Rossellini met en parallèle la fragilité d'un couple et la longue histoire d'une civilisation italienne riche de personnages vieux comme le monde qui incarnent une solidité et qui impressionnent cette jeune femme face à ses doutes. Tout se dit dans le musée ou à Pompéi: ce sont les statues qui ont raison car elles ne parlent pas. Elles ne peuvent donc pas se tromper, donc ne pas décevoir... C'est un récit initiatique, récit d'un bonheur fragile. Il y a une insouciance magnifique, un farniente délicat riche d'enseignement et une belle nostalgie de l'amour naissant.
Les vingt dernières minutes de "Voyage en Italie" sont magnifiques, gagnées par une intensité qui traduit cette sensation de vertige envahissant le couple Bergman-Sanders, au bord de la rupture. Mais avant ce final qui traduit avec un réalisme impressionnant la peur d'être abandonné par l'être aimé, le classique de Rossellini aura beaucoup ennuyé, la faute à un procédé de montage parallèle improductif, qui suit les deux personnages chacun de leur côté. Elle visite les lieux incontournables de la Campanie, lui s'amuse avec des jolies femmes et voudrait vivre, peut-être, une aventure avec l'une d'entre elles : c'est ce schéma qui est répété pendant près d'une heure et qui ne dit rien sur les personnages et sur leur questionnement intérieur. Partagé entre des visites touristiques parsemées de symboles et des soirées mondaines où rien ne se dit, "Voyage en Italie" peine à saisir la crise que traverse son couple : il faut attendre que ce dernier soit réuni pour que quelque chose soit raconté. Alors qu'il finit étonnamment par s’élever, le film parvient même à émouvoir dans une ultime scène surprenante qui autorise enfin un débordement salutaire.
Pour ce Voyage en Italie, Roberto Rossellini s’attache les services d’un acteur américain (George Sanders) et d’une actrice suédoise (Ingrid Bergman) et par voie de conséquence la version originale de Viaggio in Italia est… en langue anglaise ! Le parcours proposé par le cinéaste italien est cependant bel et bien italien puisque la plupart des scènes d’extérieur ont été tournées dans le port et les ruelles de Naples. L’étrange atmosphère napolitaine est nettement perceptible d’autant que certaines scènes ont été réalisées en caméra cachée pour faire participer à leur insu les passants. Cette atmosphère restituée à l’écran et couplée à une certaine immédiateté des sentiments confère à Voyage en Italie d’indéniables attraits néoréalistes. Plus de soixante ans après sa réalisation, Voyage en Italie souffre quelque peu de son âge. Certaines scènes ont ainsi mal vieilli. Ce vieillissement est la conséquence directe des méthodes artisanales et bricolées dont usait Roberto Rossellini. Il n’en demeure pas moins que le film reste plaisant à regarder notamment parce qu’Ingrid Bergman y est joliment mise en boîte par son mari de l’époque.
Les errements et hésitations d'un couple au sujet de leur relation lors d'un voyage en Italie. Sujet bateau s'il en est. Les dialogues plutôt simplistes ne l'aident pas non plus! Mais cette oeuvre de Rosselini subjugue par le jeu de ses interprètes (à écouter en V. O.) et par la qualité de ses images. Le noir-blanc y est assurément pour quelque chose. C'est fin, esthétique, culturel... En outre, Rosselini réussit le tour de force de nous proposer une visite guidée de splendides lieux italiens. Des films comme on n'en fait plus. Un vrai bonheur.
Ce film est considéré comme l'un d'un premier du Néoralisme, c'est à dire, le moment ou le cinéma abandonne ses postures théatrales pour se rapprocher de ses personnages et de leurs sentiments... Il serait intéressant de débattre de l'arrivée de ce courant dans le cinéma, celui-ci n'étant pas forcément le média le plus apte à traiter l'intimité. Bien sur il ne faut rejeter ce courant qui s'est adressé peut-etre à moins de personnes mais les a touché de manière plus profonde, sans compter qu'il apparaitra toujours un Soderberg, un Haneke, ou dans la nouvelle génération un Cianfrance pour offrir une nouvelle écriture. Ici, Roberto Rossellini n'utilise pas psychologie et explications complaisantes, tout passe dans la gestuelle, les détails, un oeil suspicieux pour traduire l'incompréhension de ce couple, et c'est à mon avis ce qui permet à ce film de rester perspicace 60 ans après sa sortie. Ingrid Bergman avait quitté le glamour Holliwoodien mais n'en demeure pas moins magnifique sous la caméra de son mari
Film célébré par Rivette et la nouvelle vague, il est pourtant difficile de se passionner au premier abord pour les problèmes de ce couple de bourgeois mal assorti, au bord de la rupture. Malgré les grands moments attendu et tant vantés par la critique (le couple enlacé pour l’éternité à Pompéi, le « miracle » final), le charme de l’Italie antique, la beauté et l’intelligence indéniable de la mise en scène de Rossellini, malgré tout cela j’avoue être resté de marbre une bonne partie du temps devant cet « hymne au couple ». Cela tiens probablement aux personnages, celui de George Sanders pourrait être un de ces capitaines d'industrie modernes et matérialistes dont la vie n'est régie que par l'argent, quant à Ingrid Bergman en bourgeoise frustrée, j'avais l'impression d'être une de ces statues antiques qui la toise de haut dans le film pour lui dire "ma pauvre amie, tes problèmes sont pathétiques et dérisoires". Bref j'ai un manque d'empathie évident pour cette classe sociale.
"Voyage en Italie" présente un couple qui n'a jamais connu l'amour mais aimerait pourtant le faire surgir. Le voyage du titre est alors l'occasion pour eux de mener à bien cette tâche ; pourtant, les deux partenaires vont très vite se séparer, effectuer leur séjour loin l'un de l'autre, soulignant de cette manière le manque qui les étreint. En effet, si Katherine affirme sans cesse le mépris qu'elle éprouve pour son mari, elle montre par là que ce dernier ne quitte justement pas ses pensées, alors qu'il est pourtant éloigné de sa vue. De la même façon, les échecs amoureux d'Alexander à Capri démontrent que sa relation avec son épouse est la seule possible. À côté de cette histoire simple, les œuvres d'art italiens, les monuments imposants ou les ruines de Pompéi sont filmés avec vénération, manifestations d'un beauté éternelle là où l'amour entre deux êtres est la marque d'une beauté mortelle dont il convient finalement de profiter.
Un couple d’anglais marié depuis 8 ans va se défaire durant les quelques jours passés en Italie à liquider la succession d’un vieil oncle. Ce film est considéré comme novateur et moderne dans le traitement du couple. Certainement que parler librement du divorce à cette époque et de manière aussi directe et dépassionné est très actuel dans le ton. La description d’un couple à bout de souffle au bout de 8 ans, englué dans sa routine où les deux cherchent tout prétexte pour mettre de la distance avec l’autre est vraiment bien senti. Mis à part que le final où le couple après s’être distendu se reforme est très attendu et surtout consternant d’artificialité. Aussi le film ne dure que 1h25, mais c’est un « voyage au pays de l’ennui ». La faute à une psychologie des personnages trop peu creusée qui ne permettent que très difficilement de comprendre les situations d’échec du couple mais aussi à un scénario hyper léger. De fait tout est prétexte à un circuit touristique de la côte Amalfitaine, pourquoi pas, mais ce ne peut être une fin en soit. Une première d’un film de Rosselini peu engageante, il faudra attendre le suivant pour me faire une idée.
Un film émouvant et assez merveilleux sur la disparition de l'amour et l'échec du mariage. Rossellini délivre un film référence pour bon nombre de cinéastes, on dit même que Le Mépris de Godart est un hommage à "Voyage en Italie". Et on comprend vite pourquoi ce film fait autorité : les premiers plans sont d'une grande audace et le film ne cesse ensuite de foisonner de bonnes idées. Certains diront qu'il ne s'y passe pas grand chose, mais bien au contraire, les détails sont partout et il y a toujours dans le plan des éléments intéressants et diablement symboliques. Le réalisateur filme l'amour qui s'en va avec finesse et nous offre un film poignant et désespéré. Au-delà de l'histoire d'amour, le cinéaste filme aussi un choc des cultures très intéressant et souvent drôle. Pour finir, Bergman est assez incroyable et délivre une prestation habitée et très émouvante.
Un couple britannique, en voyage à Naples et ses alentours, s'étiole...Le récit est très ténu et permet à Roberto Rossellini de faire sortir de leur confort hollywoodien Ingrid Bergman, son épouse, et George Sanders, contraints de suivre un scénario écrit au jour le jour. C'est aussi le spectateur qu'il s'agit de sortir de son confort: banalité de la situation, ruptures, digressions, métaphores...Le film ouvre la voie au cinéma moderne qui explosera véritablement quelques années plus tard, mais sans être justement aussi moderne, audacieux et maîtrisé que "L'avventura" ou "Le mépris", auxquels on songe respectivement pour la minceur de la trame et la thématique du couple en crise non loin de Capri. Malgré son intelligence, son universalité, sa cruauté (pas totalement assumée néanmoins) et ses superbes mouvements de caméra, ce voyage n'est pas assez abouti dans son innovation et ressemble finalement à un très beau brouillon.
Nous sommes en 1953. Roberto Rossellini est déjà considéré comme un maître du néoréalisme italien. Accessoirement,il vit depuis 4 ans dans le péché avec sa relation adultérine avec Ingrid Bergman. C'est justement à celle-ci qu'il confie le rôle d'une bourgeoise britannique en voyage à Naples avec son mari. Des les premières scènes dans la voiture qui les conduit à leur hôtel,on sent la séparation à venir du couple. Romantisme exagéré et jalousie de l'une,arrogance et désintérêt de l'autre. On saurait au bout d'une heure trente si ce mariage est condamné ou non. En attendant,Rossellini se révélait extrêmement avant-gardiste par sa manière très sobre de dépeindre les sentiments(tout est affaire de regards et de gestes),de pratiquement supprimer la musique mélodramatique(grande idée!),et d'établir une passerelle métaphorique entre les sites visités et une relation en déliquescence. Son passé de documentariste et son attrait pour l'histoire lui permettent réussir les scènes de pèlerinage où Bergman découvre ébahie les mines de soufre de Pompéi,les catacombes de la Fontanelle ou les statues d'empereur romain. "Voyage en Italie"(1953) inspirera fortement la future Nouvelle Vague,par sa science du détail et ses volontés humanistes.
Je suis franchement déçu pour mon premier Rosselini. Je ne sais pas si c’est moi mais le film m’a fait penser à L’Aurore pour l’histoire du couple qui se sépare et dont le mari va s’éprendre d’une autre jeune femme. Bon le rapport est léger c’est sans doute moi. Un film sur la rupture d’un couple en vacances, avec la charmante Ingrid Bergman et filmé par Rosselini ça vend du rêve. Sauf qu’à aucun moment je n’ai vibré, été investi dans l’histoire. Le film est loin d’être mauvais techniquement, la photo est franchement jolie, quand on arrive de nuit en ville avec les néons qui ressortent de l’obscurité ça claque même bien (je me suis fait la réflexion)mais bon, malgré le visage de Bergman ça m’a laissé complètement sur le bord de la route menant à l’Italie. Alors il y a des scènes sympa, celle où Bergman et un guide font fumer le volcan Vésuve donne de belles images, et j’ai apprécié la scène où le mari retrouve sa maîtresse, je trouvais qu’il y avait une certaine beauté dans cette scène, c’est peut-être dû à la fille qui est vraiment belle et pure. M’enfin pour le reste, on ne peut pas dire que ça m’ait passionné, et je me suis plutôt ennuyé. La fin est quand même pas mal. Je verrai d’autres films de lui si j’en ai l’occasion, histoire de ne pas rester sur un échec.
Voyage en Italie, premier Roberto Rossellini que je vois et bien c'est bof, très bof, j'ai même pas compris le but de l'histoire, c'est bien réalisé mais appart ça le but concret ? J'en sais rien, le casting est pas mauvais, les décors sont biens, la musique est pas mal mais voilà c'est pas intéressant, une fois la fin arrivée je souffle enfin.
Parfois considéré comme une œuvre phare, notamment par rapport à l'évolution du cinéma et bénéficiant d'éloges venant de Scorsese, Truffaut ou encore Godard (rien que ca !) "Voyage en Italie" de Roberto Rossellini nous fait suivre un couple de bourgeois Anglais qui se rend en Italie et à Naples plus précisément pour une affaire de succession. Mais c'est un couple désabusé, cherchant un second souffle, monotone et finalement lassé l'un de l'autre, à l'image de cette réplique "Après huit ans de mariage, j'ai l'impression que nous ne savons rien de l'autre" dit par George Sanders. L'histoire est assez minutieuse, insistant sur beaucoup d'éléments autour du couple. Rossellini aborde plusieurs thèmes, tels que la trahison, l'amour, la culture étrangère dans un pays ou encore la morale, à travers des personnages bien écrit et des liens entre eux bien exploité. Malheureusement, Rossellini n'arrive jamais à totalement nous intéresser et nous passionner. Le rythme lent est adéquat mais parfois mal maitrisé. Dommage car sinon c'est plutôt bien maitrisé techniquement, la photo est belle tout comme la qualité du noir et blanc. Les interprétations sont plutôt bonne et notamment le couple principale, que ce soit la belle Ingrid Bergman ou le cynique Georges Sanders. On a de belles scènes, notamment celle des volcans. Beaucoup de qualités mais qui peine à vraiment passionner. Dommage.
Bon ba on est loin du chef d'oeuvre annoncé ici et là ... J'ai raté quelque chose ou ne suis-je pas assez sensible pour ce genre de contemplation morbide ? Plat, incolore, sans saveurs limite pretencieux, Rosselini le Godard italien ? Même la grande Ingrid Bergman qui sait porter le poids d'un film a elle seule ne peux pas grand chose ici ... Perte de temps, passez votre chemin. Certains cadrages et plans typiques de l'Italie néo-réaliste sont quand même pas mal, pour ne pas dégommer complètement ce film ...