Une sorte de polar lunaire intéressant, qui sort des sentiers battus, très décalé en fait. Un climat qui s’appuie tout d’abord sur une très belle interprétation, en premier lieu de Thierry Lhermitte , qui tient là un de ses meilleurs rôles, en détective privé, looser, triste, un peu paumé, cabossé par la vie, « minable » dans ses relations avec les femmes, il excelle. Marion Cotillard, qui a un jeu à géométrie variable, souvent dans le sur-jeu, est ici tout en mesure, avec beaucoup de fraîcheur et naturel, et les deux se découvrent et se livrent beaucoup l’un à l’autre y compris physiquement, très belle scène.
L’intrigue est astucieuse, avec la disparition mystérieuse de cette jeune fille, nous entrainant dans des situations souvent incongrues et originales, comme ces passages dans ce club échangiste baroque, au centre de l’enquête, où la . avait ses habitudes. Des personnages souvent barrés, avec des très bons seconds rôles ; Darroussin, Clovis Cornillac, Niels Arestrup, Louis de Lencquesing, Philippe Nahon ( le formidable acteur de « Carne » de Gaspar Noé), Jeanne Balibar , une magnifique brochette .
Nicloux confirme qu’il est vraiment un réalisateur à part dans le paysage français, très talentueux, et qui conclue ici un très bon opus.