Extrêmement caustique « L'auberge rouge » réunit le temps d'une soirée et d'une nuit sur un site enfoui sous la neige un microcosme représentatif d'une société dominée par le bourgeois pédant, le curé tapeur pique assiette et l'aubergiste assassin.
Ce panier de crabes dominé par la rapine, le mépris et le profit tente d'établir une communication en se servant habilement de leurs limites comme fil rouge.
Chaque composant asservi par la table, la collecte de la pièce ou la convoitise de la rivière de diamant n'en devient que plus méprisable dans des potentiels d'acquisition toujours reportés.
Les joutes verbales malgré leurs agréables mélopées ne sont que le paravent d'une société en décomposition malgré la coupe et la propreté de certains habits.
Un paraître prétentieux ou faussement humble partenaire de l'opportunité d'engranger, de philosopher, de rabaisser ou de pulvériser le paté en croutes en rajoutant le mépris et la moquerie envers celui qui sert ou celui qui prêche.
Tout un échantillon bourgeois répugnant se démarque du laborieux en adoptant dans des ronflements presque animaliers la configuration de ceux qu'ils méprisent.
Drôle malgré un message humaniste alarmant « L'auberge rouge » est le calice d'un laboratoire pompeux, primaire religieusement sophiste.
Chaque compartiment entretenant sa feuille de route par une diction ne faisant que maintenir à distance une autre manière de penser le tout dans une collectivité paradoxale temporaire presque à l'unisson
C'est un film dont on ne se lasse pas, je le regarde et reregarde dès que je peut. Fernandel y joue superbement bien. Un petit suspens accrochant pendant le film et une fin qui cloture bien ce film macabre. Un humour noir à se rouler par terre ! Je me demande pourquoi ce film n'est pas plus connu.
De grands moments de rire ? Oui, mais c'est en voyant le jeu théâtralisé donc ridicule des acteurs, et surtout cette chose poilue qui est censée être un singe. Pitoyable ce costume. Et le gamin ou le nain de jardin qui endosse le costume n'a pas dû tout comprendre dans la phrase "Fais comme si tu étais un singe". A un moment donné, on le voit carrément marcher, il devait en avoir marre d'être accroupi. Bref, passons. Le seul moment drôle du film correspond à la confession de la femme de l'aubergiste. Sinon, tout le reste du film est malheureusement sans saveur. Mais cette version reste tout de même supérieure à celle avec Christian Clavier et Josiane Baslasko (c'était pas bien difficile...).
Incontestablement un chef-d’œuvre, à voir et à revoir ! Film tiré d'une célèbre affaire criminelle, mais tourné comme une farce délirante et cruelle. On rit beaucoup, certes, malgré la gravité du thème, et Fernandel, sublime dans ce rôle taillé pour lui (je ne suis pourtant pas fan de l'acteur, loin s'en faut !) y est pour beaucoup. Pourtant, on peut voir au delà de la comédie et du comique de certaines situations (la confession de la femme de l'aubergiste est mémorable) une peinture au vitriol de l'être humain et des ses défauts (la cupidité, l'égoïsme, la cruauté, ...) Une scène m'a particulièrement marqué et je trouve qu'elle louche singulièrement vers l’expressionnisme allemand. Celle qui suit la confession de la femme de l'aubergiste justement, où, Fernandel, conscient du sort qui est réservé aux voyageurs décide de partir en pleine nuit et que ses compagnons de voyage tentent de retenir en cachant la clé ouvrant la porte de l'auberge. Je trouve cette scène absolument terrible, l'expression des visages, le noir et blanc accentuant encore les traits, Fernandel paniqué qui tourne en rond au milieu de ces gens cruels et inconscients de leur mort prochaine ... Ce passage pourtant vu et revu me produit toujours la même émotion. La fin, bien sûr, est mémorable et offre une conclusion à la hauteur du film. Une œuvre en réalité très moderne et indémodable. A voir absolument ou à redécouvrir !
Le grand Julien Duvivier n’aurait sans doute pas renié la galerie de monstres que décrit le scénario de Jean Aurenche. Aristocrates dégénérés et monomaniaques, bourgeois parvenus, petites gens si cupides qu’ils en deviennent des assassins et un prêtre dont l’interprétation très circonstanciée de la foi l’entraîne à dealer avec Dieu jusqu’à la « récompense finale ». Fernandel, Carette et Grégoire Aslan en font des tonnes, face à la glaçante Françoise Rosay, inquiétante à souhait. Souvent lourd et désagréable le film est néanmoins entrecoupé de grands moments comme par exemple la confession de Françoise Rosay derrière une grille de fourneau dont Fernandel tient le manche ! Hélas, la musique totalement hors sujet et répétitive de René Cloërec enfonce ce huis clos, plus prés du théâtre filmé que du véritable cinéma. Donc une réussite mitigée et quelque peu surannée. Toutefois, « L’auberge rouge » en comparaison du remake affligeant que Gérard Krawczyk commettra en 2007, peut apparaître comme un bon film.
Une comédie sympathique, qui a été reprise de nombreuses fois (la première version datant des années 20). Celle-ci est la plus connu, du moins en France grâce à l'acteur Fernandel, tête d'affiche de ce film. La réalisation original en noir et blanc est maintenu pour notre plus grand plaisir mais également les coupures du montage et les raccords ce qui peut parfois être très drôle. La réalisation est sympathique, on note l'effort dans les décors et leur mise en relation dans l'histoire. Histoire qui nous met dès la première scène dans le bain. Un client se rend à l'auberge pour ne pas en ressortir. Loin d'être un film sanglant, nous ne verrons aucune scène de violence, tout est exposé par les sons. On va surtout suivre la mise en déroute du couple par le moine. On se doute aisément de la finalité, même si cela ne finit pas forcément en happy end et ce n'est pas plus mal. Le cating est très bon, j'ai adoré les acteurs interprétants le couple Martin, je ne comprends pas comment les gens pouvaient s'arrêter dans leur auberge avec tous les signes qu'ils envoient. Fernandel égale à lui même dans sa prestation, je trouve toutefois que pour ce rôle il en fait un poil trop. Vraiment un film à découvrir, il est très agréable et drôle et cela reste toujours un bon moment de cinéma.
Je n'ai pas trouvé ce film transcendant, mais quand je vois la date de réalisation, je me dit qu'il est quand même bien, au niveau du scénario, de la musique et des effets spéciaux.
Une comédie française des années 50 qui n'est pas vraiment drôle. La bonne humeur de Fernandel permet tout de même de regarder ce film inspiré d'un fait divers jusqu'au bout.