Pickpocket
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71 critiques spectateurs

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Jean-François S
Jean-François S

59 abonnés 671 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 août 2010
Considéré comme un des films phare de la nouvelle vague. Je suis décidement encore une fois rester de marbre devant ce monument du cinéma. Si j'arrive à concevoir que la nouvelle vague a ouvert une certaine liberté d'expression dans un système qui était principalement dirigé par des sociétés majors depuis des décénies, ne n'arrive pas à hisser au rang de chef-d'oeuvre un film où l'absence de jeu d'acteur le rend ridicule. La scène où Martin LaSalle hausse le ton avec l'inspecteur en jetant un livre au sol ma fait éclater de rire. Elle aurait eut sa place dans la famille Le Quesnoy d'Etienne Chatiliez. Certe les scènes de ballet des mains barbotant divers objets sont bien filmées, mais était-ce vraiment révolutionnaire à l'époque... j'en doute. Pour la très belle photographie du film j'accorde une petite étoile de compensasion.
Jrk N
Jrk N

48 abonnés 246 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 décembre 2018
Pickpocket 1960 est peut-être le film de Bresson le moins difficile à suivre, le plus immédiatement intéressant, celui où le style abrupt ne choque pas de suite.
Un jeune étudiant est pris par le démon du vol à la tire. Le danger, le savoir faire, le gain qui permet de vivre : Michel (Martin Lassalle) interprète ce rôle avec une grande objectivité. Il rencontre la voisine de la sa mère, la Jeanne (la très belle Marika Green) qui va tomber amoureuse du voleur. Le pickpocket a un meilleur ami, Jacques(Pierre Leymarie) qui se désespéré de voir la dérive du pickpockett. Après un très long et très compliqué cheminement, le voleur trouvera enfin la voie de l'amour de Jeanne. "Jeanne, pour aller jusqu'à toi, quel drôle de chemin il m'a fallu prendre ! " est le dernier mot du film.
Dans un supplément très intéressante du DVD Mk2, la réalisatrice Babette Mangotte a retrouvé les trois "modèles du film". Marika Green et Martin Lassalle sont devenus acteurs mais s'ils ont joué dans des films connus (notamment Marika Green), ils n'ont jamais reparu dans l'un ces Bresson où il n'y a pas d'acteurs. Pierre Laymarie devint un généticien célèbre. Tous trois ont été marqué profondément par la méthode de travail de Bresson. Script maniaque, recherche du moindre geste et du ton le plus neutres, absence de jeu, absence de théâtre, absence de musique. La narration avance vite et droit, avec des coupe franche, nul affect n'apparaît.
Les films de Bresson sont des équations comportant des variables x, y, z et des paramètres fixés a, b, c,... C'est Bresson qui avec une précision sourcilleuse choisit les paramètres (action, scènes, séquences, découpage, sons etc) pour qu'ils soient le plus plats possibles, le moins envahissants, les plus pauvres. Mais c'est nous, spectateurs, qui par notre attention et notre imagination, enfin rendue libre, emplissons de signification les variables (personnalités, intentions, sentiments, motivations etc) qui sont laissées libres d'interprétation.
Cette grande liberté du spectateur désarçonne souvent mais, comme ici, permet une nouvelle expérience, une réflexion personnelle, un engagement qui nous apprend beaucoup.
Par exemple, de mon seul point de vue individuel, la morale est ici : nos passions nous éloignent de l'amour.
Tel est le style très original de Bresson mais tel est également le plaisir rare qu'on prend à s'impliquer dans ses histoires.
Spiriel
Spiriel

44 abonnés 318 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 décembre 2008
Peut-être LE film emblématique d'un cinéaste à part (qui, au passage, n'appartient pas à la Nouvelle Vague, même s'il en était l'un des modèles). Cinématographiquement inclassable et d'une rigueur infaillible (à la manière d'un Tarkovsky, Dreyer ou Mizoguchi), il a développé toute une théorie sur l'art du cinématographe, comme quelque chose de fondamentalement différent du théâtre filmé. Cette rigueur est en adéquation parfaite avec la thématique de Bresson, entre Grâce et destinée inévitable. Le personnage principal décide, après une réelle réflexion (pas un simple arrangement), que certaines personnes, dont il estime faire parti, sont supérieures, et ainsi peuvent légitimement voler les autres, pour consacrer leur vie à quelque chose de plus important que rapporter de l'argent. Ainsi, il devient pickpocket, et tachera de faire de son activité un art dont il serait l'un des maîtres. Mais comme le dit la présentation du film, il se lasse du vol, et est amené à prendre conscience de quelque chose, après maints détours, à la fin du film, touché par la grâce. Le film est fascinant sur de nombreux points. L'aspect très littéraire (la narration passe souvent par l'écriture chez Bresson) et cette direction d'acteurs si particulière bien sûr, mais aussi le personnage principal, élitiste affirmé sans jamais tombé dans la caricature. Les scènes de vol aussi subjuguent, grace à un montage audacieux. Bref, ce film est probablement une bonne idée pour découvrir ce cinéaste si particulier, mais si important, et adulé par tant de gens (au premier lieu desquels Tarkovsky).
Matis H.
Matis H.

40 abonnés 162 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 février 2018
C'est dans la mise en scène minutieuse d'une main qui rentre dans un sac, que Bresson illustre le paradoxe qui anime son personnage, à la fois au plus près des gens, mais qui perd complètement prise avec le réel. Un être enfermé dans son propre quotidien - situation que les nombreux surcradrages viennent subtilement appuyer - et qui nourrit une obession maladive pour le vol.

Cette radicalité, à la limite du robotique, voit Bresson construire son "Pickpocket" comme une œuvre de la négation. Les valeurs disparaissent, que ce soit celle du vol, Michel se moque du gain, l'obsession vient de l'action; celle des rapports humains, rien de semble être à sa place, rien ne sonne juste, des acteurs hallucinés jusqu'aux dialogues; mais surtout la narration, qui là encore se voit dépossédée au profit de lettres, voix-off etc.

"Pickpocket" devient alors un film conceptuel, une tentative desespérée de rattraper le réel, et de retrouver une place concrète. En cela, la dernière scène est bouleversante, car redonnant tout son poids au corps et aux sentiments. Un chef-d'œuvre brut que l'on peine à expliciter tant il est à l'image des vols du personnage : précis, maitrisé et impalpable.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juillet 2008
L’ascétisme des films de Robert Bresson cache souvent aux premiers regards une immense réalisation cinématographique. Il ne faut pas parler de narration, trop connoté à la littérature, ni même de mise en scène, emprunt de théâtralité. Le travail que Bresson effectue au travers de ses films relève pleinement du domaine cinématographique. «Pickpocket» (France, 1959) définit cette notion d’une manière exemplaire. Délaissée des afféteries du théâtre et de la littérature (encore que la voix off en invoque la narrativité), l’œuvre crée ses propres moyens d’expression, découpe les espaces et le temps pour insuffler dans les images, au cœur des plans, une connexion du monde par le montage. Il n’y a pas deux plans à la suite qui partage un même fond, hormis lors de quelques champs-contre champs. Le montage unit ce que les cadres closent. Repliés par des cadrages sûrs, les plans abolissent le hors-champ. Pourtant le film réussit à créer un univers entier, formule un monde à partir de morceaux. La charge émotionnelle du film provient de l’importance qu’il donne aux interstices plutôt qu’aux images apparentes. L’esprit du spectateur, par le biais du montage, est directement convoqué pour pouvoir reconstituer les fractions de plans en une tonalité d’images. «Pickpocket» est une symphonie des mains, magistralement composée de doigts agiles qui semblent comme s’échapper de leur poignée pour se glisser sous un pardessus et dérober leur argent aux badauds. A cette intrigue bellement cinématographiée, Bresson appose un questionnement moral. C’est une interrogation qu’émet l’œuvre, jamais une affirmation. Dépensant à foison sa liberté par le vice de son exercice, le vol, Michel se retrouvera inévitablement derrière les barreaux. Cette conclusion, qui répond à une moralité, soulève plus de problèmes qu’elle n’en résout. La plus importante de ces questions est celle du choix. L’humain est-il apte à choisir son avenir ou répond-il à un destin ?
ocelot
ocelot

30 abonnés 927 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 janvier 2011
L'idée de prendre des acteurs non professionnels était une grosse erreur, qui gâche tout le film. Dommage, car l'histoire était intéressante.
pierrre s.

561 abonnés 3 437 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 janvier 2016
Je m'attendais à autre chose, et pour tout dire, je m'attendais à mieux. Le film dans son ensemble ne m'a pas convaincu. Il est loin d'être mauvais, mais l'histoire comme l'interprétation m'ont laissés froid.
scorsesejunior54
scorsesejunior54

180 abonnés 694 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 17 juin 2007
"Pickpocket" que Robert Bresson réalisa en 1959 est aujourd'hui considérée comme l'une des oeuvres emblématiques de la Nouvelle Vague, connue et reconnue sans pour autant que j'y adhère personnellement. En effet, si un cinéaste comme Godard a littéralement dynamité le paysage cinématographique de l'époque (français mais aussi et surtout mondial), Bresson tout du moins à travers ce film s'enfonce dans un travail assez prétentieux et nettement en-dessous de ses objectifs de départ. Il a l'ambition (et présente cela à travers une introduction textuelle suivant le générique) de s'affranchir du genre policier pour se concentrer sur l'aspect humain et psychologique censé constituer l'essence de son long-métrage. Soit. Pour cela, il espère imposer une approche nouvelle au niveau de sa mise en scène. Pourquoi pas. Le problème est que lorsque les liens entre les personnages s'avèrent superficiels, convenus et n'explorent absolument pas le sentiment de culpabilité, de pêché censé préoccuper le héros ainsi que ses aspirations amoureuses, il est difficile d'accrocher, d'autant plus lorsque les seconds rôles se voient réduits à la caricature. La construction des plans est répétitive, une grosse partie des séquences fonctionnant selon le même processus de progression, assez grossier et lassant. Tout cela est d'autant plus limité qu'outre l'ennui se dégageant des longues scènes de vols jamais inventives, l'intérêt ne se voit pas rehaussé au cours de dialogues filmés par d'innombrables champs-contrephamps parfaitement académiques. Si vous convenez que l'interprétation franchement médiocre afflige et que l'intrigue a été laissée de côté (seulement lorsque l'on est pas fichu d'orchestrer un drame consistant, il ne reste plus grand-chose), il ne vous reste plus qu'à vous rabattre sur l'intéressant travail sonore, saisissant un décalage passionnant entre la magnificence musicale et la lâcheté des actes.
Hotinhere

794 abonnés 5 495 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 février 2023
Journal de bord d’un voleur compulsif, aussi fascinant par sa mise en scène minutieuse, que déroutant par son scénario manquant de fluidité et d’émotions. 2,75
Charlotte28
Charlotte28

204 abonnés 2 900 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mars 2024
Disséquant les rouages du vol à la tire dont la technicité le présente comme une ambition artistique aux yeux du protagoniste, ce (faux) policier instaure une distance par le caractère mécanique de l'interprétation principale, dépourvue de tout affect ou émotion sinon dans les dialogues et cette voix off faisant du film une potentielle retranscription de nouvelle. De façon amorale l'intrigue nous présente une découverte de l'amour inattendue - et sans doute rédemptrice. Singulier!
maxime ...

309 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 avril 2022
" Je n'avais plus les pieds sur terre, je dominais le Monde ! "

Cette phrase ne proviens pas de l'ouverture du film mais surgit seulement quelques instants après son tout premier coup d'éclat et restitue, en elle-même, bien là tout ce dont il est question au cours de ce récit. Initiation, méthode, dévotion, conditions et pulsions, le tout pour parcourir une vie ... Pickpocket à l'instar d'Un Condamné à Mort s'est échappé narre le déroulée de son protagoniste, de ses opinions, à ses motivations, de ses finalités surtout. Cette phrase que je m'apprête à écrire est belle et bien énoncé dans ce long métrage, elle résonne et constitue son but à la réflexion attesté, " Pourquoi Vivre ? ".

spoiler: Il arrive parfois que certains films dans la filmographie d'un réalisateur se suivent, ou se croisent sans que cela soit implicite, pourtant les vues se rejoignent, avant de mieux se séparer ... Un Condamné à mort s'est échappé comme son nom l'indique s'acheminais sur une évasion, Pickpocket sur une capture, pour autant la liberté et son fondement s'affiche à cet instant, dans son contraste le plus fécond et imagé. D'ailleurs le début étais complètement inversé, réclusion contre fuite, Bresson refait donc son histoire et projette ses marottes à d'autres trajectoires.


Puisqu'il est question d'attitude, comment ne pas percevoir l'arrogance dans le regard de Michel. Sa colère est froide, elle se dirige contre le monde à l'envers qu'il tente de retendre à sa manière, la bonne ? Chacun jugera, ou non, si tenter que certaines hautes âmes s'en délivrent. Lui ne jure que de par son obscur désir, le confectionne et l'érige en art de vivre et se laisse consumer par ses réussites. Pickpocket est une poursuite de sa propre fuite, à bien des égards, le film de Robert Bresson le plus tortueux parmi les trois déjà vues.

Du coté du jeu de ses acteurs, le diapason est uni autour des envies de relecture de son réalisateur. On y entrevoit tour à tour les les contours et fige ses corps en actions pour une postérité certaines. Les mains, les yeux, le moindre geste fais sortir de toutes potentielles torpeurs d'un mimétisme surannés. C'est beau !

Néanmoins, pour une première, ce film m'a trop chahuté. Je retenterai le coup à l'avenir, avec des sens plus aiguisé ...
Alolfer
Alolfer

181 abonnés 1 796 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 septembre 2025
Grand cinéaste français, Robert Bresson est un brillant réalisateur où sa mise en scène permet de mettre en lumière, une histoire simple et des personnages "banaux" en quête de vie. C'est le cas de Pickpocket. Brillantissime sur ces plans même si son histoire reste moins emballante
Grouchy
Grouchy

141 abonnés 1 033 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 mai 2013
N'est pas le remake dans un tout autre registre du Roman d'un Tricheur de Guitry ? A partir d'une histoire simple sur l'apprentissage et la chute d'un voleur de portefeuilles, Bresson crée une ambiance poétique et allègre, malgré un fort côté dramatique. Chaque acte est présenté par le début d'un nouveau chapitre d'un journal intime, en plus de la voix-off qui informe sur l'état d'esprit présent du héros. On pourra encore et toujours se moquer du jeu d'acteur selon le cinéaste ; il est cependant certain qu'on a atteint le paroxysme avec l'épique dialogue entre le voleur et le détective ( "Assez !" ) ; Bresson a t-il répondu avec dérision aux critiques lui reprochant le jeu d'acteur si particulier ? N'empêche que la poésie et la fable caractérisant son oeuvre sont toujours à l'heure.
Scorcm83
Scorcm83

121 abonnés 508 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 février 2016
Aux alentours des quinze premières minutes du film, le personnage principal, Michel, évoque lors d'un dialogue avec un officier de police, une idée qui m'a tout de suite paru étrangement familière. Le fait qu'il existerait, sur cette terre, des hommes exceptionnels qui auraient le droit de se dresser au dessus des lois pour le bien de la société. Il s'agit bien évidemment d'une référence assumée au chef d'oeuvre de Dostoïevski, *Crime et Châtiment*. Une fois la référence relevée et validée, je dois avouer que je suis rentré dans le film avec d'autant plus de vigueur étant donné que j'avais adoré le roman et que cette thématique me touchait avec une force tout à fait particulière.

Ce *Pickpocket* est donc un film très intéressant en ce sens qu'il propose autre chose en terme cinématographique tout en s'inspirant d'un récit dont la force dramaturgique et narrative a déjà fait ses preuves. Les scènes de vol sont bien maîtrisées malgré certaines incohérences, les cadrages sont magnifiques et le casting étonnamment très cohérent. Malgré tout, la méthode de direction d'acteur de Bresson se révèle très hermétique, sachant que son objectif est la disparition totale d'émotions sur le visage de ses acteurs, on a parfois l'impression de se retrouver devant des acteurs amateurs dignes d'un court-métrage de collégien. La comparaison est peut-être brûtale, mais c'est bel et bien l'impression ressentie.

Néanmoins, il se dégage quelque chose de cette mise en scène, peut-être grâce à l'écriture des dialogues, aux mouvements de caméra, aux cadrages et au rythme des séquences, qui fait que l'on reste captivé du début à la fin par cette oeuvre plus philosophique et intelligible que sensible.

En fin de compte, j'ai apprécié le visionnage de ce *Pickpocket*, je me demande seulement si c'est grâce au film en lui même ou à la référence littéraire.

A voir tout de même !
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 7 juillet 2011
Contrairement à d'autres critiques je trouve que Martin Lassalle apporte un plus au film alors que l'ensemble est plutôt creux. Sinon j'ai bien aimé l'ambiance général et la photographie noir et blanc.
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