puis il y a eu un turn-over quand le jeu de séduction magnifiquement réalisé par Bernadette Lafont a commencé, sa performance m'a ensuite tenu en haleine tout du long. Une femme révoltée, une femme cherchant sa place parmi les gueux de son village et au delà, une femme voulant simplement être reconnue en tant que femme, dans toute la sensualité, sa grâce, sa féminité et son désir. C'est audacieux et ça fonctionne à merveille. Alors, j'ai décidé d'oublier un peu le cadrage moyen et la forme dans son ensemble, pour découvrir et m'ouvrir à un fond bien plus riche de sens. Belle surprise !
Alasky

454 abonnés 4 539 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 novembre 2020
Satire sociale en mode champêtre, sur fond de cinéma libertaire des années 60. Ce film a beaucoup vieilli mais les thématiques traitées restent relativement actuelles, et l'histoire reste captivante grâce à l'ambiance et le jeu de tous les acteurs, Bernadette Lafont en tête.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 mai 2020
La fiancée a un statut à assumer. BL est parfait dans son rôle de femme à qui rien ne résiste et opiniâtre.
Les hommes sont lâches et veules. Cette femme dérange mais fascine. On a cette mise en scène qui reflète bien cette hiérarchie
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mars 2021
Une fable insolente et glaçante, qui fit scandale à l'époque, dénonçant l'hypocrisie, la misogynie et l'ordre établi sévissant dans la France profonde, portée par un superbe casting, notamment Bernadette Lafont géniale dans son rôle de sorcière facétieuse.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 15 février 2020
Un film qui se regarde comme on lit le journal satirique « Charlie Hebdo » : « bête et méchant ». Je découvre et apprécie pour sa triple audace : celle d'un scénario : un brûlot contre l'hypocrisie et la méchanceté, et un hommage à la femme et de son droit à disposer de son corps ; celle de sa réalisatrice qui a su imposer un film engagé sur plusieurs fronts : au-delà de la bêtise humaine, l'oppression des notables sur leurs employés, par exemple ; et celle de son interprète : Bernadette Lafont qui n'a pas hésité à se mettre nue pour confondre le petit pouvoir mesquin des hommes en dénonçant leur lâcheté et l'inégalité des classes sociales. Une Bernadette Lafont sulfureuse et d'une venimeuse séduction. Certes, les séquences se répètent un peu mais la vengeance a besoin de temps pour se mettre en place surtout quand on vit dans un taudis (issu d'un don "charitable" de la communauté de Tellier), au fin fond d'une campagne peuplée de bouseux. A noter, le récit demeure intemporel comme les fausses rumeurs, la méchanceté qui conduit à médire sur ce qu'on ne peut saisir, parce que faible, veule, jaloux et mesquin. A découvrir.
Caine78

7 755 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 septembre 2019
LE film ayant consacré Nelly Kaplan comme une réalisatrice importante de la fin des 60's, sa dimension très post-soixante-huitarde se ressentant sensiblement. Oui, parce que « La Fiancée du pirate », c'est quand même un vrai cinéma anarchiste, n'hésitant pas à appuyer là où ça fait mal à une époque où le féminisme n'était pas encore franchement à la mode. Je n'ai pas tout aimé : cette vengeance m'a paru parfois bancale, pas toujours maîtrisée ni toujours totalement cohérente dans son raisonnement, du moins dans la première partie. La répétition guette, cette logique de narration pouvant donner l'impression d'un enchaînement de scènes se ressemblant souvent. Ce serait toutefois clairement passer à côté d'une mécanique très bien huilée, ne respectant pas grand-chose et faisant souffler un vent de liberté régénérant, tapant fort sur la phallocratie absolue dominant alors dans la société à travers ce patelin peu fréquentable. Tous des ordures, certains plus que d'autres, désirant absolument la même chose, se noyant dans une respectabilité à laquelle ils ne croient eux-mêmes pas un seul instant. C'est cru, incisif, ayant l'habileté d'éviter tout manichéisme en imaginant une héroïne n'ayant rien d'angélique (euphémisme), cette « vendetta par le sexe », prenant tout son sens au fil des minutes (notamment lors d'un dénouement réjouissant et pour le coup particulièrement bien amené), l'ordre établi en prenant aussi joyeusement pour son grade : l'église et surtout la police... Belle alchimie également au niveau du casting : si Jean Parédès est probablement celui retenant le plus l'attention, tous son excellents, Bernadette Lafont offrant probablement sa prestation la plus marquante dans un de ces rôles troublant l'esprit du spectateur pas mal de temps après le visionnage. Il y aurait pas mal d'autres choses à écrire sur une œuvre n'ayant finalement pas tant vieilli que ça, en évoquant d'autres tout en traçant son chemin : sur les choix musicaux, sur ce regard assez mordant de façon générale, le mieux est donc encore de vous encourager à le découvrir, nul doute que ce ton très cinglant ne plaira pas à tout le monde, mais au moins ne laissera t-il personne indifférent. Salutaire.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 septembre 2019
En cette période juste post soixante-huitarde, Nelly Kaplan raconte dans ce film l'histoire d'une vengeance ; la vengeance des marginaux (en l’occurrence d’une marginale) contre les notables du village, bien-pensants, hypocrites, soucieux de leur tranquillité et de leur apparence. Le ton, libertaire, est celui d’une fable, et l’on suit avec un plaisir certain la façon dont Marie les humilie à son tour, l’affirmation de sa personnalité anticonformiste et sa marche vers la liberté.
Zadigo
Zadigo

1 abonné 19 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 octobre 2019
En campagne, dans les années supposées 70. Pour se venger des gens du village après la mort (accidentelle ou pas) de sa mère puis de son animal de compagnie, une jeune femme, Marie, qui n'a connu que misère et abus, décide de s'affranchir de sa condition et de se prostituer. Progressivement elle accumule de l'argent de la part des mêmes personnes qui les ont méprisées, elle et sa défunte mère.
Sur le papier, l'histoire suscite l'intérêt. Sur le papier seulement car excepté le dernier quart d'heure, qui inclut un truculent dénouement, la mise en scène, le jeu d'acteurs, la scénarisation sont trop caricaturaux, et les personnages peu crédibles tant excessifs (on se croit parfois dans une mauvaise pièce de théâtre...).
Certes l'idée est bonne (celle d'une vengeance réussie où la morale l'emporte), le contexte tout à fait plausible (milieu rural miséreux et misérable), mais la forme est traitée légèrement, voire à la va-vite pour une grande partie du film, Quant au jeu d'acteur de Bernadette Lafont qui incarne le personnage complexe de Marie, il manque de subtilité et de richesse.
Bref, je trouve qu'on peut s'en passer.
helene de trois
helene de trois

19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2019
Un petit bijou d'humour et d'intelligence. Étonnamment actuel. Au carrefour de Peau d'Ane et des Valseuses, MAIS résolument féministe. Ne passez pas à côté !
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 novembre 2018
Réalisatrice qui m'était totalement inconnue, Nelly Kaplan signe avec La fiancée du pirate, un film agréable sur lequel souffle aujourd'hui encore un vent de liberté.
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