Singulier et étrange, rapidement ce "Pickpocket" sait éveiller notre curiosité et notre intérêt, d'autant plus que la maitrise technique du film s'avère assez impressionnante. Photo sublime, lumière savante, scènes de vols filmées avec une intelligence et une subtilité qui laisse pantois... C'est donc peu dire que l'ensemble sait nous séduire. Il manque néanmoins à l'oeuvre ce petit supplément supplément, cette inspiration qui aurait permis de rendre le film subjuguant et inoubliable, car il faut tout de même reconnaitre que l'on s'ennuie parfois un peu. De plus, il y a cette gestion incompréhensible des acteurs (particulièrement Martin Lasalle), qui se contentent de réciter par coeur leur texte sans enthousiasme ni envie. Néanmoins, cela apparait presque comme secondaire, car Bresson a su dessiner de fort belle manière des personnages fantomatiques assez captivants et tout en nuances, justement parce que l'on ne sait rien d'eux et que leur motivation et leur psychologie reste secrète. Nous voila donc en face d'un film déroutant parfois mais tellement étonnant et saisissant qu'il n'en demeure pas moins des plus recommandables.
Une main s'infiltrant délicatement dans un sac à main. Un jeune homme au regard suffisant et au coeur fragile. Une poésie de la cleptomanie réalisé par le grand Robert Bresson. La puissance de Pickpocket provient principalement de la bande sonore d'Archimbaud dont on peut vanter les mérites ( le spectateur que je suis s'est trouvé littéralement happé par le brouhaha d'une foule, par l'agitation des rues de Paris ou encore par le ronronnement du métro...). Autre qualité indéniable : le traitement du personnage de Michel, être vulnérable et paradoxalement assez antipathique, aspirant à la liberté d'agir selon ses propres règles. Cette prétention se transforme vite en quelque chose de magique : l'élégance de son jeu, son art de chaparder les portefeuilles et les montres de ses victimes avec un doigté totalement sensuel frise le sublime. Un très grand film, solennel sans être emphatique. Beau, charnel et d'une finesse rarement égalée dans le cinéma français des années 50, Pickpocket touche par son mélange de médiocrité, d'austérité et d'humanité. Bresson : un artiste regretté. Un grand cinéaste.
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4,0
Publiée le 21 mars 2025
Un grand classique de Robert Bresson! Une oeuvre intemporelle du cinèma français dont le vent de fraicheur commence à souffler ici et là! La facture de "Pickpocket" est très nouvelle pour un film datant de 1959! C'est une ètude admirable sur un jeune homme dont l'occupation essentielle est de voler! Michel est en mouvement perpètuel jusqu'à qu'il soit arrêtè, atteignant par la jouissance orgasmique du vol à la tire ce petit quelque chose qui le rapproche de la grâce! Le langage selon Bresson est un pur matèriau dègagè de toute psychologie! Tout ceci est donc menè de main de maître avec une èpure totale dans les lieux, comme dans l'errance des êtres, avec un brio ètonnant! A souligner que le conseiller pour les gestes des voleurs n'est autre que le maître Kassagi (la sèquence dans le mètro parisien est d'une maîtrise absolument exceptionnelle) et que l'ètrange ressemblance de Marika Green avec Natalie Portman est particulièrement troublante...
Avec "Pickpocket", Robert Bresson signe un film magistral, tant dans sa mise en scène épurée et précise que dans la psychologie complexe d'un personnage principal absolument fascinante. Avec ce montage redoutable, qui favorise l'économie et la pertinence des plans, le film gagne déjà en densité. Celle-ci est renforcée par l'intérêt porté à Michel (formidable Martin LaSalle), qui s’accroît progressivement et met en lumière sa marginalité sociétale, illustrée par un paradoxe puisque en exerçant son activité de pickpocket, il est au plus près des gens (mais pour leur dérober leur argent). Intensément Dostoïevskien, ce drame puissant et atypique ne comporte que de rares défauts (voix-off parfois trop explicative) et éblouit par sa faculté à associer ambition et sobriété.
Tout est dans le dernier plan. Vous avez observé, pendant 1h30, les faits et gestes, les déplacements, d'un homme qui a décidé de gagner sa vie en exerçant l'activité de pickpocket. Je dis bien "gagner sa vie" car il a une conception assez particulière des relations sociales, qui se rapproche lointainement de celle des deux étudiants de La Corde d'Hitchcock. On ne peut pas dire que Bresson cherche à rapprocher son histoire du documentaire, même s'il cherche à l'évidence à effacer toute notion de "jeu" de la part des acteurs, tous non professionnels. Mon impression est qu'il essaie davantage de rapprocher ses personnages de ceux de la littérature. D'abord, parce que l'écrit (lettres, livre, messages sous la porte) a une importance particulière dans cette aventure. Ce qui prévaut, ce n'est pas le déroulement des faits, mais la manière dont ceux ci sont évoqués et racontés. Regardez le visage de Martin Lassalle quand il s'ennerve lors de sa confrontation avec le policier : le ton monte, les mots changent, mais le visage reste pratiquement identique. Comme dans un livre, où on ne peut voir mais seulement faire exister les êtres. Etrangement, et de façon subtile, cette façon de filmer les acteurs a pour conséquence de rendre les rares séquences émotives particulièrement efficaces. En deux plans, quand la jeune fille se rapproche du pickpocket, le touche, toute la distance qui semblait exister entre lui, ses conceptions de la vie, et le reste du monde, s'efface et il devient humain.
Doté d'un bon scénario et bénéficiant de la réalisation sobre mais solide de Robert Bresson, "Pickpocket" raconte la chute progressive d'un "monsieur tout le monde" dans le vole à la tire pour en devenir finalement une véritable addiction. Intelligent et fin, "Pickpocket" aurait pû être trés bon si le rôle principal n'était pas aussi mal interprété par Martin La Salle. Il faut dire que le cinéaste français a l'habitude d'engager des acteurs non profressionnels. Parfois ça passe, parfois ça casse...
Autant j'ai adhéré totalement au jeu d'acteurs monocorde dans "Un Condamné à mort s'est échappé", car cela convient à la gravité du sujet, et aussi dans "Le Journal d'un curé de campagne" car cela va bien avec la solennité, autant-là ça m'a franchement gêné. Le sujet et surtout son traitement sont audacieux et les scènes de vol forcent l'admiration par leur côté virtuose, ce sont les qualités qu'on ne peut surtout pas enlever à cette oeuvre de Robert Bresson. Mais voilà donc le ton monocorde des comédiens ainsi que la lenteur du film font que j'ai souvent décroché. Une oeuvre qui ne ressemble à aucune autre par son refus de la dramaturgie notamment mais qui est loin d'être passionnante.
Pourquoi est-ce que dans une critique les gens essayent forcément de balancer des infos wikipédia du style "une adaptation voilé de Dostoievski" ou "propos du film proche de the rope d'Hitchcock"?Ce film dont le jeu est celui de la distanciation brecthienne...non je vais pas m'y mettre.Ce film (bon Bresson et la nouvelle vague...ce n'est pas parce qu'il est sorti en 1959 début du mouvement et que Bresson est français qu'il faut forcément l'associé ce n'est pas une bonne représentation, c'est comme si on citait Chucky la poupée comme représentant du film d'horreur, y'a mieux quand même).Après personnellement j'ai trouvé ca chiant, ni plus ni moins.Jeu d'acteur difficilement supportable malgré quelques beaux moments.
Enième tentative d'apprécier l'œuvre de Bresson, et énième échec. Comment parvient-il à réaliser des films aussi soporifiques ? Le scénario se résume à deux lignes, les dialogues sont rarissimes et fades, la musique se concentre à la fin (bien sûr les bressoniens y verront un "message" de la part du réalisateur), enfin le héros principal semble être la version humaine de Droopy tellement il est apathique. Bref, c'est pas demain la veille que je vais me mettre à apprécier Bresson.
C'était mon 1er Bresson et j'ai donc commencé par celui qui a sans doute la plus belle réputation. Bon, autant dire tout de suite que ce fût une douche froide tant le film, en dépit d'indéniables qualités visuelles, est juste horrible à suivre en dépit de sa durée assez courte (1h15 au compteur). Déjà, Bresson semble avoir demandé à ses acteurs de ne pas jouer. Il en résulte un film animé par des pantins désincarnés, ne faisant ressentir aucune émotion, nanti d'un texte à la limite du ridicule ("j'avais couru, j'étais tombé" dit le héros en se bandant la main, le tout en voix off sinon c'est pas drôle) et on a bien du mal à accrocher à une histoire d'amour centrale qui n'est jamais palpitante, jamais émouvante, jamais sensée (l'amour fou qui domine la raison, véritable excuse fourre-tout des auteurs incapables de faire ressentir une émotion et de dépeindre le sentiment amoureux de manière convenable). La mise en scène des larcins du héros sont par contre des sommets de cinéma, avec parfois une inventivité, un rythme, un emballement qui font plaisir à voir. Là, le film décolle et nous accroche. Le reste du temps, on s'ennuie, on erre dans des petites pièces en écoutant le ton monocorde du héros nous débiter des banalités. Le cinéma d'auteur tenait là son Totem et Bresson entrait dans la légende. Mais c'est une légende que je n'ai pas envie de voir plus avant. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Avant qu’elle ne s’enferme dans une austérité visuelle, interprétative et narrative, l’approche cinématographique de Robert Bresson nous a permis de faire découvrir ce film innovant où son auteur s’exerce à palier le jeu minimaliste et la diction de ses acteurs non-professionnels par un usage habile de l’espace, du son et surtout du montage. Voir ce personnage marginal s’extirper de la solitude et de la routine dans lequel il apparait, à travers ces effets de mise en scène assez ingénieux donc, comme enfermé en commettant des vols à l’arraché puis sa relation avec sa voisine. Le personnage de Michel apparait donc comme un être fragile auquel on en vient à s’attacher malgré à la fois ses délits et l’interprétation morne de Martin LaSalle. Pickpocket est donc bel et bien un film étonnant qui a de quoi fasciner les spectateurs amateurs de l’art de la mise en scène et qui a su inspiré bon nombre de réalisateurs de la Nouvelle Vague.
Pickpocket est un film étrange. Assez hors du temps, assez atypique, mais pas inintéressant. Avec des acteurs non professionnels surprenants, Bresson filme l'itinéraire chaotique d'un étudiant pauvre, un Raskolnikov obsédé par le vol, persuadé, dans sa folie, du droit moral qu'aurait certains êtres à voler. Ainsi, il se rapproche d'un groupe de pickpockets avec lequel il devient peu à peu virtuose du vol à la tire : les plans de mains sont superbes, on pense à des magiciens s'exerçant avec leurs cartes. En parallèle de ces vols, le héros nourrir un amour secret (très secret) pour Jeanne, la voisine de sa vieille mère mourante. spoiler: La conclusion du film est l'aboutissement de cet amour hors des sentiers battus
L'aspect glacial et monolithique des personnages m'a premièrement rebuté, mais en y réfléchissant bien, ils montrent bien le côté touchant de ces personnages livrés à eux-même, à bout de tout, qui ne sourient plus. Pickpocket est un donc un film surprenant qui nécessite obligatoirement une réflexion après visionnage. Pour ma part, il m'a finalement plutôt séduit !
Je ne comprend pas pourquoi on crie au génie quand on parle de Bresson car pour moi, ce film n'a rien d'exceptionnel. Si l'intrigue va à l'essentiel sans artifices, les acteurs sont monolithiques et l'ensemble est très long, trop long pour un film d'une heure vingt...
Qui connait aujourd'hui Martin LaSalle, Marika Green, Pierre Leymarie ? Archétype du film "intellectuel" des années 60, sans aucun jeu d'acteur (c'est à dire très mal joué, mais on dit que c'est exprès !) auquel il faut ajouter la voix off insupportable et la musique invraisemblable ! un pensum à l'histoire dénuée de tout intérêt qui permet à "l'auteur" de se défouler en gardant 100% des éventuels lauriers délivrés par l'intelligentsia (les acteurs ne risquent pas d'avoir un prix vu leur niveau de jeu, stérilisé par le metteur en scène, ni les techniciens !) un film qui est au cinéma ce qu'une tartine de pain est à la gastronomie. Bien sur, c'est génial pour les "cinéphiles" des cahiers du cinéma et consors, dont l'avis purement militant et dicté par l'activisme anti cinéma classique et pro-"nouvelle vague" était écrit avant même que le film soit tourné !