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guifed
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4,5
Publiée le 27 avril 2013
Superbe de romantisme et de réalisme historique, Hiroshima, mon amour recoupe plusieurs genres à la fois, un peu à la manière des Misérables dans la littérature. Le prologue d'une vingtaine de minutes est épatant: la voix d'Emmanuelle Riva y est à la hauteur de l'écriture de Marguerite Duras, c'est-à-dire exceptionnelle. La performance de Riva est par ailleurs extraordinaire. Rarement une actrice française m'aura fait une telle impression. Elle dégage une prestance rare, aidée par une voix envoutant, qui ai ordinairement du mal avec les productions en noir et blanc, la mise en scène d'Alain Resnais est tellement juste qu'elle s'adapte aux couleurs et se sublime à travers elles: c'est impressionnant. La critique sous-jacente de la guerre et de l'arme nucléaire se fond parfaitement dans la trame romantique. Le thème de l'oubli est omniprésent; c'est le fil rouge, s'il y en a, jusqu'à la toute dernière scène.
"Son nom de Nevers dans Hiroshima désert", pourrait-on être tenté de renommer ce 1er "long" de fiction de Resnais, tant l'empreinte de Duras, la scénariste, est forte. Hormis le premier quart d'heure (qui forme un tout, aisément détachable) qui assure le lien avec le cinéma familier jusque-là au cinéaste, et maîtrisé parfaitement - documentariste - le reste du film est en rupture avec son univers d'origine. C'est du très littéraire que voilà, avec ton volontiers déclamatoire chez la lumineuse Emmanuelle Riva, pour cette "Brève rencontre" aux vertus cathartiques, amour(s) et mort mêlé(es). C'est follement esthétique, mais exigeant - beaucoup restent sur le bord du chemin, décontenancés par cette épure à réminiscences. Un regret : Eiji Okada, dont chaque mot prononcé est une torture pour l'oreille - je viens de vérifier (sûre de mon fait) qu'il débitait un texte appris phonétiquement, dont il ne saisissait jamais le sens. Aucun acteur nippon francophone ?.. Un plus : les musiques, sublimes, de Georges Delerue et Giovanni Fusco.
Hiroshima mon amour, film magnifique.Par son titre d'abord qui juxtapose le nom de la ville japonaise martyrisée pour l'obtention de la fin des hostilités en1945 et un mystérieux aveu d'amour.
Hiroshima,lieu du dernier amour ardent et impossible.Nevers, la Loire, lieux des premières amours De l' héroïne,amour pour un soldat d' occupation qui meurt dans ses bras.Récit pathétique enchâssé Dans le spectacle. Noir et blanc très sombre, morbide lorsqu 'il dépeint Hiroshima , plus clair lorsqu' il dépeint la jeunesse à Nevers.Assombri par la honte lorsque la jeune femme est tondue et séquestrée. Premier amant,dernier amant, celui- là seul à qui est conté le premier amour. Par la grâce du récit, le rythme de Marguerite Duras, la musique de Delerue, l'admirable montage d' Alain Resnais , l' amant japonais délaissé deviendra à jamais Hiroshima mon amour.
Absolument mauvais. Ma critique pourrait s’arrêter là, mais non je vais perdre un peu de mon temps afin de m’expliquer. D’ores et déjà, il faut préciser que c’est Marguerite Duras qui a signé les dialogues (qui sont catastrophiques). Il s’agit d’une romancière et son style est parfait pour l’écriture et pour la lecture, seulement, une fois transposé à l’écran son style toujours aussi littéraire ne convient absolument pas, ça donne des dialogues stupides, sans queue ni tête. Là où certains vont voir une œuvre majestueuse, poétique et mystérieuse, je n’ai vu qu’une œuvre ennuyeuse, confuse et abstraite. Quant aux acteurs, enfin plutôt quant à Emanuele Riva car son confrère est bien terne et inexpressif, il lui arrive, à elle, d’avoir de très beaux passages où elle serait presque émouvante, mais la plupart du temps elle joue les hystériques caricaturales. C’est un vrai raté qui à priori bouleverse les amateurs de cinéma pseudo-intellectuel, mais qui pour ma part m’a laissé impassible,… de glace.
"Hiroshima, mon amour" est un film typique de La Nouvelle Vague. On y retrouve ce ton pédant et cette manière de faire prétentieuse que l'on capte, par exemple, dans plusieurs des oeuvres de Godard. Certains apprécieront le style mais, pour ma part, je n'y vois que des propos redondants pseudo politico-philosophiques étirés sur une durée d'1h30. J'aime lorsque le cinéma se donne une forte dimension intellectuelle mais encore faut-il avoir quelque chose d'intéressant à raconter. Il y avait pourtant de la matière mais cette répétition scénaristique et ses longs dialogues creux et vides m'ont rapidement ennuyés. Seule la qualité technique répond à l'appel avec une photo sympathique mais ne fera guère, à elle seule, oublier cette masturbation intellectuelle qui n'a rien d'artistique.
Assurément certaines répliques sonnent juste sauf que leur caractère trop littéraire exigeait de ne pas être récitées, mais pleinement ressenties, ce qui n'est pas le cas ici, entre apprentissage phonétique (pas toujours compréhensible d'ailleurs) et ton monocorde lassant, n'amenant ainsi aucune empathie avec ce duo de personnes mariées qui vivent une courte aventure. Si la poésie d'une autrice qui manie joliment les antithèses vous touche, mieux vaut lire "Je vis, je meurs" de Louise Labé, qui s'assume comme telle! Par ailleurs, les qualités esthétiques du film bien qu'indéniables grâce à un travail soigné sur la photographie et la mise en scène ne peuvent compenser le manque de conviction des acteurs lorsqu'ils dialoguent - puisque les silences se révèlent paradoxalement ici plus intenses! Dommage que cette rencontre supposément passionnée s'habille d'une telle froideur...
Un poème d’amour fou mêlant adroitement l’Occupation allemande et l’après bombe atomique, extrêmement original, construit dramatiquement comme un puzzle émotionnel liant le passé à ces différentes étapes de l’Histoire.
Il y a des films qui sont touchés par la grâce. "Hiroshima mon amour" en est un. Probablement un des meilleurs films de Resnais, un des meilleurs réalisateurs du cinéma français. Film sur la pulsion de vie, jamais autant générée et révélée que par l amour. On ne peut oublier les événements fondateurs et d ailleurs le faudrait il ? Sans doute pas. Il se détache de ce film une poésie et une mélancolie lumineuse. Oui , il s agit bien d un chef d œuvre de l art cinématographique. Les amateurs exclusifs de cinéma grand public passeront leur chemin.
En 1959, en plein essor du mouvement de la Nouvelle Vague, Alain Resnais signe son premier long-métrage affichant déjà son talent de metteur en scène. Le scénario, écrit par Marguerite Duras, retrace le coup de foudre entre une Française et un Japonais. A travers cette rencontre éphémère, le travail sur la mémoire permet d’opposer une douleur intime (un amour de jeunesse) à un drame collectif (la bombe d’Hiroshima). Malheureusement, sur la durée le récit se répand dans un marasme de réflexions lancinantes. Les promesses fulgurantes du début du film laissent place à un ennui profond. Bref, la recherche d’un esthétisme stylisé n’est pas toujours le garant d’une émotion partagée.
Ce premier long-métrage d'Alain Resnais s'inscrit en pleine Nouvelle Vague, témoigne d'un style très novateur mais très éloigné des préceptes de spontanéité et d'improvisation suivis à l'époque par Chabrol, Truffaut ou Godard. Resnais collabore ici avec Marguerite Duras qui signe le scénario. Un scénario composé de dialogues et de monologues très littéraires, qui sont comme une pluie de mots suspendus, qui se répondent parfois en écho. Il faut s'habituer progressivement à cet artifice poétique, s'habituer à la diction scandée d'Emmanuelle Riva. Puis cette rythmique vaguement incantatoire produit son effet : entêtant, obsédant. Et permet d'accéder à une forme d'introspection nouvelle. C'est cette introspection qui transcende, sur le fond, l'histoire d'amour. Marguerite Duras tire une passerelle originale et audacieuse entre Hiroshima et Nevers, pendant la Seconde Guerre mondiale. Entre souffrance collective et souffrance intime. Entre passé et présent. Entre mémoire et oubli. Les deux villes s'incarnent d'une matière humaine complexe, d'amour et de mort mêlées. Tout cela est exprimé de façon intellectualisée et sensible à la fois. Une sensibilité qui doit beaucoup au travail formel d'Alain Resnais qui répond aux échos du texte par des correspondances visuelles d'une grande beauté. D'une grande dureté aussi. Aux corps amoureux enlacés et couverts de sueur répondent des corps couverts de poussières ou de cendres. Ou des corps brûlés. Aux cheveux arrachés par poignées après le bombardement atomique au Japon répondent les chevelures tondues de femmes en France, durant "l'épuration"... Le montage, le noir et blanc, les jeux de lumière, les cadrages graphiques accentuent superbement les effets de rapprochement ou de contraste, les équilibres et les déséquilibres. Seule la postsynchronisation des voix apparaît parfois approximative dans ce film très précis, très pensé (peut-être trop) et vecteur d'une grâce douloureuse assez incomparable.
Peut-être est-ce parce que j'ai vu deux fois "Marienbad" auparavant que j'ai trouvé "Hiroshima" plutôt accessible. Disons qu'il vous prend moins à rebrousse-poils, qu'il est moins radical... et, d'une certaine façon, moins fascinant, moins marquant, presque plus anecdotique. Les quinze première minutes d'Hiroshima rappellent clairement les courts-métrages documentaires que Resnais a réalisé dans les années 1950. La suite, c'est une réflexion sans fin sur la mémoire, Hiroshima, Nevers, la bombe, la torture... Et une histoire d'amour qui a eu lieu et qui a lieu. Le passé, le présent. Les similitudes avec "Marienbad" sont nombreuses, sauf que pour ce dernier, aussi irregardable soit-il, la mise en scène était incroyable. Ici, c'est un peu moins marquant. Sur le fond, c'est proche : "Reste à Hiroshima ! - Non, je ne peux pas", c'est un peu comme "Nous nous sommes vus à Marienbad l'année dernière ! - Non, vous faites erreur". C'est vite lassant. Surtout qu'Emmanuelle Riva est insupportable. Peut-être manqué-je de maturité pour apprécier Resnais ; mais aussi riche que soit son cinéma, il me laisse pour l'instant totalement froid.
Si les cinéphiles ne devaient citer qu'un seul film du regretté Alain Resnais,ce serait indéniablement celui d'"Hiroshima mon amour"(1959)qui sortirait. À 36 ans,il s'agissait seulement du premier long-métrage de celui qui allait devenir l'un des fers de lance de la Nouvelle Vague,un peu en décalé toutefois. Cette adaptation d'un riche roman de Marguerite Duras va à la fois lancer une nouvelle grammaire cinématographique,et travailler au plus près les thèmes de la mémoire,du passé obsessionnel,de l'amour impromptu. Si l'on peut dire,Resnais mêla la petite histoire(cette femme séquestrée à Nevers)à la grande(le drame cicatriciel de la bombe d'Hiroshima). Les premières minutes,et les dernières aussi font défiler rapidement des images quasi-documentaires sur le peuple japonais meurtri,avec la voix-off très signifiante d'Emmanuelle Riva. Entre les temps,l'histoire d'amour entre cette Française venue à Hiroshima tourner un film en faveur de la paix,et cet architecte japonais(Eiji Okada,qui travailla phonétiquement son langage)peut se développer. C'est un objet trop conceptuel pour qu'on y adhère sans réserve. Emmanuelle Riva,très cérébrale,y est formidable malgré tout.
Mieux qu'un film, une oeuvre littéraire. On ressent bien ici la plume de Duras, cette sensualité, ce charme, ce calme et cette volutpé qui caractérise l'ensemble de son oeuvre. Chaque image est une photographie d'art à laquelle se mélange la poésie de Duras. Hiroshima mon amour est une sublime oeuvre tout en retenue.
Ce qu'on peut dire de ce film est qu'il ne ressemble à aucun autre ! En effet, Alain Resnais a réalisé un coup de maître mémorable en réalisant ce film très littéraire d'après un scénario de Marguerite Duras. Il est à signaler que certaines images d'archives incluses dans ce film sont insoutenables et font froid dans le dos. Emmanuelle Riva est magnifique et Eiji Okada est excellent.
Film d’auteur sur l’oubli et sur fond de bombe atomique: lent, esthétique et émouvant malgré une fin répétitive. Scénario Marguerite Duras, B.O. de George Delerue.