Magnifique film ‘’noir’’ de 80 minutes. Tout est parfait et s’il n’y a pas de femme fatale, il y en a trois très attachantes pour compenser. Elles bannissent la misogynie du récit. Janet Leigh à 21 ans est absolument adorable et Mary Astor se remarque une fois de plus. Il est impossible de prendre partie pour l’un ou l’autre des sombres héros, tous deux victimes des conditions crées par la guerre…Cela donne au film une force étrange basée sur l’ambiguïté des jugements à porter, compte tenu des mensonges permanents du lieutenant. Une autre qualité internes de ce film réside dans sa progression inexorable dans un enfermement intellectuel dont Frank ne se sortira qu’au prix d’un rachat in extrémis. La mise en scène est formidablement bien adaptée à l’action avec une scène finale dont les jeunes spectateurs d’aujourd’hui n’ont plus aucune chance de voir (à moins de venir aux sources du cinéma). Un pur chef d’œuvre de genre, appartenant à 100% au romantisme cinématographique ou la qualité du visuel se dispute à la gravité de certains problèmes humains.
Polar se révélant être un drame sensible sur la trahison - en l'occurence de ceux échappant à la conscription -; et plongée à un rythme d'enfer dans le monde de ces milliers d'anonymes & de travailleurs de force des grandes cités forcés de presque marcher au pas. La tension provoquée par les diverses mesquineries monte au fur et à mesure et débouche sur une violence larvée et sourde, pour finir sur une tragédie.
Démarrant sur une base on ne peut plus classique, cet "Acte de violence" fait partie de ces films sachant au fur et à mesure des minutes monter en puissance pour nous offrir au final un film noir des plus brillants. Culpabilité, trahison, obsession et folie sont ainsi autant de thèmes traités avec talent et subtilité par un Fred Zinnemann signant ici l'une de ses plus belles réussites. De plus, l'inversement des valeurs orchestrées par le film s'avère presque vertigineux à suivre tant il évite les stéréotypes et les facilités la plupart du temps inhérentes au genre, chaque personnage ayant au final un réel rôle à jouer sans que le récit ne s'en ressente à un quelconque moment, ce dernier en ressortant au contraire fort enrichi par des enjeux humains particulièrement intéressants à suivre. Le rythme soutenu et l'excellence de l'interprétation ne faisant eux que confirmer cette impression de réussite à tous les étages, il ne nous reste alors plus beaucoup d'autres possibilités que celle de nous enthousiasmer devant une oeuvre aussi belle que marquante : une vraie réussite!
Excellent film noir qui présente les faits dans sa première partie et nous emmène dans la tension et la noirceur dans la seconde avec ses poursuites et ses personnages cupides. Une tension vive et efficace.
Un film noir qui arriva juste après la 2nde Guerre Mondiale, et qui s'attaqua à un sujet épineux, les prisonniers de guerre. Mais comme c'est un film noir, on est pas vraiment en mode "La grande évasion". Non, on débouche sur un thriller psychologique tendu, sombre et philosophiquement sur un fil ténu. V. Heflin campe admirablement ce vétéran, poursuivi par un R. Ryan de retour du front lui aussi, sans que l'on sache très bien ce qu'il lui veut. La vérité est assez révélée, plongeant le spectateur dans un abyme de doutes et de questionnements. Si on peut décider très vite de qui a raison, le film évite le jugement péremptoire, et opte pour un traitement plus profond. spoiler: On va suivre la longue descente aux enfers de Heflin, plongé dans un monde de doutes et de remises en question qui ne le laisseront pas indemne . Reste que j'ai trouvé le film longuet, en dépit de sa courte durée, et que malgré les sublimes éclairages de B. Surtees (futur collaborateur de Eastwood notamment), je me suis un peu ennuyé. Pour autant, le film est très bien, la mise en scène de F. Zinneman est classique, sans doute trop à mon goût, mais les acteurs sont très bons, avec un R. Ryan qui crève encore l'écran. Bon polar psychologique, qui amène une vraie réflexion sur un sujet peu souvent traité de cette manière. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
"Acte de violence" (1948) part avec une idée intéressante : une histoire de vengeance entre deux anciens soldats, mais malgré un bon début, le film perd rapidement de son impact. On suit Frank Enley, un vétéran respecté, qui se retrouve poursuivi par Joe Parkson, un ancien camarade de guerre qui lui en veut pour une trahison passée. Ça démarre bien, avec une bonne dose de tension, mais le problème, c’est que le film s’essouffle.
Frank, en tant que personnage, est un peu trop lisse. Sa culpabilité est censée nous toucher, mais ça reste assez superficiel. Joe, de son côté, apporte un peu plus d'intensité, mais même là, on ne plonge pas vraiment dans ses motivations. Le face-à-face promettait d'être intense, mais il n’y a pas assez de profondeur pour que ça prenne vraiment aux tripes.
Côté ambiance, on retrouve l’atmosphère sombre du film noir, avec ses jeux d’ombres et ses rues inquiétantes. Visuellement, ça fait le boulot, mais l’histoire traîne en longueur, et l’impact émotionnel n’est pas au rendez-vous. On attendait plus de tension, de conflits moraux, mais ça reste trop en surface.
En résumé, "Acte de violence" avait de quoi être un bon thriller psychologique, mais il manque de mordant.
Ressortie en salles de " Acte de violence" (1948), polar de Fred Zinnemann, souvent considéré comme un de ses titres majeurs.
Portrait d'un personnage apparemment bien sous tous rapports, intégré socialement mais est réalité un sale type. Un de ses anciens frères d'armes veut lui faire payer ses méfaits de façon radicale.
Réflexion sur la vengeance comme facteur de rédemption, la manipulation, la lâcheté ( on est seulement quelques années après la fin de la seconde guerre mondiale).
Le casting est dominé par Robert Ryan ( excellent comme toujours) par Janet Leigh à ses débuts et Mary Astor.
La plupart des scènes sont tournées en intérieur à l'exception de la première et la dernière ( et la meilleure de l'ensemble).
L'amateur du cinéma du patrimoine ne le manquera pas, même si ce n'est pas un des titres les plus exceptionnels du genre ( selon moi). La faute peut-être à un scénario dont l'inventivité n'est pas la qualité première.
Il me semble que Van Eflin n' est pas très à son aise, ni même credible dans son rôle d'homme sans courage.
Zinnemann est beaucoup plus convaincant dans " le train sifflera trois fois", " Tant qu'il y aura des hommes" ou dans " A man of all seasons"
Superbe film noir sur le thème de la vengeance et de la chasse à l'homme. Van Heflin, Robert Ryan and Mary Astor sont superbes. La scène finale, au parfum de western et de rédemption, est plutôt ratée mais ne suffit pas à gâcher l'impression d'ensemble sur le film.
Un ancien soldat veut absolument se venger de son ancien commandant pour un acte de trahison pendant la guerre, agissement qui entraîna la mort de dix de leurs camarades. Fred Zinnemann signe un superbe film noir en brossant une étude psychologique de deux hommes que les événements du passé opposent. Leur femme et compagne respective font tout ce qu'elles peuvent pour leur faire entendre raison. Robert Ryan incarne le vengeur qui tente de se persuader qu'il n'existe qu'un moyen pour laver cette perfidie, le crime. Quant à Van Heflin, il interprète l'ancien officier, à la fois lâche face à son adversaire, mais se montrant bon mari et bon père de famille. Zinnemann joue admirablement avec les jeux de lumière et utilise sa caméra avec maestria, comme la scène où les deux hommes se retrouvent sur le quai de la gare. La fin est assez inattendue, mettant en exergue l'habileté du metteur en scène.
Cinématographiquement, le film n'a pas grand chose. Pourtant, il se défend très bien par sa narration. Le film est court, efficace et prenant. De quoi passer un moment sympa !