Ce qu'on peut dire de ce film est qu'il ne ressemble à aucun autre ! En effet, Alain Resnais a réalisé un coup de maître mémorable en réalisant ce film très littéraire d'après un scénario de Marguerite Duras. Il est à signaler que certaines images d'archives incluses dans ce film sont insoutenables et font froid dans le dos. Emmanuelle Riva est magnifique et Eiji Okada est excellent.
Film innovant par sa qualité de narration, Hiroshima mon amour est un film sur la mémoire, thème récurrent chez Resnais. Peu de temps après son documentaire Nuit et Brouillard sur les camps de concentration, Resnais refait un film sur la seconde guerre mondiale. Mais loin d'être des films de guerre, ce sont des films sur la guerre, sur ses impacts. Ce sont des films psychologiques, à portée philosophique. Hiroshima mon amour présente cette particularité de situer l'action (présente) au Japon et de présenter le plus objectivement possible une histoire d'amour entre une française et un japonais, ces personnages étant évidemment des métaphores représentant leurs pays. Bref, film important de la Nouvelle Vague, à voir.
Un film froid, détaché, pas du tout prenant. C'est dommage, le texte de Marguerite Duras est un délice à entendre, mais le rythme est résolument trop lent, le traitement raté à force de volonté d'un esthétisme particulier. Dommage, car au fond il nous apprend des choses, et pas que sur Hiroshima. Mais la pilule est dure à avaler.
Mais pourquoi Alain Resnais a t'il choisi Emmanuelle Riva comme actrice principale? Alors qu'il arrive à la sublimer dans une première partie de courte durée, celle ci se transforme en monstre étouffant et épuisant, à l'image du texte navrant de Marguerite Duras qu'elle ne cesse de répéter comme un automate. Les trente dernières minutes sont à mourir d'ennui, cumulant fausse ambition de retranscription sentimentale (flash-back, tête à tête, confrontation) avec un jeu tantôt ridicule (les exclamations grotesques de Riva), tantôt sans profondeur (la scène de la gare et celles qui l'entourent). La musique lors de la scène finale donne plus l'impression d'une mauvaise blague que d'un réel désir d'impliquer le spectateur. Il ne peut que rester froid devant un tel massacre. Pour ma part, je me suis senti oppressé, mais dans un sens très péjoratif (j'aime me sentir oppressé quand je regarde certaines oeuvres, mais ici, aucune fièvre, aucune moiteur, aucun frisson délicat ne vient me submerger). Comme une envie d'exploser la cave insipide de Duras et Resnais à coup de dynamite-sensuelle ou de molotov-platonique...
Je sais que ce film fait partie des films qui sont reçu par les grands critiques cinéma comme un des plus grands films de tout les temps mais pour moi ce n'est pas le cas. Très bien filmer, des décors magnifiques. Les dix premières minutes sont cultes quoi que un peu énervantes, le jeu de Emmanuelle Riva est hystérique et c'est agaçant à la longue. Les dialogues au début sont bien mais deviennent vite lourd ("Nevers par ci Nevers par là", "Hiroshima par ci Hiroshima par là"), l'histoire est très belle cela dit.
Hiroshima l'horreur, nous sommes tous d'accord, "mon amour" en plus ne change rien à la donne. Premier long métrage d'Alain Resnais qui réalisait auparavant des documentaires ou courts métrages aurait mieux fait de rester dans sa spécialité tant l'influence des deux genres viennent gâcher un trop long métrage en forme de documentaire et avec des idées pouvant être développés dans des courts seulements. Amour impossible dans le Japon d'aprés guerre, ok pourquoi pas, mais a vouloir écarter tout exotisme on tombe dans le récit morbide et insignifiant d'une jeune française de l'époque. Les flash-back de trés mauvais goûts nous conte une histoire d'une glauquerie qui ma semblé totalement inaproprié par rapport à l'histoire qui se déroule au Japon. Le film se traine en longueurs et fini par ennuyer à cause de dialogues et d'élocution de la part de l'actrice insuportable (un des rôle feminin les plus détestable qui m'est était donner de voir/écouter). De plus elle ne dégagait rien d'attirant, ce qui nuis fortement à la romance. Les dialogues se veulent poëtiques, mais ne sont que successions d'énormes clichés. Le film se concentre exclusivement sur le couple ce que j'ai trouvé assez egoiste en pensant à la ville dans laquelle ils se trouvent, bien que je n'épprouvé aucun plaisir à revoir ces corps déchirés par la bombe. Resnais filmait au début les ravage du nucleaire sur la terre, sur les gens, les animaux, avec une froideur qui n'est pas du tout la bienvenue. Le noir et blanc attenue la complaisance, ce parti pris esthétique ne se révèle pas positif puisque l'on a tout simplement l'impression de regarder un reportage de l'époque plus qu'un film de "cinéma". La mise en scène trop artificielle; déplacement des personnages, cadrages (...), sent le calculé et la symbolique à plein nez pour que cela soit agréable. Mal fait avec un fond auquel je n'accroche pas du tout et d'une laideur esthétique font d'Hiroshima mon amour un film qui ne raconte rien, le vide intellectuel.
On plonge dans ce film en pensant qu’on regardera une histoire sur l’amour, une histoire d’amour, une histoire sur l’Histoire, tout au plus.
Et nous nous retrouvons voyeurs cruels, monstres légitimes, justifié par l’art, autorisé à regarder et à juger au nom de l’art. Et s’il reste en nous un temps soit peu d’humanité, à cet instant, nous le maudissons l’art, nous maudissons l’homme, nous nous maudissons. Nous nous aimons encore un peu, encore assez pour partir à Nevers-en-France, pour partir à Hiroshima, pour comprendre.
On l’entend, on le sait, on le croit : nous oublierons. Nous n’aurons pas d’autres choix, parce que nous sommes les enfants ridicules d’un monde trop vieux. Trop sali, déjà mort.
Et nous confondons nos petits malheurs avec le Grand Malheur, nos petites horreurs avec la grande Horreur.
Bientôt, bientôt, on ne sait pas tout à fait quand mais bientôt, c’est sûr, nous oublierons. Il ne restera rien : pas une image, pas un souvenir. Alors, pour rendre supportable l’offense que nous fera le temps, nous rêverons que nous nous souvenons encore. Mais ces images que nous croirons voir, que nous verrons vraiment d’ailleurs, ne seront pas les témoins du passé. Elles seront le présent (le futur ?), le regret se mêlant au commun.
Et nous nous en contenterons. Car mourir est insoutenable s’il n’y a rien à regretter.
Il ne restera qu’un prénom. Le mot transcende le souvenir, l’être, la vie.
« Je n’ai plus qu’une mémoire, celle de ton nom ».
Ayant acquis une certaine notoriété en ce qui concerne les documentaires, Alain Resnais se voit confier la réalisation d’un documentaire sur la bombe H. Il se rend pourtant vite compte qu’un tel projet est impossible à réaliser étant donné la quinzaine de documentaires traitant déjà de ce sujet et surtout le peu de moyens qui lui a été accordé. Désireux que ce projet aboutisse à quelque chose, Resnais fait appel à Marguerites Duras et lui propose une collaboration. On passe alors d’un film sur la bombe à une histoire d’amour sur fond de guerre où la bombe serait présente comme « élément de paysage » et de réflexion. Le film repose sur deux oppositions, voire un oxymore, que l’on retrouve premièrement dans le titre : «Hiroshima » (la guerre, la haine) et « mon amour » ( sentiment plus pur et plus personnel avec le «mon»). On retrouve aussi cette idée de contraste dans les histoires qui nous sont plus ou moins racontées : la Grande (Hiroshima), et la petite (celle avec l’allemand et le japonais). Deux destins s’opposent mais se rejoignent quand même : celui d’un pays et celui de la femme. En effet, elle va être bouleversée par le sort du pays même si elle n’en a rien vu. Ici, il est question de voyage : entre Paris et Hiroshima, entre le passé et le présent et même entre la cendre et la passion lorsque les deux corps sont enlacés. Il est vrai qu’en ce qui concerne la temporalité le film peut paraître complètement décousu. Il est même difficile de pouvoir s’en souvenir avec exactitude après l’avoir vu. Resnais n’utilise pas de flash back, ce sont des briefes de morceaux qui reviennent en mémoire comme s’ils rattrapaient le présent (le meilleur exemple se trouve être la scène de la main du japonais qui se crispe et qui suscite chez sa maîtresse un « flash » de ce qu’elle a pu vivre dans le passé ). Ce n’est donc pas un retour en arrière mais plutôt un retour en avant, comme si le passé revenait hanter le présent : le film fonctionne en fait par écho visuel entre le pas
Mieux qu'un film, une oeuvre littéraire. On ressent bien ici la plume de Duras, cette sensualité, ce charme, ce calme et cette volutpé qui caractérise l'ensemble de son oeuvre. Chaque image est une photographie d'art à laquelle se mélange la poésie de Duras. Hiroshima mon amour est une sublime oeuvre tout en retenue.
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4,0
Publiée le 26 septembre 2025
La nuit se s'arrête jamais entre Emmanuelle Riva et Eiji Okada, avant qu' « elle » , ne meurt d'amour pour Nevers [...] Beaucoup diront que "Hiroshima mon amour" (1959) est l'oeuvre la plus belle et la plus aboutie d'Alain Resnais, introduisant le spectateur dès les premières (et hypnotiques) images dans l'univers du fantastique. « Hiroshima » , c'est avant tout un film sur la rèactivation de la mèmoire à travers l'amour! Amour impossible entre un architecte japonais et une actrice française au lendemain de la guerre! Oeuvre forte indiscutablement, mais aussi charnière et bouleversante de la Nouvelle Vague où le scènario et les dialogues (ah, ce timbre de voix si particulier de Riva) doivent beaucoup à Duras! Images qui laissent sans voix de Vierny et musique du grand Fusco pour une approche tout à fait originale et nouvelle de l'amour et la mort! Prèsentè au Cinèma de minuit...