Pickpocket
Note moyenne
3,7
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71 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 15 juin 2011
Si l'idée de départ est excellente, on peut ainsi dire que l'oeuvre de Bresson l'a admirablement adaptée au cinéma. "Pickpocket" est un film regorgeant de qualités, dont la noirceur et l'intelligence de l'oeuvre lui donne un aspect si mystérieux. Un chef d'oeuvre original et inimitable avec des comédiens excellents et un final mémorable.
Moorhuhn
Moorhuhn

167 abonnés 579 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 juillet 2016
Je poursuis ma découverte du cinéma de Robert Bresson qui m’avait beaucoup touché avec Un condamné à mort s’est échappé. Et si sur la forme on assiste à quelque chose de relativement similaire ici, j’ai malheureusement été moins bouleversé ici malgré le fait que j’ai beaucoup aimé certains aspects de Pickpocket. Déjà je dois dire que ce film m’a happé d’entrée de jeu et que je n’ai pas décroché une seule minute tant il est fascinant. A l’image d’Un Condamné à mort s’est échappé, on retrouve ici une tension qui ne descend jamais réellement du fait que l’on suive incessamment ce personnage qui commet ses larcins au risque de se faire attraper à chaque scène. Et en ça la réalisation de Bresson est admirablement maîtrisée, toujours au cœur de l’action et avec un montage étonnant lors des vols de portefeuille. Un sacré sens de la mise en scène, tout en sobriété et en efficacité.

Le film aborde une quantité de thématiques notamment reliées à la misère humaine et à l’isolement social. Et il n’oublie jamais d’être lyrique et très beau bien que ça ne m’ait pas forcément chamboulé des masses. Le jeu (ou plutôt le non-jeu) des acteurs m’a convaincu mais ne m’a pas percuté émotionnellement. De ce fait je n’ai jamais été réellement touché par la relation entre le personnage principal et cette jeune fille malgré sa beauté et sa pureté. Je trouve que ce procédé de mise en scène rencontre quelques limites qui dressent finalement une frontière entre la scène et le spectateur, ce qui est bien dommage. Après cette diction particulière a par contre l’avantage de souligner les mots et leur puissance, ce qui peut les faire résonner dans nos têtes et rendre des passages marquants.

Je demeure toutefois légèrement déçu car j’aurais bien voulu être plus touché que ça, notamment par cette scène finale poétique au possible. En plus l’actrice avec son faux-air de Natalie Portman est juste magnifique avec un visage d’une pureté, d’une douceur… Capable de te faire tomber amoureux d’un simple regard. Et difficile d’y rester insensible de plus avec cette photographie somptueuse qui régale la rétine. Même si je n’ai pas adhéré à 100% au film, celui-ci m’a tout de même beaucoup plu et donné envie de continuer la filmographie de ce cher Robert qui avait une approche du cinéma aussi surprenante qu’intéressante.
soniadidierkmurgia

1 441 abonnés 4 342 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mai 2023
Encore plus que pour ses quatre précédents films, adaptations littéraires( Giraudoux, Diderot, Bernanos) ou récit de faits historiques ("Un condamné à mort s'est échappé"), Bresson décide de mettre à l'œuvre avec "Pickpocket" sa théorie du non cinéma, refus de tout accommodement avec les conventions induites par la filiation du 7ème art avec la création théâtrale. Louis Malle, ancien collaborateur éphémère de Bresson, dira même que "Pickpocket" est son vrai premier film, ses précédents n'étant que des brouillons. Dans le sens de cette affirmation, Bresson avertit en préambule à son film que celui-ci ne peut en rien être rapproché du genre policier. La pratique du héros relève du parcours initiatique d'un jeune homme qui se cherche un destin à travers un discours fumeux sur le prétendu droit de certains êtres supérieurs à s'autoproclamer comme tels pour s'affranchir des lois. Affirmation répondant en écho à la même déclaration des deux jeunes étudiants meurtriers de "La Corde" d'Hitchcock sorti en 1948 (Michel est lui aussi étudiant). Dans cet entre-deux plus ou moins long que constitue le passage entre l'enfance et l'âge adulte où tout est encore possible comme le montre peut-être les portes toujours ouvertes du film, Michel se lance un défi un peu vain (il ne dépense jamais le fruit de ses rapines) au bout duquel se dessinera son chemin. Comme il le confesse à la toute dernière scène: "Ô Jeanne, pour aller vers toi, quel drôle de chemin il m'a fallu prendre". On retrouve ici une des thématiques favorites du religieux qu'était Bresson comme le sens donné à la vie de chaque être. Mais au-delà de ce sous-texte assez banal chez l'auteur c'est bien le suspense né des scènes où s'exerce l'art du vol à la tire qui reste à l'esprit. La virtuosité du réalisateur dans la mise en image du ballet vertigineux des portefeuilles et liasses de billets passant de poches en mains puis de mains en mains tendrait à prouver que la forme l'emporterait ici sur le fond en contradiction avec les théories de Bresson et l'affirmation de Louis Malle. Dans la vraie vie, le propre du vol à la tire est d'être invisible aux yeux du profane. Il a donc bien fallu que Bresson détourne le réel au profit d'une recherche artistique problématique au regard du précepte suivant : "Tu feras avec les êtres et les choses de la nature, nettoyés de tout l'art et en particulier de l'art dramatique, un art". La fadeur de l'action dramatique, la monotonie du jeu des acteurs évite certes de se concentrer sur une structure narrative encombrante mais procède d'une volonté de fixer le regard sur la recherche formelle de Bresson dont on doit se rappeler que sa vocation première était d'être peintre. Au final on peut s'interroger sur la raison profonde de cette volonté devenue obsédante de recourir à des acteurs novices soi-disant plus naturels qui ne sont peut-être là que pour permettre à Bresson d'occuper toute la place sans être lui-même présent sur l'écran. On peut chercher à étouffer lé génie il se fraiera toujours un chemin. Si on peut voir Bresson comme un ogre de cinéma malgré lui, personne ne lui niera jamais une rigueur constante et des partis-pris narratifs ou esthétiques toujours intéressants.
loulou451
loulou451

147 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 mars 2012
Une heure quinze de pur plaisir... et de pur cinéma. Une fois encore, Robert Bresson donne une leçon de simplicité et d'efficacité avec ce "Pickpocket", digne de ses plus grands chefs-d’œuvre, "Le procès de Jeanne d'Arc" bien sûr et "Au hasard Balthazar". Ici, Bresson s'empare du milieu du petit larcin et en tisse une œuvre forte, émouvante, souvent poignante avec les apparitions de la sublime Marika Green, toujours juste, à la limite du documentaire. C'est pourtant bien une fiction que nous livre Robert Bresson, une toile faite de tout petits riens, de pièces de puzzle qui s'assemblent, scène après scène, pour peindre un grand tableau de la condition humaine : la place de l'homme face au néant de l'existence, sa lutte incessante entre le bien et le mal, la vacuité des sentiments. Une heure quinze de pur bonheur avec, à la clé, l'interprétation bouleversante de Martin Lassalle.
Anaxagore
Anaxagore

150 abonnés 135 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
«Pickpocket» est l'un des grands chefs-d'oeuvre de Robert Bresson, lequel est lui-même selon moi l'un des deux ou trois plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma français. Transposition voilée de «Crime et châtiment» de Dostoïevski (l'assassin chez l'écrivain russe devenant ici un pickpocket), le film raconte la manière dont un jeune homme transi d'orgueil se convainc d'être supérieur à la société des hommes en commettant des actes qui sont punis par elle. Mais, comme chez Dostoïevski, après avoir atteint le fond de son abîme de suffisance et de solitude, il sera finalement touché et sauvé par la grâce, incarnée sous les traits d'une jeune fille qui constitue la beauté et la pureté même. «Pickpocket» constitue une merveilleuse illustration de l'art du cinématographe tel que Bresson le concevait. Il est tout à la fois profondément émouvant et d'une sobriété, d'une pudeur, voire d'une austérité, extraordinaires. Et le réalisateur a l'immense mérite de ne pas prendre le spectateur pour un imbécile: pas une image de trop, pas une parole superflue. Tout est dans la suggestion. Pickpocket est, croyez-moi, une merveille dont je ne peux qu'encourager la découverte!
weihnachtsmann

1 622 abonnés 5 745 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 décembre 2016
"Est-ce qu’on ne peut pas imaginer des vols sur lesquels on fermerait les yeux?? »
Le film se présente un peu comme une thèse sur le vol avec démonstrations et preuves à l’appui. On dirait vraiment du Rohmer dans le style et dans la façon de filmer. Très cérébral mais quand même peu passionnant.
Draiker
Draiker

76 abonnés 80 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 19 octobre 2010
J'ai vu ce film dans le cadre de mon programme de mon CM en cinéma et qu'est ce que j'ai détesté! On nou a bien précisé que les personnages n'étaient pas interprétés par des vrais comédiens, donc je me suis dit qu'il y aurait quelques imperfections dans le jeu mais alors je ne m'était vraiment pas attendu à voir un jeu aussi ridicule, si faux alors que c'est censé, d'après Bresson "être nature". La fait qu'il y ait acune dramatisation rend le film totalement faux, on y croit pas une seule seconde ce qui fait que je me suis profondément ennuyé...
Enfin, pour finir sur une note un peu plus positive, j'ai trouvé que l'idée de départ était bien, suivre la vie d'un voleur amateur qui se laisse envahir par une sorte de frénésie de vol jusqu'a sa chute mais malheureusement, pour les raisons précédentes le film sombre totalement dans le ridicule et l'ennui... Merci les séances ciné fac!
cineccita
cineccita

63 abonnés 1 508 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 janvier 2014
Le sujet est intéressant mais le scénario est vide. De plus les acteurs sont très mauvais en particulier l'acteur principal. Un sujet intéressant dans une coquille vide.
defleppard

486 abonnés 3 700 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 juillet 2023
Pickpocket. Robert Bresson face aux démons de l'argent volé comme dans plusieurs de ses films. Les rapports philosophiques entre le policier et le voleur font plutôt sourire. Trois étoiles et demie.
ronny1
ronny1

56 abonnés 913 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 juin 2020
« Pickpocket » est l’archétype de la tentative prétentieuse et ratée. Au départ Bresson voulait s’affranchir à la fois des codes du policier et des codes du cinéma proprement dit. Donc, avec des acteurs amateurs qui récitent, soutenus par une voix off monocorde, nécessaire car aucune scène n’est assez illustrative, ni fluide, pour que les images se suffisent à elles mêmes, exception faite du cours donné par Kassagi et le baiser final (les deux sans la voix off !). Pénible, sans intérêt, sans morale autre que le hasard des circonstances, le cheminement soi disant psychologique ne pourrait même pas s’élever au niveau d’un manuel du style « La psychologie pour les nuls ». Seule la photographie de Léonce-Henri Burel et le travail musical ironiquement décalé de Francis Seyrig sauvent ce film du naufrage. Encensé par une certaine critique qui associe Bresson à la nouvelle vague, alors que Godard et Truffaut ont réalisés de vrais chef d’œuvres (« Le Mépris » et « Pierrot le Fou » pour le premier, « Les 400 coups », « La nuit américaine » et « Le Dernier métro » pour le second), « Pickpocket » semble aussi creux, dissonant et fabriqué que les concertos pour batteries de cuisine, klaxon et autoroute qui se prétendent être de la musique. Ici, les 76 minutes interminables du métrage sont paraît-il du cinéma.
gamorreen
gamorreen

30 abonnés 538 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 10 février 2025
pourquoi les gens adorent Bresson est un mystère pour moi... Ennuyeux est le qualtificatif que j'associerai le plus à ce metteur en scène, ainsi qu'artificialité. Le jeu de l'acteur principal est encre une fois totalement plat et sans vie, l'histoire sans intérêt spécial, et la mise en scène maniérée. Le film parait très très long alors qu'il est très court.
Et une déception de plus avec Bresson.
totoro35
totoro35

122 abonnés 1 787 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 janvier 2011
Bresson connait visiblement bien son sujet et fait également preuve d'une économie de moyens qui est tout à son honneur. Malgré les qualités indéniables du film, il n'est pas interdit d'être totalement hermétique à son univers.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 26 septembre 2022
C’est ma première expérience avec Robert Bresson et c’est avec une gêne non dissimulée que je ressors… gêné.
Le devrais-je ?
On a le droit de ne pas aimer Bresson ou plus exactement « Pickpocket ».

Le problème : je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé Bresson et son « Pickpocket ».
Le seul souci, en ce qui me concerne, c’est la direction d’acteurs.
Eh oui, j’y reviens, c’est mon dada à moi, mon cheval de bataille.
Je suis très sensible à la direction d’acteurs, si je ne crois pas au jeu, je ne crois pas au récit. Si je ne crois pas au jeu, il ne peut y avoir d’émotion.
Je marche à la direction d’acteurs. Je carbure à la direction d’acteurs !
Après un été à découvrir la Nouvelle Vague avec Rohmer et Varda aux directions d’acteurs navrantes pour les non-professionnels, j’entame l’automne avec Bresson et son « Pickpocket » ; un automne pluvieux s'annonce.

Seulement, j’apprends de l’actrice Marika Green qui interprète le rôle de Jeanne que ce que je considère comme non-jeu est la volonté de Robert Bresson.
Depuis son film « Les dames du Bois de Boulogne », il s’est juré de travailler qu’avec des non-professionnels qu’il modèlerait à sa façon.
Il ne voulait pas d’acteurs même amateurs qui auraient eu une expérience théâtrale. Une sorte de dogme.
Le ton imposé serait la voix blanche, ce qui pour moi correspondrait à « chanter » comme on dit au théâtre ou un ton neutre.
A partir de ce postulat, je reconsidère la direction d’acteurs de Robert Bresson. Il y a bien une direction d’acteurs apparemment, et cette voix blanche ou neutre est assumée. C’est ainsi que Robert Bresson perçoit l’incarnation d’un personnage.
Pour moi, c’est une désincarnation. Une voix désincarnée.
Et j’en reviens à mon premier credo : si un personnage est désincarné, par évidence comment peut-il me toucher s’il n’incarne pas son personnage.
Et tout le reste passe à la trappe, le récit, l’aspect technique et artistique.
J’imagine aisément que cela ne doit pas être évident pour un acteur.

Franchement, deux scènes sont ridicules et comme dirait mon prof de théâtre : « Je n’y crois pas un instant ! » :
spoiler: - la scène ou Jeanne invite Michel à voir sa mère mourante, elle le somme pratiquement, le ton employé n’est pas du tout convaincant. Je comprends que Michel ((Martin LaSalle) ne la suive pas. - la scène où ce même Michel découvre dans sa chambre le commissaire qui l’attend. Michel se saisit d’un livre pour marquer qu’il est à bout de ce harcèlement avec un « Assez ! » que même un CM2 non dirigé simulerait un tantinet mieux.

Quant à Pierre Leymarie (Jacques) sans commentaire.

Comment puis-je croire au reste ?
On se croirait à une kermesse de fin d’année avec des élèves qui font au mieux et pour qui on a envie d’être bienveillant car car seule l’intention compte.

Si je veux apprécier pleinement « Pickpocket », autant que ce soit muet !

A cela s’ajoute un son exagérément envahissant.
On l’entend au poste de police et surtout quand Michel observe les clients dans une banque. Le son est tellement omniprésent avec la même intensité, c’est à se demander si tous les bâtiments, police, banque, gare ont un toit !
Les pas de tous les protagonistes résonnent aussi exagérément, figurants compris !
J’attache de l’importance à la qualité du son mais il ne semble pas s’inscrire dans une réalité.

J’admire sincèrement ceux qui passent au-dessus de ça pour se consacrer essentiellement à son récit et à sa maitrise artistique.
Je ne lui enlève ni sa sincérité, ni sa radicalité.
Justement, en parlant de radicalité, moi aussi je suis radical.
Maqroll
Maqroll

203 abonnés 1 123 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 février 2011
Prodigieux exercice de style de Bresson. Les séquences de vol à la tire, notamment celles de la gare sont hallucinantes… Dommage quand même que Martin Lassalle, l’interprète (amateur) du rôle principal, soit souvent maladroit dans ses expressions et ses répliques. Inspiré peu ou prou de Crime et châtiment, Pickpocket est le portrait d’un homme perdu qui s’égare sur les chemins du vol, mais ni par intérêt ni par passion. Il va finalement trouver sa rédemption au bout d’une longue quête grâce à l’amour d’une jeune femme au cœur pur (émouvante Marika Green). Le cinéma de Bresson, on le dit toujours, est d’un ascétisme et d’une rigueur morale absolues. Il suit son chemin comme le héros de son film, sans se soucier de l’avis d’autrui ni des conséquences que ses actions pourront avoir. C’est donc en quelque sorte un film autobiographique, d’une grande valeur esthétique et morale.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 janvier 2019
Austère et intello, ce film court (1h15) de Robert Bresson est sorti en 1959. Développant des préoccupations proches de la Nouvelle vague tout en proposant un style singulier, Pickpocket nous fait suivre le parcours amoureux et délinquant d’un jeune homme irrémédiablement attiré par le vol de portefeuilles. La mise en scène carrée et ciselée du cinéaste français est impressionnante de maîtrise, en particulier dans les séquences de chapardage. Cérébral et dépouillé.
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