Un couple en plein délitement se perd et s observe au cours d un voyage en Italie. L esthétique est soignée le couple d acteur est excellent. Il en résulte un drame acide mais avec une pointe d optimisme sur le temps qui détruit ce qui nous a attiré vers l autre.
Vuxxxxx fois en replay sur Arte tv. Et xxxxx fois au cinéma. J’adore le réalisateur et Ingrid Bergman est fantastique tout comme George Sanders, une vraie star qui n’a jamais été mise en avant alors qu’il a joué dans Ève, avec Hitchcock entre autres.
Cette histoire de couple qui ne se connaît que très peu et se remet en question, voire se déchire, à l’occasion d’un voyage se suit avec plaisir, grâce au ton à la fois épuré, libre et limpide du film, à la finesse d’approche de Rossellini et au charme de la région de Naples. Ce n’est toutefois pas suffisant à mon avis pour en faire le chef d’œuvre dont certains critiques et cinéastes parlent. Si l’idée de la découverte du couple d’amants enlacés enseveli à Pompei est superbe, la dernière scène apparaît comme une conclusion bien artificielle.
Considéré notamment par François Truffaut comme « le premier film moderne », ce long-métrage de Roberto Rossellin, sorti en 1954, traverse malheureusement mal les époques. Son histoire évoque le délitement d’un couple britannique venu passer quelques jours en Italie. Elle (Ingrid Bergman), pour éviter de sombrer dans l’ennui, visite les sites antiques. Lui (George Sanders), pour se divertir, s’égare dans les bars de Naples. Dans cette fuite en avant, chacun espère pourtant retrouver leur amour d’antan. Si le propos présente un caractère intemporel, le rendu n’est qu’à de très rares moments flamboyant. La faute à un manque évident d’écriture (le réalisateur rédigeait le scénario au jour le jour). On s’égare dans un méandre d’introspections tout autant mystiques que légères. Bref, un classique au charme désuet.
Un couple de bourgeois anglais visite Naples et ses environs. Chacun à sa façon et, ainsi, séparément. Car si Katherine est férue d'Histoire et de romantisme, Alexander est indifférent à la culture italienne. Roberto Rossellini filme un couple en crise et un voyage au cours duquel les deux époux évoqueront ouvertement le divorce. Entre visites touristiques et contemplatives de l'Italie éternelle et petits accrochages conjugaux, le cinéaste oppose deux tempéraments différents. L'incompréhension entre les deux époux, entre Ingrid Bergman, sensible et à la recherche, peut-être, d'un certain ascétisme, et George Sanders, qu'on peut qualifier de matérialiste, relève ici davantage d'une idée philosophique ou abstraite que d'une question psychologique. Dans un dénouement court et imagé, le cinéaste chrétien qu'est Rossellinspoiler: i sauve son couple de la rupture , invoquant, semble-t-il la foi et le lien sacré du mariage. Pourquoi pas. Quoiqu'il en soit, ce voyage sans tumulte ne m'a attaché ni au propos ni aux personnages. La sensibilité du réalisateur, ses préoccupations intellectuelles ou morales et son style hiératique sont indifférents.
D'un ennui mortel on suit Ingrid Bergman à travers ses visites de musées, ses catacombes, le titre laisserai à penser qu'on va vivre une belle idylle en Italie il n'en est rien ce film est sombre et d'une tristesse infinie
Radioscopie du délitement d'un couple dans le ciment d'une civilisation ancienne. Un voyage assez terne hormis le volet touristique, porté par un couple Bergman/Sanders mal assorti. Et puis la fin n'est pas crédible. 2,25
Près de 70 ans après sa sortie, le film n'a rien perdu de sa modernité. Le jeu des comédiens y est pour beaucoup tout comme la caméra fluide qui scrute les visages et les décors avec intelligence. Godard pensera nécessairement à ce long-métrage lorsqu'il réalisera "Le mépris", où les personnages semblent pareillement déconnectés des paysages traversés. Nonobstant, même si la dernière séquence est magnifique, le changement d'attitude soudain d'Alex ne peut totalement convaincre.
La trame du film repose-t-elle sur le délitement d'un couple britannique venu régler un héritage dans la région napolitaine ou le prétexte à des images promotionnelles sur la Campanie ? En posant la question, on y répond immanquablement ... Ce film est laborieux et soporifique à souhait, et finalement très "bourgeois" dans son approche classique et par trop judéo-chrétienne . Il faut dire aussi que soixante-dix ans ont passé et même Naples ne ressemble guère plus à cela...
Toujours moderne dans sa description des difficultés d'un couple souhaitant au fond que leur relation soit complice mais se réfugiant dans l'orgueil afin de se protéger. La brièveté de la vie évoquée via les visites de l'héroine, l'impossiblité de vivre plusieurs vies à laquelle se confronte le mari, le sentiment d'être seul en pays étranger... le voyage est intelligemment utilisé, sans lourdeur.
Sur le thème, cher à Ingmar Bergman (1918-2007), de l’incommunicabilité au sein du couple, ici britannique aisé (leur voiture est une Rolls Royce) [Alexander (George SANDERS) et Katherine Joyce (Ingrid BERGMAN), au désir inavoué d’enfant et pleurnicharde] venu régler un héritage (vente de la maison de l’oncle du mari) en Italie, Roberto Rossellini, fait un film paresseux, se contentant de filmer sa femme de l’époque (leur union dura 7 ans et 5 films) et d’y ajouter, comme un documentaire de « Connaissance du monde » ou un film publicitaire d’office du tourisme (on n’échappe pas au cliché de la chanson napolitaine accompagnée de mandolines), des vues de Naples, de ses musées, de Capri, de Cumes et de Pompéi. Outre la lenteur et la longueur (même si le film ne dure que 75 mn), quel ennui avec des dialogues lénifiants et oiseux, dignes d’un roman-photo ! Cela ressemble même à du Maurice Pialat avant l’heure avec des dialogues en voiture du même acabit ! On est bien loin du néoréalisme italien ! « Le premier film moderne » selon François Truffaut qui écrivait alors dans « Les cahiers du cinéma ». Il a raison si la modernité est synonyme d’amateurisme, d’improvisation et d’ennui.
Un joli film sur le délitement du couple à travers l'ennui et le désarroi; cependant les divertissements - séduction, découvertes historiques (ne pas retenir la présentation simpliste voire erronée des empereurs latins!!) ou archéologiques - qui émaillent la vie lasse des protagonistes semblent surtout révéler les conditions chaotiques du tournage, réduisant la réalité du scénario à une douloureuse peau de chagrins. Tendre et grinçant à la fois.
Un couple se déchire : lui cherche la compagnie d'autres femmes ; elle passe le temps en visitant Naples et ses environs, mais finit toujours par être rattrapée par ses angoisses existentielles ; seul un miracle pourrait les réconcilier. Malgré le caractère un peu répétitif du montage, c'est à l'évidence tout un pan du cinéma européen, 'Le Mépris' en tête, qui est en germe dans 'Voyage en Italie'. Avec un oeil quasi-anthropologique, Rossellini prend par ailleurs bien soin de rendre la culture et les rites des napolitains dans tout ce qu'ils ont de fervent, voire de morbide, afin de mieux souligner le décalage du couple. Cela donne lieu à un final particulièrement émouvant.
J'ai honte de mon titre ! Comme j'ai un peu honte aussi de ne pas encenser le "chef d’œuvre" de Rossellini, d'être resté à la porte, alors que tout m'invitait à entrer avec enchantement dans l'univers du réalisateur. Arrivée d'air tiède ... Les images de l'Italie, notamment de Naples, sont magnifiques (certaines scènes ont un aspect quasi documentaires), les sentiments du couple sont merveilleusement saisis, les cadrages géniaux, la photo, la lumière époustouflantes... bref, de quoi occuper un bon moment une classe de cinéma, mais trop de choses m'ont irrité, à commencer par l'omniprésence de chants italiens : en tous lieux, presque à chaque scène, il y a toujours un troubadour qui chantonne ou sifflote pas loin, que c'en est caricatural, que ça m'a rappelé mes chantiers de peintre en bâtiment! Et puis je suis vraiment resté étranger, aussi, aux déchirements sentimentaux de ces grands bourgeois ainsi qu'à leur rabibochage, aussi soudain et inattendu qu'artificiel, faisant office de happy end : l'allégorie de la foule arrachant la belle des bras de son aimé (scène magnifique au demeurant) aurait pu accoucher d'un bien plus grandiose épilogue... Et puis cette sensation étrange d'avoir malgré tout assisté à un grand moment de cinéma... bizarre. (tu dis?)
Raconter un couple, et plus précisément sa fin, dans le pays le plus romantique du monde. Voilà le paradoxe que Rosselini tente, et échoue, à traduire. Si il est ridicule de nier que "Voyage en Italie" est une œuvre moderne, dans sa structure notamment, il est nécessaire de ne pas considérer cela comme des acquis suffisant.
Si le montage alterné permet ainsi d'offrir une vision double de l'Italie - une terre de tragédies, de mythes et de croyances pour Katherine (Ingrid Bergman fabuleuse), là où Alexander n'y voit qu'un échappatoire intime - il reste que cette séparation, presque constante, n'offre au final aucun relief aux questionnements qui habitent ces personnages, ne faisant qu'expliciter des angoisses qui étaient tangibles dès les premières minutes.
Le problème n'est alors pas que la narration du film se révèle déstructurée et propice à la divagation, mais bien que ces divagations ne mènent à aucune évolution thématique ou formelle.
La mise en scène de Rosselini se construit autour du regard de ses protagonistes, allant même jusqu'à user de caméra subjective, découvrant un quotidien inconnue. Cela résulte en une certaine impression "carte postale", fonctionnelle dans sa volonté de retranscrire une perte de repère culturelle et sentimentale, mais à laquelle le cinéaste n'apporte aucune sensibilité.
Cependant, dès lors que ces deux visions se confrontent - la passivité de Katherine, les envies d'Alexander - "Voyage en Italie" devient poignant, et en l'espace d'un instant, liant le mythologique à l'intime dans une scène d'exhumation déchirante, fait l'état d'un vertige amoureux que l'on pensait disparu.
On ressort frustré de cette tentative audacieuse, par un manque de maitrise formelle qui handicape l'émotion, mais surtout par le traitement tardif d'un axe thématique pourtant saisissant.